"Ne nous soumets pas à la tentation"
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- Christophe
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Re: "Ne nous soumets pas à la tentation"
A moins que par "théologie du Docteur Angélique", Olivier JC n'ait voulu entendre la théologie professée sur le site du Docteur Angélique, par des théologiens de l'école d'Arnaud Dumouch ? 
« N'ayez pas peur ! » (365 occurrences dans les Écritures)
- Olivier JC
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Re: "Ne nous soumets pas à la tentation"
Bonjour,
Je faisais effectivement référence à S. Thomas d'Aquin et à ses développements relatifs aux anges que l'on peut trouver dans la Somme Théologique.
Quant à la théologie professée par Arnaud Dumouch, si je reconnais sans peine les insuffisances de fond comme de forme qui la caractérise, j'attends toujours des arguments suffisamment sérieux pour en ébranler l'intuition centrale (par sérieux, j'entends autres que attaques ad hominem et les critiques - fondées au demeurant - portant sur l'utilisation des EMI).
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Je faisais effectivement référence à S. Thomas d'Aquin et à ses développements relatifs aux anges que l'on peut trouver dans la Somme Théologique.
Quant à la théologie professée par Arnaud Dumouch, si je reconnais sans peine les insuffisances de fond comme de forme qui la caractérise, j'attends toujours des arguments suffisamment sérieux pour en ébranler l'intuition centrale (par sérieux, j'entends autres que attaques ad hominem et les critiques - fondées au demeurant - portant sur l'utilisation des EMI).
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MOTUS IN FINE VELOCITOR
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Philon
- Barbarus

Re: "Ne nous soumets pas à la tentation"
Bonsoir aux frères et soeurs qui ont répondu et merci pour toutes ces riches réponses auxquelles j'ajouterais une pensée qui m'est venue à propos de l'adultère :
ne fais pas aux autres ce que tu n'aimes pas que l'on te fasse.
L'imagination peut être utilisée pour nous mettre à la place de la personne qui souffrira de l'adultère. On peut imaginer ce que nous ressentirions si notre mère, notre père ou notre conjoint avait commis ou commettait l'adultère avec les conséquences que cela entraine. Dans une famille, nous sommes responsables des autres. Le pédiatre Aldo Naouri qui est formé à la psychanalyse affirme n'avoir jamais vu d'adultère qui n'ait causé de dégats considérables sur les enfants.
Notre époque a tendance à valoriser non pas l'amour que l'on donne selon la volonté de Dieu mais celui que l'on extorque aux autres en les séduisant. Cela va très loin : on va jusqu'à se désespérer de ne pas pouvoir séduire assez alors que c'est au contraire notre capacité à discerner l'amour authentique de la séduction qui devrait nous réjouir.
Le marché exploite ces tendances égoistes en les devançant et les transforme en normes : des images de plus en plus sophistiquées exposent des femmes fatales d'une beauté parfaite, des films et des récits font l'éloge de la liberté sexuelle et de sentiments qui, comme l'a souligné Boris dans un autre fil, ne sont pas solides.
Dans ce contexte hostiles aux valeurs telles que le mariage et l'amour fondé sur le respect, sur un projet commun, celui ou celle qui ne participe pas à la "libre circulation des capitaux" en matière de relation passe aux yeux de la majorité pour un inhibé ou une mocheté. C'est ainsi que l'on voit des gens "bien" complexés parce qu'ils ne correspondent pas à cet idéal narcissique alors qu'ils ont toutes les qualités pour rendre quelqu'un heureux et fonder une famille.
Ce développement un peu simpliste introduira l'idée qu'il est d'autant plus difficile de résister à la tentation que la "laideur" ( réelle ou imaginaire) est aujourd'hui devenue un péché selon la religion du marché : on craint non plus de fauter mais au contraire de ne pas séduire. Cela complique encore plus les choses.
Les injonctions modernes à "plus de confiance en soi" n'aident pas vraiment parce qu'elles n'approfondissent pas la question à la volonté de Dieu. En effet, se contenter d'être qui l'on est avec ses défauts c'est accepter le projet de Dieu, c'est aimer la créature qu'il a faite telle qu'elle est et cela ouvre à un amour serein envers l'autre : on n'aime non plus une image inaccessible et idéal, un censeur cruel, mais la personne avec ses failles, on accepte l'idée qu'elle va vieillir, on va au-dela dela beauté pour ce qui concerne le futur en s'engageant avec elle : c'est un acte de volonté et non plus une passion qui vous détruit.
Je crois que l'amour de Dieu nous aide à résister au désir de remplir les normes modernes de la beauté et à en récolter les preuves en faisant des conquêtes. Je l'ai compris en lisant dernièrement un auteur moderne qui fait le récit de ses nombreuses conquêtes. On a l'impression en le lisant qu'il cherche désespéremment ce qui lui a manqué là où il risque le moins de le trouver.
En effet, cette course vers un idéal narcissique nous rend malheureux parce que nous avons le sentiment de ne pas être à la hauteur et parce que c'est une image qui est aimée, pas une personne. Il y a toujours chez les séducteurs de la haine pour les femmes qu'ils ont conquises ( le Vicomte de Valmont, Dom Juan, le séducteur de Kierkegaard) parce que le moyen employé ( l'illusion, l'image, le blabla...) ne leur donne pas l'amour sincère qu'ils cherchent : ils trompent et sont trompés en retour.
Dans l'amour solide qui est le projet de Dieu, nous sommes heureux parce que nous aimons avec sincérité et tel que nous sommes. Personne ne nous demande de ressembler à Carla Bruni ou d'avoir le prix Nobel de littérature. Dieu aime les petits, les humbles, les déshérités. Nous aimons notre conjoint avec sa mauvaise humeur, des manies, ses chaussettes, etc, il accepte nos tubes de dentifrices mal refermés, nos salaires pas mirobolants.
