Bonjour Christian
Je vais tenter de donner mon avis concernant vos arguments, mais je ne suis pas le "porte parole" des sociétalistes. Comme je l'ai déjà écrit, c'est un "modèle" qui me semble répondre aux nécessités actuelles pour éviter d'aller "dans le mur" que nous ont érigés les systèmes capitalistes et libéraux (ou, s'ils ne l'ont pas érigé eux mêmes, le système économique actuel est ainsi conçu qu'il est impossible de ralentir ou de changer de cap ... lire Nicolas Hulot à ce sujet). Ceci dit les sociétalistes eux mêmes (dans le livre d'A-J Holbecq que je me suis procuré: "Une alternative de société: l'écosociétalisme", ed Yves Michel, ISBN 2 91 3492 34 7)indiquent qu'ils ne proposent pas un système politique (qu'il ne leur appartient pas de proposer) mais un système monétaire et économique (l'écosociétalisme = ES) qu'ils voient applicable au sortir d'une crise majeure (et je pense qu'ils pensent à une guerre mondiale ... le "mur")
Christian a écrit :Bonjour à tous
A moins de me tromper lourdement, voici comment je repère ces deux tares :
La prédation
La monnaie est, entre autres, un instrument d’épargne. Comme elle est par définition convertible dans n’importe quel bien et service marchands offerts au sein d’une société, les particuliers et entreprises qui n’en possèdent pas vendent des biens et services pour en acquérir (d’où la puissance du consommateur possesseur de monnaie sur les producteurs) ; ceux qui possèdent de la monnaie souhaitent en conserver au moins une certaine quantité. C’est l’épargne à court terme.
Il existe trois prédateurs de cette épargne : les voleurs ; le fisc ; l’inflation.
On constate une corrélation forte entre ces trois prédations : les pays gravement inflationnistes sont aussi ceux où sévissent une criminalité et une fiscalité/corruption élevées (presque toute l’Amérique latine, la Russie des années 90, etc.)
Ce qui est logique. La monnaie se dépréciant, résultat de l’inflation, les détenteurs vont chercher à la convertir en d’autres biens, appelés justement ‘valeurs-refuge’ : pièces d’or, bijoux, objets d’art, etc. et devises étrangères, mieux gérées. Comme la possession de ces biens est interdite ou réglementée par le gouvernement (et les sociétalistes n’y manqueront pas), ils doivent être acquis et vendus sur des marchés mafieux, conservés en dehors des banques, non assurés, et exposés au vol. D’où prime à la criminalité.
Déja dans l'ES, la monnaie n'est plus qu'un instrument d'épargne des
seuls particuliers , qu'il soit à cout ou long terme... c'est évidemment de "l'achat différé". Cette épagne n'est pas accumulable plus de 2 générations (une seule transmission possible) ce qui ma foi évitera la concentration entre quelques mains par simple accumulation héréditaire.
Les entreprises n'ont nullement besoin de monnaie ni même d'épargne préalable, ni d'actionnariat. Oui, je sais, c'est un changement de paradigme que, Christian, vous avez du mal à "avaler".
Les voleurs: très difficile de voler dans l'E-S puisqu'il n'y a plus de monnaie "papier". Les revenus de chacun sont originaires:
- du Revenu Social ( en gros le "Revenu Citoyen")
- du Revenu d'Activité (en gros, le "salaire")
Accessoirement, les ventes entre particuliers sont tout à fait autorisées (je te vends mon vieux vélo), mais par exemple un dealer dont le compte évoluerait avec de gros échanges serait très vite "repéré"
Donc, exit les valises de billets de banques, les commissions occultes ou illégales, les financements illégaux de partis politiques, le travail au noir, etc...
le fisc
Il n'y a plus que deux impôts dans le système E-S:
- La " Contribution Eco Sociétale" : c'est une taxe sur la consommation, modulée suivant l'aspect plus ou moins sociétal d'une production proposée sur le marché. Remarquons au passage qu'il y a "incitation" à produire sociétal, mais pas "obligation" .. seulement un produit peu sociétal sera plus cher.
- Le "loyer d'utilisation des terrains" (j'ai oublié quel nom ils lui donnent) .. c'est l'équivalent d'une taxe foncière ou d'une taxe d'habitation.
Ces deux impots dont le montant est
détruit sur le compte des consommateurs doivent servir à équilibre la masse monétaire et à "payer" les RS plus les RA"non marchands" (fonctionnaires nationaux et régionaux et municipaux, production de biens d'utilité collectifs, services publics, etc) . Donc: RS + Ra "non marchands" = CES + Loyers
Le montant des ventes "hors taxe" est équivalent à l'ensemble des RA "marchands" (salaires cumulés des production marchandes)
Il n'y a pas de "prédateur fisc" puisque la "destruction" de la monnaie est compensée par une création équivalente.. Le fisc , s'il en reste, sera présent pour vérifier les "enrichissements sans cause"...
l'inflation
Comme il n'y a plus d'intéret sur la monnaie, il me semble que ce sera un système "non inflationniste" ... mais j'avoue ne pas m'être penché sur cet aspect des choses et ne rien avoir lu sur ce sujet dans leur site [
http://tiki.societal.org] , ce qui ne prouve pas qu'il n'y a rien d'écrit sur ce sujet.
