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Re: Ce que Je suis, tu l'es ?
Publié : lun. 16 mars 2015, 19:57
par vive jesus !
Il me semble que "déification" n’apparaît pas dans le catéchisme de l’Église catholique romaine...
Si quelqu'un trouve le paragraphe qui en parle, je suis preneur...
Re: Ce que Je suis, tu l'es ?
Publié : lun. 16 mars 2015, 20:36
par Héraclius
vive jesus ! a écrit :Il me semble que "déification" n’apparaît pas dans le catéchisme de l’Église catholique romaine...
Si quelqu'un trouve le paragraphe qui en parle, je suis preneur...
Il n'y apparaît probablement pas, l'Occident chrétien lui préférant le terme de "sanctification" qui est au demeurant synonyme.
Je n'ai trouvé que cela sur le péché originel :
398 Dans ce péché, l’homme s’est préféré lui-même à Dieu, et par là même, il a méprisé Dieu : il a fait choix de soi-même contre Dieu, contre les exigences de son état de créature et dès lors contre son propre bien.
Constitué dans un état de sainteté, l’homme était destiné à être pleinement " divinisé " par Dieu dans la gloire. Par la séduction du diable, il a voulu " être comme Dieu " (cf. Gn 3, 5), mais " sans Dieu, et avant Dieu, et non pas selon Dieu " (S. Maxime le Confesseur, ambig. : PG 91, 1156C).
Un petit lien intéréssant :
http://news.catholique.org/53847-theios ... vinisation
Re: Ce que Je suis, tu l'es ?
Publié : lun. 16 mars 2015, 21:31
par vive jesus !
Dire que sanctification = déification me semble erroné.
Il faut regarder la question des énergies divines parce que c'est évidemment lié (thème également absent du CEC).
https://www.youtube.com/watch?v=otUNkyV-I0g
si vous lisez l'anglais :
http://www.orthodoxchristianity.net/for ... ic=31361.0
Re: Ce que Je suis, tu l'es ?
Publié : lun. 16 mars 2015, 21:45
par PaxetBonum
sil20 a écrit :« Car si quelqu’un estime être quelque chose alors qu’il n’est rien, il se fait illusion. »
Galates, 6, 3
Galate 6,3 ne peut se lire sans Galate 6,1 et 6,2.
Les 2 premiers versets montre l'homme face au péché de l'autre, puis les hommes unis pour lutter conjointement contre le péché. Le 3ème verset parle de l'homme qui se croirait meilleur que les autres (sans péché) : il se trompe assurément.
Le 3ème verset dit en fait que celui qui se croit sans péché (comme Dieu) se fait illusion…
sil20 a écrit :
Enfin, pour répondre rapidement à PaxetBonum et Christophe67,
"Moi j'ai dit, des dieux vous êtes" signifie "des dieux vous êtes", c'est à dire qu'une fois l'ego non-mûr calmé, il ne reste rien que Dieu.
Il semble que la traduction du Psaume donne une interrogation et non une affirmation. (cf supra)
Re: Ce que Je suis, tu l'es ?
Publié : lun. 16 mars 2015, 22:17
par Héraclius
Certes, ce n'est pas tout à fait synonyme. On pourrait dire que c'est une approche d'un même problème sur deux angles différents.
La question des énergies est en effet liée mais c'est un développement orthodoxe postérieur au schisme, donc pas un enseignement catholique.
Re: Ce que Je suis, tu l'es ?
Publié : lun. 16 mars 2015, 22:27
par sil20
Héraclius a écrit :
Je n'ai trouvé que cela sur le péché originel :
398 Dans ce péché, l’homme s’est préféré lui-même à Dieu, et par là même, il a méprisé Dieu : il a fait choix de soi-même contre Dieu...
Voilà ce que j'entends par péché originel : la croyance selon laquelle l'ego humain est notre identité propre.
Q. : « La violence est-elle un très grand péché ?
R. : le grand pécheur est celui qui considère son propre corps comme son moi réel. »
Re: Ce que Je suis, tu l'es ?
Publié : lun. 16 mars 2015, 22:33
par vive jesus !
Si j'en juge par l'expérience de Sisoes le Grand, en voilà un qui témoigne de cette transfiguration (bien avant le schisme) et récepteur de ces énergies dont nous parlons.
Là où nous serons d'accord, c'est que nous avons deux théologies bien différentes.
Par extension, la théologie des énergies influence la vénération des reliques (dépouille, restes) et oriente vers le refus de la crémation... les conséquences sont bien concrètes.
Re: Ce que Je suis, tu l'es ?
