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Re: Être médecin catholique...

Publié : mar. 16 oct. 2007, 23:33
par Boris
Christophe a écrit :N'y a-t-il pas des cas où un médecin prescrit des contraceptifs pour réguler un cycle menstruel,
Le cycle se régule de lui-même. Il suffit de savoir le lire dans certains cas comme la pré-ménopause.
Mais même pour ce cas, le corps médical a reconnu que l'usage d'hormones artificielles (un des principes de la pilule) faisait plus de mal que de bien et a arrêté de prescrire de tels traitements.
Christophe a écrit : pour éviter une conception qui aboutirait à un avortement, ou des préservatifs pour éviter une contamination ?
Si les personnes en question ne veulent pas d'enfant, autant s'abstenir, c'est ce qu'il y a de plus sur.
Ensuite, en tant que catholique, nous nous devons de proposer des méthodes naturelles et efficaces (comme Billings, cf. OMS).

Pour le préservatif, je vous renvoie aux études figurant dans le "Lexique" du Conseil Pontifical pour la Famille. Vous apprendrez preuve à l'appuie que le préservatif ne protège de quasiment rien et surtout pas du SIDA.
D'ailleurs, selon les chiffres de l'OMS, les seuls pays ayant réussi à faire baisser le nombre de personnes atteinte du SIDA sont les pays africains comme l'Ouganda favorisant largement l'abstinence.
Christophe a écrit :il est face à sa conscience : il lui faut faire au mieux.
Se salir les mains par rapport à quelle "crasse" ?
Si c'est celle définit par le monde, alors contraception.
Si c'est celle définit par Dieu, alors abstinence !

Que vaut mieux ? Sauver son âme ou la perdre ?
Ez III 18-21 a écrit :Si je dis au méchant:Tu mourras certainement, et que tu ne l'avertisses pas, et que tu ne parles pas pour l'avertir de sa voie mauvaise, afin qu'il vive, ce méchant mourra dans son iniquité; et je redemanderai son sang de ta main. Mais si tu avertis le méchant, et qu'il ne se détourne pas de sa méchanceté et de sa mauvaise voie, il mourra dans son iniquité; mais toi, tu auras sauvé ton âme. Si un juste se détourne de sa justice et commet l'iniquité, et que je mette un piège devant lui, il mourra; parce que tu ne l'auras pas averti, il mourra dans son péché; on ne se sou-viendra plus de ses oeuvres de justice qu'il aura faites; et je redemanderai son sang de ta nain. Mais si tu as averti un juste pour que ce juste ne pèche pas, et qu'il n'ait pas péché, il vivra certainement, parce qu'il aura été averti;et toi tu auras sauvé ton âme.
Voilà le commandement de Dieu : avertir notre prochain de son péché. Ainsi nous pouvons notre âme et la sienne s'il accepte de se convertir par notre demande et notre exemple.

C'est ce passage Biblique qui me pousse à participer à ce forum et d'autres.
Christophe a écrit :Ce que je veux dire, c'est que prescrire un contraceptif, ce n'est pas commettre la fornication. Et face à un patient décidé à avoir des relations sexuels irresponsables et à avorter en cas de conception "inopportune", il est encore préférable d'éviter que cela ne débouche sur un avortement ou une contamination...
Certes mais pas par n'importe quel moyen !

En prescrivant le contraceptif, on ne fait pas grandir le patient.
Si on refuse de lui indiquer la meilleure voix en se justifiant qu'on évite la pire, est-ce vraiment faire le Bien ?

Relisez "Humanae Vitae". Tout est dedans.

Sinon, les pères de Solesmes ont publié un ouvrage à destination du monde médical sur les enseignement des Papes à propos de l'application de la médecine.

Re: Être médecin catholique...

Publié : mar. 16 oct. 2007, 23:51
par Boris
Humanae Vitae a écrit : Moyens illicites de régulation des naissances
14. En conformité avec ces points fondamentaux de la conception humaine et chrétienne du mariage, nous devons encore une fois déclarer qu'est absolument à exclure, comme moyen licite de régulation des naissances, l'interruption directe du processus de génération déjà engagé, et surtout l'avortement directement voulu et procuré, même pour des raisons thérapeutiques (14).Est pareillement à exclure, comme le Magistère de l'Eglise l'a plusieurs fois déclaré, la stérilisation directe, qu'elle soit perpétuelle ou temporaire, tant chez l'homme que chez la femme (15).