Déjà, il faudrait savoir quelles sont les causes de l'inflation dans notre société capitaliste...
Christian a écrit : La consommation immédiate
En régime sociétaliste, les particuliers et entreprises, sachant qu’ils ne peuvent constituer une épargne, vont dépenser tout ce qu’ils gagnent (à quoi sert d’être économe, prudent, prévoyant ?). Toute planification à long terme étant impossible, la seule raison de gagner de l’argent devient la consommation immédiate.
(à vrai dire, dans la mesure où une économie sociétaliste conduit vite à l’uniformité des productions, voire à la pénurie, elle n’offrira pas grand-chose à la consommation)
Votre dernière affirmation entre parenthèse est une interprétation de votre part .. comment pourriez vous le savoir puisque ce système est pour le moment théorique .. mais bon ...
Je répète qu'il n'y a pas d'épargne possible pour une personne morale (entreprise) , et qui plus est il n'en est nul besoin.
Les particuliers peuvent très bien épargner s'ils le souhaitent.. là vous affirmez des choses qui ne sont pas écrites dans le site du sociétalisme
Christian a écrit : Le contrôle des changes
Le désir de conserver une monnaie saine qui ne perd pas sa valeur avec le temps va amener les victimes du sociétalisme à se tourner vers les devises étrangères. Soit les dirigeants acceptent ce légitime désir, et très vite tous les acteurs économiques adopteront la monnaie étrangère pour leurs paiements courants, soit les sociétalistes interdiront la possession de devises étrangères, comme en Union Soviétique. C’est le contrôle des changes.
Les sociétalistes imposeront un contrôle des changes. De nombreuses personnes physiques et morales vont vouloir conserver des valeurs-refuges malgré l’illégalité et tous les risques de prédation. Ainsi elles ne voudront pas mendier des devises étrangères auprès de l’Institut Monétaire pour acheter des biens à l’étranger ou pour voyager. Elles se procureront des pièces d’or ou des œuvres d’art qu’elles exporteront en fraude et vendront sur place. Par exemple, si ma fille est capable de suivre des études à l’étranger et que le ‘‘Commission citoyenne spécialisée’’ du quartier refuse de me donner les devises pour assurer son entretien là bas (parce que ma tête déplaît aux membres de la Commission ou que les études à l’étranger ne sont pas ‘sociétales’), je n’aurai de choix qu’offrir à ma fille des bijoux qu’elle vendra arrivée à destination.
Les privilégiés qui réaliseront des affaires avec l’étranger réussiront à se faire payer une partie de leurs gains dans une place offshore. Le phénomène est dominant dans tous les pays où la devise locale est faible, il le sera plus encore dans un régime sociétaliste où la devise locale ne vaut rien. Et ce phénomène n’est pas marginal. Il est massif. Les avoir des Argentins en Suisse et à Miami sont plus importants que la dette nationale qui accable le pays. Les capitaux privés russes à l’étranger sont plus importants que les réserves de la Banque Centrale. Etc. A mon avis, les performances à l’exportation de l’économie française dans les années du contrôles des changes jusqu’en 1985, étaient en partie dues à l’attrait de constituer des caisses noires en devises à l’étranger. Ayant passé 25 ans dans les affaires en Suisse, je crois pouvoir affirmer qu’il n’existe pas beaucoup de grandes ou petites entreprises exportatrices françaises qui n’y possédaient un compte numérique. Avec un euro plutôt stable et totalement convertible, l’attrait de l’illégalité est moins fort. Avec les sociétalistes, il redeviendra irrésistible.
Vous partez d'un postulat que la devise ES serait faible .. comment pouvez vous le savoir ?
Mais de toute façon effectivement la devise ES ne serait pas convertible... et alors ?
Si des gens veulent vivre dans un "système prédateur" (le capitalisme) libre à eux de partir à l'étranger ... ceci dit les concepteurs de l'ES spécifient que le système (après le mur) devra s'appliquer mondialement ou presque: je pense que dans leur esprit il est nécessaire que la "zone sociétale" soit auto suffisante ... il y a, sur leur forum, un thread amusant [
http://forum.societal.org/viewtopic.php?t=55] sur ce sujet
De toute façon il ne peut y avoir de "controle des change" puisque la "monnaie" E-S n'est en fait pas une monnaie transférable. (elle est crée sur le compte du producteur, détruite sur le compte du consommateur) ... hors le troc (qui se fait très souvent, même dans notre société capitaliste) pour les importations d'une zone "non E-S" il est évident qu'il faudra des devises, elles mêmes obtenues par les exportations. Seule chose, c'est que ce ne sont pas les producteurs qui détiennent les devises.
