Personnellement, j’aime les exemples concrets, car les belles théories sont faciles et n’engagent à rien d’autre qu’en effet des procès d’intention larvés.
Ainsi, sur un autre fil, Prodigal est intervenu pour publier le post suivant.
Il reprenait en cela le post initial de Zumonin, et affirmait le contraire de ce que ce dernier avait plusieurs fois répété ensuite :
prodigal a écrit : ↑mer. 04 mai 2022, 8:34
zumonin a écrit : ↑sam. 30 avr. 2022, 10:54
J'aurais une question autour du rite tridentin, aujourd'hui les catholiques dits "tradis" utilisent le missel de 1962.
Or dans la tradition de l'Eglise, les missels n'ont eu de cesse que d'évoluer. Quel est le regard de la théologie sur le sujet? Y a t'il une logique à pratiquer une forme du rite qui est voué à ne plus évoluer?
Cher zumonin,
je vais répondre en mettant les pieds dans le plat, en espérant cependant ne froisser personne.
Il me paraît clair que ce que les traditionalistes refusent avec constance et vigueur, ce n'est pas l'évolution du missel, mais la
révolution liturgique.
Et il me semble que tout le problème est là, et qu'il est insoluble, sauf à faire de réels efforts de bonne volonté.
En effet, qui pourrait reprocher aux traditionalistes de combattre la révolution dans l'Eglise? La révolution présuppose une destruction, "du passé faisons table rase" définit l'esprit révolutionnaire, et comment un catholique peut-il accepter ceci?
Il faut donc, pour que la paix soit possible, lever cette hypothèque, et faire du nouveau rit un instrument de
renouveau et non de révolution. Mais ceci implique que la messe traditionnelle soit l'inspiratrice de la liturgie nouvelle, et a minima qu'elle ne soit pas interdite. Il faut donc qu'il y ait des prêtres et des fidèles pour la faire vivre, et qu'ils ne soient pas tous des traditionalistes.
Autrement dit, il suffirait, selon Prodigal, de changer la manière de voir, de parler de « renouveau » au lieu de « rupture ». On pourrait le penser, mais il précise que ce n’est pas possible parce que la liturgie nouvelle n’a pas été inspirée par la messe traditionnelle.
Or tout ce qu’avait déjà écrit Zumoni disait le contraire. Par conséquent, où est le dialogue si Prodigal ne l’argumente pas et n’expose pas ses raisons de penser ainsi ?
Voilà ce qu’avait déjà écrit Zumorin :
zumonin a écrit : ↑lun. 02 mai 2022, 19:42
A mon sens cette vision relève d'une certaine subjectivité. De mon côté, pour pratiquer les deux rites je ne vois pas énormément de différences. Je perçois une évolution plus qu'une rupture.
C’était un appel à ce que ces différences soient montrées. Ne pas en tenir compte, c’est ne pas l’avoir lu (ou écouté).
zumonin a écrit : ↑mar. 03 mai 2022, 20:23
Mais qu'est ce qui concrètement amènerait une rupture ?
Plus précisément, une rupture au regard de l'histoire et la tradition de l'Eglise ?
Car finalement une rupture c'est subjectif, un changement sera une évolution pour certains et une rupture pour d'autres.
Des évolutions du Missel l'Eglise en a connu de nombreuses et plus profondes.
Là encore, c’est un appel à entrer plus en profondeur dans ce qui peut changer sans remettre en question la nature de la messe et provoquer une rupture.
Car si on ne part pas de cette donnée essentielle, on s’écarte de l’objectif. Et trop souvent en effet, les échanges se font sans mentionner ni préciser cet essentiel sur lequel il conviendrait d’abord de s’assurer que l’on est d’accord, car ce serait le sujet premier pour permettre un accord sur le second.
zumonin a écrit : ↑mar. 03 mai 2022, 20:23A mon sens j'ai plus l'impression d'une différence d'usage qu'une rupture dans la réforme du Missel
zumonin a écrit : ↑mar. 03 mai 2022, 20:36
Ma conviction, c'est qu'au delà du rite, du Missel, c'est son usage qui crée en réalité la différence, une messe Paul VI en latin ad orientem, avec chant grégorien ressemblera plus à ce qu'attendent les fidèles "traduis" aujourd'hui qu'une messe tridentine en français avec guitare (ça existait)
Zumorin a bien, lui et depuis avant l’intervention de Prodigal, précisé sa pensée. Il ne l’a pas fait d’entrée de jeu pour permettre un dialogue. Cette « dissimulation » n’est en rien une ruse ou un mensonge, mais un signe d’ouverture. Etait-ce une raison pour reprendre son propos initial et dire radicalement le contraire de ce qu’il aura écrit ensuite sans au moins l’argumenter ?
J’aurais pu penser de Prodigal qu’il avait au contraire attendu que le dialogue évolue pour placer un avis, le sien, qui ne soit pas trop décalé par rapport à son interlocuteur et s’assurer qu’un vrai dialogue était possible, ajuster sa pensée à celle de l’autre pour être compris.
Est-ce que cette critique qui est la mienne « donne une leçon » ? Non, elle expose en rapport avec le sujet de ce fil ce en quoi je suis en désaccord total avec une telle intervention comme relevant du « dialogue » ici prôné par son intervenant, tant par sa forme que par sa teneur, et bien que je n’aie jusque-là jamais « repris » ce genre de propos quand ils ne sont en rien agressifs ou déplacés, mais seulement inutiles (mes parents parlaient dans ce cas de ceux qui « parlent pour ne rien dire ») sinon il me faudrait y passer trop de temps et cela nuirait au dialogue.
