Re: Réponses aux interrogations et objections athées d'Axiome
Publié : lun. 12 mai 2008, 22:24
Bonsoir Jean-Baptiste,
Je suis "Kant à moi"
de ces athées grandement d'accord avec l'essentiel de ce que vous avez dit. Je me permets cependant d'intervenir sur un passage de votre message où mon avis diverge assez sensiblement du vôtre :
Pour ma part, je verrais un peu les choses autrement. Il convient, à mon sens, de distinguer entre les valeurs chrétiennes, et plus précisément les valeurs évangéliques (au sens de l'enseignement de Jésus tel que présenté dans les Evangiles, et non au sens du protestantisme évangélique), d'une part, et les croyances chrétiennes, d'autre part. Par valeurs évangéliques, j'entends l'amour (du prochain, mais aussi de soi-même, puisqu'il s'agit d'aimer son prochain comme soi-même, ce qui, sans l'amour de soi, conduirait logiquement à ne pas aimer les autres...), et il me semble que l'on peut adhérer à ces valeurs, sans pour autant adhérer aux croyances chrétiennes. L'athée défenseur de la paix perpétuelle sur terre, ainsi que des droits de l'homme universels, n'est donc pas forcément un chrétien qui s'est débarassé de Dieu, cela peut être une personne imprégnée des valeurs évangéliques... mais qui n'a jamais fait le saut de la foi (quelqu'en soit la raison...). J'irai même plus loin : je pense que Jésus n'a fait qu'illustrer par l'exemple et par l'autorité de son enseignement, une Vérité que l'on peut atteindre par la sensibilité, l'expérience et la raison. Par conséquent, l'athée défenseur de la paix perpétuelle sur terre, ainsi que des droits de l'homme universels, peut aussi n'avoir aucun lien avec le Christianisme, mais avoir "retrouvé" ces Vérités par l'usage correct de ses propres facultés humaines. C'est sans doute plus difficile et pas forcément donné à tout le monde de faire ce cheminement. Par conséquent, l'enseignement et l'exemple vivant de maîtres spirituels comme Jésus n'est pas inutile, loin s'en faut, mais à mon avis l'intérêt est surtout pédagogique. La garantie éthique de ces préceptes touve sa source dans la démarche que chacun peut faire par l'usage croisé de sa sensibilité humaine, de sa raison et de son expérience. Le message de Jésus est donc, à mon sens un "révélateur" qui peut aider les consciences endormies à s'engager dans le chemin de l'amour, ou mettons une "hypothèse de travail" fructueuse lorsqu'on la met en pratique. Mais l'adhésion à cette "loi" de l'amour ne possède pas comme présupposé nécessaire le Christianisme, même si dans les faits, on ne peut nier qu'en Occident, les valeurs chrétiennes ont joué un rôle non négligeable de catalyseur dans le développement de la pensée humaniste d'un grand nombre de personnes non-chrétiennes voire athées. Enfin, le message de Jésus, fut-il le plus médiatique et le plus à avoir mis l'accent sur l'amour, ne me semble pas véritablement jouir du privilège de l'exclusivité. La "loi" d'amour est déjà présente dans le Judaïsme. Et, sous différentes formes, on la retrouve dans nombre de traditions sans rapport avec le Christianisme, comme par exemple le Bouddhisme.
Bien cordialement,
Mikaël
PS : A l'adresse des modérateurs : j'ai posté dans "Apologétique", hein que j'ai droit à un bon point, hein dites ?
Je suis "Kant à moi"
Je pense que c'est aussi (et même surtout) parce que Kant a fournis des arguments, certes pas contre le théisme, mais contre la théologie naturelle. Or réfuter la théologie naturelle est une préoccupation commune aux athées, agnostiques et fidéistes.jeanbaptiste a écrit :Si les athées aiment tant Kant, c'est parce que Kant a voulu faire ce que nombre d'athée rêve de faire : réaliser le royaume de Dieu sur Terre avec nos mains d'hommes.
