Re: Mariage homosexuel : Manifestation du 13 janvier
Publié : dim. 23 déc. 2012, 22:11
Le défilé du 13 janvier 2013 à Paris devrait être le plus important depuis 1984. (article de presse)
La mobilisation contre le mariage homosexuel réunissant plusieurs défilés locaux, le 8 décembre à Lille, Le Mans, Nancy et Bordeaux, à l'appel du collectif La Manif Pour Tous et de son égérie, Virginie Merle, alias Frigide Barjot n'est qu'un petit tour de chauffe.
Car le spectre de la «super manif» nationale se profile à Paris, le 13 janvier. Elle pourrait bien être la plus importante qu'ait connue la capitale depuis le mouvement pour l'école libre, en 1984!
Cette hypothèse, dont les policiers commencent à se faire l'écho, ne relève pas d'une vague intuition.
Elle s'appuie sur des éléments objectifs que les spécialistes à la préfecture de police de Paris tentent de croiser afin d'adapter au mieux le dispositif de service d'ordre le jour J.
La police collationne les informations auprès de la SNCF, des sociétés de cars, des organisateurs du mouvement, qui discutent avec elle de l'itinéraire du défilé. Elle scrute aussi blogs et réseaux sociaux.
Et tout laisse à penser que la capitale sera noire de monde. Mais les autorités ne semblent guère disposées à inclure, pour autant, les Champs-Élysées dans le parcours des «anti».
Les milliers d'anonymes qui s'activent en coulisses pour réussir cette mobilisation espèrent atteindre le million de personnes. Une prévision optimiste, sachant que les Français qui battaient le pavé pour défendre l'école privée sous Mitterrand étaient 850.000, selon le ministère de l'Intérieur.
Vingt-huit ans plus tard, combien seront-ils ?
«Au moins 200.000 à 300.000, peut-être davantage…», spécule un haut fonctionnaire de police issu de la Sécurité publique. Ils n'auront pas de mal, en tout cas, à dépasser les records de ces dernières années. D'après les chiffres officiels, le plus gros cortège pour la défense des retraites a rassemblé 80.000 manifestants le 7 septembre 2010, tandis qu'au plus fort de la fronde anti-CPE, en 2006, les lycéens en colère étaient 92.000 à Paris. Le mouvement contre le plan Juppé en 1995 avait concentré, pour sa part, 75 000 protestataires à son point culminant.
Le 17 novembre, comme l'avait révélé Le Figaro, le premier défilé des «anti-mariage gay» avait surpris la Direction du renseignement de la "Police Parisienne".
Ses analystes attendaient 20.000 à 25.000 personnes, tout au plus.
Or, ceux qui ont battu le pavé, ce jour-là, étaient quelque 70.000, d'après le seul décompte de la police. «70.000, c'est déjà beaucoup pour une manifestation régionale. Alors imaginez quand la province va se fondre aux Parisiens le 13 janvier !», déclare un fonctionnaire spécialisé.
Prévoir l'ampleur du rassemblement relève du casse-tête pour les ex-RG. Car le public concerné, principalement des familles bien tranquilles, venues parfois avec leurs enfants, n'est pas le vivier habituel où la police tend ses grandes oreilles. Elle n'y dispose pas vraiment de capteurs. D'où les erreurs dans les estimations du 17 novembre, même en province. À Nantes, par exemple, terre d'élection du premier ministre, les prévisions étaient en dessous de la réalité.
En 1984, la manifestation pour l'école libre était un modèle d'organisation. Six «cerveaux» (quatre hommes et deux femmes) ont tout encadré. À leur tête: un pilote militaire à la retraite, assisté d'un colonel de réserve travaillant à l'organisation des réseaux postaux, d'un polytechnicien pour veiller à la circulation des autocars et à la réservation des trains supplémentaires. Une femme médecin était en lien avec des centaines de collègues sur le terrain, sans parler du financier de l'équipe, qui veillait à la contribution de l'enseignement catholique dans les académies. Une mécanique incroyablement huilée.
