Cepora :
Je n'ai pas cette prétention, et je n'ai aucune revendication ou exigence à formuler à l'encontre de la société iranienne. D'une part, parce que je ne connais pas suffisamment cette société, dans ses moeurs, dans son histoire, dans ses institutions, dans ses traditions. D'ailleurs, vous la définissez de façon réductrice, mais comment pourrait-il en être autrement, puisque à travers le prisme des médias, nous en avons qu'une vision très parcellaire, et donc lacunaire, surtout si lesdits médias sont orientés idéologiquement.
Qu'est-ce que vous me chantez là? Tout le monde sait ce que représente le voile islamique. Ce n'est rien pour vous en rediriger vers un aimable folklore ancestrale.
Sur la page Facebook de Djemila Benhabib, on peut trouver une photo de l'exposition universelle de 1967 à Montréal, une photo sur laquelle l'on peut voir des ambassadrices de l'Iran ... toutes vêtues comme vous et moi. Zéro voile. Ces femmes étaient aussi musulmannes que n'importe quel mollah d'aujourd'hui.
C'est juste pour dire que nos responsables politiques ne sont pas réellement tenus de devoir se plier aux caprices des révolutionnaires islamiques. Il n'y a pas vraiment d'excuses qui vaillent pour justifier ce qu'ils font.
Au pire, s'il fallait absolument que Ségolène mette le pied en Iran, avec toutes les contraintes que les autres auraient voulu lui opposer, mais elle aurait pu se contenter de rencontrer ces bonshommes du régime, dans le sein de l'ambassade de France (qui est territoire français en droit international) pour les y recevoir en tailleur, sans voile, dans le même tenue qui est la sienne quand elle se déplace dans l'île de France.
D'autre part, je crois que vouloir imposer un système politique depuis l'extérieur d'une société, sans que cela soit le fruit d'un mûrissement intellectuel et d'un mouvement intérieur à la société elle-même, n'est qu'une funeste utopie dont on voit, avec tristesse, les résultats tragiques qu'elle peut engendrer.
Pourquoi parlez-vous d'imposer aux Iraniens chez eux un mode de vie qui serait celui des Français? Comme si ce devait être la question à débattre? Il est question
de ce que les Iraniens veulent imposer, eux, à des visiteurs, des ambassadeurs étrangers.
C'est le représentant de la France qui semble se plier à des contraintes islamiques d'un certain gouvernement iranien. Ce que je dis c'est qu'il n'y a pas de réelle nécessité pour cela. Le problème dans tout ça, c'est que ce que fait l'officiel français dans le cadre de sa visite officelle a des répercussions en France, et auprès des religieux musulmans (sans parler des dissidents de l'islam originaire de pays musulmans).
La façon dont nos politiciens se comporte envoie un signal absolument terrible du côté des tunisiens ou des Algériens d'origine, qui aiment leur nouveau pays et qui ne veulent rien savoir du radicalisme islamique.
Ces politiciens envoient le signal que les nouveaux citoyens bien intégrés (athées, libre-penseurs, convertis chrétiens) ne comptent pas, sont des nullités, des fantômes, des non-personnes. Non, pour compter, il faut porter une tenue de kamikaze, un kit de taliban. Avec un kit de taliban vous avez des droits, sans cela vous avez le droit de plier pour faire plaisir aux talibans.