Stephane 34 a écrit : ↑lun. 31 mai 2021, 20:21
Bonjour je suis catholique et ma femme athée nous avons un fils. J'ai un problème car au début elle n'était pas hostile a ma religion ou elle le caché, mais, plus les années passent et plus elle est hostil : exemple samedi je suis allé me confesser au lieu d'aller au frioul et elle me fait la tête en disant tu fais passer la confession avant ta famille. Sauf que pour la confession, il y avait urgence pour moi péché mortel . La question c'est je dois faire quoi si un jour elle ne veut pas que mon fils aille au catéchisme ? J'arrive à parler de Dieu avec mon fils, je lui explique une prière le soir, je lui parle de Jésus, j'ai même acheté une bible pour enfant mon fils a 4 ans. Mais j'angoisse car si je me suis disputée déjà avec ma femme et j'ai peur du divorce si je la contrarie pour le catéchisme. Je peux cependant lui expliquer le catéchisme moi même si jamais elle ne voudrait pas.
Je suis dans la même situation que vous, je suis devenu catholique sur le tard (première communion puis confirmation il y a 2 ans) et ma femme ne partage pas ma foi. Sans se déclarer athée pour autant, disons qu'elle ne se pose pas trop la question pour le moment.
Je partage votre expérience dans le sens où elle a parfois du mal à concevoir que la pratique de ma religion passe avant le reste, et de mon côté je veille aussi à faire en sorte que ma foi ne soit pas trop envahissante, ne serait-ce que pour ne pas la braquer encore plus (je garde toujours espoir d'une conversion future). A l'inverse elle me laisse aussi du temps pour vivre ma foi et consent volontiers à lui laisser parfois la priorité. C'est au final une question de conciliation et de communication, parfois avec quelques moments de tension mais rien qui soit préjudiciable à notre relation.
Comme m'a dit un prêtre, "dans votre situation faites au mieux, et veillez à la stabilité de votre foyer". Nous nous aimons, nous avons deux enfants, je ne veux pas mettre tout cela en péril et je ne pense pas que ce soit ce que Dieu attend de moi non plus.
Pour revenir à ce qui vous tracasse, mon premier conseil serait de communiquer : exprimer pourquoi c'est important pour vous, écouter pourquoi c'est important pour elle, trouver les arrangements les plus propices à vous contenter mutuellement, parfois savoir sacrifier tout en demandant à l'autre de faire un geste par ailleurs. Vous n'avez pas moins de légitimité que votre épouse à faire valoir vos priorités, tout comme vous avez à écouter les siennes et la rejoindre là où elle en est. La communication ne doit pas être rompue, même s'il y a des incompréhensions et des agacements de part et d'autre.
Ensuite, mon second conseil serait de fixer des règles et vous y tenir. Vous citez l'exemple du catéchisme, mon épouse n'était fondamentalement pas contre donc j'ai pu y inscrire mon fils assez facilement. J'ai tout de suite voulu qu'on soit très clair sur le fait que ce n'était pas "à la carte" mais qu'il irait bien chaque semaine. C'est moi qui l'y emmène, qui le ramène, qui assiste aux réunions d'organisation à la paroisse, à la messe des enfants quand il y en a une, etc. Je fais donc en sorte qu'il lui en coûte le moins possible, et en contrepartie elle y consent. Bien sûr nous savons rester arrangeants, si un samedi matin je suis malade ou je me casse une jambe, elle fait le transport. Mais il y a un cadre général qui permet à chacun d'accepter la situation sans que ça soit régulièrement remis en cause.
Un autre exemple, qui va en faire hurler certains, c'est que mon épouse ne souhaite pas que mes enfants soient baptisés sans qu'ils y consentent. Mon fils aîné a été baptisé à 7 ans, et son petit frère ne l'est pas encore. Je n'aime pas cela, je lui ai expliqué mes raisons pour vouloir qu'il soit baptisé le plus vite possible, mais nous nous sommes accordés sur le fait qu'il sera baptisé pourvu qu'il en fasse la demande. A ma charge de transmettre ma foi et cultiver en lui le désir d'être baptisé, et c'est d'ailleurs la tournure que cela prend aujourd'hui. Au final, je tire un bien d'une situation qui n'allait pas vraiment dans mon sens à la base.
Pour la confession, il est toujours possible de trouver un confesseur à toute heure de la journée, en nouant des contacts avec plusieurs prêtres. Je me suis arrangé pour ne pas être soumis au programme de confession mensuelle de ma paroisse, et ne pas avoir à louper le coche pour obligation familiale.
Etc, etc. C'est parfois toute une gymnastique mais c'est vivifiant à certains égards
Suliko a écrit : ↑dim. 30 mai 2021, 16:37
il n'y a pas de règle; tout dépend de la foi des personnes et de comment ils la vivent et la transmettent aux nouvelles générations et de comment les jeunes vont l'intérioriser et la transmettre à leur tour ....
C'est faux. Globalement, la foi est mieux transmise chez les traditionalistes que chez les autres catholiques. Quant aux mariages mixtes, le taux de transmission est encore plus bas. Une exception ne saurait confirmer la règle. D'autant plus que pas mal de gens se qualifient de catholiques, parce que culturellement, ils sont liés à cette religion, mais n'ont en fait pas vraiment la foi.
Par ailleurs, vous n'êtes pas de la même génération que nous et la réalité a bien changé.
Je suis désolée, mais il va falloir pour une fois regarder la réalité en face... Rien que les questions des relations prémaritales et de la contraception seront hautement délicates, la partie catholique étant certainement en phase avec l'esprit du monde (quand ce n'est pas la partie catholique elle-même qui a abandonné les valeurs morales de sa religion...).
Pour tempérer vos propos chère Suliko, je dirais qu'en effet la réalité a bien changé, mais aussi dans le sens d'une adhérence plus volontaire et plus personnelle à la foi catholique. Pour ma part je suis venu à la foi catholique plutôt par conviction intellectuelle, et pas du tout par transmission familiale.
Chez mes enfants, j'essaye ainsi de cultiver cette adhésion à la foi par des moyens sensibles certes, par la prière, et en développant chez eux les outils intellectuels propres à asseoir leur conviction qu'il s'agit là bien de la vérité. J'ose espérer que ces efforts paieront, soit en les gardant dans la foi, soit en motivant un retour par la suite s'ils doivent d'abord en passer par un rejet suivi d'une période d'errance et de recherche.
Je ne peux préjuger de rien, mais je pense que la réalité est plus complexe que cela et qu'il y a d'autres variables à prendre en compte. La foi transmise n'est pas forcément la plus solide, en tous cas je crois que ça ne suffit pas.