Re: Nous sommes en guerre
Publié : lun. 16 nov. 2015, 20:55
Un bon article lu sur le sujet :
http://www.ledevoir.com/international/e ... clausewitz«[...] Comme un boomerang, la guerre que nous menons au Proche-Orient nous rejoint, chez nous, avec une violence qui devrait nous réveiller. Penserons-nous à apporter une autre réponse — diplomatique, politique, éthique — ou nous laisserons-nous encore une fois gagner par l’hybris de la toute-puissance de nos armements ?
Il nous faut une pause pour penser, un recul pour nous réorienter. Au temps d’aujourd’hui qui est dominé par des guerres asymétriques menées à l’échelle du monde, on ne peut que s’attendre, hélas, à la multiplication d’événements meurtriers visant des civils — 80 % des morts sont des civils dans les guerres d’aujourd’hui — et ayant lieu aussi dans nos propres pays.
[...]
L’industrie des armes
Parlant de l’industrie des armes, je crois opportun de reprendre ici une note figurant dans mon livre Généalogie de la violence : « Sous la présidence socialiste de François Hollande, le secteur économique qui a connu la plus grande croissance est celui de l’industrie des armes. Les entreprises d’armement ont contribué en moyenne à 24 % du total des exportations françaises sur la période allant de 2010 à 2013. Selon les chiffres présentés par le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian, les commandes nouvelles d’armements à l’exportation ont grimpé de 43 % en 2013, pour atteindre 6,87 milliards d’euros. [...]»
Le terrorisme contemporain est un vrai piège pour la pensée, pour celle des leaders politiques comme pour celle de la population en général.
Espérons que la sidération qui est la nôtre au lendemain des massacres de Paris, de Beyrouth, d’Ankara, de Tunis et de Bagdad ne nous empêchera pas de nous poser les bonnes questions en débusquant les enjeux idéologiques, économiques, politiques et éthiques qui se cachent derrière « nos procédures de construction de l’ennemi», nos interventions de police à travers le monde et notre industrie des armements. Penser d’une manière autocritique devrait être notre premier acte de résistance.»
- Gilles Bibeau, Professeur émérite, Université de Montréal