Est exclue également toute action qui, soit en prévision de l'acte conjugal, soit dans son déroulement, soit dans le développement de ses conséquences naturelles, se proposerait comme but ou comme moyen de rendre impossible la procréation (16).

Et on peut invoquer comme raisons valables, pour justifier des actes conjugaux rendus intentionnellement inféconds, le moindre mal ou le fait que ces actes constitueraient un tout avec les actes féconds qui ont précédé ou qui suivront, et dont ils partageraient l'unique et identique bonté morale. En vérité, s'il est parfois licite de tolérer un moindre mal moral afin d'éviter un mal plus grand ou de promouvoir un bien plus grand (17) il n'est pas permis, même pour de très graves raisons, de faire le mal afin qu'il en résulte un bien (18), c'est-à-dire de prendre comme objet d'un acte positif de volonté ce qui est intrinsèquement un désordre et, par conséquent, une chose indigne de la personne humaine, même avec l'intention de sauvegarder ou de promouvoir des biens individuels, familiaux ou sociaux. C'est donc une erreur de penser qu'un acte conjugal rendu volontairement infécond et, par conséquent, intrinsèquement déshonnête, puisse être rendu honnête par l'ensemble d'une vie conjugale féconde.

Licéité des moyens thérapeutiques
15. L'Eglise, en revanche, n'estime nullement illicite l'usage des moyens thérapeutiques vraiment nécessaires pour soigner des maladies de l'organisme, même si l'on prévoit qu'il en résultera un empêchement à la procréation, pourvu que cet empêchement ne soit pas, pour quelque motif que ce soit, directement voulu (19).

Licéité du recours aux périodes infécondes
16. A cet enseignement de l'Eglise sur la morale conjugale, on objecte aujourd'hui, comme Nous l'observions plus haut (n. 3), que c'est la prérogative de l'intelligence humaine de maîtriser les énergies offertes par la nature irrationnelle et de les orienter vers un but conforme au bien de l'homme. Or, certains se demandent: dans le cas présent, n'est-il pas raisonnable, en bien des circonstances, de recourir au contrôle artificiel des naissances, si on obtient par là l'harmonie et la tranquillité du foyer et de meilleures conditions pour l'éducation des enfants déjà nés ?

A cette question, il faut répondre avec clarté l'Eglise est la première à louer et à recommander l'intervention de l'intelligence dans une œuvre qui associe de si près la créature raisonnable à son Créateur, mais elle affirme que cela doit se faire dans le respect de l'ordre établi par Dieu.

Si donc il existe, pour espacer les naissances, de sérieux motifs dus, soit aux conditions physiques ou psychologiques des conjoints, soit à des circonstances extérieures, l'Eglise enseigne qu'il est alors permis de tenir compte des rythmes naturels, inhérents aux fonctions de la génération, pour user du mariage dans les seules périodes infécondes et régler ainsi la natalité sans porter atteinte aux principes moraux que Nous venons de rappeler (20).

L'Eglise est conséquente avec elle-même quand elle estime licite le recours aux périodes infécondes, alors qu'elle condamne comme toujours illicite l'usage des moyens directement contraires à la fécondation, même inspiré par des raisons qui peuvent paraître honnêtes et sérieuses. En réalité, il existe entre les deux cas une différence essentielle: dans le premier cas, les conjoints usent légitimement d'une disposition naturelle; dans l'autre cas, ils empêchent le déroulement des processus naturels. Il est vrai que, dans l'un et l'autre cas, les conjoints s'accordent dans la volonté positive d'éviter l'enfant pour des raisons plausibles, en cherchant à avoir l'assurance qu'il ne viendra pas; mais il est vrai aussi que dans le premier cas seulement ils savent renoncer à l'usage du mariage dans les périodes fécondes quand, pour de justes motifs, la procréation n'est pas désirable, et en user dans les périodes agénésiques, comme manifestation d'affection et sauvegarde de mutuelle fidélité. Ce faisant, ils donnent la preuve d'un amour vraiment et intégralement honnête.

