Sur le salut et les éventuelles récompenses dans le ciel

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anachorète moderne
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Re: Sur le salut et les éventuelles récompenses dans le ciel

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Bonjour pierrot2 et merci de votre participation.

HAHA ! Non, ça ne me vexe pas du tout, j'ai même trouvé ça drôle.

Beaucoup trouvent que je suis un garçon un peu " perché ", donc l'image de l'oiseau est très bien. :D

Oui, voilà, vous avez bien dit ma façon de voir les choses : j'ai l'impression que la vision " même gloire/ même récompense "
gomme les différences entre les personnes. Même les plus nobles. EN quelque sortes, " tout le monde il est beau il est gentil ".

Quant à la notion de justice, c'est " humain " oui bof. Dans quelle mesure ?

La justice, si elle est compréhensible par la plupart des hommes, n'en est pas moins une abstraction, qui n'existe que dans l'esprit de gens. L'injustice, ça c'est du concret. Elle existe et est bien plus concrète que la justice. Si nos globes oculaires fonctionnent bien, on les voit aisément.

En gros, le " bon " qui est content de faire le bien mais qui crève de sa gentillesse et se fait souvent traiter de benêt, est dépouillé de ses biens, on lui transperce le coeur mais il ne doit rien ressentir ? Même pas le sentiment qu'il se fait abuser ? Il est aveugle ou quoi ??

Je trouve que c'est une image assez insultante de la bonté, sincèrement.

Après, j'suis incorrigiblement têtu, qu'on ne se vexe pas que je reste un peu sceptique, c'est un trait de caractère.

J'espère qu'il y aura d'autres réactions.

Bien à vous.
ademimo
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Re: Sur le salut et les éventuelles récompenses dans le ciel

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D'un point de vue théologique, les élus jouissent de la vision béatifique et de la félicité éternelle. Ils sont comblés par la vision pleine et entière de Dieu, présent au milieu d'eux. Tout cela est complètement décrit dans l'Apocalypse. La nouvelle Jérusalem a la forme d'un cube, dont tous les côtés sont égaux. L'agneau est au centre de la Cité, il rayonne et irradie les élus qui n'ont plus besoin que le Soleil se lève sur eux puisque le Soleil est parmi eux. C'est la réalisation de la prophétie : "Le royaume est proche", ou encore "le royaume est parvenu jusqu'à vous", ou même "au milieu de vous" (je cite tout cela de mémoire, et je suis sûr qu'il y a bien d'autres paroles qui traduisent la même idée).

Partant de là, la jouissance du Paradis est infinie, puisque Dieu est infini. Le bonheur qui découle de Dieu est infini, et il est transmis aux hommes sans demi mesure, c'est-à-dire sans fin et sans limite.

Comment, dans ces conditions, les bienheureux pourraient avoir des rétributions différentes ? Pour que les rétributions diffèrent, il faudrait qu'elles ne soient pas pleines et entières, mais imparfaites et partielles. Pour que la lumière de Dieu ne leur parviennent pas complètement, il faudrait donc qu'il y ait une part de ténèbres et d'obscurcissement. Et donc, une part de péché. Et c'est bien évidemment totalement exclu, sinon ce ne serait pas encore le paradis, mais les conditions de vie terrestres.
Arthur19
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Re: Sur le salut et les éventuelles récompenses dans le ciel

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En gros, le " bon " qui est content de faire le bien mais qui crève de sa gentillesse et se fait souvent traiter de benêt, est dépouillé de ses biens, on lui transperce le coeur mais il ne doit rien ressentir ? Même pas le sentiment qu'il se fait abuser ? Il est aveugle ou quoi ??
Le bon ressent forcément, mais il n’est pas aveugle et encore moins stupide mais il se souvient de « Pardonnez leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font »
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anachorète moderne a écrit : dim. 22 août 2021, 12:40 En gros, le " bon " qui est content de faire le bien
Cher anachorète, ce "bon" là est "content" de lui, peut-être. Beaucoup supposeront peut-être, sans savoir, qu'il n'a pas souffert beaucoup, que le contentement de soi peut être orgueilleux. Je ne leur donne pas raison, ni forcément tort (c'est au cas par cas) mais je comprends leur point de vue, si ce point de vue se résume à la réticence pour lui adresser des félicitations.

