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Re: Retour en grâce de la confession
Publié : mer. 11 juin 2008, 17:30
par coeurderoy
Bonjour Nicolette,
je ne suis pas tout à fait d'accord avec certaines de vos formulations : j'ai toujours la certitude, lors d'une confession, de rencontrer DIRECTEMENT, Jésus, de recevoir, par les paroles et la main du prêtre, Son encouragement, Sa tendresse, Sa force : une âme fragile et pécheresse ressort toujours fortifiée, plus courageuse. Je n'y vais pas (plus...) pour améliorer mon "moi", mon image de moi-même, ma personnalité mais parce que, crevant littéralement de faim, "incorrigible" (?) récidiviste j'ai besoin de montrer mes plaies au Seul Sauveur. La vertu du Sang du Christ, je m"y frotte" vraiment dans ce sacrement.
Comme Charles de Foucauld s'est jeté au pied de Jésus dans le confessionnal de l'abbé Huvelin, je crois que beaucoup de nos contemporains, forts de tous les témoignages de l'Infinie Miséricorde du Christ, devraient recourir à cette Source de Jouvence sans trop tergiverser, ni "cheminer" : le risque, en cheminant trop longtemps, n'est-il pas d'emprunter trop de méandres autour de son propre nombril au détriment de l'humilité ?
Je crains personnellement les dérives issues de la psychanalyse sur ce Sacrement qui est l'un des joyaux de notre Foi.
Bien cordialement, in Christo
Re: Retour en grâce de la confession
Publié : mer. 11 juin 2008, 21:52
par Nicolette
Bonjour coeur de roi,
J'aime ce que tu dis, tu as vraiment un coeur de roi et je crois vraiment que notre désaccord est dans la compréhension des mots. Le terme cheminer peut prendre beaucoup de voies n'est-ce pas? Sur le chemin de Jésus, nous cheminons encore; toi qui prône l'humilité, viendrais-tu me dire que tu es rendu déjà? Jésus qui connais bien nos limites n'est-ce pas, et elles ont nombreuses tu en conviens, nous guide vers Lui toujours de plus en plus à mesure de notre pauvre humanité, à mesure de nos écueils et de nos recommencements, cela pour moi c'est aussi cheminer: essayer d'aimer, me tromper et repartir....avoir des difficultés, pécher et revenir comme le fils prodigue...
Comme toi je reconnais les bienfaits et la force du sacrement du Pardon reçu à travers le prêtre par Jésus Lui même. Mais tu sais aussi bien que moi que beaucoup de personnes actuellement ont à retrouver le véritable sens du sacrement de la Miséricorde divine. Je n'aime pas exclure dans mon langage ces personnes qui ont plus de difficultés que nous peut-être à saisir toutes les grâces qui y sont attachées.
Nous sommes incarnés comme humains dans des situations souvent très différentes et nous subissons souvent des blessures qui nous font peur, qui nous découragent ou qui nous induisent dans des chemins difficiles, il faut comprendre tout cela.
Ne penses-tu pas que Jésus qui a accueilli autant la prostituée que la femme de Samarie que Mathieu ou Pierre ou Jean peut rester accroché à l'obligation d'un sacrement pour venir en aide et accueillir aujourd'hui la personne qui se sent loin de l'Église pour toutes sortes de raisons que nous n'avons pas à juger?
Je laisse toujours place dans ma parole et dans mon coeur pour toutes ces personnes blessées par la vie ou mal guidée peut-être aussi et qui empruntent d'autres chemins moins conventionnels pour aller à Dieu. Cette compassion est celle de la parabole du "Bon Samaritain" qui était étranger et qui s'est penché sur les blessures de son prochain: se faire proche et aimer comme Jésus, par Lui, avec son coeur à Lui. C'est la grâce que je nous souhaite à tous.
Nicole

