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Re: L’espace liturgique dans le chemin néocatéchuménal

Publié : ven. 22 août 2008, 18:50
par Boris
Hélène a écrit :C'est toujours Lui qui s'est abaissé le premier et c'est Lui qui nous relève jusque dans les hauteurs.
Tout est là : le Christ n'est plus aussi bas que cela, Il est remonté auprès du Père.
Comme Il s'est abaissé, alors en remontant Il nous "tire" vers le haut avec Lui.

L'histoire du lavement n'a rien à faire ici et montre encore une fois combien cet évènement n'est pas enseigné.
Là où tout le monde, et Pierre le premier, voit un abaissement ultime, il y a en réalité institution du sacrement de l'Ordre et Pierre ensuite ne s'y trompe pas car lorsque le Christ fait référence à "avoir part avec moi", Pierre comprend immédiatement la référence aux Lévites qui n'ont pas part à l'héritage d'Israël mais dont la part d'héritage est le Seigneur.
Comment le savons-nous ? Parce que St Pierre, pour marquer sa compréhension, parle rite d'ordination des Lévites : être lavé tout entier en tout premier lieu.

Donc encore une fois, Jésus élève un évènement abaissant à première vue.

L'abaissement du Christ était nécessaire pour qu'Il puisse nous élever avec Lui.
Relisez (ou ré-écoutez) l'Exultet de la Vigile Pascale : "heureuse faute qui nous valut pareil rédempteur !"
Ce n'est pas la faute qu'il faut regarder, mais le Salut et celui-ci n'est pas en bas, il est en haut en langage symbolique.
Psaume 130 - version Crampon a écrit :Cantique des montées. Du fond de l'abîme je crie vers toi, Seigneur.
2 Seigneur, écoute ma voix; que tes oreilles soient attentives aux accents de ma prière!
3 Si tu gardes le souvenir de l'iniquité, Seigneur, Seigneur, qui pourra subsister?
4 Mais auprès de toi est le pardon, afin qu'on te révère.
5 J'espère en le Seigneur; mon âme espère, et j'attends sa parole.
6 Mon âme aspire après le Seigneur plus que les guetteurs n'aspirent après l'aurore.
7 Israël, mets ton espoir en le Seigneur ! Car avec le Seigneur est la miséricorde, avec lui une surabondante délivrance.
8 C'est lui qui rachètera Israël de toutes ses iniquités.
Enfin rappelons-nous l'Ascension : si cet évènement porte ce nom, déjà présent dès les premiers temps (cf. Actes des Apôtres), c'est bien que le Christ s'est élevé.
Au dernière nouvelle, personne ne l'a encore recroisé sur terre, sauf dans des visions. Donc Il est toujours là-haut.
Cette disposition du chemin pour la liturgie est donc une négation symbolique de l'Ascension.

Reprenons aussi certains points :
- Moïse monte dans la montage pour rencontrer Dieu
- il existe une dizaine de psaumes appelés Psaumes des Montées (dont le 130) car il fallait monter pour accéder au temple de Jérusalem
- la bible parle sans cesse de la Jérusalem céleste, c'est symbolique mais enfin c'est ainsi
- Jacob combat un ange qui est descendu du ciel (et non monté de je ne sais quel trou !)
...

La Bible toute entière regorge de cette symbolique du Seigneur en haut et des hommes en bas.

Re: L’espace liturgique dans le chemin néocatéchuménal

Publié : ven. 22 août 2008, 20:47
par Hélène
Boris a écrit :
Hélène a écrit :C'est toujours Lui qui s'est abaissé le premier et c'est Lui qui nous relève jusque dans les hauteurs.
Tout est là : le Christ n'est plus aussi bas que cela, Il est remonté auprès du Père.
Ah oui ! Bien sûr qu'Il est auprès du Père. Mais Il redescend auprès de nous dans le Pain Eucharistique chaque fois que le prêtre prononce les paroles de consécration et qu'Il se cache derrière le prêtre dans le confessionnal. C'est Dieu qui descend. N'essayez pas de vous hisser, vous n'y arriverez pas... c'est donc que le Christ, notre Dieu Tout-Puissant (parce qu'Il est Dieu et Tout-Puissant), peut être à la fois auprès du Père et enfoui dans notre mort par son sacrifice qui est réactualisé à l'Eucharistie. Vous faites encore de l'histoire du salut une histoire linéaire chronologique. Dieu n'est-il pas Tout-Puissant pour descendre sans se lasser dans chacune de nos humanités ? À chaque instant qu'Il nous donne la vie, le mouvement et l'être ?
Comme Il s'est abaissé, alors en remontant Il nous "tire" vers le haut avec Lui.
C'est ce que je disais aussi.
L'histoire du lavement n'a rien à faire ici et montre encore une fois combien cet évènement n'est pas enseigné.
Là où tout le monde, et Pierre le premier, voit un abaissement ultime, il y a en réalité institution du sacrement de l'Ordre et Pierre ensuite ne s'y trompe pas car lorsque le Christ fait référence à "avoir part avec moi", Pierre comprend immédiatement la référence aux Lévites qui n'ont pas part à l'héritage d'Israël mais dont la part d'héritage est le Seigneur.
Comment le savons-nous ? Parce que St Pierre, pour marquer sa compréhension, parle rite d'ordination des Lévites : être lavé tout entier en tout premier lieu.
Boris, votre peu de connaissance des Écritures vous trahie. Vous êtes si obsédé par la liturgie (au point de souvent la séparer de la Parole de Dieu) que vous faite de l'Histoire de la Rédemption une question liturgique. Je sais que je vais vous choquer en disant cela mais Jésus n'est pas venu pour instaurer une belle liturgie. Il est descendu jusque dans votre péché et votre mort pour vous sauver. La liturgie catholique, qui nous fait découvrir la beauté et la grandeur de Dieu, est l'expression de la reconnaissance de cette Rédemption accueillie. Le lavement des pieds, quoiqu'il fasse référence au livre du Lévitique, n'est pas "que" cela. Le texte de l'Évangile de Jean dit ceci :

