J’ai compris une chose importante ce soir en discutant avec un ami dans la foi.
Quelque chose s’est clarifié en moi.
Alors j’écris, non pour expliquer, mais pour témoigner.
L’ancien moi réduit au silence
Il demeure encore, tapi quelque part dans les replis de mon être. Cet ancien moi.
Je le reconnais sans effort :
il a le visage de l’orgueil blessé,
la voix tremblante du désir contrarié,
le corps courbé sous le poids de ses propres illusions.
Mais il ne parle plus.
Son empire s’est effondré dans le silence.
Ce n’est pas que je l’ai vaincu,
c’est qu’il n’a plus de lieu où régner.
Je le vois parfois s’agiter faiblement, cherchant à ranimer ce qui fut.
Mais l’âme, désormais baignée d’une autre lumière, ne l’écoute plus.
La miséricorde, lieu du retournement
Il fut un temps où la grâce me saisissait avec force.
Elle venait comme une brise douce, comme un feu dans la nuit, comme une main posée sur l’épaule.
Elle m’a tiré hors des abîmes.
Mais à présent, ce n’est plus la grâce seule qui me nourri, c’est la miséricorde.
J’ai échangé la grâce contre la miséricorde —
non parce que la première m’était retirée,
mais parce qu’elle m’a conduite jusqu’à cette autre profondeur.
La grâce m’élevait ;
la miséricorde m’abaisse.
Et dans cet abaissement,
je découvre l’amour le plus pur :
celui qui n’attend rien,
celui qui couvre la nudité de l’âme,
celui qui descend jusqu’à la cendre pour en faire un autel.
La compassion envers ce qui en moi fut ténèbre
Je ne hais plus cet être ancien.
Je ne le crains plus.
Je ne le nie pas non plus.
Je le regarde avec les yeux du Christ —
non pas pour l’excuser,
mais pour l’aimer au-delà de ce qu’il a été.
C’est une miséricorde étrange, paisible, presque silencieuse.
Elle n’a pas besoin de mots.
Elle s’incline. Elle couvre. Elle transfigure.
Et chaque fois que je laisse la miséricorde s’exprimer —
envers moi, envers les autres, envers tout ce qui souffre —
l’ancien moi s’efface un peu plus.
Non pas par force,
mais parce que la lumière ne laisse pas de place à l’ombre.
la lumière brille dans les ténèbres,
et les ténèbres ne l’ont pas arrêtée.
— Jean 1,5
Un effacement sans violence
Ce n’est pas un combat.
C’est un passage.
Je ne détruis rien.
Je ne nie rien.
Je laisse être.
Je laisse le feu de Dieu consumer ce qui doit l’être.
Et dans ce feu, je deviens.
Ou plutôt : je me laisse devenir.
L’ancien moi ne me définit plus.
Il est là,
mais il ne m’habite plus.
Et l’âme, lavée dans la miséricorde,
s’élève sans bruit.
C’est la deuxième fois cette semaine que j’avoue à un membre de ma famille que j’ai demandé le baptême.
C’était complètement impensable pour “l’autre moi”.
Le Seigneur me libère de toutes mes craintes.
Et je rends grâce. 