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Re: Les "artistes" invités au collège des Bernardins

Publié : jeu. 18 sept. 2008, 23:41
par Charles
Etrigan,

il n'y a pas besoin de faire d'études d'art. Ce que vous dites "j'ai une expérience empirique des choses et très subjective" est nécessaire et suffisant si par "choses" vous entendez le monde et les "grandes toiles" du Louvre.

Re: Les "artistes" invités au collège des Bernardins

Publié : ven. 19 sept. 2008, 10:09
par Etrigan
Je vais essayer de dialoguer un peu avec vous sur ces passionnantes questions.

Dans les deux oeuvres que je cite et sur lesquelles vous ne voyez que des faits, vous oubliez néanmoins, quelles que soient les remarques faites sur le travail de la couleur, qu'il y a néanmoins un travail de composition. Et cette composition, elle implique un regard, un support matériel à ce regard, une résultante de rencontre et la perspective d'un tiers.
Ce ne peut donc être du fait car rien de réel ne ressemble aux deux toiles que je montre. Elles sont des conceptions, des résultantes d'un désir, celui de l'artiste et elles prennent sens uniquement dès lorsque le regard de quelqu'un se porte dessus. Mais elles ne renvoient à rien de concret, à aucune expérience du réel.

Là où je vous suis plus, c'est que les grandes toiles sont des espaces de liberté et de vérité. Elles laissent s'exprimer notre subjectivité à travers la rencontre d'un événement pictural qui conte une histoire. Le regard peut s'attarder après un long cheminement humain, d'où le temps passé à regarder le tableau comme vous le soulignez, et s'incrire dans une communauté d'esprit et de coeur. Car le tableau qui raconte une histoire nous relie, il fait sens, il est signifiant en cela qu'il transcrit une expérience commune.

Les oeuvres d'arts contemporaines que vous me montrez ne font pas appel à ce genre de sentiments. Elles confrontent les spectateurs (en tout cas, je le ressens comme cela) à un vide, une absurdité de la vie et provoquent une réaction dont la résultante ne permet pas de s'inscrire dans une communauté d'Etre mais renvoit à une solitude propre. Peut-être est-ce cela que vous leur reprochez le plus...

Re: Les "artistes" invités au collège des Bernardins

Publié : ven. 19 sept. 2008, 15:26
par jeanbaptiste
On distingue avec des termes étranges les deux arts "plastiques" de notre époque, des termes qui ne disent rien sinon leur "jeunesse" : l'art moderne (purement esthétique, plastique) ; et l'art contemporain (conceptuel). Dans les faits les deux se recoupent. Leur problème c'est que ces deux arts ne disent rien. L'art purement plastique (école de Bauhaus) est très intéressant, et pour le coup ne se fout pas trop de la gueule du monde, mais il n'est que plastique ! Au mieux il est relativement creux, au pire il met en place une réflexion sur le contrôle des sentiments et sensations du spectateur qui ont été très utile à un Hitler ou un Staline pour leur propagande... L'art plastique, en ne disant rien, peut devenir le lieu artistique des totalitarismes.

L'art contemporain (conceptuel), c'est sensé être l'inverse, c'est le lieu du bavardage. Non pas du dialogue, ni de la parole, mais du bavardage, du bruit. On prend des excréments, on les étale, puis on écrit un petit panneau expliquant l'œuvre. L'œuvre est inutile, seul compte le "concept" qu'elle met en œuvre. Pas de risque de totalitarisme ici, mais plutôt le lieu des révolutions perpétuelles, infécondes et violentes.
L'art conceptuel ne dit rien, il fait croire qu'il a à dire quelque chose. L'art conceptuel, en ce sens, est une véritable imposture. Et il débuta par une imposture : Duchamp et son urinoir. Cette œuvre devait poser la question du musé. C'était une provocation qui pouvait sembler juste, jusqu'à ce que Duchamp multiplie cette question jusqu'à l'imposture et le foutage de gueule le plus total.

Le summum de l'art contemporain étant, pour moi, la "merde d'artiste" de Manzoni !

Il y a des tonnes d'ouvrages justifiant ou expliquant ces deux formes d'art qui se recoupent l'une l'autre. C'est intéressant, très intéressant. Intéressant comme un Deleuze peut être intéressant : intéressant mais finalement bavard, à côté du réel. Créer des mondes pour finalement bavarder dessus, écrire des pages, s'occuper.

