Les chrétiens et la guerre

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Luc
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Re: Question sur la guerre dans le christianisme

Message non lu par Luc »

mr anderson a écrit : Peut-on établir une métaphysique de la guerre dans le Christianisme
Bonjour

Voici un texte que j'ai trouvé dans un de mes livre d'étude sur les Templier au sujet des guerres juste et des guerres sainte.

Référence: Alain Demurger LES TEMPLIER (une chevalerie chrétienne au moyen âge) Page 33

Le christianisme primitif condamne tout guerre, tout violence. Conséquence du péché originel, la guerre, toujour mauvaise et illicite, est une calamité. Très tôt, cependent, un infléchisement de la doctrine se produit: au lieu de s'intéresser à la guerre en général, considérons plutôt les protagonistes. Peut-on condaner celui qui se défend contre un agresseur! La pensée chrétienne se fait plus nuancée et formule la nation de guerre juste. Une guerre dont le but est d'acquérir richesses et honneurs demeure illicite: une guerre dont le but est de maintenir un droit est permise, sous conditions: elle doit être l'ultime recours, quand tous les autres ont échoué, pour rétablir le droit: elle ne peut être engagée que par le prince, par l'autorité publique: cela implique donc une condanation des guerre privées.
Michel Lienhart
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Les chrétiens et la guerre

Message non lu par Michel Lienhart »

JÉSUS a dit à ses disciples: “Je vous donne un commandement nouveau: que vous vous aimiez les uns les autres, et que, comme je vous ai aimés, vous aussi vous vous aimiez les uns les autres.” (Jean 13:34). Les vrais chrétiens peuvent-ils s’aimer ainsi les uns les autres et en même temps s’entretuer à la guerre?

On ne devrait pas être surpris d’apprendre que les premiers chrétiens n’allaient pas à la guerre.

La célèbre Encyclopédie de la religion et de l’éthique (angl.) de James Hastings fait observer: “Dans l’Église primitive, il était généralement reconnu que la guerre était un crime organisé auquel l’Église et les disciples du Christ ne pouvaient participer.”

Les premiers chrétiens vivaient en conformité avec le commandement de Jésus de s’aimer les uns les autres. Le théologien allemand Peter Meinhold a expliqué: “ L’Eglise primitive considérait qu’on ne pouvait être à la fois chrétien et soldat.” Existe-t-il aujourd’hui des personnes qui adoptent la même position que “l’Église primitive”?

Salutations,

Michel Lienhart
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Raistlin
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Re: Les chrétiens et la guerre

Message non lu par Raistlin »

Bonjour,

Que nous devions éviter dans la mesure du possible d'être violent avec nos frères, cela va de soit. Le Christ Lui-même nous le dit lorsqu'Il nous commande de tendre l'autre joue.

Mais si cela peut s'appliquer lorsqu'il s'agit de notre propre vie, qu'en est-il lorsqu'il s'agit de protéger la vie d'un autre ? Par exemple, il est évident que la guerre est un mal mais que penser lorsque des innocents sont attaqués et exterminés ? Devons-nous alors fermer les yeux sous prétexte que la violence n'est pas une solution ?

Pour éclairer notre réflexion, rappelons ce que dit le Catéchisme de l'Eglise catholique à ce sujet :
CEC a écrit :2304 Le respect et la croissance de la vie humaine demandent la paix. La paix n’est pas seulement absence de guerre et elle ne se borne pas à assurer l’équilibre des forces adverses. La paix ne peut s’obtenir sur terre sans la sauvegarde des biens des personnes, la libre communication entre les êtres humains, le respect de la dignité des personnes et des peuples, la pratique assidue de la fraternité. Elle est "tranquillité de l’ordre" (S. Augustin, civ. 10, 13). Elle est œuvre de la justice (cf. Is 32, 17) et effet de la charité (cf. GS 78, §§ 1-2).

2305 La paix terrestre est image et fruit de la paix du Christ, le "Prince de la paix" messianique (Is 9, 5). Par le sang de sa croix, il a "tué la haine dans sa propre chair" (Ep 2, 16 ; cf. Col 1, 20-22), il a réconcilié avec Dieu les hommes et fait de son Église le sacrement de l’unité du genre humain et de son union avec Dieu. "Il est notre paix" (Ep 2, 14). Il déclare "bienheureux les artisans de paix" (Mt 5, 9).

2306 Ceux qui renoncent à l’action violente et sanglante, et recourent pour la sauvegarde des droits de l’homme à des moyens de défense à la portée des plus faibles rendent témoignage à la charité évangélique, pourvu que cela se fasse sans nuire aux droits et obligations des autres hommes et des sociétés. Ils attestent légitimement la gravité des risques physiques et moraux du recours à la violence avec ses ruines et ses morts (cf. GS 78, § 5).

Eviter la guerre

2307 Le cinquième commandement interdit la destruction volontaire de la vie humaine. A cause des maux et des injustices qu’entraîne toute guerre, l’Église presse instamment chacun de prier et d’agir pour que la Bonté divine nous libère de l’antique servitude de la guerre (cf. GS 81, § 4).

2308 Chacun des citoyens et des gouvernants est tenu d’œuvrer pour éviter les guerres.

Aussi longtemps cependant "que le risque de guerre subsistera, qu’il n’y aura pas d’autorité internationale compétente et disposant de forces suffisantes, on ne saurait dénier aux gouvernements, une fois épuisées toutes les possibilités de règlement pacifiques, le droit de légitime défense" (GS 79, § 4).

2309 Il faut considérer avec rigueur les strictes conditions d’une légitime défense par la force militaire. La gravité d’une telle décision la soumet à des conditions rigoureuses de légitimité morale. Il faut à la fois :

– Que le dommage infligé par l’agresseur à la nation ou à la communauté des nations soit durable, grave et certain.

– Que tous les autres moyens d’y mettre fin se soient révélés impraticables ou inefficaces.

– Que soient réunies les conditions sérieuses de succès.

– Que l’emploi des armes n’entraîne pas des maux et des désordres plus graves que le mal à éliminer. La puissance des moyens modernes de destruction pèse très lourdement dans l’appréciation de cette condition.

Ce sont les éléments traditionnels énumérés dans la doctrine dite de la "guerre juste".


L’appréciation de ces conditions de légitimité morale appartient au jugement prudentiel de ceux qui ont la charge du bien commun.

2310 Les pouvoirs publics ont dans ce cas le droit et le devoir d’imposer aux citoyens les obligations nécessaires à la défense nationale.

Ceux qui se vouent au service de la patrie dans la vie militaire, sont des serviteurs de la sécurité et de la liberté des peuples. S’ils s’acquittent correctement de leur tâche, ils concourent vraiment au bien commun de la nation et au maintien de la paix (cf. GS 79, § 5).

2311 Les pouvoirs publics pourvoiront équitablement au cas de ceux qui, pour des motifs de conscience, refusent l’emploi des armes, tout en demeurant tenus de servir sous une autre forme la communauté humaine (cf. GS 79, § 3).