Re: Retour en grâce de la confession
Publié : jeu. 12 juin 2008, 11:09
par coeurderoy
Bonjour Nicolette et merci pour ta réponse,
Je comprends qu'il entre dans ton approche de ce sacrement infiniment de compassion envers nos frères et soeurs les plus blessés par la vie. Nous avons tous besoin de consolation, pardon, encouragements . Je ne fais aucune distinction pour ma part entre tel ou tel pécheur : si beaucoup se sentent "exclus" et peu dignes d'approcher de ce sacrement ou de l'eucharistie c'est qu'il en est donné trop souvent une image caricaturale
(par les médias, par notre attitude aussi). Je crains simplement que ne pas y conduire "prioritairement" les plus blessés, vils, pécheurs, comme on voudra, est sans doute une erreur : c'est avant tout un sacrement d'Amour et les âmes ne s'y trompent pas. Poser son coeur contre Celui du Christ, nous y aspirons tous, alors si nous aimons en toute Charité notre prochain le plus blessé, nous ne pouvons que lui souhaiter cette joie et cette paix. En minimisant l'importance du sacrement avec tout ce qui l'accompagne
(exhortations du prêtre, grâce de discernement, vertu de force), on ne raccourcit pas
le chemin de la sainteté auquel Jésus nous appelle. Jésus n'a-t-il pas marqué sa prédilection ici-bas pour les plus blessés ? Son Sang Précieux ne doit-il laver que les petits péchés des gens pieux, ceux qui sont arrivés trop tard à la Messe ou ont critiqué "Monsieur le Curé" lors de la kermesse paroissiale ?
Je comprends ton tact, ta sollicitude envers le prochain Nicolette, mais puisque tu évoquais ce "chemin", le sacrement de réconciliation (qui pour moi reste souvent...une vraie pénitence) est tout-de-même un sacré raccourci vers le Ciel non ?
A chaque péché mortel nous coupons la corde qui nous relie au Ciel, à chaque confession
le Seigneur fait un noeud : résultat la corde est plus courte !
Et pour l'humilité, non je ne crois pas être meilleur que tel ou telle en ce domaine, mais je constate que le recul de beaucoup de catholiques devant la confession a sa source (outre la peur) dans l'orgueil et la méfiance envers l'Eglise et ses serviteurs.
Bien cordialement,
Coeurderoy

Re: Retour en grâce de la confession
Publié : jeu. 12 juin 2008, 13:35
par Nicolette
Je souhaite de tout mon coeur que tous entendent le sacrement de la réconciliation comme tu le vois cher coerderoy.[
Nicole

Re: Retour en grâce de la confession
Publié : dim. 06 juil. 2008, 17:44
par MichelG
bonjour chers soeurs et frères,
se confesser ... certes ... mais où?
Hors des "grandes villes" (et encore) la confession est rarement possible sauf à en faire la demande express à un prêtre ...
déjà pendant les temps de fêtes (les seuls où j'arrive à me confesser), ce n'est pas facile de trouver une église où cet office est rendu (un total de 2h cette année pendant la semaine Sainte dans la grande ville la plus proche où se tient l'évêché) ... pour peu que mes obligations professionnelles m'envoient au loin, je suis dans l'impossibilité de me confesser ... voilà la réalité de notre temps !
bien sur nous avons 2 soirs (pour une petite dizaine d'église) de la semaine sainte une cérémonie pénitentielle, mais pour peu que j'ai à m'occuper d'une réunion de parents (je m'occupe du KT de la paroisse), je suis coincé ...
voici mon témoignage, il vaut ce qu'il vaut, mais je trouve que les prêtres ne sont pas assez ouvert à l'importance du Sacrement de réconciliation ...
avec la centaine d'enfants du KT dont j'ai la charge, je m'efforce de leur "amener" 1 prêtre une fois par an lors d'un Temps Fort pour qu'il puissent se confesser ... j'ai des résistances non pas des parents mais de certains prêtres qui ont essayé (vainement) de m'imposer de recueillir les aveux des enfants, tant cette tâche leur semblait fastidieuse et "inutile"
Prions pour nos Prêtres, ils en ont besoin !

