Re: Le sensus fidei
Publié : ven. 27 oct. 2023, 14:58
Bonjour Perlim Pimpum,
Merci pour vos commentaires.Je peux me trouver en accord avec certains mais,hélas, en conscience,pas avec tous, en particulier sur les points suivants :
Vous écrivez , après avoir affirmé que les Conciles sont une institution humaine,que « Il est vrai que des théologiens et des canonistes, catholiques admettent une institution divine des conciles œcuméniques… Mais qu’on se garde de prendre cette assertion en un sens différent de celui que ces auteurs ont en vue. D’après leurs explications, elle ne veut dire autre chose sinon que le corps épiscopal avec et sous le pontife romain est la continuation du collège apostolique ayant Pierre à sa tête, et que le concile œcuménique est une expression parfaite, la plus éclatante, du corps épiscopal ».
Personne ne dit le contraire quand on attribue au Concile Oecuménique la qualité d’institution divine,tels les théologiens et canonistes que vous citez :il n’y a pas d’opposition.
Plus loin, vous affirmez : » seul dans l’Église le successeur de Pierre, le pasteur des pasteurs, a, de par Dieu, qualité et puissance… pour obliger les évêques du monde entier à se réunir en un lieu et un temps déterminés… ».
Or le Concile Vatican II ne dit pas du tout cela : parlant du Concile , il dit « ce même pouvoir collégial peut être exercé en union avec le pape par les évêques résidents sur la surface de la terre,pourvu que le chef du collège les appelle à agir collégialement ou du moins qu’il donne à cette action commune des évêques dispersés son approbation ou sa libre acceptation pour en faire un véritable acte collégial » (Décret Christus Dominus du 28 octobre 1965)
C’est exactement ce qui se passa lors des grands Conciles christologiques fondateurs du premier millénaire,tous convoqués par l’empereur byzantin mais tous approuvés dans leur principe et leurs conclusions par les papes de l’époque, qui en étaient souvent physiquement absents eux-mêmes. Ces Conciles étaient cependant parfaitement valides ; par ailleurs,les évêques n’étaient pas « obligés » d’y assister bien que cela soit en principe un devoir moral, ils le faisaient dans la mesure de leurs possibilités , ce qui arriva aussi entre 1962 et 1965 aux évêques des pays communistes. Les évêques ne sont pas les petits soldats du pape mais ses frères dans l’épiscopat.
Concernant le droit d’assister et d’opiner dans les Conciles,il est inutile de se référer au Code de droit canon de 1917,celui-ci ayant été abrogé par le code de 1983,qui établit,comme vous le reconnaissez:
CIC 1983, canon 339 :
§ 1. Tous les Évêques qui sont membres du Collège des Évêques ET EUX SEULS ont le droit et le devoir de participer au Concile Œcuménique avec voix délibérative. «
§ 2. Quelques autres personnes non revêtues de la dignité épiscopale peuvent être appelées au Concile Œcuménique par l'autorité suprême de l'Église à qui il appartient de préciser leur participation au Concile. »
La précision « et eux seuls » suffit à montrer que l’étendue des modalités de participation accordés de ces « quelques autres personnes » au Concile peut difficilement aller jusqu’au droit de vote. Du reste, sauf preuve du contraire,je ne pense pas que les observateurs non évêques (et a fortiori non catholiques) aient eu un droit de vite lors des Conciles Vatican I et II.
Enfin, de façon répétée,vous affirmez qu’ »au final donc, (mon) propos aboutit à nier la plénitude de juridiction du pontife romain… ».
Là aussi ,je vous renvoie au même décret Christus Dominus :
« L’ordre des évêques,qui succède au collège apostolique dans le magistère et le gouvernement pastoral,bien mieux dans lequel le corps apostolique se perpétue sans interruption constitue,lui aussi, en union avec le Pontife romain,son chef,et jamais en dehors de ce chef,le sujet du pouvoir suprême et plénier sur toute l’Eglise… Ce pouvoir s’exerce solennellement dans le Conciile Oecuménique ».
Plus loin, dans votre hypothèse numéro un concernant l’avenir du « synode » actuel,vous écrasez la différence entre Concile Œcuménique et synode,différence ramenée au bon plaisir du Pontife :
« ….Il pourra : 1° soit octroyer la voie délibérative aux participants de la prochaine session du synode (celle de l’année prochaine), auquel cas, s’il en ratifie ensuite les conclusions, le synode deviendra un concile général, autrement dit œcuménique … »
. Or le même décret Christus Dominus précise « que TOUS les évêques en qualité de membres du collège épiscopal ,ont le droit de participer au Concile Œcuménique ».
Les quelques deux cents cinquante évêques arbitrairement choisis par Rome pour l’assemblée synodale actuelle ne sauraient donc en aucun cas être considérés a posteriori comme ayant constitué un Concile Œcuménique auquel devraient être conviés les quelque cinq mille évêques catholiques
Force est de constater que votre discours oublie la doctrine conciliaire de la collégialité au bénéfice d'une interprétation purement papiste(je ne vois pas d'autre terme). Il est du reste étonnant que vous vous placiez ainsi de facto du côté des pratiques de l’actuel pontificat allant dans le même sens : "visites fraternelles " des diocèses dont la politique déplait avec pression à la démission des évêques visés ,abaissement des évêques et laïcs dans une perspective se voulant démocratique,etc…. Je renvoie à la toute récente déclaration du cardinal Muller qui, au sujet de la composition et du fonctionnement de l’actuelle assemblée synodale, pointait « l’ aplanissement de la différence entre prêtres, évêques et laïcs"; on ne saurait mieux dire.
Voila.Je vous laisse le dernier mot si vous le souhaitez.Pour ma part,ayant dit tout ce qu'il le semblait utile de dire à ce stade,je m'en tiendrai là.