La chance de ce "bon" est peut-être de pouvoir s'approcher de notre Dieu, par ce redondant constat qu'Il fait à la Genèse, comme quoi Il vit que ses créations étaient bonnes. Je ne sais pas si Dieu souffre, mais il y a sans doute une grande ingratitude de la création à son égard. Vous comprendrez certainement cette idée que Lui le premier me semble injustement ignoré.

Quoiqu'il en soit, il me semble que le vrai épanouissement chrétien passe par le don de soi, de sa vie.
L'engagement pris de toute une vie (mariage, célibat, etc..) est un sacrifice consenti à une cause, aux autres.
Ce don de soi n'exclut pas les joies y compris dans notre monde.
Mais déplorer cette fâcheuse manie de s'en prendre aux bons incite peut-être le bon à renoncer à sa bonté, et à lui donner raison de le faire.

Or, il me semble que le chrétien qui croit accepte beaucoup plus de souffrances, de sacrifices qu'un non-croyant

Le grain de blé qui meurt porte du fruit. Pas l'autre (celui qui ne meurt pas)!
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Fernand Poisson
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ademimo a écrit : dim. 22 août 2021, 13:59 D'un point de vue théologique, les élus jouissent de la vision béatifique et de la félicité éternelle. Ils sont comblés par la vision pleine et entière de Dieu, présent au milieu d'eux. Tout cela est complètement décrit dans l'Apocalypse. La nouvelle Jérusalem a la forme d'un cube, dont tous les côtés sont égaux. L'agneau est au centre de la Cité, il rayonne et irradie les élus qui n'ont plus besoin que le Soleil se lève sur eux puisque le Soleil est parmi eux. C'est la réalisation de la prophétie : "Le royaume est proche", ou encore "le royaume est parvenu jusqu'à vous", ou même "au milieu de vous" (je cite tout cela de mémoire, et je suis sûr qu'il y a bien d'autres paroles qui traduisent la même idée).

Partant de là, la jouissance du Paradis est infinie, puisque Dieu est infini. Le bonheur qui découle de Dieu est infini, et il est transmis aux hommes sans demi mesure, c'est-à-dire sans fin et sans limite.

Comment, dans ces conditions, les bienheureux pourraient avoir des rétributions différentes ? Pour que les rétributions diffèrent, il faudrait qu'elles ne soient pas pleines et entières, mais imparfaites et partielles. Pour que la lumière de Dieu ne leur parviennent pas complètement, il faudrait donc qu'il y ait une part de ténèbres et d'obscurcissement. Et donc, une part de péché. Et c'est bien évidemment totalement exclu, sinon ce ne serait pas encore le paradis, mais les conditions de vie terrestres.
Bonjour ademimo,

Saint Thomas n'est pas d'accord avec vous :

ARTICLE 2: Un homme peut-il avoir plus de béatitude qu'un autre?

Objections:

1. Il semble qu'un homme ne peut pas avoir plus de béatitude qu'un autre. En effet, d'après le Philosophe "la béatitude est la récompense de la vertu". Or un salaire égal est accordé à toutes les oeuvres de la vertu, puisque l'Évangile nous dit (Mt 20, 10) "Tous ceux qui travaillèrent à la vigne reçurent chacun un denier", ce qui signifie, d'après S. Grégoire: "Ils ont reçu de façon égale la vie éternelle en récompense."

2. La béatitude est le bien suprême. Mais rien ne peut être supérieur à ce qui est suprême. Donc un homme ne peut avoir une béatitude supérieure à celle d'un autre.