Il se lève de table, dépose ses vêtements, et prenant un linge, il s'en ceignit. Puis il met de l'eau dans un bassin et il commença à laver les pieds des disciples et à les essuyer avec le linge dont il était ceint. Il vient donc à Simon-Pierre, qui lui dit: "Seigneur, toi, me laver les pieds?" Jésus lui répondit: "Ce que je fais, tu ne le sais pas à présent; par la suite tu comprendras." Pierre lui dit: "Non, tu ne me laveras pas les pieds, jamais!" Jésus lui répondit: "Si je ne te lave pas, tu n'as pas de part avec moi." Simon-Pierre lui dit: "Seigneur, pas seulement les pieds, mais aussi les mains et la tête!"

Quand il leur eut lavé les pieds, qu'il eut repris ses vêtements et se fut remis à table, il leur dit: "Comprenez-vous ce que je vous ai fait? Vous m'appelez Maître et Seigneur, et vous dites bien, car je le suis.Si donc je vous ai lavé les pieds, moi le Seigneur et le Maître, vous aussi vous devez vous laver les pieds les uns aux autres. Car c'est un exemple que je vous ai donné, pour que vous fassiez, vous aussi, comme moi j'ai fait pour vous.
(Jean 13, 4-16)

Il est clair que Pierre n'a pas compris ni le geste de Jésus ni le lien avec le Lévitique puisque le texte affirme l'incompréhension de Pierre ("Ce que je fais, tu ne le sais pas à présent; par la suite tu comprendras."). Pierre est visiblement bouleversé de cette image - qui vient renverser tout ce qu'il croyait savoir de Dieu en bon juif qu'il était - de Celui qu'il a désigné comme le Christ, le Fils du Dieu vivant. Le "par la suite" de Jésus fait référence à après la Résurrection lorsqu'il aura reçu l'Esprit Saint qui les guidera vers la vérité toute entière. Le lavement n'est pas qu'une question de rituel rappelant le Lévitique mais une question de Rédemption accompli par le Christ seul : c'est Dieu qui sauve et qui lave nos souillures. C'est Lui qui nous a aimé le premier et non pas nous. Il faut renoncer à notre prétention à nous sauver par nos propres forces. C'est Jésus qui doit nous laver. C'est dur à accepter mais ça déboulonne nos idôles fabriquées sur l'image que nous nous faisons du Dieu Tout-Puissant.
Donc encore une fois, Jésus élève un évènement abaissant à première vue.
Il leur montre la charité fraternelle en bonus. Ce qui est loin d'être rabaissant mais qui élève dans les voies de Dieu.
L'abaissement du Christ était nécessaire pour qu'Il puisse nous élever avec Lui.
C'est ce que j'ai dit aussi. La différence entre nos deux visions est que vous réléguez l'abaissement comme un événement du passé tandis que moi je vous invite à l'actualiser en vous à chaque instant comme dans le Présent de Dieu, à chaque Eucharistie. Le Christ "va et vient" de la mort/résurrection, Il est l'Agneau immolé debout jusqu'à la fin des temps. Il est en même temps Celui qui est, qui était et qui vient. Dieu n'est pas dans le temps. Il est dans l'Éternité et l'oeuvre de Rédemption, quoiqu'elle s'est accomplie une fois pour toute dans l'Histoire des hommes, dans un temps, est intemporelle. La Croix embrasse tous les temps.
Relisez (ou ré-écoutez) l'Exultet de la Vigile Pascale : "heureuse faute qui nous valut pareil rédempteur !"
Ce n'est pas la faute qu'il faut regarder, mais le Salut et celui-ci n'est pas en bas, il est en haut en langage symbolique.
Je comprends bien. Mais souvent, nous regardons dans les hauteurs pour trouver Dieu alors qu'Il s'est enfoui dans un morceau de Pain : symbole d'humilité déconcertante. Il s'est enfouie et continue de s'enfouir dans notre humanité, dans notre mort. La Rédemption est un acte éternel tout comme l'acte créateur.
Psaume 130 - version Crampon a écrit :Cantique des montées. Du fond de l'abîme je crie vers toi, Seigneur.
2 Seigneur, écoute ma voix; que tes oreilles soient attentives aux accents de ma prière!
