Suliko a écrit :
Pourriez-vous préciser par un exemple concret?
Bonjour Suliko,
je veux bien essayer mais il me semble que le Saint-Père n'en donne pas, et je crois que ce n'est pas insignifiant. En effet, je crois qu'on peut dire que le texte d'Amoris Laetitia ne change strictement rien ni à la doctrine, ni même à la discipline, qu'il complète en la précisant. En clair, il ne s'agit pas de donner les règles d'un nouveau permis de communier, mais d'en appeler au discernement, en vue de l'accueil, ces deux mots ayant été soulignés dans de nombreux commentaires.
Remarquons tout d'abord qu'il existe de très nombreux couples en situation irrégulière, pour reprendre les termes de l'exhortation. Je vais essayer de ne pas en oublier.
- les couples "libres" (vous comprenez je pense ce qu'on entend par là et pourquoi j'ai mis des guillemets)
- les couples homosexuels
- les couples non mariés
- les couples dont au moins un partenaire est divorcé
- les couples "mixtes" (l'un est catholique, l'autre pas) mariés civilement mais pas à l'église
- les couples catholiques ayant recours à la contraception.
Que dit maintenant Amoris Laetitia?
Toutes les personnes appartenant à l'une ou l'autre de ces catégories pourront-elles communier si elles le souhaitent? Il est clair que non!
Toutes ces personnes sont-elles en état de péché mortel? Pas forcément, il faut discerner. Ce n'est pas à moi de décider des critères, mais on peut émettre des hypothèses, ou suggérer des pistes qui aident à discerner.
Par exemple, on voit mal comment un couple échangiste pourrait, s'il ne renonce pas à ses pratiques, se considérer comme en état de communier.
Mais votre défi, si j'ai bien compris, est de trouver des exemples opposés au précédent. Alors voici à quoi l'on pourrait songer, en donnant des prénoms fictifs.
Anne a été battue et violentée régulièrement par Bernard, son mari. Elle a fini par demander le divorce afin de se protéger elle et ses deux enfants. Elle a rencontré Christian, avec qui elle vit désormais, et qui l'aide à se reconstruire.
Daniel a été contraint à divorcer par son ex-femme, Elise. Il a fini, après une période difficile, par refaire sa vie avec Françoise, dont il a eu par la suite un enfant. Tous deux en souhaitent un deuxième.
Frédéric est marié à Gabrielle, qui n'est ni croyante ni baptisée. Ils ont trois enfants et sont fidèles l'un à l'autre.
Voici donc trois cas. Que leur conseiller, mis à part, pardonnez cette boutade mais je n'ai pu m'en empêcher, assassiner leur conjoint et se confesser après?
Question subsidiaire : que leur conseiller, si chacun est incroyant au moment de cette description, mais, touché par la grâce, souhaite se convertir?
Il était temps que l'Eglise cesse de jeter des pierres à ceux qui lui demandent du pain. Qu'elle propose un parcours d'accueil et d'accompagnement, et non de laisser chacun seul face à sa conscience, est pleinement conforme à sa vocation pastorale.