ÉTATS-UNIS - Le choix de la police de Dallas d'envoyer un robot télécommandé pour tuer l'homme suspecté d'avoir abattu plusieurs policiers marque une première pour les forces de l'ordre américaines et témoigne d'un usage qui devrait aller en se développant, selon des experts.
Génial !
Re: États-Unis : bons policiers blancs vs mauvais noirs...
Publié : sam. 09 juil. 2016, 16:16
par etienne lorant
Statistiques de l'année 2016
Durant l'année en cours 2016, selon l'article du Washington Post, la police américaine a abattu 136 personnes de race noire au cours de ces sept derniers mois.
Philando Castile , abattu mercredi soir était le dernier en date.
Re: États-Unis : bons policiers blancs vs mauvais noirs...
Publié : lun. 11 juil. 2016, 18:15
par etienne lorant
Si jamais vous résidez sur le sol américain, vous courez le risque de finir sous les balles d’un policier. Peu importe que vous habitiez un endroit que vous considérez comme sûr: il n’existe aucune corrélation entre le taux de criminalité d’une ville et les tirs des policiers, qui peuvent survenir n’importe où, d’Honolulu à Oklahoma en passant par Washington.
Après avoir vu Alton Sterling et Philando Castile mourir aux mains des forces de l’ordre cette semaine, nos collègues du HuffPost américain ont souhaité vous dresser un bref récapitulatif afin d’éviter de vous faire tuer par la police. Voici leur guide, en deux étapes.
1. Ne soyez pas noir
Selon le Washington Post, la police a abattu 990 personnes aux États-Unis en 2015, soit une toutes les huit ou neuf heures. Ces tirs meurtriers laissent loin derrière eux les pires années de lynchage (dont 161 Afro-Américains avaient été victimes en 1892) et de peine capitale que nous ayons connues. Cette année, nous sommes en bonne voie pour dépasser les chiffres de 2015, avec 509 tirs mortels imputables aux policiers au moment où nous écrivons cet article.
Les hommes noirs en sont les principales victimes. L’enquête du Washington Post a révélé qu’ils constituaient 40% des victimes non armées tuées par la police l’an passé, alors même qu’ils ne représentent que 6% de la population. Après avoir également examiné les chiffres de 2015, le Guardian a signalé que les jeunes noirs de sexe masculin étaient neuf fois plus susceptibles que les autres Américains d’être tués par la police.
Le Washington Post indique que "dans la majorité des cas où la police a abattu une personne qui en avait attaqué une autre à l’aide d’une arme ou en brandissant un pistolet, l’assaillant-e était blanc-he. En revanche, un nombre exorbitant –trois sur cinq– de personnes tuées par les forces de l’ordre après avoir fait preuve d’un comportement bien moins menaçant étaient noires ou hispaniques". L’article ajoute qu’un quart des victimes présentaient des troubles mentaux ou étaient en crise.
Chaque fois que l’on évoque les violences policières, il y en a pour rappeler les statistiques selon lesquelles les personnes noires commettent davantage de crimes que les personnes blanches. La réalité est bien plus complexe. Si les statistiques du FBI suggèrent que les Afro-Américains sont plus enclins à être reconnus coupables de crimes violents, c’est parce que ce derniers sont arrêtés, déclarés coupables et condamnés partout dans le pays de façon disproportionnée. Une enquête a révélé que la moitié des Afro-Américains interrogés, dont 60% des hommes, disaient avoir été traités injustement par la police en raison de leur couleur de peau, contre 3% des personnes blanches. Il est également prouvé que, à crime équivalent, les Américains noirs sont plus sévèrement punis que leurs compatriotes blancs.
2. Envisagez de vous installer dans un autre pays
Au cours des 24 premiers jours de 2015, plus de gens sont morts sous les balles de la police aux États-Unis qu’au cours des 24 dernières années en Angleterre et au Pays de Galles. Ce n’est qu’un exemple.
Re: États-Unis : bons policiers blancs vs mauvais noirs...
