Perlum Pimpum :
Difficile d’être plus clair...
Non.
Vous ne ferez que parler pour vous. Je suis désolé, Perlum Pimpum. Je ne vois rien de clair «substantiellement parlant» dans ces citations de quelques phrases disparates d'un texte de Joseph Ratzinger. Sinon que, - c'est bien sûr ! - , lui-même voudra nous laisser entendre: tout serait beau, merveilleux, s'emboîtant fantastiquement et si harmonieusement avec quelques merveilleux principes qui devaient se trouver aussi dans l'Église d'avant. Je peux voir la gymnastique.
Ce n'est pas du tout une démonstration sur le fait que Rome (la hiérarchie, le pape) aurait refusé de mettre l'Église en accord avec ce grand principe du laïcisme ou du sécularisme qui se nomme la «séparation de l'Église et de l'État».
On viendrait de voir avec Jean Sévillia, comment cette séparation a été
imposée à l'Église catholique, nullement négociée. L'Église n'était pas du tout d'accord avec l'idée. Et l'Église n'était pas plus d'accord trente, quarante ou cinquante ans après la loi de 1905 en France. Elle n'avait pas le choix que de s'y soumettre, l'Église, dans ce pays, mais sans que le principe soit acceptée réellement. Les ratiocinations du cardinal Ratzinger dans les années 1980 ne changent rien à l'affaire en rétrospective.
Dans les années 1950, personne non plus n'aurait dit qu'il eût été un attentat contre la "dignité de la personne" si l'État devait reconnaître officiellement la religion chrétienne ou la religion catholique comme étant la seule religion légitimement reconnue au pays, celle sur laquelle le droit devait se mettre en accord, celle enseignée dans les écoles, celle qui pourrait faire quelques nécessités au gouvernement de la défendre, etc.
Le fait est que ...
Dans la foulée du document conciliaire et de Vatican II, c'est le Vatican lui-même qui aura demandé que les États catholiques cessent de l'être. Ça : c'est la réalité. Pas du verbiage, pas une argutie intellectuelle spécieuse. Le Vatican aura souhaité que tant l'Église catholique que les États fonctionnent désormais sur la base du principe séculariste de la neutralité confessionnelle. C'était bien du
nouveau pour l'Église. Le cardinal Ratzinger parle bien d'une
nouveauté. Oui, il s'agissait bien d'une
nouveauté, et pas du tout en accord avec les anciens principes de l'Église, et ce, contrairement à ce que le cardinal allemand laissera entendre.
Et, d'ailleurs, il ne dit même pas la vérité non plus un peu plus loin, quand il suggère que les martyrs chrétiens du Ier siècle aurait dû être des sortes de militants de la liberté religieuse ! Qu'est-ce qu'il ne faut pas lire !
Les premiers chrétiens revendiquaient les droits de reconnaissance du vrai Dieu avant ceux des empereurs romains. Ils sont morts martyrs justement parce qu'ils refusaient le principe de pactiser avec la dimension idolâtre du culte impérial officiel et public. Et ils ne reconnaissaient aucun droit aux divers cultes religieux païens qu'ils assimilaient clairement à un culte rendu à des démons. Non, ils ne luttaient pas pour le droit de chacun à pratiquer sa petite religion particulière ou celui des religions contraires à la révélation du Christ. C'est bien dommage pour le cardinal Ratzinger. Quand l'Église catholique est réellement devenue l'Église de l'empire sous Théodose au IVe siècle, elle aura eu tôt fait de faire fermer les anciens lieux de cultes païens ou foyers de contre-culture anti-chrétienne.
Les premiers chrétiens acceptaient de collaborer avec les autorités publiques non chrétiennes dans tout ce qui pouvait s'accorder avec la morale chrétienne, sous réserve d'une résistance passive de refus de principe pour tout le reste.
Le cardinal Ratzinger avait beau sortir ses arguments dans les années 1980, il n'en changera rien que l'on va entendre le pape François nous dire aujourd'hui que
les États se doivent d'être laïcs (... comme Jean Macé aurait pu dire; ou Edgar Quinet, Jules Ferry, Paul Bert, Émiles Combe, Clémenceau, etc.)
https://www.la-croix.com/Religion/Pape/ ... 1200760526
Le sens authentique de
Dignitatis Humanae, c'est bien que le laïcisme serait une excellente chose en principe. Comment voudriez-vous entendre autrement cette déclaration du pape ?
Le reste n'est que détail mineur, comme savoir que l'Église catholique ne réclamera certainement pas un droit au mensonge avéré, à la malhonnêteté crasse, à la malice délibérée. C'est évident ! Sauf que le principe du laïcisme reconnu, une fois reconnu et en vigueur : c'est un principe qui permet en toute liberté aux consciences faussées de diffuser leurs erreurs et y compris jusqu'à pouvoir éventuellement convertir tout le monde à une fausse idéologie. Le principe naïf qui voudrait que le vrai n'a pas besoin réellement d'être défendu par l'État et qu'il devrait finir par s'imposer naturellement est un principe qui fait totalement fi du péché originel. C'est comme du rousseauisme et qui voudrait que le mal provienne essentiellement de l'autorité, la direction confessionnelle, le clréricalisme ...