3. La béatitude étant un bien parfait et pleinement suffisant, elle apaise le désir de l'homme.

Mais le désir de l'homme n'est pas apaisé s'il lui manque un bien qu'on puisse lui fournir. Mais s'il ne lui manque rien de tel, il ne pourra pas y avoir de bien plus grand. Donc, ou bien l'homme n'est pas bienheureux, ou, s'il est bienheureux, il ne peut y avoir une autre béatitude plus grande que la sienne.
(ce qui rejoint votre objection)

Cependant:

le Seigneur dit dans S. Jean (14, 2): "Dans la maison de mon Père il y a beaucoup de demeures." Et ces demeures correspondent, d'après S. Augustin "aux différents degrés de mérite de ceux qui sont dans la vie éternelle". Or le degré de vie éternelle qui est accordé au mérite est la béatitude elle-même. Donc il y a différents degrés dans la béatitude, et elle n'est pas égale chez tous.

Conclusion:

Comme nous l'avons déjà expliqué, l'idée de béatitude inclut deux aspects: d'abord la fin ultime elle-même, qui est le souverain bien; puis l'obtention ou la jouissance de ce bien. En ce qui concerne le bien même qui est l'objet de la béatitude, il ne peut y avoir une béatitude plus grande qu'une autre, puisqu'il n'y a qu'un souverain bien, qui est Dieu, dont la possession rend les hommes bienheureux. Mais quant à l'obtention ou jouissance de ce bien, l'un peut avoir plus de béatitude que l'autre; car plus on jouit de ce bien, plus on est bienheureux. Or il arrive qu'un homme jouisse de Dieu plus parfaitement qu'un autre, parce qu'il est mieux disposé ou mieux ordonné à cette jouissance. Et c'est ainsi que l'un peut avoir plus de béatitude que l'autre.

Solutions:

1. L'égalité du salaire d'un denier signifie que la béatitude est unique du côté de l'objet. Mais la diversité des demeures signifie la diversité de la béatitude selon les divers degrés de jouissance.

2. On dit que la béatitude est le souverain bien en tant qu'elle est la parfaite possession ou jouissance du souverain bien.

3. Aucun bienheureux ne manque d'un bien qu'il puisse désirer, puisqu'il possède le bien infini, qui est "le bien de tout bien", comme dit S. Augustin. Mais on dit l'un plus heureux que l'autre en raison d'une participation différente de ce même bien. Et l'addition d'autres biens ne saurait augmenter la béatitude, ce qui fait dire à S. Augustin: "Celui qui te connaît et connaît en même temps les autres choses, n'est pas rendu plus heureux à cause d'elles, mais il est bienheureux à cause de toi seul."

Source : http://docteurangelique.free.fr/bibliot ... oc79329788
Trinité
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Re: Sur le salut et les éventuelles récompenses dans le ciel

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Arthur19 a écrit : dim. 22 août 2021, 15:01
En gros, le " bon " qui est content de faire le bien mais qui crève de sa gentillesse et se fait souvent traiter de benêt, est dépouillé de ses biens, on lui transperce le coeur mais il ne doit rien ressentir ? Même pas le sentiment qu'il se fait abuser ? Il est aveugle ou quoi ??
Le bon ressent forcément, mais il n’est pas aveugle et encore moins stupide mais il se souvient de « Pardonnez leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font »
Exactement!
Vous ne trouvez pas A.M que dans le bon il y a une étrange ressemblance avec le Christ! ;)
Cinci
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Re: Sur le salut et les éventuelles récompenses dans le ciel

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Bonjour,

C'est tout simplement que l'état des relations n'est pas la même que sur terre, pas comme dans notre monde conditionné par une logique du manque ou du péché.