Publié : lun. 11 juil. 2016, 18:30
par Cinci
Une étude publiée dans le Harvard Public Health Review montre que les cas de jeunes Noirs morts aux mains des autorités est en déclin important depuis 50 ans.
C'est plutôt logique, après l'ère des droits civiques, après la Great Society de l'ex-président Johnson, après l'impeachment de Nixon, après l'ère du "politiquement correct" des années 1980, suivant le discours des réformistes de gauche alliés aux néo-libéraux de droite et qui poussent tous en faveur du multi et de la diversité et des Marianne au teint basané : on pouvait s'attendre à une compilation semblable. Moralité? Non, il n'y a pas une recrudescence terrible du racisme aux États-Unis, et surtout pas chez les officiels, les juges, les politiciens ou la haute administration des corps de police.
Il y a plutôt une légère remontée du nombre de suspects de race noire abattus par la police depuis 2004, en même temps qu'une légère hausse du nombre de Blancs abattus depuis la même période. Rien ne justifie réellement que le bon peuple s'écrie au racisme crasse des agents de police américains, des flics américains plus que les flics d'autres pays.
Il existe bien d'autres facteurs que le racisme pour expliquer que les policiers peuvent être amenés à dégainer, à être nerveux et notamment le fait qu'il existe tout un arsenal impressionnant d'armements qui circule parmi la population civile.
Le roman de John Grisham sur la ville où j'ai vécu
Publié : lun. 11 juil. 2016, 18:59
par etienne lorant
En 1967, à Greenville, dans l'État du Mississippi, le bureau de l'avocat juif Marvin Kramer est bombardé, blessant Kramer et tuant ses deux jeunes fils. Sam Cayhall, un membre du Ku Klux Klan, est identifié, arrêté et jugé pour leurs meurtres, commis en représailles à la participation de Kramer au mouvement des droits civiques. Deux procès sont amorcés, mais chaque fois l'avocat de Cayhall parvient à faire annuler les procédures. Vingt ans plus tard, le FBI fait pression sur un suspect pour témoigner contre Sam Cayhall à un troisième procès. Reconnu coupable et condamné à la peine de mort par l'usage de la chambre à gaz, le prévenu est envoyé au Mississippi State Penitentiary et incarcéré dans le couloir de la mort.
Maintenant sans avocat, Cayhall devient un cas pro bono et une équipe d'avocats contre la peine de mort, et ironiquement constituée de Juifs du cabinet Krawitz et Bane de Chicago, tentent de faire lever la sentence. Adam Hall, petit-fils de Sam Cayhall représente le condamné et met en branle les procédures dans le mois précédant l'exécution. Bien que manquant d'expérience dans les cas de peine de mort, il est déterminé à défendre son grand-père. Sam, en dépit de son passé violent, est l'un des rares parents qui restent au jeune Adam Hall.
D'abord peu enclin à coopérer, Sam Cayhall finit par révéler des connaissances juridiques remarquables fort utiles à Adam pour faire jouer tous les rouages de la justice. Hall obtient ainsi un entretien avec l'agent du FBI qui a travaillé sur l'affaire initialement et découvre que Sam Cayhall n'est probablement pas le responsable du crime dont il a été reconnu coupable, même s'il était présent lors de la prise de décision pour l'attentat. Par ailleurs, Sam Cayhall a une longue histoire criminelle avec le Ku Klux Klan et semble avoir du sang sur les mains. En outre, Dogan, le témoin contre Sam Cayhall au troisième procès, a apparemment été assassiné par le Ku Klux Klan.
Devant l'impossibilité d'accumuler des preuves suffisantes, Adam Hall cherche à persuader le gouverneur du Mississippi d'octroyer un pardon, mais Sam interdit une telle démarche, soupçonnant que le gouverneur pourrait s'en servir pour obtenir un gain politique.
Tous les appels sont ainsi épuisés. Sam, repenti, ne veut pas d'Adam comme témoin de l'exécution.