2312 L’Église et la raison humaine déclarent la validité permanente de la loi morale durant les conflits armés. " Ce n’est pas parce que la guerre est malheureusement engagée que tout devient par le fait même licite entre les parties adverses " (GS 79, § 4).

2313 Il faut respecter et traiter avec humanité les non-combattants, les soldats blessés et les prisonniers.

Les actions délibérément contraires au droit des gens et à ses principes universels, comme les ordres qui les commandent, sont des crimes. Une obéissance aveugle ne suffit pas à excuser ceux qui s’y soumettent. Ainsi l’extermination d’un peuple, d’une nation ou d’une minorité ethnique doit être condamnée comme un péché mortel. On est moralement tenu de résister aux ordres qui commandent un génocide.

2314 "Tout acte de guerre qui tend indistinctement à la destruction de villes entières ou de vastes régions avec leurs habitants, est un crime contre Dieu et contre l’homme lui-même, qui doit être condamné fermement et sans hésitation" (GS 80, § 4). Un risque de la guerre moderne est de fournir l’occasion aux détenteurs des armes scientifiques, notamment atomiques, biologiques ou chimiques, de commettre de tels crimes.

2315 L’accumulation des armes apparaît à beaucoup comme une manière paradoxale de détourner de la guerre des adversaires éventuels. Ils y voient le plus efficace des moyens susceptibles d’assurer la paix entre les nations. Ce procédé de dissuasion appelle de sévères réserves morales. La course aux armements n’assure pas la paix. Loin d’éliminer les causes de guerre, elle risque de les aggraver. La dépense de richesses fabuleuses dans la préparation d’armes toujours nouvelles empêche de porter remède aux populations indigentes (PP 53) ; elle entrave le développement des peuples. Le surarmement multiplie les raisons de conflits et augmente le risque de la contagion.

2316 La production et le commerce des armes touchent le bien commun des nations et de la communauté internationale. Dès lors les autorités publiques ont le droit et le devoir de les réglementer. La recherche d’intérêts privés ou collectifs à court terme ne peut légitimer des entreprises qui attisent la violence et les conflits entre les nations, et qui compromettre l’ordre juridique international.

2317 Les injustices, les inégalités excessives d’ordre économique ou sociale, l’envie, la méfiance et l’orgueil qui sévissent entre les hommes et les nations, menacent sans cesse la paix et causent les guerres. Tout ce qui est fait pour vaincre ces désordres contribue à édifier la paix et à éviter la guerre :

Dans la mesure où les hommes sont pécheurs, le danger de guerre menace, et il en sera ainsi jusqu’au retour du Christ. Mais, dans la mesure où, unis dans l’amour, les hommes surmontent le péché, ils surmontent aussi la violence jusqu’à l’accomplissement de cette parole : "Ils forgeront leurs glaives en socs et leurs lances en serpes. On ne lèvera pas le glaive nation contre nation et on n’apprendra plus la guerre" (Is 2, 4) (GS 78, § 6).
Ainsi il existe un concept de "guerre juste", qui nous autorise à défendre les faibles, les opprimés et ceux qui sont injustement agressés.

Cordialement,
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Re: Les chrétiens et la guerre

Message non lu par eric- »

bonsoir , pq alors la parabole de Jesus sur tendre l'autre joue ?
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Raistlin
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Re: Les chrétiens et la guerre

Message non lu par Raistlin »

Bonsoir,

Lorsque votre seule vie est en jeu, le message de Jésus et son exemple invitent en effet au martyre.

Mais avez-vous le droit de laisser des innocents souffrir alors que vous pourriez l'en empêcher ? Je ne crois pas.

Bien sûr, tuer son prochain est toujours horrible. Mais s'il s'agit de sauver une vie innocente et si c'est fait sans haine, je ne pense que ce soit un péché.

Cordialement,
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Re: Les chrétiens et la guerre

Message non lu par eric- »

bonsoir merci pour votre apreciation , pourriez vous developper la signification de votre avatar , sur Blaise Pascal ? car cela est peut etre la providence mais el m'interpelle par rapport a des problemes que j'ai actuellement , merci
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Raistlin
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Re: Les chrétiens et la guerre

Message non lu par Raistlin »

La phrase de Blaise Pascal que j'ai choisi comme signature, est un argument que j'oppose à ceux qui me disent que les apôtres ont forgé l'histoire de la résurrection de Jésus.

En effet, les premiers chrétiens - apôtres compris - ont vécu en martyres. Ils sont morts pour leur foi, là où l'empire romain ne leur demandait même pas de la renier mais seulement de sacrifier également aux idoles.

Bref, je trouve que ça va plutôt dans le sens de l'authenticité du nouveau testament : il s'agit là d'un témoignage pour lequel de nombreux contemporrains de Jésus sont morts.

Cordialement,
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Re: Les chrétiens et la guerre

Message non lu par Olivier JC »

bonsoir , pq alors la parabole de Jesus sur tendre l'autre joue ?
Le meilleur moyen de le savoir, c'est encore de regarder ce que Jésus a fait lorqu'il a l'eu l'occasion de mettre en pratique, c'est-à-dire lorsque le sbire du grand-prêtre lui a mit une gifle...

+
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eric-
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Re: Les chrétiens et la guerre

Message non lu par eric- »

j'ai une bible de Jerusalem , mais retrouver précisément ce passage ;) , peut etre pourrais tu me dire ce qu'il c'est passé ?
si je releve ça c'est parcequ'il me semble qu'il y a une contradiction , c'est que mon humble avis ... mais peut etre on interprete mal , je ne voudrais pas que l'on interprete mon manque d'assiduité dans certaines recherches par de la paresse , seulement je suis malade il en resulte une fatigue quasi quotidienne ... la par ex dans mon esprit je suis a plat et je dois en plus m'occuper d'une petite fille , mais je n'attends pas de pitié , plutot de la comprehension , je suis cependant tres heureux de vivre :oui:
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Re: Les chrétiens et la guerre

Message non lu par Etrigan »

Raistlin a écrit :La phrase de Blaise Pascal que j'ai choisi comme signature, est un argument que j'oppose à ceux qui me disent que les apôtres ont forgé l'histoire de la résurrection de Jésus.

En effet, les premiers chrétiens - apôtres compris - ont vécu en martyres. Ils sont morts pour leur foi, là où l'empire romain ne leur demandait même pas de la renier mais seulement de sacrifier également aux idoles.

Bref, je trouve que ça va plutôt dans le sens de l'authenticité du nouveau testament : il s'agit là d'un témoignage pour lequel de nombreux contemporrains de Jésus sont morts.

Cordialement,
Et ce n'est pas le seul argument mais je vais faire du hors sujet si je me lance...

Merci en tout cas pour les citations du Catéchisme : c'est très clair et parfaitement argumenté. N'en reste pas moins que nos dirigeants étant barbares (un grand pouvoir corrompt absolument), je crois que rarement les précéptes de l'Eglise ont été respecté sur ce point...

