Être Chrétien et soldat
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Forum de discussions entre chrétiens sur les questions morales et éthiques. Certaines discussions de ce forum peuvent heurter la sensibilité des jeunes lecteurs.
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- Fée Violine
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Re: Être Chrétien et soldat
La non-violence est surtout l'absence de haine et de peur, évidemment parfois l'usage de la force est nécessaire. Mais sans doute moins souvent qu'on ne le pense, je suppose.
- Petit Matthieu
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Re: Être Chrétien et soldat
Le premier convaincu de l'idée de guerre juste, c'est Saint-Augustin. L'Empire romain étant devenu chrétien, le défendre contre les barbares, c'est défendre l'ensemble de la chrétienté.
L'idée de guerre est à l'opposé du message des Evangiles. Jésus n'a t'il pas dit "heureux serez vous quand on vous persécutera ?"
Charles de Foucault a défendu cette idée (cela a été dit précédemment) de non violence absolue. J'en suis partisan. Les savants théologiens de l'Etat pontifical ont trouvés des arguments, des interprétations pour défendre et convaincre de l'idée de guerre sainte et guerre juste.
Mais le Christ ne nous entraine t il pas plus loin que sur les champs de bataille ?
L'idée de guerre est à l'opposé du message des Evangiles. Jésus n'a t'il pas dit "heureux serez vous quand on vous persécutera ?"
Charles de Foucault a défendu cette idée (cela a été dit précédemment) de non violence absolue. J'en suis partisan. Les savants théologiens de l'Etat pontifical ont trouvés des arguments, des interprétations pour défendre et convaincre de l'idée de guerre sainte et guerre juste.
Mais le Christ ne nous entraine t il pas plus loin que sur les champs de bataille ?
"Ce n’est que pour ton amour, pour ton amour seul, que les pauvres te pardonneront le pain que tu leur donnes."
Phrase finale de saint Vincent de Paul dans le film "Monsieur Vincent".
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- coeurderoy
- Pater civitatis

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Re: Être Chrétien et soldat
Je ne crois pas à la guerre sainte mais à la guerre juste oui : nier l'intervention divine dans l'histoire du Royaume de France (ou dans d'autres batailles célèbres) n'est pas dans ma tournure d'esprit.
Sainte Jeanne d'Arc reçoit du ciel la mission militaire qui permettra le rétablissement de la paix dans un royaume déchiré par la guerre civile (et les fruits sont très beaux de 1450 à 1524 avant que la fureur calviniste n'ensanglante à nouveau une France reconstruite, on sait que cette époque fut un redressement en bien des domaines).
Lorsque le fanatisme règne (Guerre des Paysans en Allemagne, fureur calviniste en France) il est juste et légitime que le lieutenant du Christ, le Roi, fasse son travail et punisse par le glaive les fauteurs de trouble : à Reims il a prêté le serment de protéger non les banquiers et les intérêts capitalistes mais l'Eglise et le peuple à lui confié : on lui a remis l'épée.
Cela blesse peut-être les âmes sensibles mais je préfère ce roi défenseur de l'Eglise et des plus faibles à un président droit-de-l'hommiste d'un gouvernement où le massacre quotidien des innocents est remboursé par la S.S (la sécu quoi).
Cordialement
Sainte Jeanne d'Arc reçoit du ciel la mission militaire qui permettra le rétablissement de la paix dans un royaume déchiré par la guerre civile (et les fruits sont très beaux de 1450 à 1524 avant que la fureur calviniste n'ensanglante à nouveau une France reconstruite, on sait que cette époque fut un redressement en bien des domaines).
Lorsque le fanatisme règne (Guerre des Paysans en Allemagne, fureur calviniste en France) il est juste et légitime que le lieutenant du Christ, le Roi, fasse son travail et punisse par le glaive les fauteurs de trouble : à Reims il a prêté le serment de protéger non les banquiers et les intérêts capitalistes mais l'Eglise et le peuple à lui confié : on lui a remis l'épée.