Hannah Arendt disait que l'expression "publier ou périr" fut pendant longtemps considéré dans les milieux universitaires comme une expression vulgaire, une conception vulgaire de la recherche de la Vérité. Jusqu'à ce qu'elle constate que cette expression était devenue la règle.

La vulgarité est devenue la règle. Publier pour justifier par le nombre de pages sa "productivité". Un Descartes disait ne pas beaucoup lire, et il n'a pas énormément écrit. Nietzsche disait s'être guérit de sa bibliophagie. Lorsque ce que nous écrivons est poussé par la volonté de produire, alors nous sommes loin du soucis de la Vérité. Si nous sentons que la Vérité nous obligent à nous taire, à brûler ce que nous avons écris, ou à écrire un ouvrage de cent pages plutôt que de 400 (ou l'inverse), alors il nous faut plier.

Le soucis de la Vérité a quitté les sciences, les arts, la littérature... voici le résultat : bavardage et "productions" à la chaîne.

L'art moderne, contemporain, est intéressant. Il y aurait beaucoup à dire dessus. Mais il ne mérite pas une telle attention.

Re: Les "artistes" invités au collège des Bernardins

Publié : ven. 19 sept. 2008, 15:38
par jeanbaptiste
Je tiens à préciser mon propos. Autant je trouve infiniment méprisable l'imposture évidente de l'art contemporain, autant je n'ai rien fondamentalement contre l'art moderne.

Je m'explique : jeter aux ordures l'art moderne parce qu'il est l'art de la pure plasticité d'une modernité qui a oublié d'entendre la Parole, me semble aussi dangereux que jeter aux ordures la Parole et le passé par un anticléricalisme né d'une situation historique particulière. C'est jeter le bébé avec l'eau du bain.

L'art purement plastique a une valeur réelle propre : la beauté "sensible". Il est le beau de la belle faïence, de la belle maison, de la belle cuillère.

Ce qui est dangereux serait, et est, de lui donner une importance qu'il ne devrait pas avoir. L'art purement plastique est inférieur à un Rembrandt. Car il ne dit rien. Rembrandt dit, et fait passer cette parole, entame un dialogue avec le spectateur, au travers de la plasticité, de la composition, et des symboles, de la scène représentée etc. La pure plasticité ne peut parler que du sensible, et pas de la l'esprit (pour faire vite).

L'art contemporain est lui une pure imposture. Et tout ce qui se mélange à lui est imposture.

L'art moderne est sensible, corporel, animal. L'art contemporain est un détournement de la parole vers le bavardage, il est presque sacrilège.

Re: Les "artistes" invités au collège des Bernardins

Publié : ven. 19 sept. 2008, 18:32
par Etrigan
J'aime beaucoup votre réflexion Jean-Baptiste.
Et merci aussi pour votre site sur l'actu' de la philo qui m'a permis de découvrir le séminaire philo/psychanalyse.

Re: Les "artistes" invités au collège des Bernardins

Publié : ven. 19 sept. 2008, 19:48
par MB
Bonjour !

Le débat ici est extrêmement intéressant, et me suggère ce que j'ai honte d'appeler des réflexions.

1° Une chose est frappante, c'est l'emploi, par les "créateurs", de termes bien choisis et qui reviennent toujours. Quelques-uns, au hasard : "travail", "concept". Chaque fois qu'on lit un cartel de présentation d'un tube de néon ou d'une merde d'artiste, on fait parler le plasticien qui évoque ainsi "son travail". Il y a dans l'emploi de ce mot quelque chose qu'il faudrait creuser ; le besoin de parler d'une certaine productivité ? Une culpabilité post-marxiste (l'artiste comme "travailleur intellectuel") ? L'idée que l'individualité d'une oeuvre ne compte plus, que ce qui compte est son insertion dans un flot indistinct - d'ailleurs, dans un autre domaine, ne dit-on pas d'une boîte qu'elle produit "du bon son", et pas des belles pièces de musique ?

