Re: Comment considérer la Génèse ?
Publié : lun. 24 août 2009, 12:18
Je voudrais compléter un peu mon précédent message dans ce sujet, car la Genèse effraie. C’est trop compliqué, trop mystérieux, entend-t-on. Les origines de l’humanité sont pourtant à la base de notre salut par le Christ.
C’est lui, le nouvel Adam. Mieux comprendre le premier Adam, c’est aussi un chemin pour mieux comprendre le Christ qui nous sauve.
La Genèse renvoie les créationnistes et les évolutionnistes non pas dos à dos, mais côte à côte. Au créationniste, elle dit d’être attentif à la réalité spirituelle de la création qui n’est pas que matérielle, au fait que Dieu façonne déjà l’humain avant les plantes créées le troisième jour (Gn 1, 11 et 2, 4-9), même si l’humain n’est entièrement créé que le sixième jour. A l’évolutionniste, elle dit que les étapes successives de la création et la longueur immense des jours du récit n’excluent pas l’apparition à un moment donné d’un être qui reçoit en lui une vie autre que ce que la science peut observer, l’accès à une réalité autre.
Un être fait à l’image et à la ressemblance de Dieu (Gn 1, 26-27), avec une caractéristique qui ne le réduit pas à ce que la science peut observer.
Pour essayer d’imaginer et de comprendre ce qu’est un être humain sans le péché, les capacités qui sont les siennes, la vie d’Adam et Eve avant la chute, c’est encore en regardant le Christ, le nouvel adam, que nous sommes le mieux informés.
Il est semblable à nous en tout, sauf le péché.
Vrai Dieu et vrai homme, le Christ est pleinement dans notre réalité terrestre, mais il est aussi pleinement dans la réalité spirituelle. Sa vie spirituelle lui permet de dominer la réalité terrestre, d’en franchir les limites.
Il guérit les malades et ressuscite les morts, il rend la vue aux aveugles et fait entendre des sourds, il marche sur l’eau et multiplie les pains, dessèche un figuier, chasse les démons et fait apparaître Moïse et Elie, il franchit la mort par sa résurrection.
La venue du Christ dans notre monde fut extrêmement discrète. Dieu se fait homme par un acte infime dans le sein d’une jeune fille.
La conception d’Adam a pu être très semblable. La création de l’homme n’est pas plus extraordinaire que celle du Christ. . La Genèse ne prétend nulle part qu’Adam aurait surgit sur terre tel un météorite venant d’un ailleurs. Comme le Christ, Adam a pu surgir par une conception dans le sein d’une mère, un enfantement, une croissance.
Certes, rien ne semble permettre d’affirmer qu’il n’avait pas de père terrestre. Encore que …
Mais, il faut surtout observer qu’Adam est fait de terrestre et d’un souffle de Dieu (Gn, 2, 7). Il est créé à la rencontre de deux réalités qui s’interpénètrent : le terrestre et le spirituel. Lorsque la Genèse nous raconte les origines de l’homme et de sa faiblesse actuelle, les origines de la nécessité d’un sauveur, elle doit nous évoquer en même temps du concret et du spirituel non matériel.
Raconter les origines de l’humain est aussi difficile que de raconter le Christ ressuscité. Dans les deux cas, notre raison ramène tout au terrestre, alors que la réalité est certes faite de terrestre bien concret, mais aussi d’une réalité qui le dépasse.
Il n’est possible de parler vrai qu’en ne cessant d’être attentif à la double réalité dont il s’agit.
La réalité terrestre et la réalité spirituelle ne sont jamais clairement distinctes. Là où tout semble matériel, la présence spirituelle n’est pas moins réelle et active. Là où tout semble spirituel, le concret peut surgir.
La difficulté est sans cesse présente dans nos efforts pour comprendre la Genèse.
Adam et Eve sont faits de terrestre et de vie spirituelle, semblables à Dieu, à son image.
Le récit nous dit qu’ils sont sans vêtement (Gn 2, 25). Cela peut viser les deux réalités. Ils sont parfaitement en harmonie avec leur environnement. Ils dominent la créature matérielle qui ne les menace en rien. Ils ne craignent ni le froid, ni la chaleur, ni le vent, ni la pluie, ni les autres créatures. Ils sont en communion avec Dieu, ils partagent sa vie spirituelle, ils ont une parfaite connaissance de tout leur environnement spirituel, du monde spirituel. Rien ne les gêne, ni ne les menace.