Bien évidemment il est toujours possibile de "tricher" .. mais dans l'esprit des concepteurs de l'E-S, c'est un système économique dans lesquels les hommes doivent se sentir mieux que dans l'actuel .. sinon, quel intérêt... vivre en "pays E-S" est donc aussi un choix: les sociétalistes n'ont jamais proposé de dictature pour y arriver ...
Quand à ceux qui veulent vivre dans l'illégalité, c'est leur choix... et leur risque pénal.
Les lois (d'obtention ou de détention de devises étrangères par exemple), sont à mettre en place par un parlement démocratiquement élu.. ne faites pas un procès sur quelque chose qui n'existe pas encore...
Christian a écrit : Le Gosplan
Nos concitoyens seront capables de déterminer ce qui est le plus sociétal, soit par des commissions citoyennes spécialisées, soit par référendum d'initiative citoyenne, soit par une structure administrative ou législative.
Nos concitoyens sont déjà capables de déterminer ce qui est sociétal. Ils l’achètent. Ils n’ont pas besoin de ‘commissions citoyennes’ pour leur dire ce dont ils ont besoin.
Pas du tout, ils achètent parce qu'ils sont manipulés par la publicité, par le désir de posséder, par la peur peut être. De toute façon ils n'achètent pas ce qui est sociétal, mais ce qui les fait jouir le plus, même si c'est totalement a-sociétal (gros 4x4 par exemple..).. et ca n'a rien à voir avec les "besons" (les besoins dont on n'a pas besoin... ce qui ne serait rien si bien souvent les conséquences d'une production inutile socialement sont extêmement néfastes pour l'ensemble de la société humaine ( c'est vraiment inutile que je cite des exemple... notre "besoin" de surconsommation de produits "non sociétaux" nous met actuellement et pour les années qui viennet dans de sacrées impasses...
Je ne sais plus qui a dit " la richesse c'est d'avoir ce que les autres n'ont pas"
Christian a écrit : Le Gosplan
Comment vont être composées ces ‘commissions citoyennes’ ou ces ‘structures administratives’ ? Par des professionnels. Normal. Ils connaissent le métier, ils le pratiquent.
Imaginons un nouveau Thomas Edison. Il a mis au point un moyen de produire de l’électricité moins cher et plus efficacement, de faire circuler des trains de camions non polluants sur autoroute, de transporter à faible coût des marchandises de Marseille en Corse, de nourrir la population française avec du bœuf et du maïs argentins (tiens, voilà qui enrichirait les gauchos sans ‘créer de l’argent’ !).
Pas question ! Très mauvaise nouvelle, ce Thomas Edison, pour l’EDF, la SNCF, la STCM, et la Confédération paysanne. Ce sont eux, les professionnels des ‘Commissions citoyennes’ et des ‘structures administratives’ qui vont donner leur avis d’experts que le projet Edison n’est pas viable, qu’il résulterait en pertes d’emplois, en ‘concurrence déloyale’, en menace pour la ‘sécurité alimentaire’ (c’est cette galéjade-là que je préfère). Et leur mise en garde et leur lobby feront échouer un référendum d’initiative populaire. Ce n’est pas une supposition. Nous en avons la démonstration aujourd’hui. Qui s’oppose à l’immobilisme ruineux et moralement indécent de la paysannerie, de l’EDF, de la SNCF et de la STCM ?
Nous tous, en tant que producteurs, nous détestons la concurrence. Les capitalistes encore plus que nous. C’est bien pour cela qu’il faut constamment la leur imposer. Car nous tous, nous bénéficions de la concurrence à titre de consommateurs. Nous bénéficions tous de la formidable intelligence collective d’hommes et de femmes laissés libres d’inventer. Voilà la seule richesse d'une société humaine. .
Mais qu'est ce que vous racontez ... au contraire, dans une société sociétale un nouvel Edison serait accuelli à bras ouvert .. mais c'est vrai que vous considérez que le but de l'existence de l'homme est de se battre, de gagner, d'être "compétitif", de travailler non pour le plaisir mais pour gagner de l'argent qui va lui permettre de plus produire et de plus consommer: avoir plutôt que être! ...(ou du moins vous avez le discours qui me le fait penser .. pardonnez moi si je me trompe)
La limite supérieure des Revenus d'Activité à 3 fois le Revenu d'Activité moyen fait que votre nouveau Edison sera rémunéré 3 fois le revenu moyen... pas assez pour créer les frustrations que créent actuellement des échelles quasi infinies (entre ceux qui n'ont qu'un dollar par jour pour vivre et les 800 milliardaires en $ .. caculez combien ca fait d'intérêt par jour, juste placé à 2%)
En plus, quel intérêt de faire venir du boeuf d'argentine... quel gachis... :-(
Cordialement
Seth