2° L'autre chose - remarquée par Charles dès le début - c'est la répétition. Je trouve incroyable à quel point tous les procédés employés ici (émissions corporelles, cris, dripping, couleurs brutes, support-surface, happenings, etc.) sont éculés. Voilà au moins 40 ans qu'on les emploie, et pour les plus anciens, cela remonte à l'époque dada. Toutes les oeuvres présentées et critiquées par Charles ont à mes yeux un parfum de déjà-vu ; elles me disent toutes quelque chose, elles se répètent sans cesse. Peut-être parce que les aspirations réellement artistiques de l'homme sont infinies, et qu'à l'inverse, ses manifestations de défoulement feraient partie d'un répertoire assez limité ? J'ignore la réponse ; en tout cas, ce qui paraît proprement incroyable, c'est le panurgisme intense de ce milieu, et pire encore ! le fait qu'on en présente toujours les manifestations, sans ciller, comme une nouveauté radicale. De la part de Catherine Millet et d'ArtPress, qui en ont vu d'autres, cela ne manque pas de culot.

3° Une autre point qui me semble intéressant. Je vous cite, Etrigan :
Les oeuvres d'arts contemporaines que vous me montrez ne font pas appel à ce genre de sentiments. Elles confrontent les spectateurs (en tout cas, je le ressens comme cela) à un vide, une absurdité de la vie et provoquent une réaction dont la résultante ne permet pas de s'inscrire dans une communauté d'Etre mais renvoit à une solitude propre. Peut-être est-ce cela que vous leur reprochez le plus...
Vous avez touché le point. C'est exactement cela ; quelle tristesse, quel vide existentiel à la vue d'un Soulages, par exemple ! Mais on pourrait approfondir ; dans toutes les présentations actuelles d'"oeuvres" contemporaines, on évoque - de façon quasi systématique - un sens de l'ironie, du recul, du détachement... Quelque fois, l'ironie ne se veut qu'elle-même, sans aucun support ; à la limite, l'installation, le concept, le néon ou que sais-je encore, sont un prétexte à être ironique. On peut le voir de deux manières : ou bien l'argument de l'ironie est une manière de dire que l''artiste" ne veut pas s'engager, est conscient de son imposture ; ou bien - ce qui n'exclut pas la vision précédente - une vision plus sauvage est à l'oeuvre : la révolte permanente à l'encontre de l'idée selon laquelle un artiste pourrait créer (au sens fort du terme, faire une créature qui n'existait pas avant), contre l'idée qu'il puisse inventer une oeuvre dans laquelle les hommes se retrouvent, soient touchés, et à laquelle ils puissent en quelque sorte faire confiance en s'y engageant. Il y a là comme une sorte d'acharnement à nier toute possibilité de créer quelque chose de positif, dans tous les sens du terme. Et là, je perçois un réel désespoir ; d'ailleurs, les commentateurs ne disent-ils pas que tel "artiste" a jeté un regard lucide ?

4° J'en profite pour faire passer une idée que j'avais déjà citée auparavant. L'art contemporain a un intérêt réel, mais ce n'est pas celui qu'on croit. Si l'on y regarde attentivement, les choses présentées, les procédés de communication qui sont mis en avant, fonctionnent comme une boîte à idées pour tous les milieux de la com' ; beaucoup de pubs, de clips, d'émissions de TV, de concepts marketing, sont inspirées par des gestuelles d'artistes contemporains. En fait, j'ai l'impression que ce domaine de la "création" joue, vis-à-vis de ces milieux économiques, le même rôle que la haute couture pour le prêt-à-porter (on montre des robes pas portables, mais qui lancent des "tendances"), ou les concept-cars pour l'industrie automobile. Vous avez remarqué, au fait ? On parle beaucoup de "concepts", c'est révélateur.
Je résume : l'art contemporain a une utilité économique réelle ; s'il reste à la place que j'ai décrite, il est à sa place, et de façon légitime ; il fait partie d'une chaîne de travail dans un circuit économique donné. Là où se trouve l'imposture, c'est quand on dit que c'est de l'art...

5° Dernière chose : le plus dur ici, pour apprécier l'oeuvre authentique, c'est de prendre son temps. La chose la plus difficile à notre époque de wi-fi, de portables et de zapping. On aime ce qui splashe, ce qui frappe tout de suite l'oeil ou l'oreille... à cause de cela - et je suis bien placé pour en parler, j'en souffre beaucoup - on laisse passer des oeuvres incroyables, parce qu'elles ne nous semblent pas de prime abord originales, frappantes. Alors que si l'on prend le temps de s'y arrêter, on y découvre sans arrêt de nouveaux trésors.
Comme on est souvent un peu timide et inexpérimenté, on a besoin de guides ; mais à qui se confier, lorsque leur fonction est assignée à des c...ards comme les commissaires de l'expo Jeff Koons ? Il y a là une vraie trahison des clercs, et on peut se demander si un tel comportement ne participe pas de la défiance que les gens, de nos jours, manifestent spontanément les uns envers les autres.