Graves conséquences des méthodes de régulation artificielle de la natalité
17. Les hommes droits pourront encore mieux se convaincre du bien-fondé de la doctrine de l'Eglise en ce domaine, s'ils veulent bien réfléchir aux conséquences des méthodes de régulation artificielle de la natalité.

Qu'ils considèrent d'abord quelle voie large et facile ils ouvriraient ainsi à l'infidélité conjugale et à l'abaissement général de la moralité. Il n'est pas besoin de beaucoup d'expérience pour connaître la faiblesse humaine et pour comprendre que les hommes - les jeunes, en particulier, si vulnérables sur ce point - ont besoin d'encouragement à être fidèles à la loi morale, et qu'il ne faut pas leur offrir quelque moyen facile pour en éluder l'observance. On peut craindre aussi que l'homme en s'habituant à l'usage des pratiques anticonceptionnelles, ne finisse par perdre le respect de la femme et, sans plus se soucier de l'équilibre physique et psychologique de celle-ci, n'en vienne à la considérer comme un simple instrument de jouissance égoïste, et non plus comme sa compagne respectée et aimée.

Qu'on réfléchisse aussi à l'arme dangereuse que l'on viendrait à mettre ainsi aux mains d'autorités publiques peu soucieuses des exigences morales. Qui pourra reprocher à un gouvernement d'appliquer à la solution des problèmes de la collectivité ce qui serait reconnu permis aux conjoints pour la solution d'un problème familial ? Qui empêchera les gouvernants de favoriser et même d'imposer à leurs peuples, s'ils le jugeaient nécessaire, la méthode de contraception estimée par eux la plus efficace ? Et ainsi les hommes, en voulant éviter les difficultés individuelles, familiales ou sociales que l'on rencontre dans l'observation de la loi divine, en arriveraient à laisser à la merci de l'intervention des autorités publiques le secteur le plus personnel et le plus réservé de l'intimité conjugale.

Si donc on ne veut pas abandonner à l'arbitraire des hommes la mission d'engendrer la vie, il faut nécessairement reconnaître des limites infranchissables au pouvoir de l'homme sur son corps et sur ses fonctions; limites que nul homme, qu'il soit simple particulier ou revêtu d'autorité, n'a le droit d'enfreindre. Et ces limites ne peuvent être déterminées que par le respect qui est dû à l'intégrité de l'organisme humain et de ses fonctions, selon les principes rappelés ci-dessus et selon la juste intelligence du " principe de totalité " exposé par Notre prédécesseur Pie XII (21).

Voilà !
Cela date de 1968 et c'était une prophétie car la plus part des évènement prévu par Paul VI se sont réalisés !

Re: Être médecin catholique...

Publié : mer. 17 oct. 2007, 0:35
par Christophe
Salut Boris

La question qui se pose au médecin est parfois basiquement celle-ci : doit-il prescrire lui-même le contraceptif ou rediriger le patient vers un autre médecin ? Bien sûr qu'il doit essayer de raisonner son patient, mais c'est une obligation de moyen, pas de résultat. Car si on lui a indiqué la meilleure voie et qu'il l'a refuse, faut-il faire au mieux en tenant compte de cela ou laisser advenir le pire par refus de se salir les mains ou bien encore se décharger sur un collègue ? C'est ce que j'appelle de l'idéalisme... Mais peut-être avez-vous raison et est-ce là la seule bonne attitude.

En fait, ce que je veux dire, c'est qu'il y a l'éthique fondamentale et l'éthique appliquée. Si les principes de l'éthique fondamentale de l'Église me sont bien connus, je connais beaucoup moins bien ceux de l'éthique appliquée. Pourtant, lorsque l'on a à exercer des responsabilités, par exemple dans sa vie professionnelle, il faut faire de l'éthique appliquée. Je ne suis pas médecin, mais chef d'entreprise. Et il y a parfois des "cas de conscience", des conflits d'intérêts, etc. qui viennent compliquer de beaucoup la décision éthique. D'autant qu'à un poste de décideur, lorsque l'on doit prendre une décision toutes les dix minutes, on a ni le droit à l'erreur, ni le droit à une réflexion prolongée... et quand on sort, on n'est ni tout blanc, ni tout noir, mais plutôt tout gris... Le système économique est extrêmement concurrentiel, les dirigeant ont des objectifs de productivité croissants, etc. Alors que faire ? Faire au mieux de nos possibilités, à notre échelle en se disant qu'il vaut mieux que ce soit nous qu'un autre, ou au contraire "passer la main" à d'autre pour "rester pur", et ne pas se compromettre ?