Sam Cayhall et Dogan maintenant morts, personne ne sait que le véritable coupable, celui qui a préparé et déclenché la bombe, vit toujours en liberté, sous une fausse identité, et a observé le déroulement de toute l'affaire. Adam, écœuré, mais également fasciné par l'expérience, quitte son cabinet d'avocats et accepte un poste moins bien payé avec un groupe d'avocats contre la peine de mort.
(Bien sûr, je me souviendrai de Greenville, Spartanburg,, Charleston et le coin de pays de "Boiling Springs", et même si j'aimerais les revoir, je ne partirai plus rendre visite à mes amis, qui avaient la couleur noire ou blanche de mon amitié ...)
Alors que le mouvement Black Lives Matter dénonçant les violences policières envers la population noire des Etats-Unis ne s'essouffle pas, une photo, prise lors d'une manifestation fait depuis samedi le tour du web pour le message pacifiste qu'elle délivre.
On la compare déjà à une photo légendaire, icône de la lutte pacifiste face à la répression : celle de "Tank Man", prise sur la place Tian'anmen en 1989, sur laquelle on peut voir cet homme, un sac de courses à la main, faire face, au milieu d'une rue, à une colonne de tanks envoyés par le gouvernement chinois en réponse aux manifestations qui avaient réuni étudiants, ouvriers et intellectuels et qui se sont achevés dans un bain de sang.
Cette fois-ci, il s'agit d'une jeune femme qui a courageusement fait face à une horde de policiers en armure en pleine manifestation à Bâton Rouge (Louisiane) contre les violences visant les noirs aux Etats-Unis alors que celles-ci on encore fait une nouvelle victime le 5 juillet dernier.
Sa longue robe flottant au vent, elle s'est approchée d'eux, seule, droite et tête haute, les poings croisés comme pour se rendre, tandis que deux agents se précipitent sur elle pour l'appréhender. Une scène symbolique qui n'a duré que quelques secondes à peine, juste le temps pour un photographe de Reuters de la capturer, mais qui se déroule en boucle depuis sur la Toile où elle a été massivement partagée.
Elle s'appelle Leshia Evans et elle ne s'attendait certainement pas à ce que son geste fasse ainsi le tour de la planète mais il aura grandement servi sa cause. Comme des milliers de citoyens américains, cette infirmière de 28 ans a voulu dénoncer le racisme des forces de l'ordres et les trop nombreux assassinats de citoyens noirs. Elle s'est donc rendue à Bâton Rouge, où a été abattu Alton Sterling, un homme de 37 ans, après un banal contrôle, pour se joindre au mouvement Black Lives Matter ("les vies noires importent"). Alors que les tensions entre la police et la population ont donné déjà à de nombreuses manifestations, mais aussi à des affrontements et arrestations, une nouvelle marche pacifique était organisée ce samedi 9 juillet et c'est donc ce cliché qui en est ressorti.
Découvert sur le site du huffington post
Les répliques entre noirs et blancs
Publié : lun. 18 juil. 2016, 10:30
par etienne lorant
Le profil du tireur se précise, même si les circonstances du drame sont encore confuses. Plusieurs médias américains affirment que l'homme qui a tiré sur trois policiers dimanche 17 juillet à Bâton-Rouge, la capitale de la Louisiane marquée par de fortes tensions raciales, est un ancien combattant du conflit irakien disant appartenir à une "nation" afro-américaine.
"Pour l'instant, nous ne connaissons pas les mobiles du tireur", a déclaré de la Maison Blanche le président Barack Obama dans une intervention spéciale. L'homme qui a tiré sur les policiers "a été abattu et est mort", a de son côté annoncé le chef de la police de l'État de Louisiane, le colonel Mike Edmonson.
Le meurtre des trois policiers intervient dix jours après l'assassinat de cinq policiers à Dallas.
