Duagt a écrit :
J'y vois plutot une manifestation inconscientes de nos coleres interieures, nos désacord humains , avec une volontée divine qui nous dépasse sur certains problemes de notre quotidien.
des desaccord qu'on assume pas de peur de mettre le divin en colere, car on sait qu'on a tord face au divin, par nature, même sans toujours comprendre pourquoi..
Et donc la nécéssité parfois de devoir faire la paix en soi, de faire face, d'abdiquer et de pardonner, avant de prier et reciter par exemple un "notre pere" dont on ne pensera aucune parole avec son coeur, mais seulement avec son esprit, par principe.
A vous lire, j'ai presque envie de vous dire de confier tout cela au Père, exactement comme vous parleriez à un ami ou un grand frère en qui vous avez toute confiance. Dites-lui:
-"voilà, Père, il s'est passé ça comme ça, ça m'a fait mal, ça m'a mis en colère, je ne comprends pas cette injustice, et tout ce noeud qui me rend chèvre, je te le confie, pour que tu m'aides (à le porter, à m'en dégager, à le voir autrement, etc.)" Et vous verrez que petit à petit, cette mauvaise source ira s'écouler et tarir loin de vous.
A propos de conflits prénibles et pas résolvables facilement, un jour pas si lointain, une collègue de travail, qui ne peut pas me sentir, a monté une caballe contre moi. J'en suis ressortie terriblement blessée, ostracisée au point que personne ne voulait plus m'adresser la parole et qu'il y a un mois j'ai demandé ma mutation. Je tournais en rond, ne sachant comment faire pour dépasser mon chagrin, ma colère, ma peur, mon sentiment de trahison, le mélange de tout ça. Et pourtant je prie chaque jour.
Alors j'ai arrêté la prière "habituelle", récitée, et j'ai tout dit au Père: combien tout cela m'avait blessée, combien je n'arrivais pas à aimer cette collègue, combien elle m'agaçait, combien elle était méchante avec moi, combien je finissais par la haïr.
J'ai tout déballé; ma colère, mes larmes, mes somatisations, mes peurs, mes désillusions, ma déception profonde, combien après avoir tant fait pour elle et pour d'autres je me sentais injustement traitée.
ET combien j'avais envie de les gifler.
J'ai tout sorti, sans fard, sans détour, sans chercher des excuses à mon ressenti, en admettant tout: ma rancune, ma haine, ma colère qui ne cherchait qu'une porte pour sortir et me venger, tout.
Et là, j'ai une idée qui m'est venue; "vas te confesser". Me confesser... en répétant à un curé exactement tout ça, et combien au fond j'aimerais bien arriver à pardonner et m'engager dans un chemin de pardon, mais combien mon orgueil blessait m'en empêchait, combien en fait je n'arrivais pas à pardonner avec mon coeur.
Et sans plus réfléchir pour ne pas reculer je l'ai fait. Ce ne fut pas si difficile, seul le premier mot coûte, après c'est un torrent qui sort, un trop-plein.
ET le curé m'a presque "félicitée"; j'avais fait le bon choix, le bon chemin, et assurément, selon lui, déjà l'orientation que prenaient mes actes influerait sur la suite de la situation. Je suis ressortie médusée de sa réponse et dubitative quant à la suite des événements. Mais bon, j'avais décidé de tout remettre à Dieu, donc je devais donner mon entière confiance.
Alors au final pas de miracle; ma collègue est toujours aussi hurlante, égoïste, manipulatrice à souhait.
Mais moi, à la volée de bois vert suivante, bien qu'étant persuadée d'être dans mon plein droit, je me suis excusée; de l'avoir éventuellement blessée par mes mots, ou par mes actes; ça a pelé mon orgueil légitime. Elle, no excuses, et elle en a même rajouté une couche. Mais depuis ce jour je me sens libérée d'un poids énorme; je me sens libre de faire et dire ce que je veux et comme je le sens; elle n'a plus d'emprise sur moi, parce que quoi qu'elle dise ou fasse, c'est son choix et moi je ne passe plus mes nuits à craindre des lendemains crispés. J'ai pris bien soin de le faire en public, pour qu'elle ne puisse plus dire à d'autres que je suis infecte et sans excuses après avoir été infecte.
Et depuis je commence à penser à elle sous un autre angle, à me dire que surement beaucoup de souffrance et d'orgueil sont à la base de la construction de sa personnalité, et que son chemin spirituel ne doit pas être facile, et que peut-être, prier pour elle et l'aider serait pas mal, dans la petite mesure de mes capacités, car trop faire c'est se méjuger, et se sentir supérieure à elle c'est stupide.
Mais bon, à force de prière, de prière parlée, de confidence sur chacun des épisodes pénibles, je sens petit à petit que des choses subtiles mais très essentielles sont en train de changer en moi et du coup autour de moi; j'ai renouvelé mes efforts d'empathie et de disponibilité pour tout le monde au travail et cela doucement détend l'atmosphère, me rend une marge de manoeuvre, jour après jour.
J'ai lu quelque part, dans un écrit d'un docteur de l'Eglise (je suis abonnée à une revue qui les cite) que Dieu souhaite de nous qu'on lui confie nos colères, nos rancunes et nos haines sans fard, en lui disant simplement "telle personne je ne peux pas la sentir et je te confie cela pour que tu m'aides dans ce chemin et selon ta volonté", sans chercher d'interminables excuses ou tergiverser par honte en ne nommant pas exactement notre haine "haine" mais en tentant de la maquiller sous des euphémismes.
Et deuxième conseil, persévérez dans la prière; demandez (frappez et on vous ouvrira!) chaque jour que Dieu vous délivre de vos conflits ou chagrins, parlez-lui en, dites une courte prière, même très courte (les grands saints recouraient souvent à la prière jaculatoire s'ils y étaient contraints par le temporel). "Père, aide-moi" peut déjà être une prière pleine de confiance en la Providence Divine, et c'est assez court pour prendre de court la pensée perturbatrice!
Voilà, c'est ce qui m'est venu en vous lisant; je pense effectivement que vous êtes très lucide en disant que des conflits antérieurs ont empilé en vous à votre insu tellement de colère que maintenant ils se réinvitent dans vos moments de silence par des mots déplaisants, mais je pense que prier d'une certaine façon peut vous aider à dépasser au moins un peu cela, et c'est ce que je vous souhaite de tout coeur.
Que Marie qui défait les noeuds vous délivre et vous garde,
Zélie