Bye ;)
Christophe

Re: Être médecin catholique...

Publié : mer. 17 oct. 2007, 8:17
par Boris
On m'a donné la responsabilité d'une équipe il y a peu de temps avec la charge de juger de l'adéquation des personnes qui la composent avec le travail à faire.
Autrement dit, on m'a demandé de virer quelqu'un si nécessaire.

En fait, cela est simple : il faut viser la personne elle-même et comment la faire grandir.
Il faut être froid : compétent ou non ? motivé ou non ?
A partir de là, il ne faut laisser tomber la personne.
Une des personnes n'avait pas sa place dans l'équipe (personne Windows dans une équipe unix !).
J'ai donc demandé à son chef de la placer dans une mission en adéquation avec ses compétences.

Ainsi j'ai pris grand soin de ne pas juger les personnes elle-même mais ses actes et de d'essayer de la faire grandir en lui expliquant cela et lui montrant le problème en face.

Je pense qu'il faut sans cesse se souvenir que nous avons notre âme à sauver et que cela passe l'Amour de Dieu, de ses commandements et du prochain.

Un médecin catholique se doit je pense de rechercher ce que dit l'Eglise (donc Dieu) sur tel ou tel point de son métier.
En particulier la contraception. A partir de là, en vue de sauver son âme et celle de ses patients, il faut agir en cohérence avec cet enseignement ecclésial quitte à faire jouer la liberté de conscience qui existe encore dans notre pays.

Dans le cadre spécifique de notre discussion ici, je renvoie "errare humanum est" à l'apprentissage de la méthode scientifique de régulation naturelle des naissances Billings (du nom des médecins qui l'ont mise au point).
Il y a un fil ici.

Re: Être médecin catholique...

Publié : mer. 17 oct. 2007, 13:53
par errare humanum est
Boris a écrit :
errare humanum est a écrit : non la pillule micro dosée n'est pas un abortif! c'est un contraceptif, retournez vous même à votre vidal!
Je reprends pour vous les effets de la pilule micro-dosée :
- empêcher le mouvement de trompes : dans le sens "aller" (donc spermatozoïdes) c'est contraceptif, dans le sens "retour" (donc l'ovule fécondé) c'est ABORTIF !
- attaque le système hormonal : effet stérilisant à long terme (ex: femmes ménopausées à 35/40 ans après 15 ans de pilule)
- blocage de l'ovulation : effet contraceptif
- empêche la nidation : effet ABORTIF !
- empêche la production de glaire cervical : effet contraceptif à court terme, endommage les glandes cervicales : effet stérilisant !

Je ne parlerai pas du mode de vie que cela incite.
D'accord, soit, mais ce ne sont que des effets secondaires, ce n'est pas pour cela qu'on la prescrit, l'intention n'est pas la même. c'est quand même l'intention qui prime non?

Re: Être médecin catholique...

Publié : mer. 17 oct. 2007, 20:45
par Boris
errare humanum est a écrit :D'accord, soit, mais ce ne sont que des effets secondaires, ce n'est pas pour cela qu'on la prescrit, l'intention n'est pas la même. c'est quand même l'intention qui prime non?
Dans le cas de l'avortement, non !
Dès qu'un médicament amène l'avortement, il est à éradiquer des ordonnances.

Car comme le dit SS. Paul VI ci-dessus, l'intention ne suffit pas. Un effet secondaire est un effet à part entière.

Enfin, dans le cas de la pilule micro-dosée, l'empêchement de la nidation n'est pas un effet secondaire. C'est justement parce qu'elle est micro-dosée en hormone que d'autres effets ont été ajoutés.