Bonjour Marie-Cécile, je pense réellement que la clef pour gagner ce combat se trouve bel et bien la confession très régulière pour se jeter sans réserve dans l'amour ardent de Jésus qui voit nos efforts et nos chûtes. N'allez pas voir le médecin, ils ne comprendraient pas, pour eux comme pour le monde c'est devenu quelque chose de tout à fait normal et je ne crois pas que vous assommer avec des médicaments (si jamais il vous en donne) soit réellement la solution.
Comme vous j'ai été pendant longtemps asservis par ce genre de chose et je comprends tout à fait ce que vous dites, ça me paraissait impossible d'en sortir, j'ai eu honte de moi, j'ai désespéré de me voir toujours cette malheureuse situation et j'ai commencé à m'en libérer par une prise de conscience plus profonde de ce que tout cela impliquait. En effet, quelle douleur éprouve-t-on de contempler la sainte face de Jésus ensanglantée, entaillée, raillée, moquée, humiliée, injuriée et de savoir que Dieu lui même a été mis à terre par le poids de la croix, par le poids de nos péchés. Rendez-vous compte ? Dieu lui même, un être d'une puissance, d'une grandeur et d'une perfection inimaginable pour nos esprits, écrasé au sol, meurtri de toutes parts, le front percé de cruelles épines pour nous racheter, pour nous, tout ça pour nous ! Quand nous péchons nous le faisons souffrir, c'est comme le crucifier à nouveau, nos péchés enfoncent à nouveau dans sa chair innocente les clous de nos fautes. Quel sentiment d'horreur doit-on avoir pour le péché au vu de la Passion de notre Seigneur !
Quelle tristesse, quelle peine de se couper de Lui pour une chose si vaine qu'est la masturbation qui est un obstacle entre vous et ce Jésus qui vous aime tant, qui se livre tous les jours sur les autels pour renouveler son sacrifice ! Je ne dirais pas qu'il faille dédramatiser cette mauvaise habitude, je dirais au contraire qu'il est plus propice de bien considérer la masturbation et les choses qu'elle implique, les dégâts qu'elle peut faire dans notre âme, la douleur qu'elle inflige à Jésus, la honte et le sentiment de vide qu'elle laisse en nous loin de nous satisfaire elle nous enferme dans l'amertume et tient notre cœur en esclavage. Une juste considération de la masturbation devrait nous remplir d'un dégoût et d'une répulsion justifiée pour cette pratique avilissant cette chose belle qu'est la sexualité.
N'enviez pas vos connaissances qui se vantent d'avoir une sexualité débridée, plaigniez les au contraire de ruiner ce trésor qui ne mérite pas d'être abimé ! Car au final, ce qu'elles(ils) font ne les épanouira en rien mais laissera en elles(eux) un sentiment d'amertume. Réjouissez-vous donc de ne pas tomber dans ces travers, remerciez Dieu de vous en tenir éloignée et ne les jalousez pas car elles sont en train de tout gâcher.
«Trop de personnes sont blessées car on leur a présenté (et fait vivre) le sexe comme un jeu. Quand elles comprennent qu’elle ont été trompées, elles deviennent incapables de croire à l’amour et c’est toute leur vie qui est détruite.
Qu’on y pense ou non, la relation sexuelle, au delà de l’intimité des corps, atteint les profondeurs de l’âme. C’est notre être le plus profond qui s’y implique. Débrancher le corps de l’âme, c’est un divorce intérieur, une sorte de schizophrénie. C’est pourquoi l’Église protège ce chef d’œuvre de Dieu qu’est la sexualité de tout ce qui peut l’abîmer ou la pervertir.»
Je vous conseille donc personnellement la fréquentation très régulière du sacrement de pénitence et d'en parler au prêtre, malgré la honte terrible que nous pouvons ressentir, il faut faire ce pas d'humilité et d'abandons que de confier nos travers les plus honteux au prêtre. Quand j'ai vraiment décidé de me libérer de ces péchés d'impureté, j'y allais toutes les semaines et je pense que ça a été salutaire, c'est au saint tribunal que j'ai pris les armes nécessaire pour mon combat.