3 Si tu gardes le souvenir de l'iniquité, Seigneur, Seigneur, qui pourra subsister?
4 Mais auprès de toi est le pardon, afin qu'on te révère.
5 J'espère en le Seigneur; mon âme espère, et j'attends sa parole.
6 Mon âme aspire après le Seigneur plus que les guetteurs n'aspirent après l'aurore.
7 Israël, mets ton espoir en le Seigneur ! Car avec le Seigneur est la miséricorde, avec lui une surabondante délivrance.
8 C'est lui qui rachètera Israël de toutes ses iniquités.
Ben oui, nous crions vers Lui et Il descend vers nous... ;)
Enfin rappelons-nous l'Ascension : si cet évènement porte ce nom, déjà présent dès les premiers temps (cf. Actes des Apôtres), c'est bien que le Christ s'est élevé.
Personne n'a dit le contraire. Le Père l'a exalté. C'est écrit. Nous y croyons.
Au dernière nouvelle, personne ne l'a encore recroisé sur terre, sauf dans des visions. Donc Il est toujours là-haut.
Historiquement parlant, il est là-haut. Spirituellement : Il descend vers nous. C'est l'échelle de Jacob. Il va et vient sans cesse vers nous pour nous mener vers le Père.
Cette disposition du chemin pour la liturgie est donc une négation symbolique de l'Ascension.
Bon, bon, bon...
Reprenons aussi certains points :
- Moïse monte dans la montage pour rencontrer Dieu
C'est normal : Dieu n'est pas encore descendu dans son Incarnation. L'homme religieux de l'AT cherchait Dieu dans les hauteurs... alors que l'homme religieux du NT se laisse saisir par un Dieu qui condescend jusqu'à lui.
-
il existe une dizaine de psaumes appelés Psaumes des Montées (dont le 130) car il fallait monter pour accéder au temple de Jérusalem
Ancien Testament... Dieu est descendu dans le Nouveau. ;)
-
la bible parle sans cesse de la Jérusalem céleste, c'est symbolique mais enfin c'est ainsi
Jérusalem céleste : "qui descend d'auprès de Dieu"... ;) (Ap 21.10-11)
Jacob combat un ange qui est descendu du ciel (et non monté de je ne sais quel trou !)
Je ne vois pas le rapport. Tout le monde sait que les anges viennent du ciel (du moins les bons envoyés de Dieu)...mais certains mauvais, déchus ont été précipités sur la terre comme nous le dit encore l'Apocalypse.
...
La Bible toute entière regorge de cette symbolique du Seigneur en haut et des hommes en bas.
Et oui, et le Nouveau Testament nous dit en long et en large que le Christ est venu d'auprès du Père, qu'Il a souffert sa Passion, descendant au plus bas pour nous sauver et qu'Il est remonté vers le Père. Mais je répète, toute la liturgie est un "résumé" de ce mouvement de va et vient du Christ et de la Trinité : le Père se donne au Fils qui, Lui, reflue vers le Père dans un élan d'Amour que l'on nomme l'Esprit. C'est ce que nous appelons la "spiration". Je vous renvoie encore vers la kénose.

Pour tout vous dire, Seul le Fils est vrai adorateur du Père et peut regarder en haut sans se tromper (sans se créer d'idole). Et c'est dans le Fils seulement que nous pouvons accéder au Père, càd l'adorer en Esprit et Vérité. Nous sommes continuellement saisis, dans l'Esprit, par ce mouvement de descente et de montée du Christ d'auprès du Père et vers le Père.

Je répète à nouveau que je ne justifie en rien la liturgie du Chemin puisque je ne connais pas le dossier. Ce qui me cause problème est votre affirmation comme quoi Dieu ne s'abaisse pas devant le pécheur. C'est tout le contraire de ce que les Pères de l'Église enseignent par rapport à la kénose de Dieu. Maintenant, reste à savoir si cette façon de faire du Chemin est orthodoxe car il s'agit bien de remonter vers le Père en bout de ligne (mais seulement après avoir reçu le Christ dans la boue de notre humanité). Peut-être que ce n'est pas ajusté dans le sens que l'accent est mis sur la kénose du Christ tout en omettant sa glorification auprès du Père.

