Sheyrine a écrit :
Il m'a dit que pour lui, les relations sexuelles étaient importantes dans un couple et qu'il savait que j'étais la femme de sa vie. La seule chose pour laquelle il voulait partir et était en colère, c'est parce qu'il voyait que je ne l'aimais plus... Il s'est ensuite mis à pleurer de nouveau... je l'ai pris dans mes bras... et j'ai cédé...

: Je suis bien quand je suis avec lui... les relations
sexuelles sont le seul point noir (1).
Je lui ai dit que si un jour nous avons des enfants ils seront chrétiens... Il a accepté
(2). Il croit en Dieu, mais n'a aucune religion. Il m'a d'ailleurs dit qu'il pouvait évoluer sur ce point là. Il sait à quel point la religion est importante pour moi. Il a également ajouté que si parfois
il m'accompagnait à l'église c'était pour s'ouvrir et découvrir (2). Il m'a même avoué avoir fait des recherches sur comment ça devait se passer pour lui s'il se mariait à l'église
(2).
Une vie qui me fait rêver... Vivre avec lui, donc changer de région et également l'opportunité de faire évoluer ma carrière puisque je reprendrai les cours dans une école de Paris. J'ai beau prier chaque jours, je ne trouve pas la force ni les réponses à mes questions... Je n'ai pas envie de passer à côté de la vie qu'on pourrait vivre tous les deux.
(3).
Je suis tellement
honteuse et angoissée mais surtout perdue
(4)...
Chère Sheyrine.
De multiples conseils vous ont été donnés. Je ne sais pas si vous pouvez vous y retrouver, car, en gros, tout et son contraire vous a été conseillé.
Mais c'est cela la vie chrétienne : c'est une vie de liberté et de responsabilité individuelle où chacun fait ses choix librement après avoir réfléchi aux différentes possibilités qui s'ouvrent devant lui. Dans les conseils plus hauts, vous voyez argumenté à peu près tous les chemins possibles, dans la situation qui est la vôtre. A vous donc de choisir, mais de choisir en vous centrant sur le Christ !
Cela suppose d'être adulte, d'avoir de la maturité. Je me suis permis de regarder un peu les messages que vous aviez posté auparavant pour faire un peu connaissance avec vous. Vous me semblez avoir été une enfant qui n'a pas eu beaucoup de chance et vous donnez envie de vous offrir nos conseils (paternels et aussi maternels), dont il est bien possible que vous ayez manqué.
Alors, je vais me permettre deux ou trois petits conseils parentaux :
1/ Il y a dans votre message un point qui me fait mal au cœur : c'est ce besoin que vous avez de vous déculpabiliser de votre péché contre la pureté en traitant la sexualité avec mépris. Cela va plus loin... vous donnez l'impression de vouloir
pourrir ce beau moment d'intimité, de gâcher exprès votre plaisir et de refuser que votre ami éprouve du plaisir sans remord, sans colère et sans frustration ! Tout cela n'est pas très sain, mais ce n'est pas non plus saint d'ailleurs. Si vous me permettez ce jeu de mot.
Je vous laisse méditer un texte de la Genèse. C'est à la première page de la Bible :«
Dieu créa l'homme à son image, à l'image de Dieu, il le créa, homme et femme il les créa. Dieu les bénit et leur dit : « Soyez féconds et multipliez, emplissez la terre et soumettez-là... Dieu vit tout ce qu'il avait fait : cela était très bon. » (Genèse 1, 26-31).
Que croyez vous que Dieu ait trouvé de
très bon, quand Il crée l'humanité :
homme et femme ? Si vous pensez que c'était d'imaginer le couple humain en train de regarder le journal de 20 heures, chacun dans son fauteuil et en se partageant la zappette sans se chamailler, vous vous trompez !
Ce texte est une reconnaissance de la sexualité, et Dieu trouve cela très bon. (1).
Comme quelqu'un a fait remarquer plus haut, maintenant que vous êtes amants, vous ne pourrez pas revenir en arrière. Vous allez vivre en concubinage jusqu'à votre mariage... Ce n'est pas idéal, mais c'est ainsi. La vie chrétienne est une vie réelle, vécue par des gens normaux, pécheurs et médiocres, et Dieu le sait. Confessez-vous deux-trois jours avant votre mariage religieux, et abstenez vous de relation sexuelle pendant ces seuls deux-trois jours. Et si vous vous sentez coupable, la juste façon de montrer votre fidélité au Christ est de vous abstenir de communier. Présentez-vous à l'Eucharistie les bras croisés sur la poitrine, vous adorerez l’Eucharistie de tout près, recevrez une croix sur le front et resterez fidèle au Christ et à l'Eglise. Mais dans la mesure où vous vivez la sexualité avec votre ami, par pitié, arrêtez de vous faire l'amour en vous engueulant ! C'est sordide. L'amour physique n'est pas un pugilat, c'est un moment de douceur, de bonté, de plaisir, de communion, d'attention à l'autre, de joie,... et même parfois de franche rigolade, mais de scènes de ménage, non !