Néanmoins, je me permets de souligner que jamais Jésus n'a appelé au fait de se défendre physiquement. Pas plus que les apotres...
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Tuer, guerre, ... Quelques réponses néotestamentaires

Message non lu par Serge BS »

Manquent encore trois commentaires ou quatre commentaires, mais fil totalement lisible tel quel. Sont déjà traités çi-après : Ne pas résister au méchant, Jean le Baptiste et les soldats, Les centurions du Nouveau Testament, Aimer ses ennemis, Le tribut dû à César, Remettre son glaive à sa place, Saint Pierre, Saint Paul.


NE PAS RESISTER AU MECHANT

Deux passages des Synoptiques sont particulièrement forts quant à l'attitude à adopter face à celui qui nous fait du mal, et sont à l’origine de l’approche pacifiste - sous les réserves que l’on peut donner à ce mot - des chrétiens. Chez Matthieu :
  • « Vous avez appris qu'il a été dit : Œil pour œil et dent pour dent. Et moi, je vous dis de ne pas résister au méchant. Au contraire, si quelqu'un te gifle sur la joue droite, tends-lui aussi l'autre. À qui veut te mener devant le juge pour te prendre ta tunique, laisse lui aussi ton manteau. Si quelqu'un te force à faire mille pas, fais-en deux mille avec lui. À qui te demande, donne ; à qui veut t'emprunter, ne tourne pas le dos. » (Mt 5, 38-42)
Notons, pour bien comprendre le verset 41, il faut savoir qu’il s’agit d'une référence à la réquisition de portage imposée aux Juifs par les Romains, à la fin de porter leurs bagages sur un mille romain environ, réquisition jugée humiliante ;
et chez Luc :
  • « À qui te frappe sur une joue, présente encore l'autre. À qui te prend ton manteau, ne refuse pas non plus ta tunique. À quiconque te demande, donne, et à qui te prend ton bien, ne le réclame pas. Et comme vous voulez que les hommes agissent envers vous, agissez de même envers eux. » (Lc 6, 29-31) …
Une première remarque relative à (Mt 5, 39). Ce que l'on traduit par méchant, le mot grec ponerôs est-il ici un adjectif neutre ou un substantif masculin ? S'il s'agit d'un adjectif, il se rapporte soit au mal que l'on veut nous faire, soit à l'état de celui qui est dans la peine, celui qui souffre ; s'il s'agit d'un substantif, il se rapporte à l'homme mauvais. Il apparaît que ce dernier sens est celui retenu par les exégètes pour traduire [Mt 5, 39]. Pourtant, une autre lecture, bien plus lié aux Béatitudes pourrait être effectuée en retenant le second sens de l'adjectif, car [Mt 5, 39] se traduirait alors par : Et moi je vous dis de ne pas résister à celui qui est dans la peine. Cette traduction va en apparence à l'encontre des versets qui suivent, mais elle a pourtant l'avantage d'insister sur la souffrance du méchant, et donc sur l'impératif de charité et de compassion du chrétien. Il faudrait peut être en fait traduire ce verset de la manière suivante : Et moi je vous dis de ne pas résister au méchant car il est dans la peine, doublant le mot grec, mais insistant sur les deux dimensions du méchant qui à la fois fait le mal et à la fois souffre, même sans le savoir… Alors, l'économie générale du sermon sur la Montagne se trouverait intégralement respectée, car on y trouve une dimension de relation mutuelle ! Par contre, je pense que l’on doit éliminer d’office et de la manière la plus absolue le sens que donnent parfois Aristote ou Xénophon au mot « méchants », pour désigner le peuple par opposition aux aristocrates.

Ces deux textes considérés comme similaires dans les Synoptiques se veulent avant tout être une critique de la loi du talion ; mais ils sont aussi plus que cela. On remarquera néanmoins d'emblée que le texte mathéen (Mt 5, 38-42) est bien plus dur et difficile à appliquer que le texte de Luc (Lc 6, 29-31) de par l'idée posée de ne pas résister au méchant. Par contre, dans l'Évangile de Luc, il n'est pas fait directement référence à l'idée de résister au méchant, même si certains des exemples que donne Jésus chez Matthieu s'y retrouvent. En fait, les deux textes doivent être lus conjointement car on retrouve chez Luc une phrase qui permet de mieux comprendre la dureté de (Mt 5, 39) :
  • « Et comme vous voulez que les hommes agissent envers vous, agissez de même envers eux. » (Lc 6, 31)


On retrouve certes cette phrase dans l'Évangile de Matthieu, mais bien après, en conclusion du sermon sur la Montagne :
  • « Ainsi, tout ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le vous-mêmes pour eux: c'est la Loi et les Prophètes. » (Mt 7, 12)


Il s'agit là, comme l'a écrit Jean Radermakers (Au fil de l’évangile selon saint Matthieu. 2. Lecture continue, 1972, pages 102 et 104 ; note 35), de la règle d'or, résumé de la Loi et des prophètes. C'est donc bien là la clé de lecture de ce qui suit, car du mal ne peut naître le mal ! Et tout se fonde sur l'attitude individuelle de chacun.

Nous insisterons particulièrement dans un premier temps sur [Mt 5, 39]. Il s'agit de la cinquième antithèse du Sermon sur la Montagne à la justice radicale, antithèse relative à la légitime défense et à la riposte au conflit ouvert ; elle est située dans un passage visant avant tout à exposer l'idée de paix qui prédomine dans la pensée de Jésus, à la suite des Béatitudes… Ce n'est ici qu'une loi personnelle à lire à l'aune de la volonté de pratiquer les Béatitudes, et non pas d'une loi d'État. Ce que veut faire comprendre Jésus, c'est que dans la sphère du privé, tout coup, même justement porté, entraîne une réaction de violence, créant une chaîne sans fin de violence. Jésus s'adresse en effet ici aux individus et leur donne des préceptes individuels. Ce n'est pas à l'homme de se venger, même en cas d'injustice ; il est pour cela une justice supérieure, celle de Dieu, comme le dit saint Paul :
  • « Ne vous vengez pas vous-mêmes, mes bien-aimés, mais laissez agir la colère de Dieu » (Rm 12, 19),

donc d'une certaine manière aussi celle collective des hommes, puisque, toujours selon saint Paul, tout pouvoir vient de Dieu (Rm 13, 1), alors que les magistrats ne sont pas à craindre quand on fait le bien, mais quand on fait le mal (Rm 13, 3). Ici donc, pour prévenir la vengeance, il y a la justice terrestre, en tant qu'image ou lieutenance de la justice divine, l'autorité et les magistrats disposant du glaive pour punir les méchants :
  • « Ce n'est pas en vain qu'elle porte le glaive : en punissant, elle est au service de Dieu pour manifester sa colère envers le malfaiteur. » (Rm 13, 4)
En parlant des méchants, Jésus évoque avec réalisme la nature de certains hommes - voire de l'homme lui-même -, ainsi que les rapports qui en découlent, tout ceci étant finalement la finalité de son propos sur la justice dans le Royaume des Cieux (Mt 5, 17-7, 12), la Loi ne pouvant s'accomplir que par une justice surabondante, même si elle ne sera véritablement accomplie qu'hors du monde. Jésus parle surtout aux hommes de la justice du Royaume des cieux, plus que de celle de la terre, même si l'accomplissement de cette justice des Cieux dès le monde terrestre est une piste vers le Royaume. Il nous montre surtout qu'Il est venu pour accomplir et humaniser la Loi qui ne doit plus être maîtresse mais servante des hommes, cette Loi ne pouvant de plus s'accomplir que par une justice surabondante, ou plus encore par un Amour surabondant.