Je constate qu’il est possible d’agir ainsi et de penser toutes les belles paroles qui ont ici été prononcées par Prodigal, et je crois que cela explique son « sentiment » négatif quand il me lit : nous n’avons pas les mêmes valeurs, autrement dit reçu la même éducation.
Cette pensée évite le jugement. Mais il est bon d’essayer précisément de dépasser ces à priori et c’est pourquoi je cherche une explication à un comportement différent du mien. Et que j’ai analysé tel que je le vois non pour l’imposer, mais pour être contredit.
Ne pas le faire quand on a la réponse c’est manquer à la charité. Que le faire puisse avoir la tournure de « donner une leçon » me gêne moins, que généralement par politesse on s’efforce de rendre seulement implicite et d’enrober..
Exposer pourquoi je pense d’une certaine manière et non d’une autre n’est pas pour moi « donner une leçon ». Il semble que pour Prodigal, si, alors il se contente de donner son opinion, et de ne retenir de l’autre que la sienne.
« Dialogue de sourds » diraient mes défunts parents !
Pour éviter cela, il faut « poursuivre l’échange ». Or mon cher Prodigal, vous l’avez rompu sur un autre fil qui traitait du même sujet que sur celui-ci : là encore pour moi c’est ne pas être dans le dialogue, Croyez-vous que ce soit pour rien ou pour moi seulement si je prends le temps de faire de longues réponses pour qu’elles soient plus explicites ?
Je constate que sur le fil que je prends pour exemple, Zumonin avait « ouvert » le sujet une seconde fois et que personne ne l’a « suivi ». il écrivait :
zumonin a écrit : ↑mar. 03 mai 2022, 21:00
La réponse est peut être simple, peut être que le fond du problème n'est pas le missel, la liturgie. Qu'il ne s'agit pas d'une guerre liturgie mais d'autres problématiques.
Mais peut être pas, je me questionne, je cherche à comprendre.
Et de fait, quelle curieuse coïncidence que ceux qui défendirent la messe ancienne et connue furent les mêmes qui étaient contre l’œcuménisme, la liberté religieuse, etc., et qui considéraient (la goutte d’eau qui ?) que dire « ne nous soumets pas à la tentation » était une hérésie suffisante pour bouder la nouvelle messe ?
Cela aurait pu ne pas être… Et si cela n’avait pas été, je crois que tous auraient dénoncé leur simple désobéissance et le débat, pour se prolonger, aurait dû entrer plus en profondeur dans les différences entre les 2 rites, ce que le magistère a refusé « parce qu’il y avait autre chose derrière » : ce fut clairement son propos, au magistère !
Le savons-nous tous ? Alors il faut le rappeler : ce n’est pas donner une leçon, mais une information.
Du coup, en effet, il est possible de mener et d’analyser ce que le magistère a décidé de refuser tant qu’il ne serait pas respecté pour ce qu’il est et représente.
Etait-ce de sa part une erreur ? Un signe d’abus de pouvoir ou d’orgueil ? Une volonté face à l’urgence de privilégier le « rassemblement », en comptant sur la bonne volonté et la foi des fidèles ? Etait-ce une « démission » ? Etc.
Chacun depuis donne souvent une réponse à ces questions en fonction de son intérêt et de son opinion, sans se replacer dans le contexte ni chercher avec objectivité ce que cela « traduisait »…
Or ne pas traiter ces questions, sur un tel sujet, c’est encore une fois refuser le dialogue. Ne pas aller au fond, c’est toujours dommageable, et c’est souvent ce qui est fait et qu’inspire le « dialogue », parce qu’on craint d’être détrompé et pour que chacun puisse « garder la tête haute » et ne pas avoir à changer radicalement d’avis : ce qui s’appelle pourtant une conversion, et qui est tenu pour un manque de courtoisie ou de civilité.
On préfère le dialogue de sourds et on s’en satisfait, chacun ayant pu dire ce qu’il avait à dire. Et celui qui s’y refuse, on en fait un « donneur de leçon » !
Il est désagréable d’en être un, mais face à de telles situations c’est ce qu’il y a à dire de plus profitable pour les autres et qui ne nous apporte rien. Sauf que certains pour cela nous jugeront ceci ou cela, considérant que nous cherchons à dominer, imposer notre avis, nous admirer tels des Narcisse ou que sais-je : refus du dialogue qui dérange et de la conversion, « résistance à la grâce » car si elle n’était pas en jeu ou si la leçon n’était pas pertinente, la critique porterait sur le fond ou ce serait accepté !
Pour en revenir à mon exemple, Zumonin a fort logiquement répondu qu’il était bien question d’un renouveau, et vous avez perdu l’utilité d’avoir eu un échange :
zumonin a écrit : ↑mer. 04 mai 2022, 11:29
Je soulève de votre propos une problématique.
Il n'a jamais eu la volonté dans la réforme liturgique de faire une révolution et de faire table rase du passé, au contraire même...
Le nouveau rite a été construit pour être un renouveau inspirée en très grande partie du rite tridentin et d'autres rites de l'Eglise.
La messe tridentine n'est aujourd'hui pas interdite
Il existe de nombreux prêtres diocésains et de fidèles (comme moi) qui font vivre les deux.