Sécurité dans les collèges et les lycées

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BJLP
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Re: Sécurité dans les collèges et les lycées

Message non lu par BJLP »

BLJP, lorsque vous parlez du papa accro au catch et y poussant allègrement son rejeton miniature mais pour l'instant, et croyez-moi quand les proportions du rejeton changeront, le regard de la famille changera aussi, mais trop tard, j'ai l'impression que c'est un exemple-typique de la négation de l'enfant deuxième génération: à un papa anciennement symboliquement abandonné par ses parents dans leur rôle de constructeurs de la personnalité, correspond une attitude en regard aujourd'hui; "je suis complice de mon enfant, mais à travers mon caprice, pour mon plaisir, que j'impose à l'enfant, pas pour la réalisation de lui-même de cet enfant, à travers ses propres choix".
Comment faire pour que ce père de famille comprenne que ce qu'il agit avec son fils est négatif pour ce jeune de sept ans?
zélie
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Re: Sécurité dans les collèges et les lycées

Message non lu par zélie »

Cher BLJP,

il n'y a pas de solution toute prête, de modélisation psychologique de ce genre de cas. La solution, s'il y en a une, ne peut être qu'une construction qui s'inscrit dans le temps et qui demande à chaque protagoniste d'être acteur de cette démarche; vous comprenez bien que c'est loin d'être gagné; il n'y a pire sourd que celui qui ne veut pas entendre!
La personnalité des parents et leur niveau de compréhension de ce qui se joue dans l'éducation d'un enfant est primordiale, mais sans vouloir jeter la pierre à qui que ce soit, il me paraît évident que la première épine du problème que vous soulevez est là -et c'est loin d'être la seule-. Ces situations que l'on constate -dans les écoles pour vous- ne sont que la surface émergée d'un iceberg prenant ses racines dans l'histoire personnelle des ascendants de l'enfant. Comment a-t-il été élevé ce papa? ou comment a-t-il été abandonné à s'élever tout seul?
Parce que comme s'insurge Féé Violine, les enfants ne s'éduquent jamais tout seuls, c'est vrai, mais ce n'est pas acquis dans la tête de beaucoup de parents; les discours démissionnaires et les attitudes résignées des parents sont légion, et on ne peut que le constater, où que l'on croise un enfant.

Pour en revenir au cas qui vous préoccupe, soyez certain que le temps révèlera dans la douleur la négation de l'enfantsi elle est réelle, surtout à partir de son adolescence; il y aura un moment où cet homme en devenir, pour se réaliser, devra le faire en réalisant ce qui le porte, et ce qui le portera, ce sera son projet personnel, pas celui de son père, comme cela semble être le cas actuellement. Maintenant quel sera le degré de rupture ou d'adhésion de son projet, personne ne peut le savoir. On a tous vu des artisans (horlogers, ébénistes ou autre) passer le relais dans le bonheur à cinq générations après eux; mais certes il est plus facile d'imaginer ce relais autour d'une passion et d'un amour constructif pour la belle ouvrage que dans le cas du catch.

Ce qui peut être fait à moindre frais, c'est d'élargir l'horizon de cet enfant, par tout ce que quelqu'un comme vous peut lui apporter; ailleurs, dans d'autres familles, ça se passe autrement, on partage d'autres passions, et on les partage autrement; ça peut faire l'objet d'un débat de classe.
La classe, c'est aussi l'occasion de découvrir des tas de choses intéressantes qui peuvent accrocher un enfant, le monde de la connaissance est tellement vaste; les animaux, les techniques, la littérature, surtout celle qui donne à penser et à ne pas se satisfaire du confort habituel dépourvu de questionnement; la poésie, la découverte plastique, etc... trouver un fil en fait et y tirer dessus pour dérouler un chemin accessible à cet enfant.
En fait, au bout du compte, ce qu'il faut qu'il réalise, c'est cette question: "est-ce que la situation telle qu'elle est lui va parfaitement? Est-ce qu'il a envie qu'elle dure? Si on lui donne suffisamment d'espace intellectuel pour lui permettre d'établir des comparaisons, qu'est-ce qu'il aurait vraiment envie de voir changer dans ses rapports avec son père?", mais il ne faut pas lui poser cette question, juste donner un maximum d'occasion pour que cette réflexion se fasse un jour.
Et il se peut qu'à ce questionnement il estime que tout va bien ainsi et que rien ne doive changer; mais au moins, ce sera alors son choix.

Il y a quand même un point qui mérite discussion: quel est le rapport réel de l'enfant et de son père? Le projet autour du catch rend-il l'enfant heureux et épanoui? Même si de l'extérieur on ne voit qu'un enfant violent, de l'intérieur, le partage entre le père et le fils ne s'arrête-t-il qu'à une somme de violence et de bêtise? Si la position des soeurs devient trop inconfortable, il faut encourager les filles à parler de leur inconfort à leurs parents, autant de fois qu'il le faudra pour que les choses se calment au moins. Mais ça aussi c'est dur à faire, pour les filles s'entend.
Quelle est la mesure de sa violence envers sa fratrie, et quel en est le regard du père? Un premier pas vers la prise de conscience peut se faire par là.