Certains hommes ont une intention mauvaise, et la réaction classique est de chercher à se faire justice soi-même. Or, Jésus n'est favorable ni à la loi du talion, qui se veut dans son principe équilibre - ce qu'elle n'est pas dans son application dès lors que les pharisiens et les scribes ne s'attachent qu'à la lettre de la Loi et non pas à son esprit -, ni au fait de se faire justice soi-même. Il fait d'ailleurs à plusieurs reprises référence aux juges et à leur rôle social, tout comme saint Paul, en particulier en (Rm 13, 3). La loi du talion était pourtant déjà progrès par rapport à la vengeance pure et simple (Ex 21, 24 ; Lv 24, 20 ; Dt 19, 20), même si elle n'était pas spécifique aux seuls Hébreux comme le montre par exemple le Code de Hammurapi qui est dominé par cette double idée d'équilibre et de proportionnalité de la peine, mais non pas du dol ou du mal subi. Mais la loi du talion est fondée sur les idées de riposte et de représailles, ce qui peut conduire à une spirale sans fin de violence, un peu comme dans les cas de vendetta en Corse ou comme le démontre encore l'actuelle situation au Moyen-orient. Le sang appelle le sang ! Or, ce n'est pas là la vision de Jésus ! Ce que recommande Jésus c'est tout d'abord de ne pas être l'agresseur. Puis de ne pas résister à l'agresseur, renversant ici la logique traditionnelle de la Loi, allant même très loin puisque demandant certes de ne pas répondre à la violence par la violence, mais aussi de ne pas chercher à se défendre par une procédure légale, encore que ce dernier point ne soit pas véritablement avéré, car il évoque plus le cas où l'on est soi-même déféré devant un juge, et demandant dès lors surtout de ne pas attendre le jugement, même en cas d'injustice, en renonçant à son droit. Il ne s'agit pas là d'une hyperbole manifestant une pure intention, mais d'un acte à vivre, comme le feront les Apôtres (Ac 5, 41). Il y a en fait mise en perspective entre sa propre attitude et l'attitude du Père (Mt 5, 42 par rapport à Mt 7, 11). C'est le prolongement de l'Amour du prochain jusqu'à l'Amour de l'ennemi. Tout se retrouve dans le «Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait » de [Mt 5, 48].

Selon cette parole, il apparaît ainsi que la violence, privée du support que lui procure la résistance de ses victimes, disparaîtra d'elle-même. Il ne s'agit ni de résignation, ni démission, mais d'un acte de foi, d'un acte de confiance. Il y a avant tout rejet de la loi individuelle du talion (Dt 19, 18-21), loi qui était déjà elle-même atténuation de la vengeance personnelle en imposant une proportionnalité. C'est le courage du dialogue, de la volonté, de la conciliation, de la réconciliation qui est mis ici en avant, bien plus que la simple non-violence, que la passivité, que la non résistance… C'est aussi l'encouragement à la vertu de patience. Il faut savoir tendre la main à celui qui nous fait du mal, et non pas lui rendre le mal, car notre devoir de chrétien est de chercher à le sauver avant tout pour qu'il devienne un juste à son tour. C'est là le véritable honneur du chrétien. Ce n'est pas un appel au renoncement, mais un conseil de vie, Jésus sachant très bien que l'homme ne peut être parfait ; saint Pierre lui-même nous le démontre par ses actes, alors même qu'il est le détenteur des clés du Royaume (Mt 16, 19) … Jésus nous demande surtout de dépasser la justice des pharisiens et des scribes, l'idéal étant que Jésus accomplit toute justice (Mt 3, 15). En fait, l'authentique justice s'accomplit dans le secret, devant le Père (Mt 6, 1-18), et Jésus nous demande surtout d'éviter d'être nous mêmes des sources de querelles, la réponse brutale à la méchanceté étant elle-même méchanceté. Le chrétien se doit donc avant tout de faire œuvre de charité (1Co 13, 13), donc doit faire preuve au maximum de mansuétude, la priorité étant avant tout, outre d'aimer, de ne surtout pas être hypocrite (cf. Mt 6, 2) …

Jésus précise ici toute l'étendue du devoir de charité, car il ne faut pas répondre au mal par le mal, car on n'est plus alors en présence d'un bon et d'un méchant, mais de deux méchants ! C'est ce que dit saint Augustin, même s'il se fonde dans ce cas sur (Rm 12, 21), en proclamant dans son sermon CCCII (10) déjà cité :
  • « Tu le condamnes et tu fais comme lui ? Tu veux par le mal triompher du mal ? Triompher de la méchanceté par la méchanceté ? Il y aura alors deux méchancetés qu'il faudra vaincre l'une et l'autre. »


C'est aussi ce qu'écrivait saint Paul :
  • « Ne rendez à personne le mal pour le mal ; ayez à cœur de faire le bien devant tous les hommes. » (Rm 12, 17),
ou encore l'Apôtre Pierre lui-même qui nous dit :
  • « Ne rendez pas le mal pour le mal, ou l'insulte pour l'insulte ; au contraire, bénissez, car c'est à cela que vous avez été appelés, afin d'hériter la bénédiction. » (1P 3, 9)
Il s'agit donc bien là d'une parabole à finalité morale et individuelle, d'un appel absolu à faire le bien, donc à dépasser sa nature humaine, par delà et à cause de la Grâce divine ! Pourtant, il ne s'agit pas là d'une obligation, mais d'un conseil, Jésus lui-même ne l'ayant pas appliqué en (Jn 18, 22-23) en questionnant le garde l'ayant giflé lors de son arrestation, acceptant cette gifle si Lui a mal parlé ! Il faut surtout que l'individu évite de tomber dans les péchés de colère ou de vengeance, qui sont contraires à la volonté divine, vengeance personnelle qui était déjà condamnée dans l'Ancien Testament (Lv 19, 18). Il faut avant tout chercher à conquérir son agresseur par la force de la mansuétude. On retrouve ici la condition de ne pas être l'agresseur posée par saint Augustin pour qu'une guerre soit juste. Ce n'est donc pas ce passage, qui fonde le renoncement, mais bien plus (Mt 5, 29) qui impose de ne pas faire scandale. En fait, saint Thomas d'Aquin a bien entrevu la question en étudiant dans le même ensemble la guerre, la rixe, la sédition, …, unissant dans une même réflexion les péchés contre la paix que sont la discorde, la dispute, le schisme, la guerre, la rixe, la sédition, le scandale et la sottise, insérant dans cette partie de la IIa-IIae les préceptes de la charité et le don de sagesse, alors même qu'elle traite avant tout du péché ! Face à l'outrage, aux corvées, aux chicanes, il faut avant tout ne pas chercher à répondre, car le méchant va trouver dans cette résistance motif à continuer ; et il y a donc avant tout devoir de chercher à convaincre, avant d'agir.