Re: Retour en grâce de la confession
Publié : dim. 06 juil. 2008, 17:58
par jean_droit
J'ai pris l'habitude de me confesser chaque mois le premier samedi du mois lors du Rosaire qui a lieu à Notre Dame de Fatima à Paris.
Normalement il y a 8 à 10 prêtres qui confessent.
Sauf samedi dernier où ils étaient 3 et bien des fidèles n'ont pu se confesser.
A Paris il n'y a guère de problème pour se confesser.
A Notre Dame de Paris il y a toujours des prêtres à votre disposition l'après midi à partir de 17h ( je crois ).
Dans les paroisses que je connais on peut se confesser à l'accueil quand ce sont des prêtres qui reçoivent.
En province je ne sais.
J'ai l'impression que certains prêtres de province n'ont pas encore fait leur mue et participent encore de ce mouvement anti-confession d'il y a 10 ou 20 ans. Il faut dire qu'avec des églises sans prêtres difficile de se confesser ....
Re: Retour en grâce de la confession
Publié : dim. 06 juil. 2008, 21:05
par MichelG
mon cher Jean droit,
vous êtes dans le vrai sur les 2 points ... certains prêtres (et pas les plus jeunes) ont une réticence envers la confession ... mais de toutes façons quand il n'existe qu'1 prêtre pour 20 villages, que les églises sont systématiquement fermées par crainte des vols, comment demander aux fidèles de se rendre au confessionnal "quand il y a besoin" alors que même pendant les fêtes chrétiennes ils ne le peuvent pas, à moins d'avoir une forte détermination et une voiture
certes les cérémonies pénitentielles sont destinées à compenser le manque ... mais pour ma part je n'aime pas le caractère impersonnel qui s'en dégage (ce en quoi j'ai certainement tort, car il y a du bon partout

)
Re: Retour en grâce de la confession
Publié : lun. 07 juil. 2008, 7:22
par jean_droit
Michel,
Je me demande si, dans les campagnes, l'obligation d'aller à la messe en voiture n'est pas d'abord une bonne raison pour ne pas y aller.
Qui n'a pas de voiture dans les campagnes ?
S'il s'agit d'aller à l'Intermarché du bourg voisin ne vous inquiétez pas tout le monde saura y aller en voiture et plutôt deux fois qu'une.
Et même pourquoi ne pas aller à la messe en co-voiturage ?
Si on disait plutôt que certaines campagnes sont profondément déchristianisées ...
Je ne connais que très peu le quotidien des prêtres dans les campagnes.
Peut être admettent-ils la situation actuelle et, donc, ne sont guère portés sur la confession.
Peut être aussi leur proximité par rapport aux fidèles est un handicap pour la confession.
Re: Retour en grâce de la confession
Publié : lun. 07 juil. 2008, 8:59
par MichelG
détrompez vous mon cher jean Droit, il est fastidieux d'habiter loin des villes (même de 10 km) quand l'un des conjoints part à la gare la plus proche en voiture pour aller au travail, que l'autre s'occupe des enfants quand il ne travaille pas aussi ... et je ne parle même pas des retraités qui très rapidement ne se déplacent plus du tout.
il est possible, évidemment d'aller exprès "à la ville" pour se confesser, mais avouons le ce n'est pas une sinécure
dans une ville comme Paris, on ne se rend pas compte à quel point le moindre déplacement se calcule si on vit excentré...
il faut une très profonde motivation pour aller "chercher" un prêtre
quand à ces derniers, ils sont totalement débordés .. un ami d'enfance, devenu prêtre à 30 ans, s'est vu confié des villages de campagne ... il en a fait une dépression
prions sans cesse pour nos prêtres, ils en ont besoin