Ils vivent pleinement tant dans la réalité matérielle que dans la réalité spirituelle.
Lorsque nous lisons la Genèse, nous devons prendre garde de ne pas ramener tout à la réalité matérielle. Le récit nous parle de réalités concrètes, mais aussi de réalités spirituelles.
La difficulté vient de ce que nous ne pouvons parler de réalités spirituelles qu’avec des mots de la réalité terrestre.
Lorsque Dieu crée les plantes, les animaux, et même l’humain mâle et femelle (l’adam, le terrestre) nous voici dans du bien concret.
Lorsque Dieu parle à Adam, est-ce un son audible uniquement par ses oreilles terrestres ou uniquement par son esprit, ou par les deux ?
Lorsque Dieu lui présente un arbre de la connaissance, est-ce un arbre de la réalité concrète ou un arbre de la réalité spirituelle ou les deux ? La connaissance, c’est de l’immatériel. A priori, on peut penser que cet arbre est de la même nature. Il n’en est pas moins tout à fait réel.
A tout moment, l’humain est toujours dans la double réalité. Terrestre et spirituelle.
Aujourd’hui encore, même si sa vie spirituelle est affaiblie et blessée mortellement, il lui reste une possibilité d’être sauvé par le Christ. Une capacité de vie spirituelle subsiste.
A tout moment de la Genèse, il faut éviter d’exclure soit le concret, soit le spirituel. L’humain est et vit à la rencontre des deux.
Certains passages paraissent davantage concrets, d’autres davantage immatériels. Un voile demeure sur la distinction. Avec notre esprit blessé, nous ne pouvons tout comprendre. Mais, nous pouvons creuser le mystère à la lumière du Christ, du Christ ressuscité.
Il va nous revêtir d’un vêtement blanc parfaitement transparent pour remplacer la tunique de peau dont Dieu a dû nous recouvrir lorsqu’Adam et Eve se sont séparés de Dieu (Gn 3, 21). En hébreu, le mot peau est le même que le mot aveugle. Une peau de chair nous recouvre, nous a rendu aveugle à la réalité du monde spirituel dans lequel on ne peut vivre qu’en communion avec Dieu. Mais, ce monde spirituel subsiste et sa présence se manifeste encore.
Le monde spirituel peut avoir une réalité matériellement visible, comme celle du Christ ressuscité qui vient manger avec les siens, se laisser toucher, qui apparaît et disparaît à la vue des yeux de chair de ses amis.
L’arbre de la connaissance, le fruit, le serpent : s’agit-il de réalités concrètes ? La question est trompeuse, car notre esprit est voilé et nous ramenons tout à une perception exclusivement concrète qui ne peut guère concevoir le mélange du concret et du spirituel. Notre raison, notre observation scientifique est binaire : c’est oui ou non. La réalité spirituelle transcende cette approche exclusivement terrestre.
La connaissance, c’est surtout de l’immatériel, mais si notre cerveau corporel l’intègre.
La parole de Dieu, c’est surtout spirituel, mais la parole s’est faite chair, a créé le monde matériel.
Ce qui est vrai, c’est qu’il nous est davantage compréhensible de situer le récit de la chute dans la réalité spirituelle.
Difficile, en effet, d’imaginer une pomme ou un autre fruit concret qui contient ou qui est de la connaissance. Difficile d’imaginer un serpent qui discute concrètement, une rencontre concrète d’Adam caché dans un buisson avec Dieu. Difficile d’imaginer concrètement Dieu recouvrir Adam et Eve d’une peau supplémentaire. Difficile d’imaginer concrètement un jardin d’Eden sur une carte géographique.
Certains y parviennent. D’autres non.
Quoi qu’il en soit, il ne faut pas se laisser décourager par la difficulté, ni renoncer à être à l’écoute du récit de la Genèse, mais se laisser ouvrir le cœur.
Car, au delà du récit des origines, c’est du salut de l’humain par le Christ dont il est question.
Rien de plus désolant que l’humain voué à la poussière du sol, qui ne voit plus la lumière qui vient d’ailleurs, qui n’a plus un autre que lui-même, la perception d’une autre réalité que sa réalité terrestre. L’homme a besoin d’être sauvé de ses limites, de ses échecs, de sa mort. Il a besoin de relativiser son monde concret et ses difficultés par de la transcendance, une présence autre, une réalité autre.