Pour dire ce que je pense :

Partons de l'exemple de la Vierge Marie qui est comme la plus petite sur terre, plus faible, moins en vue, qui sait trop bien n'être rien du tout. Elle devient la reine des saints anges dans le royaume des cieux. Elle est au sommet. Et pourtant sa gloire unique et suprême n'est pas menaçante pour tous les autres élus. Et elle ne fait de l'ombre à personne. Parce que sa gloire consiste justement à être comme la créature humaine qui approche le plus l'humilité divine, et qui est animée du même amour qui est celui de Dieu en personne.

«Plus élevée en Dieu» rime avec le fait de «ne pas se regarder soi-même comme une beauté, une championne, un génie», etc. La joie plus vive de la sainte, ici, correspondrait plutôt au fait de considérer la beauté qui l'environne à l'extérieur, chez les autres, dans les autres.

Elle est «plus aimée de Dieu» que quiconque. Sauf que ce «plus» reçu chez elle ne tourne qu'à profit pour les autres. C'est un «plus» qui la rend comme plus innocente encore que ne pourrait l'être un petit enfant. Juste pour faire image. Ainsi, personne ne se sentirait frustré, menacé, jaloux, en colère en face d'un petit enfant innocent qui nous ferait des risettes. La plus petite qui est la plus grande pour Dieu est un baume pour tous les autres. On se trouve sorti de la logique du manque.



La récompense

La récompense en question qui peut être «plus grande pour certains que pour d'autres» n'en peut tenir qu'au fait d'être rendu plus capable d'aimer que d'autres, plus capable de percevoir toute la bonté de la chose, la force de l'amour de Dieu.

Et c'est en ce sens-là aussi que le déshérité de la terre (... l'ouvrier de la dernière heure, le moins gracié de son vivant, celui qui aura souffert le plus, la prostituée plus victime qu'autre chose, le malade grabataire, etc.) une fois sauvé, comme en paradis, prend l'ascenseur qui monte encore plus haut que pour une foule d'autres que l'on aurait dit fortunés sur terre.

La notion de récompense existe dans la Bible. Elle est partout présente. C'est une réalité ! Certains peuvent toucher également un salaire plus grand. Et, même, que c'est une vertu que de rechercher la vraie récompense d'en haut et pour être à même d'en jouir bien sûr. Mais ça exige de pouvoir entrer dans la logique qui est celle de Dieu, une pensée qui fonctionne à l'envers de celle du monde.


Après ...

Un sophisme courant - et certainement soufflé par le prince des ténèbres - voudrait que l'athée grand humaniste qui travaille à perte pour autrui en se contrefichant de la récompense divine serait certainement un être «plus respectable» et «plus méritant» que ces pauvres cloches de paroissiens minables, «... incapables de bien agir sans que quelqu'un fasse la promesse de les rétribuer. Pouah !» Ça, ce serait bien la logique diabolique. C'est celle du manque, de la pénurie, de la comparaison avec un champion face à des larves sans valeur et quand le jeu devrait consister à n'être que le plus indépendant possible d'autrui, pour ne trouver ses ressources qu'en soi-même et comme pour tout ramener ses propres mérites à soi.

Tout ce que ce champion trouve et voit autour de lui n'est que laideur essentiellement, des êtres méprisables partout, Ce champion est un monstre froid. Il peut être brillant d'une certaine manière. Mais sa cuisine ne goûte pas très bon. Et il n'est pas promis non plus à une fin bien joyeuse; lui-même ne cesserait de le répéter d'ailleurs. «Qu'on m'apporte ma pilule de cyanure svp. Champion et digne comme je suis, c'est moi qui décide de tout. C'est moi qui décide de tirer ma révérence quand je veux, nah ! Je n'ai rien à souffrir pour personne, bande de cloches.»
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Re: Sur le salut et les éventuelles récompenses dans le ciel

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anachorète moderne a écrit : sam. 21 août 2021, 21:59 Bonsoir Trinité.

Justement, ce n'est pas ce que je voulais dire ; je ne pense pas du tout qu'elle était inspirée par une mauvaise pensée.