Cela blesse peut-être les âmes sensibles mais je préfère ce roi défenseur de l'Eglise et des plus faibles à un président droit-de-l'hommiste d'un gouvernement où le massacre quotidien des innocents est remboursé par la S.S (la sécu quoi).
Cordialement
"Le coeur qui rayonne vaut mieux que l'esprit qui brille"
Saint Bernard de Clairvaux
Saint Bernard de Clairvaux
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Invité
- Barbarus

Les soldats
Bonsoir,
Je me demandais depuis quelques temps, est-ce que les soldats qui tuent d'autres soldats durant une guerre vont en Enfer s'ils ne se repentent pas ?
Ou est-ce qu'ils ne sont pas jugés par le Seigneur pour ce qu'ils font à la guerre, du fait même que ce sont des soldats qui se battent pour une cause, qui respectent un code d'honneur ?
Je me demandais depuis quelques temps, est-ce que les soldats qui tuent d'autres soldats durant une guerre vont en Enfer s'ils ne se repentent pas ?
Ou est-ce qu'ils ne sont pas jugés par le Seigneur pour ce qu'ils font à la guerre, du fait même que ce sont des soldats qui se battent pour une cause, qui respectent un code d'honneur ?
-
Serge BS
- Pater civitatis

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- Inscription : mer. 08 mars 2006, 6:22
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Re: Les soldats
Le militaire ne doit et ne peut agir a minima que sans haine, que sans intention de détruire à tout prix et que dans la mesure où son action est l’ultime recours pour défendre le faible ou la victime ou pour assurer, défendre ou rétablir la paix.
De plus, son engagement initial ne doit pas avoir été conduit par l’orgueil, par l’intention d’obtenir un “droit de tuer” ou quelque autre motivation impure. Il est dégagé d’un degré de sa responsabilité morale dès lors que son action est légale, légitime, proportionnée et guidée par la volonté de protéger et non par une quelconque autre motivation. Le soldat a donc légitimement le droit de désobéir à un ordre foncièrement illégal ou illégitime ; d’ailleurs, le Règlement de discipline générale des Armées (TTA 101, notamment en ses articles 6-1 et 8-3) dit-il autre chose ?
Pour en revenir à ce qui a été dit avant d’évoquer le “droit de désobéissance”, le soldat peut donc même tuer celui qui fait le mal – par ordre ou en conscience - dans ce cadre, même si la part de sa responsabilité morale restant engagée fait qu’il s’en remet entièrement à la grâce divine pour préserver son salut, Dieu seul pouvant laver son péché. Il joue donc d’une certaine manière à pile ou face son salut, et seul un total abandon spirituel à Dieu unit à la pureté de son cœur dans l’action peuvent lui donner l’espérance et non la certitude de son salut. Nous sommes donc ici dans un recours absolu à la seule grâce divine, dans ses dimensions les plus larges, sachant de plus que les œuvres ne seront pas ici mesurées à l’aune du positif, mais à l’aune du mal fait ou d’intention. Dit autrement, si le soldat tue avec une intention mauvaise, ou encore par exemple en sachant que son action est illégitime, il peut avoir la certitude de sa damnation, alors qu’à l’inverse il ne peut avoir qu’une espérance de la grâce divine. Il est donc confronté à un choix difficile, choix qu’il doit bien appréhender avant de s’engager…
