Publié : sam. 28 août 2004, 21:01
Ce qui me chiffonne, dans les théories psychologiques pour expliquer, voire soigner l’homosexualité, c’est qu’elles problématisent une réalité humaine qui pourrait être simplement acceptée, comme on accepte beaucoup de difformités. Voir un péché ou une complicité avec le péché dans la présence d’une tendance homosexuelle, c’est cela, essentiellement, l’homophobie : une condamnation de l’homosexuel à cause de sa tendance homosexuelle.
On dira que c’est la tendance et non l’homme qui est condamnée. Mais l’homme est tout de même condamné par la condamnation de sa tendance, puisque celle-ci atteste sa propension au péché. Un vice rend vicieux. Et un homme vicieux est craint, repoussé avec dégoût, mis en quarantaine, bref, condamné.
Or la conscience d’être maintenu à l’écart, comme un élément corrompu et potentiellement corrupteur, est toute la misère spirituelle de la condition de lépreux, telle qu’elle était vécue à l’époque du Christ et de Saint François d’Assise. Elle est, en substance, cet abattement moral que Jésus a tant voulu enlever aux hommes. Il l’a fait en guérissant ; mais aussi en reprenant sévèrement les « purs » pour leur facilité à s’emparer du monde comme d’un bien qui serait leur propriété exclusive.
C’est surtout dans cette protestation contre le rejet social que Jésus s’est démarqué du judaïsme traditionnel. N’oublions pas que les « pécheurs » avec lesquels ils fraternisait, au grand scandale des bien-pensants, étaient réellement des transgresseurs de la Loi. Et ne perdons pas de vue non plus que l’homosexualité est d’abord condamnée dans la Bible en tant qu’ « abomination », c’est-à-dire en tant que péché rituel.
La prohibition de la sodomie (Lv 20,13) est au même niveau moral que le coït avec une femme qui a ses règles (Lv 20,18). Ces deux péchés se trouvent dans le même catalogue de fautes sexuelles et sont punissable de la peine de mort. Reconnaissons que ces deux péchés, d’abord équivalents, ont eu un sort bien différent dans l’histoire de la théologie morale. Le christianisme primitif ne s’est pas tout de suite affranchi de prescriptions relatives au contact avec le sang, mais peu à peu, le caractère rituel ou cultuel de certains péchés les a rendus moins importants. L’homosexualité, curieusement, a conservé son statut abominable, qu’il devait manifestement à ses accointances avec l’idolâtrie (cf. Rm 1,24 ss), sans que jamais il ait été possible de montrer le lien entre l’hétérosexualité et la foi en un Dieu invisible et tout-puissant…
Il ne faudrait pas que la piété chrétienne soit essentiellement un rejet de l’immoralité. Le point de départ de l’Evangile n’est pas le rejet, mais l’annonce de l’intégration. L’Eglise est, en premier lieu, un peuple de rejetés qui est ramené à Dieu par le Bon Pasteur. La qualification qui donne au pécheur le droit de faire partie du Peuple Saint, ce n’est pas sa pureté, mais son amour du Christ-Médecin et son indulgence à l’égard des autres éclopés qui sont assis avec lui dans la salle d’attente.
Donc, sans appeler bien ce qui est mal, prenons garde de charger les homosexuels d’un devoir de ne pas être ce qu’ils sont, en opposition à la joie de pouvoir accomplir à chaque instant la volonté de Dieu. La réconciliation avec Dieu n’est pas pour une lointaine et peut-être inaccessible guérison. Elle est pour maintenant, avec la seule expiation que le Christ a réalisée POUR TOUS une fois pour toutes sur la croix.
Nous n’avons pas l’obligation d’avoir ce que nous n’avons pas, ni d’être ce que nous ne sommes pas. C’est avec des hommes pauvres et impurs que le Christ fait des Fils de Dieu. C’est Lui, en définitive, qui est toute l’espérance des homosexuels – comme de tous les êtres humains.
On dira que c’est la tendance et non l’homme qui est condamnée. Mais l’homme est tout de même condamné par la condamnation de sa tendance, puisque celle-ci atteste sa propension au péché. Un vice rend vicieux. Et un homme vicieux est craint, repoussé avec dégoût, mis en quarantaine, bref, condamné.
Or la conscience d’être maintenu à l’écart, comme un élément corrompu et potentiellement corrupteur, est toute la misère spirituelle de la condition de lépreux, telle qu’elle était vécue à l’époque du Christ et de Saint François d’Assise. Elle est, en substance, cet abattement moral que Jésus a tant voulu enlever aux hommes. Il l’a fait en guérissant ; mais aussi en reprenant sévèrement les « purs » pour leur facilité à s’emparer du monde comme d’un bien qui serait leur propriété exclusive.
C’est surtout dans cette protestation contre le rejet social que Jésus s’est démarqué du judaïsme traditionnel. N’oublions pas que les « pécheurs » avec lesquels ils fraternisait, au grand scandale des bien-pensants, étaient réellement des transgresseurs de la Loi. Et ne perdons pas de vue non plus que l’homosexualité est d’abord condamnée dans la Bible en tant qu’ « abomination », c’est-à-dire en tant que péché rituel.
La prohibition de la sodomie (Lv 20,13) est au même niveau moral que le coït avec une femme qui a ses règles (Lv 20,18). Ces deux péchés se trouvent dans le même catalogue de fautes sexuelles et sont punissable de la peine de mort. Reconnaissons que ces deux péchés, d’abord équivalents, ont eu un sort bien différent dans l’histoire de la théologie morale. Le christianisme primitif ne s’est pas tout de suite affranchi de prescriptions relatives au contact avec le sang, mais peu à peu, le caractère rituel ou cultuel de certains péchés les a rendus moins importants. L’homosexualité, curieusement, a conservé son statut abominable, qu’il devait manifestement à ses accointances avec l’idolâtrie (cf. Rm 1,24 ss), sans que jamais il ait été possible de montrer le lien entre l’hétérosexualité et la foi en un Dieu invisible et tout-puissant…
Il ne faudrait pas que la piété chrétienne soit essentiellement un rejet de l’immoralité. Le point de départ de l’Evangile n’est pas le rejet, mais l’annonce de l’intégration. L’Eglise est, en premier lieu, un peuple de rejetés qui est ramené à Dieu par le Bon Pasteur. La qualification qui donne au pécheur le droit de faire partie du Peuple Saint, ce n’est pas sa pureté, mais son amour du Christ-Médecin et son indulgence à l’égard des autres éclopés qui sont assis avec lui dans la salle d’attente.
Donc, sans appeler bien ce qui est mal, prenons garde de charger les homosexuels d’un devoir de ne pas être ce qu’ils sont, en opposition à la joie de pouvoir accomplir à chaque instant la volonté de Dieu. La réconciliation avec Dieu n’est pas pour une lointaine et peut-être inaccessible guérison. Elle est pour maintenant, avec la seule expiation que le Christ a réalisée POUR TOUS une fois pour toutes sur la croix.
Nous n’avons pas l’obligation d’avoir ce que nous n’avons pas, ni d’être ce que nous ne sommes pas. C’est avec des hommes pauvres et impurs que le Christ fait des Fils de Dieu. C’est Lui, en définitive, qui est toute l’espérance des homosexuels – comme de tous les êtres humains.