(1).
2 / A ce sujet, mes propos ne sont pas aussi relativistes qu'ils le paraissent. Je vous donne donc un second texte. Cette fois, c'est Jésus qui parle " Je suis le chemin, la Vérité et la vie, nul ne vient au Père que par moi ! "
La vie chrétienne n'est pas la soumission sans réflexion à une liste d'interdits. C'est une construction intérieure que l'on accomplit en suivant et en imitant le Christ.
Cette vie chrétienne est un chemin. Ce n'est pas moi qui le dit mais Jésus-Christ. C'est donc
quelque chose de dynamique.
Ce qui compte c'est d'avancer. Un grand saint qui s'arrêterait en disant : "
maintenant je suis bien saint, toutes les cases sont cochées, je fais tout bien, donc j'arrête de rechercher comment suivre Jésus, je suis arrivé," celui-là n'est plus en chemin, il n'est plus en Jésus.
Un païen, profanateur, pécheur, apostat, tout ce que vous pouvez imaginez qui, d'un seul coup, croit en Jésus et aspire à le suivre, le seul petit pas qu'il fait vers ce choix, même si sa sainteté vous parait défectueuse, suffit pour le
mettre en chemin et à le faire
être avec Jésus.
Ce qui compte c'est donc d'être en chemin.... et en chemin à partir de notre réalité humaine imparfaite.
Vous avez tout de même la chance de vous être trouvé un possible futur mari, qui vous aime et que vous aimez. Savez-vous que vous avez de la chance ? Cette relation n'est pas
Premier prix au concours du bigot, mais c'est votre relation amoureuse à vous et vous êtes fille de Dieu.
Mettez vous en chemin.
Discernez si cet homme est le bon.
Avancez pas à pas, à votre rythme.
Je parlais plus haut de déjà célébrer les noces. Effectivement, peut-être est-ce prématuré, je n'en sais rien. Réfléchissez.
3/ L'Eglise et ses sacrements.
C'est le dernier point que je voulais partager avec vous (exactement comme je l'aurais fait à un de mes enfants dans la même situation).
Au lieu de voir le mariage catholique comme un cadre contraignant et punitif, soyez positive. L'Eglise vous donne la possibilité, au travers de ce sacrement, de conquérir une liberté à laquelle vous n'avez pas songé. Pour l'instant, aux yeux de l'Eglise, vous n'êtes pas mariée et donc pas engagée avec ce jeune homme. Vous pouvez donc tout à fait le quitter, si vous jugez que ce n'est pas le bon. Avant de nous engager dans un sacrement, on réfléchit. On pèse le pour et le contre
(3).. On s'imagine avec des enfants, c'est formidable ! Mais qui descendra les poubelles ? Et qui ramassera les chaussettes sales ? Qui les conduira au foot et qui sera présent pour la catéchèse ? Quand on sera vieux, qui soignera l'autre, qui acceptera que l'un soit diminué puis malade avant l'autre? Bref, cette préparation au sacrement est un moment où on réfléchit à l'avenir, on se projette en avant par l'imagination. Bien sûr, l'avenir sera toujours une surprise, mais on prend le temps de réfléchir sans se sentir envahi et dirigé uniquement par nos pulsions sexuelles.
(3).
Ce
sacrement du mariage est donc un grand cadeau : il ne faut pas le dévaluer en le pratiquant comme un automatisme. C'est l'aboutissement d'un exercice de discernement, c'est un choix éclairé par la
Parole du Christ.
Mais dites-moi ! Votre ami a l'air d'être intéressé par la foi catholique.... lui aussi ne serait-il pas en chemin, tout non-baptisé qu'il est ???? (2).
Allez Sheyrine ! Soyez un peu heureuse au lieu de vous tourmenter. J'ai l'impression que vous n'avez pas été assez souvent heureuse dans votre vie et que vous n'avez jamais appris que vous aviez le droit de l'être (4).
Ne faites pas l'injure à Dieu de croire qu'Il vous veut malheureuse; c'est aussi en pensant à vous qu'Il a inspiré aux auteurs de la Genèse cette phrase admirable :
«
Dieu créa l'homme à son image, à l'image de Dieu, il le créa, homme et femme il les créa. Dieu les bénit et leur dit : « Soyez féconds et multipliez, emplissez la terre et soumettez-là... Dieu vit tout ce qu'il avait fait : cela était très bon. »
(4).
Surtout, surtout, restez
en chemin, même si ce chemin ne vous parait pas parfait,... c'est bien mieux ainsi. Le jour où vous regarderez votre chemin avec la conviction d'être sainte.... vous le serez moins qu'aujourd'hui....
Restez toujours en chemin, encore et toujours ! Être en chemin est la seule chose qui conduise à la Vérité, et cette vérité est la Vie éternelle et le salut avec le Père.
J'espère que vous allez vous y retrouver dans tous ces conseils. Quand on parle à ses propres enfants, c'est davantage dilué au fil du temps.
Bien amicalement à vous.... et bon courage !
Pierre-Elie