Encore plus grande est la responsabilité de celui qui décide de l’usage de la force, car sa décision a à la fois des conséquences sur le salut de ceux qui sont sous ses ordres, mais, de plus, cette décision peut se trouver condamnable alors même que l’action des soldats ne le serait pas. Le chef, même s’il ne tue pas, est donc encore plus exposé à la damnation que celui qui obéit… Une reprise sous une autre forme de la parabole de l’homme riche… Si les deux s’en remettent à la grâce divine, le chef aura plus à se justifier avec les six conditions de la guerre juste, qui doivent toutes être réunies a minima, que le simple soldat qui, sous la réserve de la légitimité et de la conscience de cette légitimité de son action, aura moins de justification à présenter…
C’est toute la question de la conscience du péché qui se pose ; c’est toute la question de la grâce divine… D’une certaine manière, et sous forme de boutade, et même si nul ne peut présumer de la grâce divine, on pourrait dire que les missions Petersberg ne mettent pas véritablement en cause le salut du soldat – du moins lorsque son action est réalisée dans un esprit d’assistance et de paix -, alors que les missions du type “Irak 2003” sont bien plus problématiques en la matière… Mais tous les militaires ne sont pas confrontés aux mêmes cas de conscience. Le marin-pompier n’a pas à s’inquiéter, même s’il est un militaire, toute son action n’étant axée que vers le service de son prochain, sans devoir jamais tuer – bien au contraire – et risquant sa vie en conscience pour ses frères ; par contre, le commando se trouve confronté à des dilemmes de conscience fondamentaux quant à son salut, d’autant plus lorsqu’il constate que le prix d’une vie humaine en mission n’est pas le même selon que le théâtre de son action est en Europe, où tout doit être justifié, ou en Afrique, où bien moins est à expliquer ; or, une vie humaine est toujours une vie humaine unique et égale devant Dieu ! Et combien plus grave est le dilemme du chef, et celui du politique… Le poilu de 14/18 perdu dans la tourmente de la guerre s’est trouvé bien plus proche du salut que Nivelle ou Pétain, ou encore que Clemenceau… Ne pas avoir tout fait pour la paix, ne pas tout faire pour limiter au maximum les effets potentiellement dévastateurs de la guerre, ne pas agir selon une seule volonté de paix peut vite conduire à la quasi-certitude du non-salut… C’est ici que les doctrines catholiques du péché, de la pénitence, de la grâce et de la Rédemption doivent se déployer, en lien avec la volonté de rechercher avant tout la paix !
Saint Augustin est totalement actuel, même pour ce qui est des aspects de sa théologie a priori bien éloignés de la problématique du présent document, que ce soit pour sa théologie de la grâce ou encore sa théologie du péché ! Et c’est en cela que saint Augustin est vraiment l’auteur décisif dont il est heureux que l’on reprenne conscience lorsque le bruit des armes retentit, même si la théorie thomiste du tyrannicide viendra compléter son approche, ce que l’on peut dès lors qualifier de théologie de la guerre en tant que branche de la théologie de la paix !
Voir aussi mon blog où vous trouverez des réponses plus complètes : http://serge-bs.over-blog.com/, ainsi que sur ce site notamment : http://www.cite-catholique.org/viewtopi ... =37&t=7597, http://www.cite-catholique.org/viewtopi ... =37&t=6477 et http://www.cite-catholique.org/viewtopi ... =37&t=2956.
De plus, son engagement initial ne doit pas avoir été conduit par l’orgueil, par l’intention d’obtenir un “droit de tuer” ou quelque autre motivation impure. Il est dégagé d’un degré de sa responsabilité morale dès lors que son action est légale, légitime, proportionnée et guidée par la volonté de protéger et non par une quelconque autre motivation. Le soldat a donc légitimement le droit de désobéir à un ordre foncièrement illégal ou illégitime ; d’ailleurs, le Règlement de discipline générale des Armées (TTA 101, notamment en ses articles 6-1 et 8-3) dit-il autre chose ?