En aucun cas ce texte ne semble se rapporter à l'attitude collective de l'État ; il ne relève que de la sphère individuelle, et de la mise en œuvre en chacun du commandement d'Amour du prochain. On peut ici penser au sermon CCCII (11) de saint Augustin où il rappelle, s'appuyant d'ailleurs sur saint Paul :
  • « Il y a pour les méchants des juges, il y a des pouvoirs établis. « Ce n'est pas sans raison, dit l'Apôtre, que le pouvoir porte le glaive ; car il est le ministre de Dieu dans sa colère : mais contre celui qui fait le mal. Le ministre de la colère divine contre celui qui fait le mal. Si donc tu fais le mal, poursuit-il, crains. Ce n'est pas sans raison qu'il porte le glaive. » »


Même si l'homme doit tendre individuellement vers la justice, ce n'est pas à lui individu de l'assumer, mais bien plus à Dieu ou à l'État… On doit aussi rapprocher ce passage des paroles de Jésus relatives aux fils du Royaume et aux fils du méchant (Mt 13, 36-50). Nous ne devons pas être des méchants, car Dieu lui-même les jettera dans le feu de l'enfer (Mt 13, 50). Et Jésus nous montre bien que l'évolution de l'homme est lente, le juste et le méchant se révélant peu à peu à eux-mêmes…

Ce texte peut cependant se rapporter indirectement à l'État - en tant que réunion d'une population humaine - en lui faisant pour obligation de chercher, même en cas d'injustice subie, de chercher avant tout la paix, la conciliation, bref de ramener le méchant dans le droit chemin. Et il y a surtout rejet de l'égalité traditionnelle existant entre l'affront subit et la riposte à rendre ; de ce fait, la guerre ne doit pas avoir de conséquences pires que l'affront subit. D'ailleurs, Jésus donne une indication en ce sens un peu plus loin en évoquant les jugements des tribunaux, même s'Il demande à ses disciples de chercher avant tout à les éviter (Mt 5, 40). Dans tous les cas, il faut échapper à l'engrenage de la violence. On peut ici penser à ce qu'est théoriquement le judo, c'est-à-dire une voie de la souplesse cherchant à utiliser la force de l'autre pour le vaincre lui-même, la force étant ici l'indicible force de l'Amour et de la charité ; on peut aussi penser à la non-violence telle que prêchée par Gandhi ou par le Pasteur Martin Luther King. Par la gratuité de l'acte individuel de non réaction, Jésus donne à l'homme un moyen d'accéder lui-même à la gratuité de la grâce divine. Et l'on rejoint ici à nouveau saint Augustin…

Ces paroles de Jésus, plus qu'un ordre impératif - Il sait que tout cela ne sera possible que dans la Cité de Dieu -, sont avant tout un appel à la conversion personnelle et à s'amender soi-même. Il sait bien que nous ne pouvons les suivre dans tous les cas, mais il nous y encourage, cherche surtout à donner un sens à la Loi qui ne doit plus être conçue comme quelque chose de figé et d'inhumain, mais avant tout comme quelque chose de vivant et à adapter aux circonstances, alors même qu'Il ne la remet pas en cause…

Deux remarques maintenant… En premier lieu, Jésus nous demande, si nous sommes frappés sur la joue gauche, de tendre l'autre (Mt 5, 39). Mais il ne nous dit rien si l'on est à nouveau frappé, car l'homme n'a que deux joues… Sans chercher à discuter pour savoir ce qu'est cette autre joue comme l'a fait par exemple saint Augustin, ce n'est pas un mauvais calembour que de poser la question du que faire après, car Jésus lui-même peut être violent (Mt 21, 12-17). Ensuite, pour ce qui est des exemples donnés par le Christ, il n'est pas question ici du cas où l'on veut soi-même mener quelqu'un devant le juge, mais du cas où l'on est l'accusé ; et lorsque l'on est forcé à marché et que l'on marche plus, celui qui force à marcher doit marcher avec soi.

En fait, ce passage ne doit pas être isolé du reste du Sermon sur la Montagne, car il est un élément clé de l'économie globale, et il ne doit donc se lire qu'à la seule aune des Béatitudes et des commandements individuels d'Amour (Mt 22, 36-40), la Loi elle-même étant ici dépassée expressément par Jésus qui l'accomplit (Mt 5, 17-20), même s'Il semble la durcir ou la contredire, notamment lorsqu'Il parle de l'adultère (Mt 5, 27-32) ou encore des rapports entre frères (Mt 5, 21-26) :
  • « Ne pensez pas que je sois venu abolir la Loi et les prophètes ; je ne suis pas venu les abolir, mais les accomplir. Car, je vous le dis en vérité, jusqu’à ce que passent le ciel et la terre, un seul iota ou un seul trait de la Loi ne passera pas, que tout ne soit accompli. Celui donc qui aura violé un de ces moindres commandements, et appris aux hommes à faire de même, sera le moindre dans le royaume des cieux ; mais celui qui les aura pratiqués et enseignés, sera grand dans le royaume des cieux. Car je vous dis que si votre justice ne surpasse celle des Scribes et des Pharisiens, vous n’entrerez point dans le royaume des cieux. » (Mt 5, 17-20)


Dans le sermon sur la Montagne, et vues les références citées par Jésus, la Loi doit se comprendre comme étant l'ensemble des commandements que Dieu a donné à son peuple ; elle est donc plus que le Décalogue, et, dans l'absolu, on peut estimer, surtout du fait de la référence aux Prophètes, que Jésus parle de la Loi comme étant à la fois les commandements et les livres du Pentateuque contenant ces commandements, sens que reprendra saint Paul en [2Co 3, 15]. Par contre, et là encore du fait de la référence aux Prophètes, elle ne peut s'entendre comme dans (Jn 10, 34) ou (Rm 3, 19) au sens d'ensemble de l'Ancien Testament. Ceci renforce le caractère moral et non pas politique du sermon sur la Montagne, et l'on peut retrouver dans les antithèses le sens de force poussant l'homme à choisir entre le bien et le mal que donne saint Paul à la Loi en (Rm 7, 22-23) et en (Rm 8, 2). Le lien est dès lors facile avec le texte des Béatitudes, avec (Mt 5, 4) et (Mt 5, 9) dont (Mt 5, 39) est en quelque sorte l'apothéose :
  • « Heureux les doux : ils auront la terre en partage ; Heureux ceux qui font œuvre de paix : ils seront appelés fils de Dieu »,

