Cher Pharaon,
pharaon a écrit :
Je suis nouveau, je suis catholique, je suis beau, voilà...
Moi aussi je suis nouveau, mais je ne suis pas beau. Hélas...
pharaon a écrit :
L'Eglise catholique dit:
-Avant Vatican II: Il n'y a...
-Après Vatican II: Je ne vais pas...
L'enseignement de l'Eglise catholique n'est pas une baguette de pain coupée en tranche avec une moitié pour le café du matin et une moitié pour la soupe du soir. Tout ce que l'Eglise enseigne avec Vatican II l'est en fidélité avec la Tradition. Commencer par formuler vos questions de cette façon n'est pas la meilleure méthode pour en chercher les réponses.
pharaon a écrit :
Comment se fait il que la sainte Eglise, détentrice de la vérité, nous ait enseigné pendant quinze siècles une vérité (à croire de foi, d'après le fameux syllabus de Pie IX) fausse? (Bien qu'il soit mieux pour le salut des âmes et le zèle apostolique qu'elle se trompe dans ce sens que dans l'autre...).
Aucun catholique n'a pu vous raconter une chose pareille. C'est donc que ce que vous écrivez a été "imaginé" par une personne qui n'appartient pas à l'Eglise catholique... vous pourriez donc commencer par considérer que l'Eglise n'enseigne pas des vérités de foi qui se révèlent être fausse "à la longue". D'ailleurs, lorsque vous aller à la librairie, il n'y jamais de date de péremption sur le texte du Magistère que vous achetez.
pharaon a écrit :
... la vieille dame musulmane qui a vécu toute sa vie dans son pays en travaillant très dur avec honneur et dignité et en n'ayant pas les moyens de découvrir que le Christ est son sauveur, ne semble guère concernée par les menaces de notre Seigneur... Cela rejoindrait Vatican II...
Il serait plus exacte de formuler votre phrase ainsi: une vieille dame qui a vécu... en ôtant à tout jamais le "musulman". L'Eglise n'a jamais publié "d'annuaire des pages blanches des élus et des damnés". L'Eglise catholique ne préjuge pas de la droiture personnelle et de la rectitude de vie de tel ou tel individu, elle affirme que l'adhésion à telle ou telle religion, l'Islam par exemple, n'a pas d'effet sur son salut personnel. Nous allons en reparler.
pharaon a écrit :
Après tout le catéchisme de l'Eglise catholique fidèle à Vatican II dit que pour aller en Enfer...
Je ne comprends pas. Existe-t-il donc un catéchisme infidèle à Vatican II? Où peut-on se le procurer?
pharaon a écrit :
En ce point, le CEC n 'est il pas contraire à la doctrine du péché originel...
Cette fois-ci, je vous comprends mieux. Vous parlez de l'exposé de la croyance que l'on peut lire dans le Catéchisme de l'Eglise catholique infidèle à Vatican II... je vais chercher des renseignements sur l'Internet.
pharaon a écrit :
A cela s'ajoute le doute et le scepticisme que me propose en tout temps ma pauvre raison. Et face à mes amis protestants, agnostiques, il faut que je sache qu'elle est la vérité par rapport à eux...
Oui, vous avez tout compris. Il s'agit maintenant de vous armer de l'Evangile, de toute la Tradition de l'Eglise, de l'enseignement du Magistère. Sinon vos amis protestants et agnostiques vous prendrons pour un "rigolo"... c'est d'ailleurs parce que j'en avais assez, autrefois, d'être pris pour un "rigolo" que je me suis mis à étudier toutes ces choses. Malheureusement, comme je suis resté, malgré tout, un "rigolo", je continue, à mon âge, à étudier, lire et étudier... et puis lire.
pharaon a écrit :
bon ben vous avez du travail...
Non pas trop, mais vous oui, énormément.
Dans la tradition théologique de l'Eglise catholique (plusieurs centaines d'années avant Vatican II), on s'est très vite intéressé à la question du salut des infidèles, ou du salut des païens, des Gentils, etc. Comme vous l'avez remarqué, c'est ici qu'intervenait la prédication de Jésus aux enfers, aux limbes, au baptême de désir, à la foi implicite, etc. Certains théologiens ont cherché à montrer que les personnes non baptisées pouvaient être sauvés dans certaines conditions. Il ont donc distingué les êtres humains (tous juifs ou païens) qui sont venus avant le Christ et les êtres humains (chrétiens et non-chrétiens) qui sont nés après la mort du Christ. Dans cette tradition théologique, les religions ne sont pas prises en compte en tant que telles. On parle seulement de personnes qui ne font pas partie de l'Eglise.