- « Le subordonné ne doit pas exécuter un ordre prescrivant d’accomplir un acte manifestement illégal ou contraire aux règles du droit international applicable dans les conflits armés, et aux conventions internationales régulièrement ratifiées et approuvées » (art. 8-3, TTA 101)
- « Celui qui doit exécuter un ordre doit considérer, avant d’obéir, dans quelle mesure il est de son devoir de l’exécuter. (…) En conséquence, le chrétien est tenu d’obéir exclusivement dans la mesure où le pouvoir est issu de Dieu, et pas autrement. (…) Quant à l’abus de pouvoir, il peut également être double. D’une part, si ce qui est ordonné par le chef est contraire à la fin pour laquelle le pouvoir a été établi : par exemple, s’il ordonne de faire un péché, contraire à la vertu, alors que le pouvoir est établi pour inciter à la vertu et pour la maintenir. Dans ce cas, non seulement on n’est pas tenu d’obéir à un tel chef, mais encore on ne doit pas lui obéir, à l’exemple des saints martyrs qui ont souffert la mort plutôt que d’obéir aux ordres impies des tyrans. D’autre part, si l’on est contraint au-delà de la compétence du pouvoir établi : par exemple, si un maître exige un impôt que son dépendant n’est pas tenu de donner, ou autres excès semblables. En ce cas, le sujet est libre d’obéir ou de ne pas obéir. » (Saint THOMAS D’AQUIN, Commentaire du livre II des Sentences de Pierre Lombard, dist. XLIV, quaestio II, art. 2 (traduction tirée de : Histoire de l’Église par elle-même, Paris, Fayard, 1978, page 248))
Pour en revenir à ce qui a été dit avant d’évoquer le “droit de désobéissance”, le soldat peut donc même tuer celui qui fait le mal – par ordre ou en conscience - dans ce cadre, même si la part de sa responsabilité morale restant engagée fait qu’il s’en remet entièrement à la grâce divine pour préserver son salut, Dieu seul pouvant laver son péché. Il joue donc d’une certaine manière à pile ou face son salut, et seul un total abandon spirituel à Dieu unit à la pureté de son cœur dans l’action peuvent lui donner l’espérance et non la certitude de son salut. Nous sommes donc ici dans un recours absolu à la seule grâce divine, dans ses dimensions les plus larges, sachant de plus que les œuvres ne seront pas ici mesurées à l’aune du positif, mais à l’aune du mal fait ou d’intention. Dit autrement, si le soldat tue avec une intention mauvaise, ou encore par exemple en sachant que son action est illégitime, il peut avoir la certitude de sa damnation, alors qu’à l’inverse il ne peut avoir qu’une espérance de la grâce divine. Il est donc confronté à un choix difficile, choix qu’il doit bien appréhender avant de s’engager…
Encore plus grande est la responsabilité de celui qui décide de l’usage de la force, car sa décision a à la fois des conséquences sur le salut de ceux qui sont sous ses ordres, mais, de plus, cette décision peut se trouver condamnable alors même que l’action des soldats ne le serait pas. Le chef, même s’il ne tue pas, est donc encore plus exposé à la damnation que celui qui obéit… Une reprise sous une autre forme de la parabole de l’homme riche… Si les deux s’en remettent à la grâce divine, le chef aura plus à se justifier avec les six conditions de la guerre juste, qui doivent toutes être réunies a minima, que le simple soldat qui, sous la réserve de la légitimité et de la conscience de cette légitimité de son action, aura moins de justification à présenter…
C’est toute la question de la conscience du péché qui se pose ; c’est toute la question de la grâce divine… D’une certaine manière, et sous forme de boutade, et même si nul ne peut présumer de la grâce divine, on pourrait dire que les missions Petersberg ne mettent pas véritablement en cause le salut du soldat – du moins lorsque son action est réalisée dans un esprit d’assistance et de paix -, alors que les missions du type “Irak 2003” sont bien plus problématiques en la matière… Mais tous les militaires ne sont pas confrontés aux mêmes cas de conscience. Le marin-pompier n’a pas à s’inquiéter, même s’il est un militaire, toute son action n’étant axée que vers le service de son prochain, sans devoir jamais tuer – bien au contraire – et risquant sa vie en conscience pour ses frères ; par contre, le commando se trouve confronté à des dilemmes de conscience fondamentaux quant à son salut, d’autant plus lorsqu’il constate que le prix d’une vie humaine en mission n’est pas le même selon que le théâtre de son action est en Europe, où tout doit être justifié, ou en Afrique, où bien moins est à expliquer ; or, une vie humaine est toujours une vie humaine unique et égale devant Dieu ! Et combien plus grave est le dilemme du chef, et celui du politique… Le poilu de 14/18 perdu dans la tourmente de la guerre s’est trouvé bien plus proche du salut que Nivelle ou Pétain, ou encore que Clemenceau… Ne pas avoir tout fait pour la paix, ne pas tout faire pour limiter au maximum les effets potentiellement dévastateurs de la guerre, ne pas agir selon une seule volonté de paix peut vite conduire à la quasi-certitude du non-salut… C’est ici que les doctrines catholiques du péché, de la pénitence, de la grâce et de la Rédemption doivent se déployer, en lien avec la volonté de rechercher avant tout la paix !