un lien devant aussi être établi avec (Mt 5, 21-26) :
  • « Vous avez appris qu'il a été dit aux anciens : Tu ne commettras pas de meurtre ; celui qui commettra un meurtre répondra au tribunal. Et moi je vous le dit : quiconque se met en colère contre son frère en répondra au tribunal ; celui qui dira à son frère : "Imbécile" sera justiciable du Sanhédrin ; celui qui dira : "Fou" sera passible de la géhenne du feu. Quand tu vas présenter ton offrande à l'autel, si là tu te souviens que ton frère à quelque chose contre toi, laisse là ton offrande, devant l'autel, et va d'abord te réconcilier avec ton frère ; viens alors présenter ton offrande. Mets-toi vite d'accord avec ton adversaire, tant que tu es en chemin avec lui, de peur que cet adversaire ne te livre au juge, le juge au gendarme, et que tu ne sois jeté en prison. En vérité, je te le déclare : tu n'en sortiras pas tant que tu n'auras pas payé jusqu'au dernier centime. »


De même, un autre lien majeur doit être fait avec (Mt 5, 44) :
  • « Aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent. ». « Diligite inimicos vestros et orate pro persequentibus vos. » (NV, p. 1461, c. 1. On notera que le verbe latin utilisé n’est pas amare mais diligere, ce dernier étant à la fois plus et moins qu’aimer, insistant plus sur les idées d’affection et d’attention que d’amour au sens strict. Mais ce n’est pas ici le lieu de débattre de cette question, d’autant plus qu’elle se pose aussi à propos du grec…)
C'est ce qu'Hilaire de Poitiers (Hilaire de Poitiers, In Mat. 4, 27) synthétisa en écrivant que la foi prescrit d'aimer ses ennemis et par le sentiment universel de la charité elle brise les mouvements de violence dans l'esprit de l'homme, non seulement en empêchant la colère de se venger, mais encore en l'apaisant jusqu'à aimer celui qui a tort.

Un dernier point : ne s'agit-il pas aussi et avant tout du prêche d'une attitude à venir, de celle à tenir face aux persécutions qui viendront dans les premiers siècles de l'Église ? Car Jésus évoque souvent la persécution à cause de son nom, tant chez Matthieu (Mt 5, 11-12) que chez Luc (Lc 6, 22) ! Et surtout, Jésus ne parle t-il pas de sa propre Passion ?
  • « Vous avez condamné , vous avez assassiné le juste : il ne vous résiste pas » (Jc 5, 6) …
Conclusion pratique : dans un souci permanent de justice et d'Amour du prochain, il ne faut pas être l'agresseur, et il faut rechercher avant tout la paix, y compris parfois en donnant l'impression de renoncer, tant que ce renoncement ne remet pas en cause la respect des deux grands commandements d'Amour… On retrouve dans ces deux passages des Évangiles deux des grandes conditions de la guerre juste posées par saint Augustin…
Dernière modification par Serge BS le lun. 23 févr. 2009, 12:45, modifié 4 fois.
Serge BS
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JEAN LE BAPTISTE ET LES SOLDATS (Lc 3, 14)

Une démonstration du fait que le Christianisme ne semblerait pas rejeter a priori le métier des armes se retrouve dans la réponse que Jean-Baptiste fait aux soldats venant l'interroger avant de se faire baptiser :
  • « Et nous, que nous faut-il faire ? » (Lc 3, 14a).


Alors même, qu'il se caractérisait par un rigorisme moral bien plus strict que celui de Jésus (cf. Lc 3, 7b), Jean ne répond pas aux soldats d'abandonner leur métier, de déposer les armes. Il leur prescrit dans les faits, dans l'exercice normal de leur métier de suivre les lois universelles de la morale :
  • « Ne molestez personne, n'extorquez rien, et contentez-vous de votre solde. » (Lc 3, 14b)
Jean-Baptiste ne prescrit donc pas aux soldats la désertion, mais seulement d'être droits dans leurs actes : ne pas massacrer, ne pas piller, ne pas rechercher le butin et la vaine gloire ! Il ne fait finalement que rappeler aux soldats qu'ils doivent se conformer au Décalogue qui interdit le rapt et les rapines (Ex 20, 15 & 17 ; Dt 5, 19 & 21) :
  • « Tu ne commettras pas de rapt. (…) Tu n'auras pas de visées sur la maison de ton prochain. Tu n'auras de visées ni sur la femme de ton prochain, ni sur son serviteur, sa servante, son bœuf ou son âne, ni sur rien qui appartienne à ton prochain. » (Ex 20, 15. 17)


Cette interprétation faisant que l'Évangile n'interdit pas le métier de soldat est confirmée par saint Augustin :
  • « Si la doctrine chrétienne condamnait toutes les guerres, on aurait répondu aux soldats dont il est parlé dans l'Évangile qu'ils n'avaient qu'à jeter leurs armes et à se soustraire au service militaire. Mais au contraire il leur a été dit : "Ne faites ni violence ni tromperie à l'égard de personne ; contentez-vous de votre paie (Lc III, 14)." En prescrivant aux soldats de se contenter de leur paie, l'Évangile ne leur interdit pas la guerre. » (Augustin d’Hippone, Lettre CXXXVIII à Marcellin, 15)
A noter que ce passage n'est repris ni en [Mt 3, 1-12], ni en [Mc 1, 1-18], ni en [Jn 1, 19-28], ce qui ne remet en rien en cause sa réalité et son autorité…
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LES CENTURIONS DU NOUVEAU TESTAMENT

Les soldats se retrouvent du début à la fin du Nouveau Testament, des soldats du massacre des Innocents aux centurions… Parmi les soldats évoqués dans le Nouveau Testament, on peut isoler quatre centurions remarquables : trois figures de foi et une figure de sollicitude envers son prochain… Des militaires pourtant… Avec ces quatre soldats, on est bien loin des soldats tueurs du massacre des Innocents ! Deux images du soldat se retrouvent donc dans le Nouveau Testament…
  • Note : Le centurion était un officier subalterne, mais immédiatement après le légat et les tribuns. Le centurionat était le grade le plus haut possible pour un citoyen n’appartenant ni à l’ordre sénatorial, ni à l’ordre équestre. D’ailleurs les jeunes chevaliers commençaient au-dessus de ce grade, en général comme préfet d’une cohorte auxiliaire. Le centurion est donc toujours un citoyen, donc un homme libre, mais humiliores (les « petites gens »), le plus souvent pauvre. Il est aussi souvent âgé et ayant connu une longue carrière militaire, une quinzaine de « grades » séparant le grade de centurion de celui de munifice (ou soldat de 2ème classe soumis à la corvée). Le centurion est donc un chef militaire assimilable à nos capitaines, citoyen, libre, âgé, expérimenté en la matière militaire… Sa prise de position n’est donc pas anodine…, d’autant plus qu’il est le symbole « sur le terrain » de la présence et du pouvoir de l’occupant romain.
Et tout d’abord, le centurion de Capharnaüm… Et il nous montre que Jésus lui-même ne demanda pas l'abandon du métier des armes, l'épisode de la guérison de l'esclave d'un centurion à Capharnaüm étant à ce titre très significatif (Lc 7, 1-10 ; Mt 8, 5-13). Alors même que ce dernier lui avoue donner des ordres auxquels tous obéissent, soldats ou esclaves, Jésus ne lui réclame rien quant à sa condition de soldat et ne prête attention qu'à sa foi. Il lui répond seulement indirectement en parlant à la foule :
  • « Je vous le dis : pas même en Israël je n'ai trouvé une telle foi. » (Lc 7, 9 ; Mt 8, 10).