Je vous conseille aussi de vous consacrer à Saint Michel Archange, qui lui aussi m'a aidé dans mon combat contre les chaînes du Démon.
L'acte de consécration que je récite chaque matin (quand je me réveille pas trop tard...

)
Ô grand Prince du ciel, gardien très fidèle de l'Eglise, Saint Michel Archange, moi, [Votre nom], quoique très indigne de paraître devant vous, confiant néanmoins dans votre spéciale bonté, touché de l'excellence de vos admirables prières et de la multitude de vos bienfaits, je me présente à vous, accompagné de mon Ange gardien ; et en présence de tous les Anges du ciel que je prends à témoin de ma dévotion envers vous, je vous choisis aujourd'hui pour mon protecteur et mon avocat particulier, et je me propose fermement de vous honorer toujours et de vous faire honorer de tout mon pouvoir. Assistez-moi pendant toute ma vie, afin que jamais je n'offense les yeux très purs de Dieu, ni en œuvres, ni en paroles, ni en pensées. Défendez-moi contre toutes les tentations du démon, spécialement pour la foi et la pureté, et, à l'heure de la mort, donnez la paix à mon âme et introduisez-la dans l'éternelle patrie. Ainsi soit-il.
et cette prière à ce même Ange pour garder mon sommeil :
Très glorieux Prince des armées célestes, Saint Michel Archange, défendez-nous dans le combat contre les principautés et les puissances, contre les chefs de ce monde de ténèbres, contre les esprits méchants répandus dans les airs.
Venez en aide aux hommes que Dieu a faits à son image et à sa ressemblance et rachetés à si haut prix de la tyrannie du démon.
La sainte Église vous vénère comme son gardien et son protecteur, vous à qui le Seigneur a confié les âmes rachetées pour les introduire dans la céleste félicité.
Conjurez le Dieu de paix d'écraser Satan sous nos pieds, afin de lui ôter tout pouvoir de retenir les hommes dans ses chaînes et de nuire à l'Église.
Présentez au Très-Haut nos prières, afin que, bien vite, le Seigneur nous fasse miséricorde. Soyez vainqueur de l'antique serpent qui n'est autre que Satan le diable pour le précipiter enchaîné et avec ses légions dans les abîmes et qu'il ne puisse plus jamais séduire les nations. AMEN.
Je citerai maintenant un chapitre de
L'imitation de Jésus-Christ que je trouve tout à fait pertinent :
Livre premier - Avis utiles pour entrer dans la vie intérieure
13. De la résistance aux tentations
1. Tant que nous vivons ici-bas, nous ne pouvons être exempts de tribulations et d'épreuves.
C'est pourquoi il est écrit au livre de Job: La tentation est la vie de l'homme sur la terre.
Chacun devrait donc être toujours en garde contre les tentations qui l'assiègent, et veiller et prier pour ne point laisser lieu aux surprises du démon, qui ne dort jamais, et qui tourne de tous côtés, cherchant quelqu'un pour le dévorer.
Il n'est point d'homme si parfait et si saint qui n'ait quelquefois des tentations, et nous ne pouvons en être entièrement affranchis.
2. Mais, quoique importunes et pénibles, elles ne laissent pas d'être souvent très utiles à l'homme parce qu'elles l'humilient, le purifient et l'instruisent.
Tous les saints ont passé par beaucoup de tentations et de souffrances, et c'est par cette voie qu'ils ont avancé; mais ceux qui n'ont pu soutenir ces épreuves, Dieu les a réprouvés, et ils ont défailli dans la route du salut.
Il n'y a point d'ordre si saint, ni de lieu si secret, où l'on ne trouve des peines et des tentations.
3. L'homme, tant qu'il vit, n'est jamais entièrement à l'abri des tentations, car nous en portons le germe en nous, à cause de la concupiscence dans laquelle nous sommes nés.
L'une succède à l'autre; et nous aurons toujours quelque chose à souffrir, parce que nous avons perdu le bien et la félicité primitive.
Plusieurs cherchent à fuir pour n'être point tentés, et ils y tombent plus gravement.
Il ne suffit pas de fuir pour vaincre, mais la patience et la véritable humilité nous rendent plus fort que tous nos ennemis.