[14 janvier 2011 : Mes messages de ce fil ont été revus et intégrés dans un ensemble de réflexions sur l’évolution, la création et l’incarnation intitulé « Adam et Eve : quelle réalité concrète ? » dont le document de travail actuel est disponible dans le sous-forum de l’Ecriture Sainte :
viewtopic.php?f=91&t=20369]
C’est lui, le nouvel Adam. Mieux comprendre le premier Adam, c’est aussi un chemin pour mieux comprendre le Christ qui nous sauve.
La Genèse renvoie les créationnistes et les évolutionnistes non pas dos à dos, mais côte à côte. Au créationniste, elle dit d’être attentif à la réalité spirituelle de la création qui n’est pas que matérielle, au fait que Dieu façonne déjà l’humain avant les plantes créées le troisième jour (Gn 1, 11 et 2, 4-9), même si l’humain n’est entièrement créé que le sixième jour. A l’évolutionniste, elle dit que les étapes successives de la création et la longueur immense des jours du récit n’excluent pas l’apparition à un moment donné d’un être qui reçoit en lui une vie autre que ce que la science peut observer, l’accès à une réalité autre.
Un être fait à l’image et à la ressemblance de Dieu (Gn 1, 26-27), avec une caractéristique qui ne le réduit pas à ce que la science peut observer.
Pour essayer d’imaginer et de comprendre ce qu’est un être humain sans le péché, les capacités qui sont les siennes, la vie d’Adam et Eve avant la chute, c’est encore en regardant le Christ, le nouvel adam, que nous sommes le mieux informés.
Il est semblable à nous en tout, sauf le péché.
Vrai Dieu et vrai homme, le Christ est pleinement dans notre réalité terrestre, mais il est aussi pleinement dans la réalité spirituelle. Sa vie spirituelle lui permet de dominer la réalité terrestre, d’en franchir les limites.
Il guérit les malades et ressuscite les morts, il rend la vue aux aveugles et fait entendre des sourds, il marche sur l’eau et multiplie les pains, dessèche un figuier, chasse les démons et fait apparaître Moïse et Elie, il franchit la mort par sa résurrection.
La venue du Christ dans notre monde fut extrêmement discrète. Dieu se fait homme par un acte infime dans le sein d’une jeune fille.
La conception d’Adam a pu être très semblable. La création de l’homme n’est pas plus extraordinaire que celle du Christ. . La Genèse ne prétend nulle part qu’Adam aurait surgit sur terre tel un météorite venant d’un ailleurs. Comme le Christ, Adam a pu surgir par une conception dans le sein d’une mère, un enfantement, une croissance.
Certes, rien ne semble permettre d’affirmer qu’il n’avait pas de père terrestre. Encore que …
Mais, il faut surtout observer qu’Adam est fait de terrestre et d’un souffle de Dieu (Gn, 2, 7). Il est créé à la rencontre de deux réalités qui s’interpénètrent : le terrestre et le spirituel. Lorsque la Genèse nous raconte les origines de l’homme et de sa faiblesse actuelle, les origines de la nécessité d’un sauveur, elle doit nous évoquer en même temps du concret et du spirituel non matériel.
Raconter les origines de l’humain est aussi difficile que de raconter le Christ ressuscité. Dans les deux cas, notre raison ramène tout au terrestre, alors que la réalité est certes faite de terrestre bien concret, mais aussi d’une réalité qui le dépasse.
Il n’est possible de parler vrai qu’en ne cessant d’être attentif à la double réalité dont il s’agit.
La réalité terrestre et la réalité spirituelle ne sont jamais clairement distinctes. Là où tout semble matériel, la présence spirituelle n’est pas moins réelle et active. Là où tout semble spirituel, le concret peut surgir.
La difficulté est sans cesse présente dans nos efforts pour comprendre la Genèse.
Adam et Eve sont faits de terrestre et de vie spirituelle, semblables à Dieu, à son image.
Le récit nous dit qu’ils sont sans vêtement (Gn 2, 25). Cela peut viser les deux réalités. Ils sont parfaitement en harmonie avec leur environnement. Ils dominent la créature matérielle qui ne les menace en rien. Ils ne craignent ni le froid, ni la chaleur, ni le vent, ni la pluie, ni les autres créatures. Ils sont en communion avec Dieu, ils partagent sa vie spirituelle, ils ont une parfaite connaissance de tout leur environnement spirituel, du monde spirituel. Rien ne les gêne, ni ne les menace.
Ils vivent pleinement tant dans la réalité matérielle que dans la réalité spirituelle.