N'oubliez pas ce point, il resservira plus tard.
Un peu plus tard (avant Vatican II), on a considéré les religions non chrétiennes comme "inférieures", parce que n'étant pas fondées par le Fils de Dieu. En ce sens, en dehors de l'Eglise il n'y a que de fausses religions. Elles sont fausses dans la mesure oû elles adorent des idoles et dans la mesure où leur fondateur n'est pas un saint mais un pécheur ordinaire.
Il ne faut pas oublier ceci non plus, c'est important.
Encore un peu plus tard (avant et après Vatican II) dans la tradition théologique occidentale, un autre problème s'est posé avec l'athéisme, l'incroyance pratique et l'indifférence religieuse. Les théologiens occidentaux on également commencé à s'intéresser aux religions non-chrétiennes en tant qu'ensembles structurés de croyances. En Occident toujours, sont apparues des sectes nouvelles et souvent dangereuses. Il a fallut tenir compte de tout celà. Certains théologiens se sont alors demandés si les religions ne pouvaient pas considérées comme être considérée comme une "préparation à l’Évangile". D'autres se sont demandés si les religions n'apportaient pas quelque chose du mystère du salut à leurs membres.
Ces questions sont liées, vous l'aurez remarqué, à un contexte (moderne, contemporain) qui n'est plus vraiment tout à fait celui de l'Eglise primitive ou de l'Eglise du Moyen-âge. A proprement parler, les vérités de foi enseignées par l'Eglise ne perdent pas de leur "validité" ou de leur "véracité" avec le passage du temps. Simplement, de nouvelles questions se posent dans de nouveaux contextes qui eux-mêmes évoluent en permanence et de plus en plus rapidemment. Il faut tenir compte de ce fait et les théologiens essayent d'apporter des précisions nouvelles au sujet de vérités de foi anciennes. Confrontés à ces questions théologiques nouvelles et difficiles, les théologiens catholiques ont tenté d'y apporter des réponses.
Les théologiens catholiques affirment que les religions existent parce que l'être humain à un désir natif de s'unir à une divinité. Il existe donc des expressions variées de ce désir dans différentes cultures. Ces religions sont des religions "naturelles". Le christianisme, lui, est une religion surnaturelle. Avec le christianisme, le salut peut parvenir aux membres des autres religions comme une réponse de Dieu aux aspirations religieuses exprimées dans la religion de chacun. Tout ce qui est bien, beau et vrai dans les religions trouve ainsi son "accomplissement" dans le christianisme. Mais ces religions ne jouent elles-mêmes aucun rôle dans le mystère du salut.
Il y a d'autres réponses, mais je suis trop fatigué pour vous en parler. Si vous tenez à les connaître, vous pouvez vous renseigner sur le théologien Hans Küng, par exemple... mais je ne sais pas si ce qu'il raconte est vraiment intéressant, ou même catholique.
En clair, les religions peuvent être une préparation à l'Evangile, mais seulement AVANT la mort de Jésus sur la Croix. Depuis la mort du Christ, les religions ne servent à rien pour le salut de leurs membres. Ceci étant le Concile Vatican II a, en accord avec tout la Tradition de l'Eglise, affirmé qu'il était possible à une personne d'être sauvée en dehors de l'Eglise. Ce que dit exactement le Concile Vatican II, c'est qu'il y a des hommes qui, sans faute de leur part, ignorent entièrement l'Evangile. Que pour tous les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce, et puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l'homme est réellement unique, à savoir divine, un catholique doit tenir que l'Esprit Saint offre à tous, d'une façon que Dieu connaît, la possibilité d'être associé au mystère pascal. Voilà ce que dit le Concile, avec la Tradition de toute l'Eglise catholique.
"... la vieille dame de bonne volonté qui vécu toute sa vie en ignorant, sans faute de sa part, entièrement l'Evangile, dans le cœur duquel, invisiblement, agit la grâce, et puisque le Christ est mort aussi pour elle et que sa vocation dernière est réellement unique, à savoir divine, se voit offrir par l'Esprit Saint, d'une façon que Dieu seul connaît, la possibilité d'être associé au mystère pascal..."
Le fait qu'elle soit musulmane ou zoroastrienne ou qu'elle pratique le bouddhisme tantrique n'a donc rien à voir avec la question de son salut personnel en Dieu.
Amicalement.
Virgile.