4. Celui qui, sans arracher la racine du mal, évite seulement les occasions extérieures, avancera peu; au contraire, les tentations reviennent à lui plus promptement et plus violentes.
Vous vaincrez plus sûrement peu à peu et par une longue patience, aidé du secours de Dieu, que par une rude et inquiète opiniâtreté.
Prenez souvent conseil dans la tentation, et ne traitez point durement celui qui est tenté, mais secourez-le comme vous voudriez qu'on vous secourût vous-même.
5. Le commencement de toutes les tentations est l'inconstance de l'esprit et le peu de confiance en Dieu.
Car, comme un vaisseau sans gouvernail est poussé çà et là par les flots, ainsi l'homme faible et changeant qui abandonne ses résolutions est agité par des tentations diverses.
Le feu éprouve le fer, et la tentation, l'homme juste.
Nous ne savons souvent ce que nous pouvons, mais la tentation montre ce que nous sommes.
Il faut veiller cependant, surtout au commencement de la tentation, car on triomphe beaucoup plus facilement de l'ennemi, si on ne le laisse point pénétrer dans l'âme, et si on le repousse à l'instant même où il se présente pour entrer.
C'est ce qui a fait dire à un ancien: Arrêtez le mal dès son origine; le remède vient trop tard quand le mal s'est accru par de longs délais.
D'abord une simple pensée s'offre à l'esprit, puis une vive imagination, ensuite le plaisir et le mouvement déréglé, et le consentement. Ainsi peu à peu l'ennemi envahit toute l'âme, lorsqu'on ne lui résiste pas dès le commencement.
Plus on met de retard et de langueur à le repousser, plus on s'affaiblit chaque jour, et plus l'ennemi devient fort contre nous.
6. Plusieurs sont affligés de tentations plus violentes au commencement de leur conversion; d'autres, à la fin; il y en a qui souffrent presque toute leur vie.
Quelques-uns sont tentés assez légèrement, selon l'ordre de la sagesse et de la justice de Dieu qui connaît l'état des hommes, pèse leurs mérites, et dispose tout pour le salut de ses élus.
7. C'est pourquoi, quand nous sommes tentés, nous ne devons point perdre l'espérance, mais prier Dieu avec plus de ferveur, afin qu'il daigne nous secourir dans toutes nos tribulations; car, selon la parole de l'Apôtre, il nous fera tirer avantage de la tentation même, de sorte que nous puissions la surmonter.
Humilions donc nos âmes sous la main de Dieu, dans toutes nos tentations, dans toutes nos peines, parce qu'il sauvera et relèvera les humbles d'esprit.
8. Dans les tentations et les traverses, on reconnaît combien l'homme a fait de progrès. Le mérite est plus grand, et la vertu paraît davantage.
Il est peu difficile d'être pieux et fervent lorsque l'on n'éprouve rien de pénible; mais celui qui se soutient avec patience au temps de l'adversité donne l'espoir d'un grand avancement.
Quelques-uns surmontent les grandes tentations et succombent tous les jours aux petites, afin qu'humiliés d'être si faibles dans les moindres occasions, ils ne présument jamais d'eux-mêmes dans les grandes.
Réflexion de Lamennais - Livre 1, Chapitre 13
Nul homme n'est exempt de tentations. Elles nous purifient, nous éprouvent, nous instruisent, nous humilient.
Ce n'est pas seulement par la fuite ou par une résistance violente qu'on en triomphe, mais par une patience tranquille et un confiant abandon entre les mains de Dieu. Veillons cependant, selon le précepte de Jésus-Christ, veillons et prions. On surmonte aisément la tentation naissante. Mais si on la laisse croître et se fortifier, on porte, en succombant, la peine de sa négligence ou de sa présomption.
Voulez-vous réellement vaincre ? repoussez l'ennemi dès sa première attaque. Voulez-vous retirer du combat l'avantage en vue duquel Dieu permet que nous soyons tentés ? reconnaissez votre misère, votre faiblesse, votre impuissance et humiliez-vous de plus en plus. L'humilité est le fondement de notre sûreté, de notre paix et de toute perfection.
Je vous souhaite bon courage dans cette lutte difficile, en union de prières.
