Je me pose quand même la question de l'entre-soi... Et est-ce que l'Ecole privée sous contrat mène plus sûrement une âme vers la sainteté ? Il ne suffit pas à un enfant, un adolescent d'être "croyant culturel", de se croire moralement supérieur à la fange républicaine et laïque, d'être chaste, de faire des processions, et de réciter parfaitement ses prières, pour un jour être un grand saint. Le préalable reste la charité. Et ça, ça ne se trouve pas plus dans les écoles privées que publiques.
Avant d'avoir peur pour nos enfants, ne peut-on pas aussi penser que nos enfants peuvent aussi évangéliser, et sans doute mieux que nous ne le ferions ? On ne les fait pas pour qu'ils soient proitégés du monde extérieur mais pour qu'ils soient saints, là où ils sont, dans le pays et le siècle où ils sont nés, ayant le souci des plus démunis et des plus fragiles, pour qu'ils soient des témoins de l'amour du Christ. Si on leur permet un tant soit peu d'approcher cet Amour, de laisser le Seigneur faire son oeuvre, nos enfants sauront faire la part des choses et choisir leurs amis en conséquence.
Le hors contrat me paraît surtout intéressant pour certains enfants qui ont besoin non pas de catéchèse mais de pédagogie différenciée, non basée sur la compétition et l'écrasement du prochain, je pense notamment à la pédagogie Montessori...
Et je commence aussi à être vraiment contrariée par l'idée véhiculée sur ce forum qu'un prof est forcément "gauchiste". Personnellement, je vois surtout des profs qui n'ont plus l'étoffe républicaine des hussards noirs, ceux qui croyaient que l'éducaton pouvait sortit de la misère, qui ne comptaient pas leurs heures, qui faisaent travailler les élèves modestes en dehors des heures de classes, qui protégeaient les élèves des violences parentales... Il y en a encore quelques uns, j'en ai connu quand j'étais professeur d'histoire en ZEP, mais ils se font rares. Ils sont vaincus, non pas par le laïcisme mais plutôt par le consumérisme et l'ultra libéralisme. De plus en plus de profs, même s'ils le contestent, préfèrent l'avoir à l'être.
En tant qu'ancienne professeur d'histoire (j'ai quitté l'Education Nationale il y a diux ans pour suivre mon mari), j'ai toujours été heureuse de travailler dans le public, et surtout dans les banlieues difficiles. J'étais entourée de collègues très motivés et réellement emplis de charité, même s'ils n'étaient pas croyants.
Cette guéguerre est ridicule. Le privé hors contrat avec de l'argent public : ce ne serait plus de l'enseignement hors contrat. On en peut pas cracher sur l'Etat et son ingérance en désirant qu'il finance l'enseignement privé hors contrat. Alors vous me direz : oui mais je paye des impôts pour l'école que mes enfants n'utilisent pas. Ah. Car vous payez des impôts seulement pour vous et vorte famille ? Moi je suis heureuse de payer des impôts pour que d'autres puissent bénéficier d'aides, même si les idées ne sont pas forcément les miennes.
Bref, je fais confiance au Seigneur pour protéger nos enfants, et je fais confiance à mes enfants qui sont en contact permanent avec des athées, des libéraux, des commerçants (qui offrent des quads à leurs enfants de 4 ans à Noël

), des anti-cléricaux mais surtout essentiellement des enfants qui sont dans l'ultra consommation...
La malhonnêteté intellectuelle n'est pas l'apanage du public. Les idées fausses sur Dieu peuvent aussi détruire un enfant. Et j'ai plus peur d'un établissement qui enseignerait une certaine image de Dieu, que d'un enseignement qui véhiculerait des idées politiques contraires aux miennes (enfin, moi je suis au centre alors, évidemment je ne me trouve jamais bien nulle part). Des enfants complètement anéantis par l'idée d'un Dieu lointain, Tout-Puissant, à qui il faut obéir comme un soldat, j'en connais, et ils retrouvent difficilement le chemin de la confiance en Dieu et de la confiance en l'homme.
Mais je reste favorable à ce qu'il y ait des écoles privées hors contrat, évidemment...
Fraternellement.
Cécile