Publié : mar. 17 mars 2015, 23:22
par sil20
À propos de mon dernier message, ci-dessus, peut-être n'ai-je pas été clair.
J'accepte entièrement la déclaration :
398 Dans ce péché, l’homme s’est préféré lui-même à Dieu, et par là même, il a méprisé Dieu : il a fait choix de soi-même contre Dieu...
En effet, vu d'ici, cela constitue le péché originel.
Et tant qu'on préfère nous concevoir comme être humain, même pécheur, on reste dans le péché originel, puisque en réalité, notre identité égotique n'est rien.
« Car si quelqu’un estime être quelque chose alors qu’il n’est rien, il se fait illusion. »
Galates, 6, 3
Re: Ce que Je suis, tu l'es ?
Publié : jeu. 19 mars 2015, 10:13
par PaxetBonum
sil20 a écrit :
Et tant qu'on préfère nous concevoir comme être humain, même pécheur, on reste dans le péché originel, puisque en réalité, notre identité égotique n'est rien.
« Car si quelqu’un estime être quelque chose alors qu’il n’est rien, il se fait illusion. »
Galates, 6, 3
Il faut lire Galate 6,3 avec Galate 6,1 et Galate 6,2.
Vous verrez qu'il s'agit là d'un homme qui se croit quelque chose car moins pécheur que les autres ; il se fait illusion car il n'est rien.
Re: Ce que Je suis, tu l'es ?
Publié : jeu. 19 mars 2015, 16:34
par sil20
Bonjour
Prenons Galates, 6,1 à 6,5 (Bible de Jérusalem) :
Ga 6,1 Frères, même dans le cas où quelqu'un serait pris en faute, vous les spirituels, rétablissez-le en esprit de douceur, te surveillant toi-même, car tu pourrais bien toi aussi être tenté.
Ga 6,2 Portez les fardeaux les uns des autres et accomplissez ainsi la Loi du Christ.
Ga 6,3 Car si quelqu'un estime être quelque chose alors qu'il n'est rien, il se fait illusion.
Ga 6,4 Que chacun examine sa propre conduite et alors il trouvera en soi seul et non dans les autres l'occasion de se glorifier ;
Ga 6,5 car tout homme devra porter sa charge personnelle.
Vu d'ici, il est utile de prendre ces cinq versets pour retenir que derrière le personnage que chacun interprète, il n'y a rien, ... sauf le trésor intérieur, l'occasion de se glorifier, qui n'est pas nommé ici mais que Jésus nomme le Royaume des Cieux. Attention ! Il ne s'agit surtout pas de l'ego qui, lui, n'est rien.
Merci de commenter cette lecture si elle vous semble erronée.
Re: Ce que Je suis, tu l'es ?
Publié : ven. 20 mars 2015, 9:18
par PaxetBonum
sil20 a écrit :
Vu d'ici, il est utile de prendre ces cinq versets pour retenir que derrière le personnage que chacun interprète, il n'y a rien, ... sauf le trésor intérieur, l'occasion de se glorifier, qui n'est pas nommé ici mais que Jésus nomme le Royaume des Cieux. Attention ! Il ne s'agit surtout pas de l'ego qui, lui, n'est rien.
Je ne comprends pas votre 'il n'y a rien'.
Ce texte parle du péché et des pécheurs. Il parle de l'admonition du pécheur pour qu'il ne poursuive pas dans son chemin de perdition. Ensuite de la communauté des chrétiens (pécheurs) qui doivent se soutenir. De celui qui s'égarerait en pensant être meilleur que les autres, etc...
L'occasion de se glorifier est claire ici : "Que chacun examine sa propre conduite et alors il trouvera en soi seul et non dans les autres l'occasion de se glorifier ; car tout homme devra porter sa charge personnelle."
Ne pas chercher sa gloire des autres mais de sa relation réelle avec Dieu : "Absit mihi gloriari, nisi in cruçe Domini nostri Jesu Christi" (loin de moi la pensée de me glorifier d'autre chose que de la croix de notre Seigneur Jésus-Christ).
Tout ce passage parle de l'examen de conscience en toute humilité.
Re: Ce que Je suis, tu l'es ?
Publié : ven. 20 mars 2015, 17:31
par Libremax
vive jesus ! a écrit :Dire que sanctification = déification me semble erroné.
Bonjour,
le CEC ne parle pas de "déification" ; la théologie catholique parle en revanche plutôt de "divinisation". C'est un terme qu'évite le CEC, sans doute parce qu'il pourrait être mal compris.