Merci pour vos commentaires.Je peux me trouver en accord avec certains mais,hélas, en conscience,pas avec tous, en particulier sur les points suivants :
Vous écrivez , après avoir affirmé que les Conciles sont une institution humaine,que « Il est vrai que des théologiens et des canonistes, catholiques admettent une institution divine des conciles œcuméniques… Mais qu’on se garde de prendre cette assertion en un sens différent de celui que ces auteurs ont en vue. D’après leurs explications, elle ne veut dire autre chose sinon que le corps épiscopal avec et sous le pontife romain est la continuation du collège apostolique ayant Pierre à sa tête, et que le concile œcuménique est une expression parfaite, la plus éclatante, du corps épiscopal ».
Personne ne dit le contraire quand on attribue au Concile Oecuménique la qualité d’institution divine,tels les théologiens et canonistes que vous citez :il n’y a pas d’opposition.
Plus loin, vous affirmez : » seul dans l’Église le successeur de Pierre, le pasteur des pasteurs, a, de par Dieu, qualité et puissance… pour obliger les évêques du monde entier à se réunir en un lieu et un temps déterminés… ».
Or le Concile Vatican II ne dit pas du tout cela : parlant du Concile , il dit « ce même pouvoir collégial peut être exercé en union avec le pape par les évêques résidents sur la surface de la terre,pourvu que le chef du collège les appelle à agir collégialement ou du moins qu’il donne à cette action commune des évêques dispersés son approbation ou sa libre acceptation pour en faire un véritable acte collégial » (Décret Christus Dominus du 28 octobre 1965)
C’est exactement ce qui se passa lors des grands Conciles christologiques fondateurs du premier millénaire,tous convoqués par l’empereur byzantin mais tous approuvés dans leur principe et leurs conclusions par les papes de l’époque, qui en étaient souvent physiquement absents eux-mêmes. Ces Conciles étaient cependant parfaitement valides ; par ailleurs,les évêques n’étaient pas « obligés » d’y assister bien que cela soit en principe un devoir moral, ils le faisaient dans la mesure de leurs possibilités , ce qui arriva aussi entre 1962 et 1965 aux évêques des pays communistes. Les évêques ne sont pas les petits soldats du pape mais ses frères dans l’épiscopat.
Concernant le droit d’assister et d’opiner dans les Conciles,il est inutile de se référer au Code de droit canon de 1917,celui-ci ayant été abrogé par le code de 1983,qui établit,comme vous le reconnaissez:
CIC 1983, canon 339 :
§ 1. Tous les Évêques qui sont membres du Collège des Évêques ET EUX SEULS ont le droit et le devoir de participer au Concile Œcuménique avec voix délibérative. «
§ 2. Quelques autres personnes non revêtues de la dignité épiscopale peuvent être appelées au Concile Œcuménique par l'autorité suprême de l'Église à qui il appartient de préciser leur participation au Concile. »
La précision « et eux seuls » suffit à montrer que l’étendue des modalités de participation accordés de ces « quelques autres personnes » au Concile peut difficilement aller jusqu’au droit de vote. Du reste, sauf preuve du contraire,je ne pense pas que les observateurs non évêques (et a fortiori non catholiques) aient eu un droit de vite lors des Conciles Vatican I et II.
Enfin, de façon répétée,vous affirmez qu’ »au final donc, (mon) propos aboutit à nier la plénitude de juridiction du pontife romain… ».
Là aussi ,je vous renvoie au même décret Christus Dominus :
« L’ordre des évêques,qui succède au collège apostolique dans le magistère et le gouvernement pastoral,bien mieux dans lequel le corps apostolique se perpétue sans interruption constitue,lui aussi, en union avec le Pontife romain,son chef,et jamais en dehors de ce chef,le sujet du pouvoir suprême et plénier sur toute l’Eglise… Ce pouvoir s’exerce solennellement dans le Conciile Oecuménique ».
Plus loin, dans votre hypothèse numéro un concernant l’avenir du « synode » actuel,vous écrasez la différence entre Concile Œcuménique et synode,différence ramenée au bon plaisir du Pontife :
« ….Il pourra : 1° soit octroyer la voie délibérative aux participants de la prochaine session du synode (celle de l’année prochaine), auquel cas, s’il en ratifie ensuite les conclusions, le synode deviendra un concile général, autrement dit œcuménique … »
. Or le même décret Christus Dominus précise « que TOUS les évêques en qualité de membres du collège épiscopal ,ont le droit de participer au Concile Œcuménique ».
Les quelques deux cents cinquante évêques arbitrairement choisis par Rome pour l’assemblée synodale actuelle ne sauraient donc en aucun cas être considérés a posteriori comme ayant constitué un Concile Œcuménique auquel devraient être conviés les quelque cinq mille évêques catholiques
Force est de constater que votre discours oublie la doctrine conciliaire de la collégialité au bénéfice d'une interprétation purement papiste(je ne vois pas d'autre terme). Il est du reste étonnant que vous vous placiez ainsi de facto du côté des pratiques de l’actuel pontificat allant dans le même sens : "visites fraternelles " des diocèses dont la politique déplait avec pression à la démission des évêques visés ,abaissement des évêques et laïcs dans une perspective se voulant démocratique,etc…. Je renvoie à la toute récente déclaration du cardinal Muller qui, au sujet de la composition et du fonctionnement de l’actuelle assemblée synodale, pointait « l’ aplanissement de la différence entre prêtres, évêques et laïcs"; on ne saurait mieux dire.
Voila.Je vous laisse le dernier mot si vous le souhaitez.Pour ma part,ayant dit tout ce qu'il le semblait utile de dire à ce stade,je m'en tiendrai là.