Néanmoins, si vous pouviez expliciter ce qui est " limpide " pour vous dans ce texte.

Car de mon impression, il est question justement du mérite, qui dépend d'énormément de choses.

Encore une fois, comment expliquer la contradiction entre les passages où le christ parlent de ceux qui seront appelés " grands " ou " petits " et
l'interprétation fréquente de la parabole des ouvriers de la dernière heure. ( tout le monde aura le salut sans la moindre différence, tous pareils sans distinctions )

Je ne sais pas si c'est humain que ça ; on ne cesse de me le dire. Ce n'est pas mon sentiment car le christ parlait de justice dans ses béatitudes.

Le christ avait donc bel et bien une conception de la justice. Il faut seulement la définir.
Bonsoir A.M.,

Comment vous dire ?

En effet , c'est limpide pour moi (j'ai cependant mis un certain temps à comprendre...)
En l'occurrence, je trouve que l'image des verres de St Thérèse ressemble beaucoup à la parabole des talents...en ce sens que, au paradis, il n'y aura pas de différences dans le bonheur entre ceux qui auront une place importante ( et encore...cette notion est complètement humaine...) et celui qui aura une toute petite place, son bonheur sera égal aux autres...
D'autre part, en ce qui concerne la parabole des talents.
Nous ne sommes pas égaux à la naissance. A mon avis, il nous sera demandé de rendre au moins ce qu'il nous avait été donné par Dieu.
Il y a des personnes qui font le bien naturellement , on leur demandera sans doute plus qu'à d'autres pour qui toute action bonne est une souffrance...
C'est là qu'intervient la parabole des talents.
Quand aux ouvriers de la dernière heure, cela ressemble beaucoup au "bon larron" sur la croix ou encore au "fils prodige".
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Re: Sur le salut et les éventuelles récompenses dans le ciel

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Cinci,

"On se trouve sorti de la logique du manque."

C'est lumineux !
Tout à fait cela!
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anachorète moderne
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Re: Sur le salut et les éventuelles récompenses dans le ciel

Message non lu par anachorète moderne »

Merci Fernand Poisson et Cinci d'apporter votre grain de sel.

Je m'sens moins seul haha. Quelques messages qui semblent aller dans mon sens. :D

Cinci,
Et c'est en ce sens-là aussi que le déshérité de la terre (... l'ouvrier de la dernière heure, le moins gracié de son vivant, celui qui aura souffert le plus, la prostituée plus victime qu'autre chose, le malade grabataire, etc.) une fois sauvé, comme en paradis, prend l'ascenseur qui monte encore plus haut que pour une foule d'autres que l'on aurait dit fortunés sur terre.
Donc, vous êtes plutôt d'accord avec moi ? Il y aura des récompenses ? des " statuts différents " ? Pourriez-vous détailler un peu plus votre pensée ?

Trinité,
Il y a des personnes qui font le bien naturellement , on leur demandera sans doute plus qu'à d'autres pour qui toute action bonne est une souffrance...
C'est là qu'intervient la parabole des talents.
Justement ! Les gens qui font le bien naturellement sont très loin d'être les plus heureux et les plus respectés selon moi. Je ne comprends pas pourquoi on leur en demanderai plus qu'à d'autres... Quant au fait qu'une bonne action soit une souffrance pour une personne... Peut-être.

Mais !!!

Il est là le problème : les "grand benêts" ( ce n'est pas moi qui le pense mais c'est souvent ainsi qu'on les qualifie ) de bonnes personnes sont les plus malheureuses et certaines personnes parfaitement égoïstes sont très heureuses. Dès lors, est-ce si grave que je trouve ça injuste, et que j'ai du mal à concevoir un Dieu qui ne récompense pas davantage ceux qui lui ont donné beaucoup d'amour ?