Saint Augustin est totalement actuel, même pour ce qui est des aspects de sa théologie a priori bien éloignés de la problématique du présent document, que ce soit pour sa théologie de la grâce ou encore sa théologie du péché ! Et c’est en cela que saint Augustin est vraiment l’auteur décisif dont il est heureux que l’on reprenne conscience lorsque le bruit des armes retentit, même si la théorie thomiste du tyrannicide viendra compléter son approche, ce que l’on peut dès lors qualifier de théologie de la guerre en tant que branche de la théologie de la paix !
Voir aussi mon blog où vous trouverez des réponses plus complètes : http://serge-bs.over-blog.com/, ainsi que sur ce site notamment : http://www.cite-catholique.org/viewtopi ... =37&t=7597, http://www.cite-catholique.org/viewtopi ... =37&t=6477 et http://www.cite-catholique.org/viewtopi ... =37&t=2956.
- Unsimplehomme
- Quæstor

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- Inscription : dim. 25 juil. 2010, 17:41
Militaire et chrétien?
Bonjour à tous,
Es-ce un péché que d'accomplir son service militaire? (C'est encore obligatoire chez moi) On y apprend serte à aider la population en cas de catastrophe. On y apprend la camaraderie, l'esprit d'équipe, la tolérance, l'entraide, la débrouillardise, l'endurance dans l'épreuve, la persévérance dans l'effort et toutes ces belles choses.
Mais on y apprends aussi à utiliser efficacement une baïonnette, un fusil, à faire la guerre quoi.
Personnellement, j'ai fait mon service car je voulais vivre une expérience qui me changeai de mon train-train habituel.
On dit toujours que c'est pour défendre, pas attaquer, blablabla. Mais après avoir lu des livres sur Verdun, Stalingrad, je me dis que j'ai peut être fait une connerie.
D'un autre coté, Saint-Maurice était un militaire et c'est un Saint,...
Donc, je me demande si j'ai pas commis un grave péché sans m'en rendre compte. Quel est votre avis?
Es-ce un péché que d'accomplir son service militaire? (C'est encore obligatoire chez moi) On y apprend serte à aider la population en cas de catastrophe. On y apprend la camaraderie, l'esprit d'équipe, la tolérance, l'entraide, la débrouillardise, l'endurance dans l'épreuve, la persévérance dans l'effort et toutes ces belles choses.
Mais on y apprends aussi à utiliser efficacement une baïonnette, un fusil, à faire la guerre quoi.
Personnellement, j'ai fait mon service car je voulais vivre une expérience qui me changeai de mon train-train habituel.
On dit toujours que c'est pour défendre, pas attaquer, blablabla. Mais après avoir lu des livres sur Verdun, Stalingrad, je me dis que j'ai peut être fait une connerie.
D'un autre coté, Saint-Maurice était un militaire et c'est un Saint,...
Donc, je me demande si j'ai pas commis un grave péché sans m'en rendre compte. Quel est votre avis?
-Heureux êtes-vous quand on vous insultera, qu'on vous persécutera, et qu'on dira faussement contre vous toute sorte d'infamie à cause de moi.
-Soyez dans la joie et l'allégresse, car votre récompense sera grande dans les cieux : c'est bien ainsi qu'on a persécuté les prophètes, vos devanciers.
(Mt 5:11et12)
-Soyez dans la joie et l'allégresse, car votre récompense sera grande dans les cieux : c'est bien ainsi qu'on a persécuté les prophètes, vos devanciers.
(Mt 5:11et12)
Re: Objection de conscience
Il est possible d'être militaire et catholique. Mais le respect de la morale doit cependant rester prioritaire sur les ordres, ce qui n'est potentiellement pas vide de conséquences. Dans votre cas, je ne vois pas où est le problème.