Hélène
p.s. : je ne vous ai pas oublié pour la Cène/Messe... j'ai pas terminé de faire mes recherches. Merci de votre patience.

Re: L’espace liturgique dans le chemin néocatéchuménal

Publié : sam. 23 août 2008, 13:42
par Boris
Hélène a écrit :Boris, votre peu de connaissance des Écritures vous trahie.
Jean 13, 4-16 a écrit :Il se lève de table, dépose ses vêtements, et prenant un linge, il s'en ceignit. Puis il met de l'eau dans un bassin et il commença à laver les pieds des disciples et à les essuyer avec le linge dont il était ceint. Il vient donc à Simon-Pierre, qui lui dit: "Seigneur, toi, me laver les pieds?" Jésus lui répondit: "Ce que je fais, tu ne le sais pas à présent; par la suite tu comprendras." Pierre lui dit: "Non, tu ne me laveras pas les pieds, jamais!" Jésus lui répondit: "Si je ne te lave pas, tu n'as pas de part avec moi." Simon-Pierre lui dit: "Seigneur, pas seulement les pieds, mais aussi les mains et la tête!"

Quand il leur eut lavé les pieds, qu'il eut repris ses vêtements et se fut remis à table, il leur dit: "Comprenez-vous ce que je vous ai fait? Vous m'appelez Maître et Seigneur, et vous dites bien, car je le suis.Si donc je vous ai lavé les pieds, moi le Seigneur et le Maître, vous aussi vous devez vous laver les pieds les uns aux autres. Car c'est un exemple que je vous ai donné, pour que vous fassiez, vous aussi, comme moi j'ai fait pour vous.
Voilà ce que vous ne voulez pas voir ! Comment être plus clair ?

Je vous remets mon explication rapide :
Boris a écrit :Là où tout le monde, et Pierre le premier,voit un abaissement ultime [donc il ne comprend pas, c'est bien ce que j'ai dit, je ne contredit pas St Jean] , il y a en réalité institution du sacrement de l'Ordre et Pierre ensuite ne s'y trompe pas car lorsque le Christ fait référence à "avoir part avec moi", Pierre comprend immédiatement la référence aux Lévites qui n'ont pas part à l'héritage d'Israël mais dont la part d'héritage est le Seigneur.
Comment le savons-nous ? Parce que St Pierre, pour marquer sa compréhension, parle rite d'ordination des Lévites : être lavé tout entier en tout premier lieu.
Niez-vous donc l'Ecriture ?
Pas moi, et je viens encore une fois de vous le prouvez.

Ras le bol de votre prétention illimitée !

:furieux:

Pour le reste, nous ne nous comprenons pas. Je ne supporte pas que l'on puisse contredire le mot autel en le transformant en point le plus bas de l'église.

Re: L’espace liturgique dans le chemin néocatéchuménal

Publié : sam. 23 août 2008, 14:08
par Hélène
Que voulez-vous que je vous réponde ?

Je suis une petite prétentieuse et vous savez...

Hélène

Re: L’espace liturgique dans le chemin néocatéchuménal

Publié : jeu. 24 avr. 2014, 18:03
par Herblain
Bonjour à tous,

Je tombe par hasard sur cette discussion et me permet, après des années de poussières, d'y mettre mon grain de seul afin d'éclairer la discussion des dernières évolutions concernant la liturgie du Chemin.

1/ Tous les papes, dont notre Pape actuel François, ont soutenu le Chemin depuis sa création.
2/ Le Pape Jean-Paul II a déjà célébré, dans les années 1990, une messe selon la liturgie du Chemin néocatéchuménal, tout comme le cardinal Ratzinger.
3/ C'est le Pape Benoît XVI, alors évêque et professeur à Ratisbonne, qui a le premier installé le Chemin en Allemagne. Or, on connaît l'attachement de cet évêque, cardinal puis Pape, à tous les aspects de la liturgie et des dogmes.
4/ Depuis les dernières discussions de ce sujet, le Chemin néocatéchuménal ainsi que sa liturgie ont été approuvés définitivement par le Saint-Siège via les différentes congrégations concernées, notamment la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, la Congrégation pour le Culte Divin ou le Conseil pontifical pour les laïcs.
5/ Pour info, voyant que cela n'a pas été cité précédemment, la liturgie particulière du Chemin néocatéchuménal, a été élaborée par des liturgistes, ce n'est pas juste un hasard.

Kiko Argüello, fondateur du Chemin néocatéchuménal, explique certains aménagements de la liturgie particulière à KTO : Voir la vidéo

Joyeux temps pascal à vous !