Ce que Jésus demande au soldat, ce n'est pas de déposer les armes : c'est de croire et d'être juste, point sur lequel insistaient d'ailleurs les anciens des Juifs envoyés au devant de Jésus :
  • « Il est digne que tu lui accordes cela ; il aime en effet notre nation, et c'est lui qui nous a bâti la synagogue. » (Lc 7, 4-5)


On peut en déduire que le soldat se doit d'être honnête dans l'exercice de son métier, respectueux de l'autre, y compris de celui qui est a priori son ennemi… À noter que le contenu de (Lc 7, 4-5) n'est pas repris par l'Évangile de Matthieu, où Jésus insiste par contre bien plus sur la foi du Centurion (Mt 8, 10-12), promettant l'extension de la foi en dehors d'Israël, et aussi à Israël des temps de détresse :
  • « Là seront les pleurs et les grincements de dents. » (Mt 8, 12b ) …
Néanmoins, les mêmes paroles de Jésus se retrouvent en [Lc 13, 28-29], et c'est là un véritable appel à la conversion de par l'opposition de la perte prochaine du Peuple élu et du salut à venir des Gentils.

On trouve un autre centurion, et lui avec ses soldats ! Celui qui, au pied de la Croix, garde le Christ supplicié… Celui qui s’écrit :
  • « Vraiment, celui-ci était Fils de Dieu. » (Mt 27, 54b ; voir aussi Mc 15, 39) !


Il a participé, avec ses hommes, à la mise à mort du Seigneur. Peut-être même a t-il directement commandé le supplice, fait hissé le patibulum, fait enfoncer les clous, fait frapper le côté et couler le sang du Christ… Peut-être s'était-il mêlé à ceux qui raillaient Jésus sur sa Croix (Mc 15, 29-30) … Et pourtant, il est frappé par la foi ! Il est serviteur de son autorité terrestre ; il est en charge de la surveillance d'un condamné à la plus infamante des peines, au supplice des esclaves, au supplice de ceux qui cherchent à détruire l'ordre établi, et pourtant il croit en lui, même si lui a eu besoin d'un signe… Mais il croit ! Et il ne parle pas du fils d'un dieu, d'un dieu de son Panthéon, mais bel et bien du Fils de Dieu ! Et ses soldats, sans qu'il le leur commande, ont la même réaction de foi… Cet homme qui a participé à la mort de Dieu, commis le pire des crimes, a peut-être été le pire des assassins, est pourtant frappé par la foi ! Il est sauvé par l'émotion que lui cause cette mort et ce qui l'encadre. Il a eu besoin d'un signe dira t-on ? Et après ? Il ne fut pas le seul : Thomas, un Apôtre, l'un des Douze donc, a lui-même eu besoin d'un signe. Il ne faut donc pas s'arrêter sur la cause matérielle ayant conduit à la foi, mais sur le don de la foi lui-même… Jacques de Voragine, dans sa Légende dorée, en fait même celui qui perça avec une lance le côté du Christ, même si Jean, qui est seul à rapporter ce fait en (Jn 19, 34), ne parle que d'un soldat, sans autre précision … Et, selon cet auteur, non pas hurluberlu comme le disent certains mais qui fut provincial des Dominicains puis Archevêque de Gênes, ce centurion deviendra un saint, saint Longin, un homme qui, s'étant dépouillé de son état militaire, devint un porteur de la bonne nouvelle, un témoin exemplaire… Ce Longin aurait aussi participé directement au Martyre de saint Paul selon les Actes des Martyrs ! Un saint qui allait à son tour connaître la gloire du Martyre ! Un saint dont l'exemple et la parole allait même entraîner la conversion de son persécuteur, comme s'il était un maillon d'une chaîne de grâce faisant de l'impie persécuteur un croyant fidèle et exemplaire, ayant lui-même déjà été converti… Immenses mystère de la Foi et de la Grâce !

On peut mettre en parallèle avec le centurion de Capharnaüm, un autre centurion, Corneille. Les Actes des Apôtres nous parlent en effet d'un centurion de la cohorte italique nommé Corneille, qui, en garnison à Césarée, était pieux et craignant Dieu, ainsi que toute sa maison (Ac 10, 2) ; on rappellera qu'un craignant Dieu désignait un non Juif qui, sans être circoncis, partageait les idées religieuses des Juifs. Corneille se convertit au christianisme par les soins de Saint Pierre mais il ne renonçât pas, en recevant le baptême, à sa fonction militaire (Ac 10). C'est donc que la profession des armes n'est pas interdite aux chrétiens, l'important étant avant tout la foi et la bonne nouvelle de la paix ! À noter qu'il n'est pas sans signification que le premier des païens baptisé fut … un militaire.

Et comment ne pas penser encore à un quatrième Centurion, Julius, qui, en charge de saint Paul à Césarée, le traita avec humanité , et surtout lui sauva la vie en empêchant ses soldats de le tuer avec ses compagnons lors du naufrage au large de Malte .
Serge BS
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AIMER SES ENNEMIS

Il faut dire ici quelques mots sur le « Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent » que Jésus proclame à la foule lors du discours des Béatitudes (Lc 6, 27) ; en effet le métier des armes a ses contraintes, dont celle de tuer en tant que besoin son ennemi. Il est remarquable que ce propos soit suivi immédiatement dans le texte de Luc par la guérison de l'esclave du centurion de Capharnaüm. Ce principe de l'amour de l'ennemi n'est pas que terrestre ; il est avant tout spirituel, et il n'interdit en rien la guerre, dès lors que cette dernière est moralement justifiable, autrement dit seulement défensive. Le texte des Béatitudes, qui est partie du sermon sur la Montagne, est fondamental dans la pensée chrétienne de la paix et de la guerre ; il en est même la clé, et il ne faut pas avoir une lecture littérale de ce texte, mais au contraire le méditer, chercher à le comprendre. Et, dans le cas de l'amour des ennemis, ce que Jésus demande, c'est d'éviter la haine, cette haine qui est tout le contraire de la charité, cette haine qui est le péché par lequel on souhaite délibérément à son ennemi un tort grave ; c'est là le sens de (Mt 5, 44-45) :
  • « Et moi, je vous dis : Aimez vos ennemis et priez pour ceux qui vous persécutent afin d'être vraiment les fils de votre Père qui est aux cieux, car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et tomber la pluie sur les justes et les injustes. »
Avec un raisonnement évitant de rappeler la distinction que fait Jésus entre les deux Royaumes et fondé sur une lecture littérale privée de toute perspective christique, on pourrait déduire que les Béatitudes - texte central de toute la doctrine sociale chrétienne - excluent les tribunaux, les prisons, la propriété, la défense, les impôts, toute hiérarchie au profit d'une égalité a priori inhumaine et d'un ordre absolu lui aussi inhumain. Or, le discours des Béatitudes concerne avant une rénovation morale intérieure de l'homme visant au Royaume d'En Haut, et en adéquation avec les exigences de la société humaine.

