Amorius a écrit :Cependant, je vais modéré mon propos antérieur (mais là aussi, cela demande de la recherche pour établir une réponse précise) quant à l'emploi de l'arme nucléaire. C'est-à-dire que mon explication était, semble-t-il, valable jusqu'à Vatican II (concile pastoral). La phrase (de Gaudium et spes) citée par Christophe : "4. Tout acte de guerre qui tend indistinctement à la destruction de villes entières ou de vastes régions avec leurs habitants est un crime contre Dieu et contre l'homme lui-même, qui doit être condamné fermement et sans hésitation." peut-être interprétée de manières bien différentes à cause de l'adverbe "indistinctement".
Je trouve la "
modération de votre propos antérieur" quelque peu... timorée !
Vous sous-entendez que la justification de l'utilisation de l'arme atomique aurait été valable jusqu'au second Concile de Vatican ? Dans ce cas, je vous prie de bien vouloir produire une référence précise - magistèrielle et pré-conciliaire - qui légitimerait l'usage de l'arme atomique...
D'autre part, lorsque vous écrivez "
Vatican II (concile pastoral)", laissant entendre que son contenu serait exclusivement pastoral à l'exclusion de tout contenu dogmatique, c'est oublier un peu vite les textes doctrinaux, telles les deux Constitutions "dogmatiques",
Lumen Gentium (sur l'Eglise) et
Dei Verbum (sur la Révélation divine). Et même si le Concile n'a pas engagé son infaillibilité, il n'en demeure pas moins que son enseignement jouit de l’autorité du Magistère suprême de l’Église !
Enfin, je ne vois pas où est l'équivoque dans l'utilisation de l'adverbe "indistinctement", tant que l'on se tient à une lecture catholique. Les populations civiles sont les véritables
cibles et les principales victimes des attaques nucléaires : il s'agit là bien plus que de "dommages collatéraux" (sic.), comme l'on désigne désormais pudiquement les victimes civiles
involontaires occasionnées par un conflit militaire. Que les populations civiles et les villes deviennent des cibles militaires... voilà ce que condamne le Magistère !
Que Dieu vous bénisse de Sa miséricorde.
Christophe