Mais il y a encore une chose que le papa semble ignorer, et de fait que 90% des parents ignorent: c'est que la vision d'un même monde par un enfant et par un adulte sont aux antipodes l'une de l'autre; ce phénomène est bien pointé dans la pub visant à mettre les parents en garde contre ce que voit l'enfant à la télé en leur compagnie, et qui à eux leur semble anodin, alors que c'est loin de l'être pour le petit.
Ce cas de figure peut être généralisé, parce que l'enfant, jusqu'à l'âge où il va mettre en place une critique de son parent, voit le monde comme son parent veut qu'il le voit tellement il se situe dans l'adhésion au parent, objet de son amour, vecteur de sa survie.
Dans l'esprit d'un garçon de sept ans, "si le catch c'est bien pour papa, alors c'est que c'est bien", point. C'est pas bien que pour papa, c'est BIEN, et pour tout le monde; sur ce point aussi un enseignant peut travailler pour inviter l'enfant à réfléchir, à se reculer de sa position d'enfant trop fusionnel.
Et d'autre part, le rapport à la réalité de l'enfant étant sans nuance faute d'expérience, ce qu'il voit c'est toujours vrai, puisqu'il le voit; s'il voit un homme tomber et se faire tordre le bras, il ne se dit jamais :
"mais en fait, c'est du vent il ne l'a pas vraiment tordu"
non, il se dit :
"j'ai vu le bras se tordre, donc on lui a tordu le bras, et ça fait mal";
il prend sa vision du monde pour argent comptant parce qu'il ne peut se fier qu'à ce qu'il a, sa vue, et son vécu d'enfant, où tordre un bras, ça fait toujours mal.
Une fois, un directeur de mes connaissances, devant la centième fois qu'un grand de presque 10 ans lui montrait un bobo invisible, m'a raconté qu'il lui a répondu "bon, allez, je vais chercher la hache", sur quoi le gamin, loin d'en rire et de se remettre de son bobo indolore, a changé de couleur et y a cru dur comme fer; soit, du coup, il n'a plus eu mal. Mais cela illustre le décalage entre la vision d'un même monde par deux personnes différentes, l'adulte expérimenté et l'enfant, même déjà un peu grand.
Et l'expérience chez l'enfant est déterminante de sa personnalité, ne serait-ce que par les limites, les garde-fous, qu'elle impose à l'enfant et qui lui permettent de mettre en place un comportement prudent et sécurisant. Mais il faut du temps pour cela.

De mon coté, j'adorerais avoir votre avis d'enseignant averti sur ce cas.

Amicalement,

Zélie
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Fée Violine
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Re: Sécurité dans les collèges et les lycées

Message non lu par Fée Violine »

Une fois, un directeur de mes connaissances, devant la centième fois qu'un grand de presque 10 ans lui montrait un bobo invisible, m'a raconté qu'il lui a répondu "bon, allez, je vais chercher la hache", sur quoi le gamin, loin d'en rire et de se remettre de son bobo indolore, a changé de couleur et y a cru dur comme fer; soit, du coup, il n'a plus eu mal. Mais cela illustre le décalage entre la vision d'un même monde par deux personnes différentes, l'adulte expérimenté et l'enfant, même déjà un peu grand.
En effet les enfants manquent d'humour, ils ont tendance à croire ce qu'on leur dit. J'ai toujours veillé à ne pas raconter de salades à mes enfants, mais je n'y ai encore pas assez veillé car une de mes filles, devenue grande, m'a dit (à ma grande confusion) qu'étant petite elle croyait à l'histoire de la petite souris que je leur avais racontée. Pour moi c'était évident que c'était une histoire, mais elle l'avait prise au mot, jusqu'au jour où elle m'a vue mettre la pièce sous l'oreiller et où elle a compris qu'il s'agissait d'une grosse souris ! Elle ne m'en a pas voulu.
zélie
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Re: Sécurité dans les collèges et les lycées

Message non lu par zélie »

tiens, un bel exemple d'humour non compris par une ado, et en plus c'est moi la fautive!

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Fée Violine
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Re: Sécurité dans les collèges et les lycées

Message non lu par Fée Violine »

Oui, j'avais vu ! ;)
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Re: Sécurité dans les collèges et les lycées

Message non lu par FturChretiienne »

Je l'avoue, il y a de plus en plus de morts, accidents, violences, injures ...
Dans l'enceinte d'un college ou d'une ecole primaire.
Mon avis ; Quand je serais parent j'expliquerai bien a mon enfant la difference de la realité et la fiction .

Voilà .
Marion .


Allez, de toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, et leur apprenant à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et moi, je suis avec vous pour toujours, jusqu’à la fin du monde " (Mt 28, 19-20).
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