Ps : il ne s'agit nullement d'une critique de la bonté que je fais là, au contraire, j'essaie de la défendre, mais en même temps de considérer la justice. Après, je pense qu'il y a un amalgame ; je ne pense pas que vouloir être récompensé de la bonté dont on a fait preuve sur terre soit de l'égoïsme/orgueil. ça en devient seulement quand on veut uniquement être plus " grand " que ce que l'on est, c'est-à-dire être motivé par l'orgueil ( vouloir être plus que ce qu'on est, je le répète ) et plus par l'amour de la grandeur. ( sainteté )
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Re: Sur le salut et les éventuelles récompenses dans le ciel

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Un sophisme courant - et certainement soufflé par le prince des ténèbres - voudrait que l'athée grand humaniste qui travaille à perte pour autrui en se contrefichant de la récompense divine serait certainement un être «plus respectable» et «plus méritant» que ces pauvres cloches de paroissiens minables, «... incapables de bien agir sans que quelqu'un fasse la promesse de les rétribuer. Pouah !» Ça, ce serait bien la logique diabolique. C'est celle du manque, de la pénurie, de la comparaison avec un champion face à des larves sans valeur et quand le jeu devrait consister à n'être que le plus indépendant possible d'autrui, pour ne trouver ses ressources qu'en soi-même et comme pour tout ramener ses propres mérites à soi.

Tout ce que ce champion trouve et voit autour de lui n'est que laideur essentiellement, des êtres méprisables partout, Ce champion est un monstre froid. Il peut être brillant d'une certaine manière. Mais sa cuisine ne goûte pas très bon. Et il n'est pas promis non plus à une fin bien joyeuse; lui-même ne cesserait de le répéter d'ailleurs. «Qu'on m'apporte ma pilule de cyanure svp. Champion et digne comme je suis, c'est moi qui décide de tout. C'est moi qui décide de tirer ma révérence quand je veux, nah ! Je n'ai rien à souffrir pour personne, bande de cloches.»
Il y a beaucoup de vrai mais il ne faut pas non plus généraliser, il y a aussi des athées qui ne voient pas les croyants d’un mauvais œil, qui ne se comparent pas, et qui ont un grand cœur, un cœur simple. Je trouve un peu louche ce besoin de se comparer aux autres, d’un côté comme de l’autre! Et puis la foi est une grâce, c’est une chance! Il y a des athées qui aimeraient être croyant et qui font le bien comme ils peuvent avec un cœur sincère. Je ne veux pas tout aplatir mais disons qu’il y a autant de cas que de personnes! Sans compter que parmi ces gens il y a peut être des futurs croyants et même des futurs Paul, Augustin ou Charles!
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Re: Sur le salut et les éventuelles récompenses dans le ciel

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Bonjour,

Il est humain d'espérer être récompensé pour les bonnes actions que l'on aurait accomplies. C'est bien normal, car c'est généralement ainsi que nous avons été éduqués. Toute la société est organisée selon cette conception de la justice, qui consiste à rétribuer les bonnes actions et à punir les mauvaises. C'est une justice naturelle, à hauteur humaine. Mais il en est autrement de la justice de Dieu.

Dans une de ses épîtres, l'apôtre saint Paul affirmait qu'aucune œuvre ne lui serait profitable si la charité venait à lui manquer. Pour saint Paul, la charité est le principe, le fondement, ce sur quoi la justice divine repose. C'est donc la charité qui doit animer et inspirer les œuvres bonnes, car si elle fait défaut, les œuvres, si bonnes soient-elles, ne nous seront pas utiles (1 Co 13,3).

Quant à savoir s'il y a des récompenses au Ciel selon les œuvres et les mérites de chacun, il me semble qu'il serait plus profitable pour la vie spirituelle de se considérer soi-même comme le plus petit d'entre tous.