A suivre...
MB

Re: Les "artistes" invités au collège des Bernardins

Publié : ven. 19 sept. 2008, 20:42
par Charles
Etrigan,

de quelle "composition" parlez-vous ? Celle de bandes horizontales plus ou moins hasardeuses croisées par des coulures verticales plus ou moins aléatoires ?

Dans le genre de la composition abstraite, le mieux que l'on puisse trouver est sans doute Klee : iici et .

Mais Klee est encore peintre, et ça se voit encore. Comparez la "tenue" de Klee avec le débraillé des deux autres.

Re: Les "artistes" invités au collège des Bernardins

Publié : ven. 26 sept. 2008, 21:34
par Christophe
Quand on voit certaines de ces œuvres, on peut légitimement se demander si c'est de l'art ou du cochon !!! :p

Re: Les "artistes" invités au collège des Bernardins

Publié : mar. 14 oct. 2008, 10:37
par Charles
Comparer :

Club des jeunes mécènes, cotisation 1000 € :

"Art : Découvrir et comprendre la création contemporaine
L’Art révèle à l’homme ce que les mots ne peuvent dire et qui jaillit de la sensibilité créatrice des artistes. Il explore les profondeurs de l’âme humaine. Il exprime la condition de l’homme, ses interrogations et les attentes de son époque. Ainsi, l’art contemporain a été privilégié au Collège des Bernardins. Il sera exposé, expliqué, décrypté. Le Club des Jeunes Mécènes bénéficiera de ce nouveau regard et de cet apprentissage sur la création."

http://www.collegedesbernardins.fr/inde ... s/304.html

AVEC

Cercle des jeunes mécènes, cotisation 2000 € :

"Les projets soutenus
(...)
Porter un regard actuel sur les collections en encourageant la création contemporaine
Compositeurs, artistes et écrivains du monde entier sont invités à créer des œuvres inspirées des collections existantes du musée du Louvre."

http://www.louvre.fr/llv/mecenat/fiche_ ... 8674088246

:arrow: Le Cercle des jeunes mécènes du Louvre sert à financer les expositions d'art contemporain comme celle de Jan Fabre... Le Club des jeunes mécènes du collège des Bernardins sert à la même chose... détruire le patrimoine culturel français qui est essentiellement chrétien et le remplacer par la non-culture de l'art contemporain. Le but du Collège des Bernardins est exactement le contraire de ce qu'il annonce : c'est de détruire la culture chrétienne. Et comment s'y prennent-ils ? Ils confient le travail à de jeunes bourgeois snobs et incultes, qui sont pour notre culture ce que furent les enfants-soldats des khmers rouges : des bourreaux aveugles et sans conscience.

Qui sont les vrais dirigeants des Bernardins ? Les mêmes que ceux du Louvre, et ils appliquent les mêmes méthodes.

Re: Les "artistes" invités au collège des Bernardins

Publié : mar. 14 oct. 2008, 13:43
par jeanbaptiste
«L’Art révèle à l’homme ce que les mots ne peuvent dire et qui jaillit de la sensibilité créatrice des artistes»

Ici les mots semblent, paradoxalement, dire beaucoup ! De "ce que les mots ne peuvent dire" à "ce que la Parole ne peut dire" il y a un tout petit pas que le "jaillir de la sensibilité créatrice des artistes" invite à franchir.

Tout comme la musique est passée d'une harmonie (et même disharmonie, si on croit certaine reproduction de la musique grecque ancienne) qui habille le logos, qui est tournée vers lui, à une musique purement visuelle, sensible, dans laquelle la parole devient un support au service de la musique (pensez aux opéras de Wagner) pour finir dans une musique muette, purement sensible ; de même, cette petite phrase indique clairement le passage d'une peinture, d'une sculpture, rappelant, jetant un regard sur des faits, des histoires (au sens noble), des récits, mais aussi des concepts, des pensées (représentations de la luxure, du bien etc.) à une peinture et une sculpture dans lesquels ce qui était mot (le récit, les pensées...) devient le support de la plasticité pour finir dans des œuvres muettes purement plastiques.