L'idéologie marxiste et communiste (car j'imagine que c'est à elle que vous pensez, mais c'est déjà prendre un cas bien particulier d'athéisme... donc se pose la question de la pertinence de votre généralisation avec l'ensemble de l'athéisme) part du principe que les moyens peuvent être (voire doivent être) subordonnés à la fin visée (pensée qui n'est d'ailleurs pas étrangère totalement au Christianisme il me semble : ainsi, selon St Augustin, Dieu permet le mal... pour en tirer un plus grand bien). Dès le principe, je ne vois pas comment cela peut coller avec une défense des droits de l'homme universels, qui eux se préoccupent des moyens utilisés et ne les subordonnent pas à la fin visée. Les droits de l'homme, c'est très déontologique et kantien comme idée, ça ne peut pas donner naissance à un régime comme celui de l'ex-URSS ou le régime chinois (dont on attend vainement qu'il les respecte un peu plus justement, les droits de l'homme). A ne peut pas impliquer non-A...jeanbaptiste a écrit :Un athée défenseur de la paix perpétuelle sur terre, ainsi que des droits de l'homme universels, c'est un chrétien qui a décidé qu'il n'avait plus besoin de Dieu pour réaliser son idéal. Idéal, oui, car il risque de rentrer dans un mode de pensée de type idéologique avec les conséquences que nous connaissons...
Pour ma part, je verrais un peu les choses autrement. Il convient, à mon sens, de distinguer entre les valeurs chrétiennes, et plus précisément les valeurs évangéliques (au sens de l'enseignement de Jésus tel que présenté dans les Evangiles, et non au sens du protestantisme évangélique), d'une part, et les croyances chrétiennes, d'autre part. Par valeurs évangéliques, j'entends l'amour (du prochain, mais aussi de soi-même, puisqu'il s'agit d'aimer son prochain comme soi-même, ce qui, sans l'amour de soi, conduirait logiquement à ne pas aimer les autres...), et il me semble que l'on peut adhérer à ces valeurs, sans pour autant adhérer aux croyances chrétiennes. L'athée défenseur de la paix perpétuelle sur terre, ainsi que des droits de l'homme universels, n'est donc pas forcément un chrétien qui s'est débarassé de Dieu, cela peut être une personne imprégnée des valeurs évangéliques... mais qui n'a jamais fait le saut de la foi (quelqu'en soit la raison...). J'irai même plus loin : je pense que Jésus n'a fait qu'illustrer par l'exemple et par l'autorité de son enseignement, une Vérité que l'on peut atteindre par la sensibilité, l'expérience et la raison. Par conséquent, l'athée défenseur de la paix perpétuelle sur terre, ainsi que des droits de l'homme universels, peut aussi n'avoir aucun lien avec le Christianisme, mais avoir "retrouvé" ces Vérités par l'usage correct de ses propres facultés humaines. C'est sans doute plus difficile et pas forcément donné à tout le monde de faire ce cheminement. Par conséquent, l'enseignement et l'exemple vivant de maîtres spirituels comme Jésus n'est pas inutile, loin s'en faut, mais à mon avis l'intérêt est surtout pédagogique. La garantie éthique de ces préceptes touve sa source dans la démarche que chacun peut faire par l'usage croisé de sa sensibilité humaine, de sa raison et de son expérience. Le message de Jésus est donc, à mon sens un "révélateur" qui peut aider les consciences endormies à s'engager dans le chemin de l'amour, ou mettons une "hypothèse de travail" fructueuse lorsqu'on la met en pratique. Mais l'adhésion à cette "loi" de l'amour ne possède pas comme présupposé nécessaire le Christianisme, même si dans les faits, on ne peut nier qu'en Occident, les valeurs chrétiennes ont joué un rôle non négligeable de catalyseur dans le développement de la pensée humaniste d'un grand nombre de personnes non-chrétiennes voire athées. Enfin, le message de Jésus, fut-il le plus médiatique et le plus à avoir mis l'accent sur l'amour, ne me semble pas véritablement jouir du privilège de l'exclusivité. La "loi" d'amour est déjà présente dans le Judaïsme. Et, sous différentes formes, on la retrouve dans nombre de traditions sans rapport avec le Christianisme, comme par exemple le Bouddhisme.
Bien cordialement,
Mikaël
PS : A l'adresse des modérateurs : j'ai posté dans "Apologétique", hein que j'ai droit à un bon point, hein dites ?