Le Christianisme est simple en pratique. Il s'adresse à tous, et en particulier aux pauvres, aux illettrés, aux malades, aux handicapés… aux personnes qui, en raison de leur condition, pourraient être limitées, ne seraient pas en capacité d'accomplir de grandes œuvres. Pour autant, la sainteté n'est pas inaccessible à ces personnes, car elle peut aussi être dans les petits actes du quotidien.
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Re: Sur le salut et les éventuelles récompenses dans le ciel

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Coucou, merci à tous pour vos réponses.

Et tout particulièrement à Fernand Poisson qui vient montrer un avis plus nuancé d'un théologien comme saint Thomas.

Je suis partiellement d'accord Leonhard. Il convient de ne pas être motivé par des sentiments de supériorité. Néanmoins, l'humilité n'est pas incompatible avec la lucidité sur sa personne, je pense. Le christ disait de se comporter comme le plus "petit", et il se comportait ainsi, mais il laissait bien entendre qu'il était en réalité le plus grand. En fait il s'agit d'une vue mondaine de la petitesse et de la grandeur. Lui jouait sur ces mots car " ce qui est grand aux yeux des hommes est objet de dégoût aux yeux de Dieu ". Mais vouloir être le plus grand uniquement pour être le plus grand, c'est de l'orgueil à mon avis. Je ne suis peut-être pas insensible à ce sentiment mais j'y travaille !


Bon, excusez-moi, on parle d'humilité alors que je parlais des éventuelles récompenses/mérite et de la notion de justice selon Dieu.
On en vient souvent là parce que ça touche notre égo qui est en nous mais il me semble que le sujet n'était pas l'humilité ou l'orgueil mais bien de faire des hypothèses sur la vie dans l'au-delà. J'aimerais qu'on se concentre sur mon sujet et qu'on mette de côté, tous, notre égo, et qu'on réponde impartialement à ma question. Ce que vous avez essayé de faire mais je suis ouvert à d'autres avis/réponses.

Voilà, désolé, si j'ai digressé un peu, donc.

Et comme j'ai bien aimé les écrits théologiques de saint Thomas qu'a partagé Fernand Poisson, si il y en a d'autres qui ont lu/connaissent un peu des avis de théologiens sur la question... Je suis preneur. Que ce soit contraire à mon opinion ou pas d'ailleurs.

Cordialement.
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Re: Sur le salut et les éventuelles récompenses dans le ciel

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Coucou tout le monde.

Bon.. Mon dernier message semble ne pas être passé ! Je ne pensais pas avoir été sec ou déplacé. Enfin soit.

Merci de votre participation, je suis bien le fil, j'aimerais le plus d'avis possibles car cette question m'intéresse particulièrement.

( au passage, un grand merci Fernand Poisson, je partagerai et débattrai probablement du texte partagé avec mon conseiller spi )



la modération fait ce qu'elle peut, tous vos messages sont "passés"
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Re: Sur le salut et les éventuelles récompenses dans le ciel

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Dieu n'attribue pas de bons et de mauvais points, il ne tient pas de comptabilité. Il souhaite que tous ses enfants s'aiment les uns les autres et il est malheureux quand ce n'est pas le cas, comme un père qui voit ses enfants se déchirer.

Dieu souhaite que tous ses enfants soient heureux et aillent tous à la béatitude mais chacun choisit un chemin différent.

Certains iront directement au Ciel, d'autres choisiront peut être l'enfer et la majorité ira sans doute au purgatoire pour purifier leurs âmes afin d'avoir un coeur vraiment pur.

Un coeur vraiment pur c'est une personne bonne, qui fait le bien, qui subit le mal patiemment mais qui n'a pas de ressentiment. Cette personne est juste triste et souhaite que l'autre se convertisse afin de satisfaire le Père. Il sait que l'autre agit comme ça parce qu'il lui manque quelque chose.

Un coeur vraiment pur n'a pas envie d'être promu et que l'autre soit puni, il souhaite que tout le monde soit promu.

Ce que vous ressentez est humain, mais l'humain doit tendre au divin!
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