Lorsque nous lisons la Genèse, nous devons prendre garde de ne pas ramener tout à la réalité matérielle. Le récit nous parle de réalités concrètes, mais aussi de réalités spirituelles.
La difficulté vient de ce que nous ne pouvons parler de réalités spirituelles qu’avec des mots de la réalité terrestre.
Lorsque Dieu crée les plantes, les animaux, et même l’humain mâle et femelle (l’adam, le terrestre) nous voici dans du bien concret.
Lorsque Dieu parle à Adam, est-ce un son audible uniquement par ses oreilles terrestres ou uniquement par son esprit, ou par les deux ?
Lorsque Dieu lui présente un arbre de la connaissance, est-ce un arbre de la réalité concrète ou un arbre de la réalité spirituelle ou les deux ? La connaissance, c’est de l’immatériel. A priori, on peut penser que cet arbre est de la même nature. Il n’en est pas moins tout à fait réel.
A tout moment, l’humain est toujours dans la double réalité. Terrestre et spirituelle.
Aujourd’hui encore, même si sa vie spirituelle est affaiblie et blessée mortellement, il lui reste une possibilité d’être sauvé par le Christ. Une capacité de vie spirituelle subsiste.
A tout moment de la Genèse, il faut éviter d’exclure soit le concret, soit le spirituel. L’humain est et vit à la rencontre des deux.
Certains passages paraissent davantage concrets, d’autres davantage immatériels. Un voile demeure sur la distinction. Avec notre esprit blessé, nous ne pouvons tout comprendre. Mais, nous pouvons creuser le mystère à la lumière du Christ, du Christ ressuscité.
Il va nous revêtir d’un vêtement blanc parfaitement transparent pour remplacer la tunique de peau dont Dieu a dû nous recouvrir lorsqu’Adam et Eve se sont séparés de Dieu (Gn 3, 21). En hébreu, le mot peau est le même que le mot aveugle. Une peau de chair nous recouvre, nous a rendu aveugle à la réalité du monde spirituel dans lequel on ne peut vivre qu’en communion avec Dieu. Mais, ce monde spirituel subsiste et sa présence se manifeste encore.
Le monde spirituel peut avoir une réalité matériellement visible, comme celle du Christ ressuscité qui vient manger avec les siens, se laisser toucher, qui apparaît et disparaît à la vue des yeux de chair de ses amis.
L’arbre de la connaissance, le fruit, le serpent : s’agit-il de réalités concrètes ? La question est trompeuse, car notre esprit est voilé et nous ramenons tout à une perception exclusivement concrète qui ne peut guère concevoir le mélange du concret et du spirituel. Notre raison, notre observation scientifique est binaire : c’est oui ou non. La réalité spirituelle transcende cette approche exclusivement terrestre.
La connaissance, c’est surtout de l’immatériel, mais si notre cerveau corporel l’intègre.
La parole de Dieu, c’est surtout spirituel, mais la parole s’est faite chair, a créé le monde matériel.
Ce qui est vrai, c’est qu’il nous est davantage compréhensible de situer le récit de la chute dans la réalité spirituelle.
Difficile, en effet, d’imaginer une pomme ou un autre fruit concret qui contient ou qui est de la connaissance. Difficile d’imaginer un serpent qui discute concrètement, une rencontre concrète d’Adam caché dans un buisson avec Dieu. Difficile d’imaginer concrètement Dieu recouvrir Adam et Eve d’une peau supplémentaire. Difficile d’imaginer concrètement un jardin d’Eden sur une carte géographique.
Certains y parviennent. D’autres non.
Quoi qu’il en soit, il ne faut pas se laisser décourager par la difficulté, ni renoncer à être à l’écoute du récit de la Genèse, mais se laisser ouvrir le cœur.
Car, au delà du récit des origines, c’est du salut de l’humain par le Christ dont il est question.
Rien de plus désolant que l’humain voué à la poussière du sol, qui ne voit plus la lumière qui vient d’ailleurs, qui n’a plus un autre que lui-même, la perception d’une autre réalité que sa réalité terrestre. L’homme a besoin d’être sauvé de ses limites, de ses échecs, de sa mort. Il a besoin de relativiser son monde concret et ses difficultés par de la transcendance, une présence autre, une réalité autre.
[14 janvier 2011 : Mes messages de ce fil ont été revus et intégrés dans un ensemble de réflexions sur l’évolution, la création et l’incarnation intitulé « Adam et Eve : quelle réalité concrète ? » dont le document de travail actuel est disponible dans le sous-forum de l’Ecriture Sainte :
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