Bonjour Suliko,
Tout le monde n'est pas d'accord sur la définition du mot terrorisme. Qu'un civil en vienne à tuer par empoisonnement des jihadistes ayant envahi son territoire et pris le pouvoir, au mépris de tout droit, ne me semble pas du terrorisme, mais un acte de résistance.
Un accord de définition reste difficile à obtenir ? Sans doute. Oui, parce que le mot renverrait à des cas de figures dissemblables.
J'ai pensé utilisé le terme «quand même» au sens où un individu isolé souhaite se livrer à une activité meurtrière, dans le but d'effrayer un ennemi déclaré d'un côté, pour faire en sorte que ce dernier soit moins tranquille, le premier restant lui-même dans l'anonymat. J'ai songé à une manière violente de faire connaître le refus de certains d'accepter l'ordre qu'un plus fort aura installé sur place, ou voudrait maintenir à son gré.
Je revisite mon petit
Que sais-je ? Je souhaite le faire ici après votre remarque utile, pour l'édification commune et pour moi-même qui ne possède pas la science infuse.
Voici :
Une nouvelle forme de guerre : le terrorisme
«L'idée que le terrorisme appartient plus à la catégorie des conflits armés qu'à celle des troubles à l'ordre publique à traitement policier dérange généralement ceux qui ont de la guerre une conception figée, ahistorique. Affirmer que le terrorisme est une nouvelle forme de guerre n'est choquant que si l'on conserve à l'esprit que l'image de la guerre classique faite de champs de batailles. [...]
«Les lois de la guerre ne sauraient être éternelles» (Léon Trotski), et «La guerre est un caméléon» (Raymond Aron).
La guerre conventionnelle est un phénomène de violence collective, méthodique, organisée, limitée dans le temps et l'espace, soumis à des règles juridiques particulières (droit formel et coutumier). La guerre classique a un début et une fin nettement visibles et l'ennemi est clairement identifié. En ce sens, la guerre classique est un contrat au dénouement sanglant (Gaston Bouthoul). Par opposition, la violence terroriste est ponctuelle et non déclarée.
[...]
La guerre classique se déroule selon des processus repérables et visibles, là où le terrorisme se veut invisible et imprévisible : pas de stricte limitation dans le temps et l'espace, tout est champ de bataille (bus, magasin ...); pas d'uniformes ni de cibles tabous. C'est une guerre inavouée, non déclarée, qui ne dit pas son nom.
Un connaisseur, le Brésilien Carlos Marighella, écrit en 1969 dans son Petit manuel du guerillero urbain que le terrorisme n'est pas une action guerrière différente des autres. Plus que jamais, avec la fin du monde bipolaire, le terrorisme est devenu la guerre. Le terrorisme est une guerre sans front dont les victimes sont principalement civiles. C'est une guerre qui plus qu'une autre dissout la fragile frontière du civil et du militaire.»
Source : Jean-François Gayraud, David Sénat, Le terrorisme, Paris, P.U.F., 2002, coll. «Que sais-je ?», p.42
Dans la préface du livre, on trouve une citation : «La peur est un des symptômes de notre temps» (Ernst Jünger,
Traité du rebelle, 1951)