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Re: Désignation d'un Pontife Romain

Publié : jeu. 09 nov. 2023, 16:31
par Perlum Pimpum
Olivier JC a écrit : jeu. 09 nov. 2023, 15:34 Voilà qui est fort intéressant, bien qu'un peu court malheureusement. Si le principe de l'élection est de droit divin, où se situe le décret divin ? Cela vient-il en quelque manière des Ecritures, ou bien est-ce le constat que ce principe a toujours été respecté, sous les réserves évoquées pour Boniface II auxquelles vous avez apporté des éléments de réponse pertinents ? Auquel cas, dans quelle mesure cela peut-il être rattaché à la constitution divine de l'Eglise et non à une tradition apostolique ?
Bonjour Olivier,

En préalable à ma réponse, sachez d’abord que, contrairement à l’opinion de l’Aquinate, je ne tiens pas que la promulgation de la loi naturelle soit fonction de la prise de conscience qu’on en a, estimant tout au contraire que la loi naturelle est promulguée par Dieu, auteur des natures, par l’érection même des natures, à charge ensuite pour la raison humaine d’en découvrir les conclusions éloignées à l’aune des premiers principes de la moralité, évidents par eux-mêmes.

Et j’applique ceci aussi à la loi divine surnaturelle positive. À votre question demandant d’où nous saurions que le principe de l’élection est de droit divin, je vous réponds que cela se déduit, par raisonnement théologique, de la constitution divine de l’Église, étant strictement impossible que puissent se trouver simultanément deux papes formellement papes, pour les raisons précédemment exposées au paragraphe que vous citez.



Je m’attendais d’ailleurs que vous m’objecteriez avoir procédé, au § suivant celui que vous citez, à un cercle vicieux, puisque je déduisais, au § précédent, de l’impossibilité que deux papes puissent être simultanément formellement tels, pour conclure que l’impossibilité d’élire validement un pape tant que le siège n’est pas vacant est manifestement de droit divin, pour ensuite, au § suivant, partir de cette impossibilité pour l’étendre à un cas où les papes ne sont pas simultanément formellement papes.

Je pensais donc que vous m’objecteriez qu’à supposer l’hypothèse qu’un pape désigne son successeur (donc l’élise) en précisant l’élection ne pouvoir prendre effet que suite à sa renonciation ou son trépas et à l’acceptation consécutive par le récipiendaire, la dualité des papes sera exclue, et l’attentât contre la divine constitution de l’Église écarté.

Je vous aurais alors répondu que l’objection ne vaut pas, la validité de l’élection n’étant pas fonction de son acceptation. Si donc le nominé est validement élu, aucune disposition juridique ne peut l’empêcher d’accepter immédiatement la charge, puisqu’il est déjà élu. Le simple fait qu’il ne puisse l’accepter du vivant de son prédécesseur prouve l’incapacité absolue qu’un pape puisse nommer son successeur. La condition que l’élection ne puisse prendre effet qu’après son acceptation consécutive à la vacance du siège est donc nulle de droit divin. Et si la condition suspendant l’accession au souverain pontificat n’est pas relative à l’acceptation mais à l’élection, la chose est encore plus manifeste, le nominê n’ayant pas le pouvoir de s’élire lui-même.



Cordialement.

Re: Désignation d'un Pontife Romain

Publié : jeu. 09 nov. 2023, 17:35
par Olivier JC
Perlum Pimpum a écrit : jeu. 09 nov. 2023, 16:31À votre question demandant d’où nous saurions que le principe de l’élection est de droit divin, je vous réponds que cela se déduit, par raisonnement théologique, de la constitution divine de l’Église, étant strictement impossible que puissent se trouver simultanément deux papes formellement papes, pour les raisons précédemment exposées au paragraphe que vous citez.
Que le nouveau Souverain Pontife ne puisse être désigné tant que le Siège n'est pas vacant pour cette raison qu'il ne peut se trouver simultanément deux titulaires effectifs du pouvoir primatial me semble effectivement tout à fait convaincant et rattachant indubitablement ce principe à la constitution divine de l'Eglise.

Reste à s'entendre par conséquent sur la notion d'élection. Là encore, pour prendre une hypothèse extrême, serait-il loisible à l'actuel évêque de Rome de décider que son successeur sera élu par votre serviteur ?

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Re: Désignation d'un Pontife Romain

Publié : ven. 10 nov. 2023, 13:54
par Perlum Pimpum
Olivier JC a écrit : jeu. 09 nov. 2023, 17:35 Reste à s'entendre par conséquent sur la notion d'élection. Là encore, pour prendre une hypothèse extrême, serait-il loisible à l'actuel évêque de Rome de décider que son successeur sera élu par votre serviteur ?

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Vous avez, cher Olivier, l’art des questions difficiles.
J’avoue ne pas avoir, en l’état de mes réflexions, de conviction certaine à vous apporter en réponse.


Élire est choisir, que le choix soit d’un seul ou d’un collège électoral. Donc, dans la mesure où le pape a plénitude de juridiction et que le mode d’élection relève du droit ecclésiastique, il semblerait, à première vue, qu’il faille répondre affirmativement à votre question.

Mais on comprend immédiatement le risque extrême d’une telle position doctrinale. Aussi suis-je réduit à rechercher l’argumentaire pertinent à même de l’écarter. Je me risque donc à ce qui suit, sans en garantir la pleine orthodoxie.

L’élection du pape ayant toujours été le fait d’un collège, comment ne pas y voir sinon la preuve du moins l’indice que l’élection collégiale soit de droit divin, la composition du collège étant seule de droit ecclésiastique. En effet, « La coutume est une excellente interprète de la loi » (CIC 1917, canon 29) ; « La coutume est la meilleure interprète des lois » (CIC 1983, canon 27). En cette hypothèse, probable, l’acte pontifical restreignant le collège à un unique électeur sera nul de plein droit. Que faudra-t-il donc pour que cette composition de droit ecclésiastique du collège électoral satisfasse à l’exigence de droit divin d’une élection collégiale ? La question porte évidemment sur la quantité et la qualité des électeurs. Dans la mesure où le pape l’est de toute l’Église, il semble que son élection, qui concerne toute l’Église, doive relever d’un collège suffisamment représentatif de toute l’Église, ou du moins, puisque le pape est aussi évêque d’un diocèse (*), que ce diocèse soit suffisamment représenté.
[+] Texte masqué

(*) Car c’est de droit divin que le pape est évêque, de sorte que, comme évêque, il doit être incardiné à celui des diocèses où est implantée la chaire de saint Pierre (par ex. Antioche, Rome, Avignon, l’implantation de la chaire étant à la discrétion du pape, donc de droit ecclésiastique), l’élection incardinant qui l’accepte au lieu d’implantation du siège.
J’avoue n’être pas encore pleinement convaincu de mon propos, aussi dois-je vous demander un délai de réflexion.

:( :(

Re: Désignation d'un Pontife Romain

Publié : ven. 10 nov. 2023, 20:06
par Gaudens
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