-
cracboum
- Tribunus plebis

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- Inscription : mer. 03 mars 2010, 10:36
- Localisation : hein! quoi? ou suis-je?
Re: Objection de conscience
Je connais un centurion que Jésus donnait en exemple...
L'unité de la souffrance et de la béatitude est le secret de Dieu, comme le don de sagesse surpasse celui d'intelligence. P. Varillon
Ne méprisez pas vos pieds
Ne méprisez pas vos pieds
- Petit Matthieu
- Pater civitatis

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- Inscription : lun. 02 févr. 2009, 20:23
- Conviction : catholique
- Localisation : Paris
Re: Objection de conscience
La question est quand même pertinente...quand on se souvient que les chrétiens refusaient de faire le service militaire sous l'Empire.cracboum a écrit :Je connais un centurion que Jésus donnait en exemple...
"Ce n’est que pour ton amour, pour ton amour seul, que les pauvres te pardonneront le pain que tu leur donnes."
Phrase finale de saint Vincent de Paul dans le film "Monsieur Vincent".
Phrase finale de saint Vincent de Paul dans le film "Monsieur Vincent".
-
Reconverti
- Civis

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- Inscription : ven. 29 oct. 2010, 13:04
Re: Objection de conscience
Étant moi-même militaire, je me permets d’apporter ces quelques éléments de réponse. Tout d’abord, même si les guerres justes n’existent pas en tant que telles, il est indéniable que certaines sont bien moins injustes que d’autres. Toujours selon moi, si la guerre est un phénomène collectif, c’est, pour le combattant, également un fait individuel, car vous vous retrouvez seul face à vos décisions, à votre peur. Personne ne peut mentir devant cela et les réactions des soldats ne sont que le produit de ce qu’ils sont réellement : courageux, lâches, moraux ou amoraux etc. Mais, pour l’avoir constaté à plusieurs reprises, « il y a dans les hommes plus de choses à admirer que de choses à mépriser » Albert Camus. De surcroît, les règlements de discipline, du moins en Occident, exigent désormais que le soldat qui est confronté à un ordre illégal ne l’exécute pas.
C’est pourquoi, l’état de militaire n’est nullement incompatible avec la foi en Jésus Christ et j’irai même jusqu’à affirmer qu’en ces périodes troubles où il n’y a plus de menaces à nos frontières ni de frontières aux menaces, c’est cette foi qui nous sert de phare dans la nuit de la guerre.
C’est pourquoi, l’état de militaire n’est nullement incompatible avec la foi en Jésus Christ et j’irai même jusqu’à affirmer qu’en ces périodes troubles où il n’y a plus de menaces à nos frontières ni de frontières aux menaces, c’est cette foi qui nous sert de phare dans la nuit de la guerre.
Re: Objection de conscience
Bonjour Unsimplehomme,Unsimplehomme a écrit :Donc, je me demande si j'ai pas commis un grave péché sans m'en rendre compte. Quel est votre avis?
Rassurez-vous, on ne commet pas de grave péché sans s'en rendre compte.
Heureusement !
Si Jésus n'avait pas voulu que vous fassiez votre service militaire, il vous aurait posé le problème de conscience.
Moi-même, j'ai refusé de faire un service militaire. Mais, avant de le faire, j'ai reçu plusieurs interpellations, si bien que j'ai pensé que je devais objecter.
Mais, au delà de sa conscience personnelle, qu'on ne peut jamais négliger, on peut aussi en référer à l'Eglise, qui éclaire notre conscience. Et par les temps qui courent, l'Eglise laisse les jeunes gens faire un service militaire. Si c'était un péché, jamais elle ne le tolérerait.
Cordialement,
Griffon.
Jésus, j'ai confiance en Toi,
Jésus, je m'abandonne à Toi.
Jésus, je m'abandonne à Toi.
Mon bonheur est de vivre,
O Jésus, pour Te suivre.
O Jésus, pour Te suivre.