Re: Retour en grâce de la confession
Publié : lun. 07 juil. 2008, 15:17
par jean_droit
Je vais dans 3 mois aller vivre à la campagne et je vous dirai ce qu'il en est.
Aller au bourg distant de 6 kms une fois par semaine ne me dérange pas du tout.
J'en profiterai pour faire mes courses et aller au restaurant.
Mais je me trompe, peut être.
Re: Retour en grâce de la confession
Publié : lun. 07 juil. 2008, 15:20
par jean_droit
Pour en revenir à la confession je pense que ce peut être un handicap pour certains de se confesser à son curé, seul prêtre.
Pour ma part je me confesse à des prêtres qui ne me sont pas familiers.
A la campagne ce doit être un handicap vu le faible nombre de prêtres.
Mais toujours dans ma campagne qui ne va pas "à la ville" une fois par mois pour une raison ou pour une autre ?
Re: Retour en grâce de la confession
Publié : lun. 07 juil. 2008, 16:29
par Arzur
jean_droit a écrit :Aller au bourg distant de 6 kms une fois par semaine ne me dérange pas du tout.
Si c'est pour recevoir le sacrement de la réconciliation, je crains que c'est votre curé à qui cela va dérangé ...
Il est vraiment compliqué de recevoir ce sacrement en campagne ... Il faut prendre rendez-vous avec un prêtre. Quand on est timide, cela n'est pas évident

Surtout quand ce même prêtre massacre la liturgie catholique ...
Actuellement avec le nombre de prêtres qui est élevé dans nos diocèses, ils pourraient assurer des permanences fixes, même dans nos compagnes.
Par exemple, au niveau d'un doyenné rural, 2 heures de confession assurés par un ou plusieurs prêtres, toujours au même horaire (sauf pour les grandes fêtes) et dans le même lieu (église ou chapelle). Pas forcement le même prêtre toute les semaines, les prêtres du doyenné peuvent se relayer.
Cela se fait en ville, mais cela peut (encore) se faire à la campagne ! Un prêtre à la "retraite" peut très bien assurer un ministère de confesseur quelques heures par mois.
Il faut que les prêtres recentrent leurs activités sur l'essentielle, c'est à dire pour eux une vie de prière (Ne pas oublier le bréviaire) et aux niveau pastoral la messe et la confession.
Au niveau logistique et pratique, les laïcs peuvent (doivent) aider les prêtres, notamment pour la gestion des paroisses.
Deus Caritas Est
Arzur
Re: Retour en grâce de la confession
Publié : lun. 07 juil. 2008, 16:59
par jean_droit
Arzur,
Les curés peuvent, comme vous le dites, s'organiser.
Je ne sais ce qu'il en est dans ma Dordogne.
J'ai bien peur que dans les campagnes il faille redéployer toute une pastorale pour la confession.
Même à Paris il est assez rare que les curés parlent de la confession et de sa nécessité.
Vous savez bien combien je "râle" au sujet de l'insignifiance de la pluspart des sermons où on ne dit rien si ce n'est anoner l'Evangile.
Pourtant l'avant messe, l'après messe et le sermon sont des moments privilègiés pour aborder les grands sujets ... qui fâchent dont la confession.
Je me suis demandé, d'autre part, si cela avait été une bonne décision de supprimer l'utilisation des confessionaux. Restrospectivement j'en doute.
Re: Retour en grâce de la confession
Publié : lun. 07 juil. 2008, 20:08
par MichelG
Actuellement avec le nombre de prêtres qui est élevé dans nos diocèses, ils pourraient assurer des permanences fixes, même dans nos compagnes.
si vous en avez en trop, donnez les nous !
non sérieusement, il manque effectivement de prêtres pour tout, y compris pour la confession ...
déléguer aux laïcs, c'est indispensable, mais les évêques obligent les prêtres à avoir un oeil sur tout pour que l'organisation de l'Eglise reste du domaine des religieux et non pas delui des laïcs ... cela leur donne beaucoup de travail et leurs journées sont longues

Re: Retour en grâce de la confession
Publié : lun. 07 juil. 2008, 20:29
par jean_droit
J'aimerais savoir pourquoi les évêques n'appelent pas plus souvent et d'une façon coordonnée les différentes communautés.
Il faut attendre que l'évêché soit en état de cessation de prêtres pour se décider à faire appel ... à la communauté Saint Martin, par exemple ( cf message d'Arzur ).
Si les évêques veulent des prêtres je sais où les trouver ... mais, bien sûr, ces prêtres risquent de n'être pas de tout repos.
L'Eglise doit elle être de tout repos ?
Ceci étant dit je suis tout à fait contre le remplacement des prêtres par des laïcs pour des missions religieuses.