Avec tout de même des exceptions. Je pense au morceau "machine gun" de Portishead dans lequel la voix de Beth Gibbons est centrale, même si elle est couverte par une dure et sèche matérialité. Cette voix veut sortir de cette dureté. Ce morceau, comme tant d'autres, peut clairement apparaitre comme une représentation de la violence de cette matérialité muette, de cette froide et dure matière qui n'offre aucun espoir.

La parole au service de la musique, du sensible, chez Wagner conduisait naturellement à une glorification de la force, avec tout ce que cela a de dangereux.

La musique muette de la musique contemporaine n'offre plus que la désolation d'après la glorification de la force dont les totalitarismes furent les chefs d'orchestres sur l'espace politique. Elle n'inspire que désolation.

"Jaillir de la sensibilité créatrice des artistes" : le culte de la création, du nouveau, est un culte idolâtre. Nous travaillons une matière offerte par Dieu, Dieu est le véritable Créateur. Nous ne sommes que les continuateurs.

De qui peut jaillir une création ? Jaillissement et non ouvrage ! L'ouvrage c'est le travail d'un matériau, le jaillissement c'est la pure sortie de soi : ou ex nihilo, ou de Dieu (car Dieu est au plus intime de soi). Mais la deuxième "option" n'est pas ici tenable puisque ce jaillissement n'est pas présenté comme un jaillissement provenant de Dieu logos, mais un jaillissement provenant de la sensibilité de l'artiste, de l'artiste.

L'artiste fait jaillir de lui l'Art, la création, à partir de lui, à partir de rien.

Ne sommes-nous pas ici devant la reproduction décomplexée du péché originel ?

Re: Les "artistes" invités au collège des Bernardins

Publié : mar. 14 oct. 2008, 16:46
par Charles
Bonjour Jean-Baptiste,

"L’Art révèle à l’homme ce que les mots ne peuvent dire et qui jaillit de la sensibilité créatrice des artistes. Il explore les profondeurs de l’âme humaine."

C'est une vision romantique de l'art et de l'artiste, elle est datée, du XIX° siècle... eh oui, les promoteurs des Bernardins courent après l'air du temps, les avant-gardes, mais tout ce qu'ils arrivent à pondre, c'est un manifeste néo-romantique !

Car il y a déjà dans le romantisme une prétention, le commencement de la mascarade. Le romantisme attribue à l'artiste, comme à l'individu, un rôle au-dessus de ses forces. Il y a déjà là une mise en scène, on annonce plus qu'on ne pourra tenir : "jaillissement" et "profondeurs"... la suite n'est pas l'art moderne mais Duchamp, le surréalisme et les tentatives avant-gardistes de masquer la stérilité absolue des artistes ratés qui n'ont jamais pu produire la moindre parcelle d'art.

"Jaillissement" et "profondeurs", ce n'est pas l'expérience de l'art mais un programme, qu'il suffit d'annoncer sans se soucier le moins du monde de le réaliser.

"Il exprime la condition de l’homme, ses interrogations et les attentes de son époque."

Condition de l'homme : humiliation, haine de soi, péché, ressentiment, vénalité.
Interrogations : imposées et vides de sens puisque de toute façon on refuse toute possibilité de réponse.
Attentes de son époque : divertissement, sexe, scandale.

"Ainsi, l’art contemporain a été privilégié au Collège des Bernardins."

Il est privilégié parce que les gens qui dirigent le Collège des Bernardins ne recherchent pas la vérité et qu'ils appartiennent à une mouvance anti-catholique. Notez aussi comment on passe de "dialoguer avec" à "privilégier"... Le Collège des Bernardins va donc "privilégier" l'imposture, le mensonge, la stérilité, le néant.

"Il sera exposé, expliqué, décrypté."

Exposé, il le sera oui. Quant à expliqué et décrypté... ce sera le même verbiage idiot servant à masquer le néant de l'art contemporain. La parlotte creuse et prétentieuse, proche du délire, qu'on peut entendre ici par exemple :

http://traces-du-sacre.centrepompidou.f ... tistes.php

"Le Club des Jeunes Mécènes bénéficiera de ce nouveau regard et de cet apprentissage sur la création."

Le bénéfice annoncé : bourrage de crâne, snobisme assouvi, ridicule assuré. Mais le plus beau c'est "ce nouveau regard" ! Apparemment ces gens là ne finiront jamais nous prendre pour des cons... C'est encore la "nouveauté" qu'on veut nous vendre à défaut de quoi que ce soit qui ait un contenu. Et en plus "ce nouveau regard" n'est pas un regard et date des années 1900...

