jean2 a écrit : ↑ven. 31 août 2018, 16:39
@Acolie, si la Bible dit clairement que nous sommes tous des créatures de Dieu (Colossiens 1.16) et que Dieu aime le monde entier (Jean 3.16), en revanche seuls ceux qui sont nés de nouveau sont Ses enfants (Jean 1.12, 11.52, Romains 8.16, 1 Jean 3.1-10).
Bonjour Jean,
j'aimerais vous expliquer mon point de vue sur cette question, non pour vous convaincre et vous faire envisager les choses autrement, mais pour que nous nous comprenions sur la nature de notre désaccord. Il s'agit ici du sens des mots, comme le mentionne Fée Violine.
J'ai lu l'article que vous m'avez transmis de même que celui que vous avez conseillé à Trinité. Il m'est absolument impossible d'adhérer à ce qui y est écrit. Tout d'abord, entendons-nous, les mots 'père', fils', 'fille', 'enfant' sont des mots qui se rapportent à une réalité
humaine, , des mots qui décrivent ou qualifient la nature de nos rapports entre humains.
Quand nous parlons de Dieu, nous utilisons les mêmes mots pour imager de façon humaine notre relation à Dieu, ce qui facilite les choses, car il est impossible pour nous de saisir la nature de Dieu autrement qu'avec des notions humaines. Si ces mots ont été choisis dans ce contexte (relation à Dieu), c'est précisément à cause du poids qu'ils portent, de leur intensité et de tout ce qu'ils impliquent.
Qui dit filiation pense aussi à ces mots : appartenance, amour inconditionnel, fidélité, loyauté, indestructibilité du lien. C'est aussi en tenant compte du poids de ces mots qu'il faut les utiliser en s'assurant qu'on se comprend mutuellement sur le sens qu'on leur donne.
Je vous donne un exemple :
Un homme a deux enfants qu'il aime également de tout son coeur. L'un est son fils biologique, l'autre a été adopté. Comment réagira-t-il en entendant monsieur X déclarer qu'il n'a qu'un fils ? Quel impact terrible sur le père aimant et sur son fils adopté ? Il répondra sûrement en désignant ce fils: ''non, monsieur, j'ai deux fils. Cet enfant-là est aussi mon fils''. Pour monsieur X, être le fils de quelqu'un implique qu'on est la chair de sa chair, qu'on a hérité de ses gênes. Pour le père des enfants, être père implique infiniment plus que d'avoir transmis son bagage génétique.
Si on accrédite le point de vue de monsieur X , il a raison : cet homme n'a qu'un fils. Pour moi cependant, la réalité est que cet homme a deux fils, dont l'un a été adopté.
Vous, Jean, vous considérez que pour être le fils de Dieu, son enfant, il faut avoir été baptisé, 'être né de nouveau'. Vous êtes alors conséquent avec vous-même en affirmant que nous ne sommes pas tous les enfants de Dieu. Cette distinction que vous faites entre humains en l'appliquant à notre relation à Dieu est un penchant...très humain et cette façon de présenter les choses a un impact important sur les relations avec nos frères.
Il me semble qu'il y a suffisamment, dans ce monde, de 'classes', de 'castes', de 'rangs', de 'statuts sociaux', sans qu'on en rajoute et qu'on fasse déborder sur les questions religieuses (ce qui est plus grave) notre mauvais penchant qui consiste à nous 'catégoriser', à nous classifier, à nous séparer les uns des autres (le règne de l'égo).
Pour ma part, je crois que toutes les créatures humaines de ce monde sont les fils et les filles de Dieu, dont certains ont reçu le baptême, et d'autres pas. Libre à chacun de statuer sur l'importance , les implications et les conséquences qu'il accorde au baptême. C'est une question de foi et Je n'entrerai pas dans ce débat.
Quand je pense à la p'tite dame ou au jeune homme qui ont vu le jour au Japon, en Somalie, en Inde, au Vietnam, en Chine ou en Thailande, qui comme moi cherchent le sens de leur vie, cherchent leur chemin et leur Dieu, ben oui, dans la grande communauté humaine, ils sont ma soeur et mon frère et enfants de Dieu comme moi. Cela va de soi.
Là ou je crois entre autres que vous faites certainement erreur, que vous vous méprenez, c'est sur les motivations que vous semblez attribuer à Trinité, et par ricochet à moi aussi, lorsque vous écrivez à Trinité qu'il s'agit de charité et plus précisément de charité déviante.
C'est faux. Il ne s'agit pas de charité déviante, car à la base, il ne s'agit tout simplement pas de charité. Il n'y a pas de charité à accorder à quelqu'un quelque chose qu'il a déjà. C'est simplement justice et reconnaître les faits. Je ne fais aucune charité ici. Je dis simplement ce que je pense et crois sincèrement. Et pour ce que je sais de Trinité, il en est sans doute de même pour lui. Cette idée qu'il y a là charité découle directement de la distinction que vous faites entre 'fils de Dieu' et 'créatures de Dieu'.
J'ajouterai d'ailleurs qu'il serait très gênant pour moi de déclarer que je suis 'charitable' envers mes frères non baptisés en les considérant aussi fils de Dieu. En me regardant dans une glace, je ne pourrais m'empêcher de me demander : ''mais pour qui te prends-tu donc, à la fin?''
Voilà. C'est ce que je voulais partager avec vous, en toute fraternité.
Ancolie