Trahir cet amour serein c'est passer du côté du manche de ceux qui nous ont peut-être aussi fait du mal. Au fond je crois qu'il y a quelque chose de faustien dans l'adultère : c'est la promesse trompeuse d'une éternelle jeunsesse mais on vend son âme au diable.
Et je crois que le diable est beau. Il s'habille même en Prada.
ne fais pas aux autres ce que tu n'aimes pas que l'on te fasse.
L'imagination peut être utilisée pour nous mettre à la place de la personne qui souffrira de l'adultère. On peut imaginer ce que nous ressentirions si notre mère, notre père ou notre conjoint avait commis ou commettait l'adultère avec les conséquences que cela entraine. Dans une famille, nous sommes responsables des autres. Le pédiatre Aldo Naouri qui est formé à la psychanalyse affirme n'avoir jamais vu d'adultère qui n'ait causé de dégats considérables sur les enfants.
Notre époque a tendance à valoriser non pas l'amour que l'on donne selon la volonté de Dieu mais celui que l'on extorque aux autres en les séduisant. Cela va très loin : on va jusqu'à se désespérer de ne pas pouvoir séduire assez alors que c'est au contraire notre capacité à discerner l'amour authentique de la séduction qui devrait nous réjouir.
Le marché exploite ces tendances égoistes en les devançant et les transforme en normes : des images de plus en plus sophistiquées exposent des femmes fatales d'une beauté parfaite, des films et des récits font l'éloge de la liberté sexuelle et de sentiments qui, comme l'a souligné Boris dans un autre fil, ne sont pas solides.
Dans ce contexte hostiles aux valeurs telles que le mariage et l'amour fondé sur le respect, sur un projet commun, celui ou celle qui ne participe pas à la "libre circulation des capitaux" en matière de relation passe aux yeux de la majorité pour un inhibé ou une mocheté. C'est ainsi que l'on voit des gens "bien" complexés parce qu'ils ne correspondent pas à cet idéal narcissique alors qu'ils ont toutes les qualités pour rendre quelqu'un heureux et fonder une famille.
Ce développement un peu simpliste introduira l'idée qu'il est d'autant plus difficile de résister à la tentation que la "laideur" ( réelle ou imaginaire) est aujourd'hui devenue un péché selon la religion du marché : on craint non plus de fauter mais au contraire de ne pas séduire. Cela complique encore plus les choses.
Les injonctions modernes à "plus de confiance en soi" n'aident pas vraiment parce qu'elles n'approfondissent pas la question à la volonté de Dieu. En effet, se contenter d'être qui l'on est avec ses défauts c'est accepter le projet de Dieu, c'est aimer la créature qu'il a faite telle qu'elle est et cela ouvre à un amour serein envers l'autre : on n'aime non plus une image inaccessible et idéal, un censeur cruel, mais la personne avec ses failles, on accepte l'idée qu'elle va vieillir, on va au-dela dela beauté pour ce qui concerne le futur en s'engageant avec elle : c'est un acte de volonté et non plus une passion qui vous détruit.
Je crois que l'amour de Dieu nous aide à résister au désir de remplir les normes modernes de la beauté et à en récolter les preuves en faisant des conquêtes. Je l'ai compris en lisant dernièrement un auteur moderne qui fait le récit de ses nombreuses conquêtes. On a l'impression en le lisant qu'il cherche désespéremment ce qui lui a manqué là où il risque le moins de le trouver.
En effet, cette course vers un idéal narcissique nous rend malheureux parce que nous avons le sentiment de ne pas être à la hauteur et parce que c'est une image qui est aimée, pas une personne. Il y a toujours chez les séducteurs de la haine pour les femmes qu'ils ont conquises ( le Vicomte de Valmont, Dom Juan, le séducteur de Kierkegaard) parce que le moyen employé ( l'illusion, l'image, le blabla...) ne leur donne pas l'amour sincère qu'ils cherchent : ils trompent et sont trompés en retour.
Dans l'amour solide qui est le projet de Dieu, nous sommes heureux parce que nous aimons avec sincérité et tel que nous sommes. Personne ne nous demande de ressembler à Carla Bruni ou d'avoir le prix Nobel de littérature. Dieu aime les petits, les humbles, les déshérités. Nous aimons notre conjoint avec sa mauvaise humeur, des manies, ses chaussettes, etc, il accepte nos tubes de dentifrices mal refermés, nos salaires pas mirobolants.
Trahir cet amour serein c'est passer du côté du manche de ceux qui nous ont peut-être aussi fait du mal. Au fond je crois qu'il y a quelque chose de faustien dans l'adultère : c'est la promesse trompeuse d'une éternelle jeunsesse mais on vend son âme au diable.
Et je crois que le diable est beau. Il s'habille même en Prada.
- Olivier JC
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Re: "Ne nous soumets pas à la tentation"
Bonjour,
Très juste et pertinent. Merci pour cette belle analyse.
+
Très juste et pertinent. Merci pour cette belle analyse.
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MOTUS IN FINE VELOCITOR
Re: "Ne nous soumets pas à la tentation"
J'ai lu quelque part - je ne sais plus où - que la séduction est une forme de domination : on exerce du pouvoir sur l'autre par le désir qu'on éveille en lui.Philon a écrit :Notre époque a tendance à valoriser non pas l'amour que l'on donne selon la volonté de Dieu mais celui que l'on extorque aux autres en les séduisant.
On est bien loin du don de soi que Dieu attend de nous.
En Christ,
« Dieu fournit le vent. A l'homme de hisser la voile. » (Saint Augustin)
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