Re: Les "artistes" invités au collège des Bernardins

Publié : mar. 14 oct. 2008, 18:10
par jeanbaptiste
Oui. Le nom de l'exposition au Centre Georges Pompidou est notable : Traces du Sacré.

Des traces, oui, rien que des traces. Des traces qui servent à rappeler ce qu'ils malmènent. Il n'y a rien de sacré là-dedans.

Re: Les "artistes" invités au collège des Bernardins

Publié : lun. 27 oct. 2008, 17:40
par Charles
Puisque le diocèse de Paris a décidé de privilégier l'art contemporain au Collège des Bernardins, voyons un peu ce qu'il en est de son actualité... La FIAC bien sûr, et les oeuvres zoophiles d'Oleg Kulik :

"Alerté par les douanes, le Parquet de Paris a saisi le Groupe Recherche et Investigation du 8ème arrondissement (dépendant de la Police urbaine de proximité) pour intervenir vendredi dernier, 24 octobre, au Grand Palais où se déroulait la FIAC, qui s'est achevée hier. Des photos pornographiques et d'autres à caractère zoophile de l'artiste russe Oleg Kulik étaient exposées. "Le délit est constitué avec circonstance aggravante quand elles sont visibles par des mineurs", indique une source judiciaire. Ce qui est le cas à la FIAC. Les policiers ont été pris à partie par une partie des visiteurs, ce qui les a obligé à mettre en place un cordon de sécurité. Deux personnes employées par l'artiste ont été interpellées et placées en garde-à-vue, avant d'être libérées le soir même. Les oeuvres ont été prises en photos, retirées puis restituées au commissaire de l'exposition. Deux d'entre elles sont passibles de l'application de l'article 227-24 du code pénal sur la diffusion de photos de nature à porter atteinte à la dignité humaine. Elles mettent en scène un être humain et des animaux, suggérant des relations sexuelles.
Martin Berthenod, le directeur de la Fiac, s'est dit choqué par l'intervention policière : "au sein de la FIac, cela a provoqué beaucoup d'émotion. Oleg Kulik est un artiste connu et reconnu dont les oeuvres sont régulièrement achetées par les musées nationaux en France comme à l'étranger. Les services de police ne sont jamais intervenus dans aucun autre pays".

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2008/ ... -fiac-.php

Pornographie et zoophilie, n'est-ce pas précisément : "L’Art révèle à l’homme ce que les mots ne peuvent dire et qui jaillit de la sensibilité créatrice des artistes. Il explore les profondeurs de l’âme humaine. Il exprime la condition de l’homme, ses interrogations et les attentes de son époque. Ainsi, l’art contemporain a été privilégié au Collège des Bernardins. Il sera exposé, expliqué, décrypté" ?

Re: Les "artistes" invités au collège des Bernardins

Publié : ven. 31 oct. 2008, 14:52
par Charles
ARMEMENT-ENERGIE, BANQUE-FINANCE et MEDIAS... la grande triade du pouvoir.

Quel Rapport avec le Collège des Bernardins ?

Parmis les mécènes des Bernardins, on trouve :

- Groupe Dassault, Areva, TOTAL, Rubis : armement, nucléaire, pétrole

- Crédit Agricole, Cobalt Capital : banque, finance

- Groupe Dassault, LVMH, Rustica, Publicis, JCDecaux, : médias, presse, publicité, Le Figaro, Les Echos, Connaissance des arts, le Journal des Finances, Radio Classique, Le Monde de la Musique, etc.

Un véritable gage d'indépendance, n'est-il pas ? :)

A noter : Groupe Dassault, c'est aussi Artcurial, une maison de ventes aux enchères, une galerie d'art contemporain et un centre culturel... http://studies.artcurial.com/fr/#program

Ainsi que la présence de BioMérieux, groupe pharmaceutique.

Re: Les "artistes" invités au collège des Bernardins

Publié : ven. 31 oct. 2008, 20:13
par jeanbaptiste
Charles, vous exagérez. Les entreprises ont toujours financé les expos. Que ce soit des expositions d'art contemporain, baroque, classique etc.

Je suis allé il y a quelque temps à une expo sur Poussin à Lyon soutenues par diverses entreprises, dont une ou deux banques (crédit agricole, entre autre, je crois).

Non, vraiment, vous faites un peu preuve de mauvaise foi !