Des propos dénonçant les Blancs
Il s'agit, affirment plusieurs médias américains, de Gavin Long, 29 ans, originaire de Kansas City (Missouri). Selon CBS, c'est un Noir, et selon CNN il est né un 17 juillet.
Cet homme, un ancien Marine qui a servi dans les forces américaines en Irak de juin 2008 à janvier 2009, a fait légalement procéder l'année dernière au changement de son nom pour devenir "Cosmo Ausar Setepenra", une façon de marquer son appartenance proclamée à la Nation Washitaw, un groupe d'Afro-Américains disant être une nation souveraine au même titre que les Amérindiens aux États-Unis.
"La violence n'est pas LA réponse (c'est une réponse)", avait-il écrit sur son compte Twitter, par ailleurs rempli de propos dénonçant les Blancs, toujours d'après les médias, qui relèvent qu'un des policiers qu'il a tués était noir.
"Nous ne savons pas si le tireur avait l'intention de s'attaquer à des policiers, ou s'il les a abattus alors qu'ils répondaient à un appel", a insisté Barack Obama. "Rien ne peut justifier la violence" contre les policiers, a souligné le président américain.
"C'est un acte méprisable et une attaque contre notre mode de vie même", a quant à lui réagi le vice-président Joe Biden.
Re: États-Unis : bons policiers blancs vs mauvais noirs...
Publié : mar. 19 juil. 2016, 1:31
par Pierre75000
Bonjour,
je lis sur la source ci-dessous que le nombre de "blancs" abattus par la police US est plus grand que le nombre de "noirs" abattus par cette même police :
Plus généralement, attiser la haine contre "l'Occident" ou "les Blancs" est-il mieux que d'attiser la haine contre d'autres groupes ?
Re: États-Unis : bons policiers blancs vs mauvais noirs...
Publié : jeu. 21 juil. 2016, 4:14
par papillon
Pierre75000 a écrit :
Plus généralement, attiser la haine contre "l'Occident" ou "les Blancs" est-il mieux que d'attiser la haine contre d'autres groupes ?
Pour certains, ce l'est très certainement.
Intéressant, l'article que vous citez plus haut. Merci.
Re: États-Unis : bons policiers blancs vs mauvais noirs...
Publié : jeu. 21 juil. 2016, 14:32
par etienne lorant
etienne lorant a écrit :Statistiques de l'année 2016
Durant l'année en cours 2016, selon l'article du Washington Post, la police américaine a abattu 136 personnes de race noire au cours de ces sept derniers mois.
Philando Castile , abattu mercredi soir était le dernier en date.
Re: États-Unis : bons policiers blancs vs mauvais noirs...
Publié : jeu. 21 juil. 2016, 14:45
par etienne lorant
Les statistiques d'abattages peuvent être consultées en direct, chaque jour, sur le site du Washington Post qui les répertorie systématiquement. Pour ce 21 juillet à 14h40, le chiffre de l'année 2016 s'élève à :
Fatal Force
533
people have been shot and killed by police in 2016. This database is based on news reports, public records, social media and other sources. Read about our methodology. Download the data. See the 2015 database.
Il n'y a pas que des noirs dans le montant publié.
Un article de synthèse avec chiffres, données, sources.
Résultat? On y dégonfle l'idée des flics américains collectivement engagés dans une dynamique d'abattage de Noirs, de chasse meurtrière aux faciès trop sombres pour être honnêtes, comme si tout le monde devait s'être passé le mot d'ordre dans les casernes. Tactique éliminationniste de racistes américains? Non.
Voir le milieu de la page.
Re: États-Unis : bons policiers blancs vs mauvais noirs...
Publié : dim. 24 juil. 2016, 14:02
par p.cristian
Bonjour,
Autre fait divers récent, à Miami la police a tiré sur le soigneur d'un jeune autiste, des personnes ayant cru que le camion en jouet avec lequel le jeune autiste jouait était une arme.
Le soigneur est la personne qui lève les bras en demandant à son patient d'être calme et de se mettre à terre comme le demandaient les policiers.