Cependant, il est très explicite sur la question :
460 Le Verbe s’est fait chair pour nous rendre " participants de la nature divine " (2 P 1, 4) : " Car telle est la raison pour laquelle le Verbe s’est fait homme, et le Fils de Dieu, Fils de l’homme : c’est pour que l’homme, en entrant en communion avec le Verbe et en recevant ainsi la filiation divine, devienne fils de Dieu " (S. Irénée, hær. 3, 19, 1). " Car le Fils de Dieu s’est fait homme pour nous faire Dieu " (S. Athanase, inc. 54, 3 : PG 25, 192B). " Le Fils unique de Dieu, voulant que nous participions à sa divinité, assuma notre nature, afin que Lui, fait homme, fit les hommes Dieu " (S. Thomas d’A., opusc. 57 in festo Corp. Chr. 1).
Le Fils de l'homme veut "nous faire Dieu".
Re: Ce que Je suis, tu l'es ?
Publié : ven. 20 mars 2015, 18:10
par Libremax
sil20 a écrit :Permettez-moi de présenter simplement cette citation du chrétien Arnaud Desjardins comme réponse :
« En tant qu’ego, individualité, être non régénéré vous n’êtes pas Dieu. Et pourtant vous êtes Dieu, vous êtes l’Absolu … « Et toi aussi, tu es Cela ». Certains de vous pensent peut-être : « Mais c’est un blasphème que de dire : « je suis Dieu. » Non, le blasphème luciférien, c’est d’oser dire : « je ne suis pas Dieu, je suis autre que Dieu, il y a Dieu et moi, » Monstrueuse affirmation d’indépendance et d’autonomie, prétention à posséder l’être en soi-même. Il y a beaucoup moins d’égoïsme et d’orgueil à se dénier toute existence autre que l’Unique Réalité qu’à se considérer comme un être, même pécheur, humilié et plein de remords, existant par soi-même. »
Les chemins de la sagesse : tome 1, p. 29-30.
Veuillez commenter s.v.p.
Il me semble que ce texte n'est pas totalement irrecevable pour un chrétien catholique : dans la théologie catholique, l'homme dépend totalement, pour ne pas dire intrinsèquement, du bon vouloir du Créateur, qui lui donne d'exister à chaque instant. Dieu nous donne notre environnement, mais aussi notre corps, nos facultés : au fond, tout ce que nous sommes, jusqu'au tréfonds de notre identité, est dû à Dieu et trouve sa source en Dieu.
Bien sûr, la foi catholique pose que, en créant, Dieu place un abîme infranchissable entre Lui et ce qu'Il a créé. Et pourtant, c'est un abîme qui n'est infranchissable que pour le créé, et encore : c'est un abîme que nous sommes appelés à ne jamais finir de franchir, parce que Dieu nous appelle à vivre de Sa vie : c'est ça, la "divinisation" : elle n'a pas vocation à être terminée un jour. Ça, c'est la tentation du serpent de l'Eden.
Re: Ce que Je suis, tu l'es ?
Publié : mer. 25 mars 2015, 0:56
par sil20
PaxetBonum a écrit :
Je ne comprends pas votre 'il n'y a rien'.
C'est simplement ce que mentionne ce verset :
« Car si quelqu’un estime être quelque chose alors qu’il n’est rien, il se fait illusion. »
Galates, 6, 3
Croyez-vous que ce n'est que de la poésie ?
PaxetBonum a écrit :
Ce texte parle du péché et des pécheurs.
Être pécheur, n'est-ce pas être quelque chose ?
Re: Ce que Je suis, tu l'es ?
Publié : mer. 25 mars 2015, 8:50
par PaxetBonum
sil20 a écrit :PaxetBonum a écrit :
Je ne comprends pas votre 'il n'y a rien'.
C'est simplement ce que mentionne ce verset :
« Car si quelqu’un estime être quelque chose alors qu’il n’est rien, il se fait illusion. »
Galates, 6, 3
Être pécheur, n'est-ce pas être quelque chose ?
Le texte ne dit pas "il n'y a rien", il dit 'il n'est rien' (celui qui se croit moins pécheur que les autres).
Je ne comprends pas votre entêtement à couper Galate 6,3 des 2 versets précédent ou suivant.
Il est clair que 6,3 parle de quelqu'un qui s'estimerait moins pécheur que les autres et se sentirait ainsi comme supérieur.
Et bien qu'il sache que c'est faux : il n'est pas plus que les autres, il se fait illusion à le croire, il est pécheur comme les autres…
D'ailleurs 6,4 le confirme : "Que chacun examine ses propres oeuvres, et alors il aura sujet de se glorifier pour lui seul, et non par rapport à autrui; car chacun portera son propre fardeau."