- Unsimplehomme
- Quæstor

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- Inscription : dim. 25 juil. 2010, 17:41
Re: Objection de conscience
Bonjour,
Merci à tous pour vos réponses! C'est très clair dans mon esprit maintenant. :>
Merci à tous pour vos réponses! C'est très clair dans mon esprit maintenant. :>
-Heureux êtes-vous quand on vous insultera, qu'on vous persécutera, et qu'on dira faussement contre vous toute sorte d'infamie à cause de moi.
-Soyez dans la joie et l'allégresse, car votre récompense sera grande dans les cieux : c'est bien ainsi qu'on a persécuté les prophètes, vos devanciers.
(Mt 5:11et12)
-Soyez dans la joie et l'allégresse, car votre récompense sera grande dans les cieux : c'est bien ainsi qu'on a persécuté les prophètes, vos devanciers.
(Mt 5:11et12)
-
Invité
- Barbarus

Re: Être Chrétien et soldat
Pour ma part, je pense qu'il faut faire attention à notre orgeuil.
Certains refuseraient de faire le moindre mal par principe alors que l'inaction serait encore pire.
N'oublions pas que si la France n'avait pas été si pacifiste durant les années 30, alors le bon sens l'auraint poussé à envahir l'Allemagne en phase de réarmement, et à cette époque elle aurait largement gagné, éliminent par les évenement terribles que l'on connait.
C'est un peu le principe du vaccin: on accèpte d'intégrer un peu du mal dans notre vie pour le combattre plus facilement; un corps totalement saint se fait vaincre par la maladie.
Bien sûr le principe du "tend l'autre joue" peut être appliqué; mais un tel renoncement est insupportable, ne pensez-vous pas? Si nous appliquions à la lettre les précepts bibliques nous n'aurions plus d'armée et nous ne résisterions à aucun envahisseur...il y a la promesse du Paradis mais...accepter sa soumission et ne pas régir est tout de même terrible (face à Hitler par exemple, il aurait fallu ne rien faire?). Comment Dieu peut-il nous préscrir une telle chose?
Certains refuseraient de faire le moindre mal par principe alors que l'inaction serait encore pire.
N'oublions pas que si la France n'avait pas été si pacifiste durant les années 30, alors le bon sens l'auraint poussé à envahir l'Allemagne en phase de réarmement, et à cette époque elle aurait largement gagné, éliminent par les évenement terribles que l'on connait.
C'est un peu le principe du vaccin: on accèpte d'intégrer un peu du mal dans notre vie pour le combattre plus facilement; un corps totalement saint se fait vaincre par la maladie.
Bien sûr le principe du "tend l'autre joue" peut être appliqué; mais un tel renoncement est insupportable, ne pensez-vous pas? Si nous appliquions à la lettre les précepts bibliques nous n'aurions plus d'armée et nous ne résisterions à aucun envahisseur...il y a la promesse du Paradis mais...accepter sa soumission et ne pas régir est tout de même terrible (face à Hitler par exemple, il aurait fallu ne rien faire?). Comment Dieu peut-il nous préscrir une telle chose?
- Petit Matthieu
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Re: Être Chrétien et soldat
Juste une petite réponse à cette phrase : on voit aussi qu'à chaque fois qu'un pays prépare la guerre....elle arrive !Christophe a écrit :Oui, pur pragmatisme. Nous connaissons tous le dicton "qui veut la paix prépare la guerre".Etrigan a écrit :Tout à fait discutable à mon sens : du pur pragmatisme... Néanmoins, merci de votre réponse.
Le ministère des affaires militaires s'intitule ministère de la défense...
Et chacun peut tirer les leçons de l'histoire : un pays sans défense, sans armée, est un pays virtuellement rayé de la carte.
Que Dieu vous bénisse.
Christophe
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- Nanimo
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Re: Être Chrétien et soldat
Je ne lis plus, pour être honnête, mais j'ai entendu le Père Jean-Yves Ducourneau sur les ondes. Il est aumonier des armées fr. à Kaboul. (Son dernier livre, Les Cloches sonnent aussi à Kaboul.) Il défend très bien le rôle de l'aumonier dans une société largement laïcisée. A écouter (les liens aux émissions de radio sont sur la page) Livre du Père J-Y Ducourneau
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