Notons également que Jésus a recours à l'image de la guerre, sans la juger, mais sans aussi la remettre en cause. C'est lorsqu'il invite les foules qui le suivent à renoncer à tous leurs biens pour devenir ses disciples. Il leur demande d'abord de ne pas haïr (Lc 14, 26), puis il dit :
  • « Quel est le roi qui, partant faire la guerre à un autre roi, ne commencera pas par s'asseoir pour examiner s'il est capable, avec dix mille hommes, de se porter à la rencontre de celui qui marche contre lui avec vingt mille ? » (Lc 14, 31)


Ici, Jésus ne réfute pas la guerre, semblant même la trouver de facto comme élément de la loi naturelle de l'homme ; mais, par contre, il ne l'envisage que comme défensive, en aucun cas comme offensive !

La doctrine du Christ n'est donc pas apparemment une doctrine comportant une interdiction universelle et absolue de tout recours à la guerre ; elle admet la guerre défensive, idée que recouvre actuellement le concept de juste défense qui tend à se substituer aujourd'hui à celui de guerre juste, à la fois par volonté d'effacer le mot guerre, plus pour rejeter les dérives de l'usage du concept de guerre juste … On peut aussi penser ici à la juste défense telle que posée dans Gaudium et Spes (Vatican II, Gaudium et Spes, 79, 4) ou encore au message de Jean-Paul II pour la Journée mondiale de la Paix du 1er janvier 2000 (Doc. Catho. 2, 2, 2000) ou encore à saint Ambroise de Milan.
  • Note : A ce stade, on se référera utilement à deux ouvrages de Monseigneur René Coste : Le problème du droit de guerre dans la pensée de Pie XII (pp. 24-26) et Théologie de la paix (ch. II).
  • « Tu aimeras ton prochain comme toi-même. » (Mt 22 , 39)

    « Je vous donne un commandement nouveau : aimez-vous les uns les autres. Comme je vous ai aimés, aimez-vous les uns les autres. » (Jn 13, 34)

    « Voici mon commandement : aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. Nul n'a d'amour plus grand que celui qui se dessaisit de sa vie pour ceux qu'il aime. » (Jn 15, 12-13)…
Jésus ne nous demande d'impossible... Il ne nous demande rien d’autre que d’Aimer ! Tant a été écrit à ce sujet qu’il n’est pas nécessaire d’en dire plus. Comment ne pas rapprocher le message du Christ de ces mots du poète latin, pourtant du Ier siècle avant J.-C., Properce :
  • « Pacis Amor deus est ; pacem veneramur amantes »
    « L’Amour est le dieu de la paix, et la paix, nous autres amants, nous la vénérons » (Properce, Élégie V, livre III ) ?


Même si l’amour dont il parle ici est terrestre, physique mais aussi spirituel, entre un homme et une femme, il peut être sans hésitation aucune repris comme résumé du message chrétien, même si ce dernier lui donne une dimension universelle, une dimension supplémentaire…
Serge BS
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RENDRE A CESAR
  • « Alors les Pharisiens allèrent tenir conseil afin de le prendre au piège en le faisant parler. Ils lui envoient leurs disciples, avec les Hérodiens, pour lui dire: "Maître, nous savons que tu es franc et que tu enseignes les chemins de Dieu en toute vérité, sans te laisser influencer par qui que ce soit, car tu ne tiens pas compte de la condition des gens. Dis-nous donc ton avis: Est-il permis, oui ou non, de payer le tribut à César?" Mais Jésus, s'apercevant de leur malice, dit: "Hypocrites! Pourquoi me tendez-vous un piège? Montrez-moi la monnaie qui sert à payer le tribut." Ils lui présentèrent une pièce d'argent. Il leur dit: "Cette effigie et cette inscription, de qui sont-elles?" Ils répondent: "De César." Alors il leur dit: "Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu." À ces mots, ils furent tout étonnés et, le laissant, ils s'en allèrent. » (Mt 22, 15-22)
Le « Rendez donc à César ce qui est à César » de [Mt 22, 21] marque une certaine rupture avec le message de l'Ancien Testament, et en particulier avec les deux livres des Macchabées. Ce texte pose le versement du tribut à César comme étant une obligation morale, tout comme le versement des didrachmes au temple était une autre obligation morale fondée par Dieu (Ex 30, 11-16; Mt 17, 24). Comme l'on doit obéissance à Dieu, on doit obéissance au pouvoir politique…

Ceux qui interrogent Jésus en [Mt 22, 18] sur la question de l'impôt dû à César cherchaient à le piéger ; et ils étaient tous là : les pro-Hérode qui rêvaient d'une restauration du pouvoir royal intégral, les pharisiens qui admettaient le pouvoir romain comme une calamité temporaire, les ultras qui refusaient même de toucher à l'argent de Rome. Le piège tenait en la pièce elle-même qui portait l'inscription de la divinité de l'Empereur. Le but était de faire prendre parti à Jésus : s'il disait oui, il admettait implicitement la divinité de l'Empereur ; s'il disait non, il devenait un rebelle aux yeux des romains…

Jésus répondit en fait que les hommes doivent se soumettre aux autorités politiques aussi longtemps que l'État ne prend pas la place de Dieu en se faisant adorer ou en légalisant des formes d'injustice incompatibles avec l'Évangile (C. Tassin, L'Évangile de Matthieu, Paris, Bayard/Centurion, 1997, 4ème éd., coll. Commentaires, pp. 232-233), d'autant plus qu'il prescrit de rendre à Dieu ce qui est à Dieu. Plus que d'une séparation des pouvoirs, Jésus parla donc de … droit naturel, et sa réponse se rapproche ainsi de celle d'Antigone à Créon : il est des lois morales supérieures aux lois humaines ! Dieu est le vrai roi, la forme du pouvoir politique étant sans importance, ce que répétera Saint Paul (Rm 13, 1), mais tant que les lois divines - donc le Décalogue et les commandements d'Amour - sont respectés. Dans tous les cas, la réponse du Christ semble démontrer que le respect des institutions et des lois est légitime - mais non pas forcément l'institution elle-même -, alors que le domaine mystique et de l'âme est réservé à Dieu. Il faut se rappeler ici que Jésus lui-même a dit que son Royaume n'était pas de ce monde…
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