La bande à Barjot est-elle aussi disciplinée? D'après un haut fonctionnaire de la Place Beauvau "en 1984, il n'y avait pas INTERNET et sa fantastique capacité à fédérer les individus".
RAPPEL Rappel de la manifestation géante du 24 juin 1984 à Paris, pour mettre en échec le projet de loi Savary visant à désintégrer en France les écoles privées.
Ce mouvement a contribué à la chute du gouvernement de Pierre Mauroy le 17 juillet 1984. Le projet faisait partie des 110 propositions pour la France de François Mitterrand, candidat à l'élection présidentielle française de 1981. Le mouvement de riposte a été essentiellement poussé par les parents d'élèves du privé, ainsi que par les responsables politiques d'opposition et la presse sympathisante, à engager une épreuve de force plus ouverte avec le gouvernement en 1984.
Manifestations en régions Au premier semestre 1984, alors que se poursuivaient des contacts entre les responsables de l'enseignement catholique et le gouvernement, les défenseurs de l'école privée organisèrent une série de manifestations en régions et à Versailles afin de prouver leur capacité de mobilisation. À Bordeaux, le 22 janvier 1984, environ 60 000 manifestants se sont rassemblés, alors que la décision de manifester n'avait été prise que deux semaines auparavant. À cette occasion, l'archevêque de Bordeaux, Pierre Daniel et le chanoine Guiberteau ont pris la parole. À Lyon, le 29 janvier, entre 100 à 150 000 manifestants se sont rassemblés; puis entre 200 et 250 000 à Rennes le 18 février et entre 250 000 et 300 000 à Lille le 24 février À Versailles, le 4 mars, plus de 500 000 personnes pour la police (800 000 pour les organisateurs, près de 600 000 pour le quotidien Le Monde) se sont rassemblés devant le château après avoir convergé en quatre cortèges partant de différents points de la ville. Pierre Bellemare assurait l'animation à partir d'un podium géant de couleur bleue frappé de l'inscription « Liberté ». Différents responsables politiques, d'Anne-Aymone Giscard d'Estaing à Jean-Marie Le Pen, étaient présents dans le cortège, mais maintenus à l'écart du podium par des organisateurs qui se voulaient apolitiques.
La manifestation du 24 juin à Paris
À la suite des amendements Laignel et de l'adoption du projet de loi Savary en première lecture par les députés, les défenseurs de l'école privée décidèrent d'organiser une grande manifestation nationale à Paris. La date choisie, le 24 juin 1984, était une semaine après les élections européennes. Les dirigeants de l'enseignement catholique étaient à l'origine réticents à l'idée d'organiser cette démonstration de force. L'UNAPEL a fait état le 28 avril de son désir de « ne pas entrer dans l'engrenage des manifestations de rue ». Le mouvement Enseignement et Liberté, créé en 1983 et plus militant que les structures officielles de l'enseignement privé, estimait que cette manifestation avait été imposée par la base à une direction craintive. Des mouvements tels que le Comité du 4 décembre et certaines APEL locales agissaient en effet comme des aiguillons sur les instances dirigeantes soucieuses de ne pas compromettre leur caractère apolitique. La manifestation géante a rassemblé deux millions de personnes selon les organisateurs, et 550 000 selon la police. Des évêques, dont Jean-Marie Lustiger, Jean Vilnet, président de la Conférence des évêques de France, et Jean Honoré ont ouvertement apporté leur soutien aux manifestants. De nombreuses personnalités politiques de l'opposition ont défilé.
Le retrait du projet de loi Savary Le 14 juillet 1984 sur TF1, le président de la République François Mitterrand, annonce le retrait du projet de loi Savary. Pierre Mauroy et Alain Savary démissionnent le 17 juillet, remplacés respectivement par Laurent Fabius et Jean-Pierre Chevènement.
La mobilisation contre le mariage homosexuel réunissant plusieurs défilés locaux, le 8 décembre à Lille, Le Mans, Nancy et Bordeaux, à l'appel du collectif La Manif Pour Tous et de son égérie, Virginie Merle, alias Frigide Barjot n'est qu'un petit tour de chauffe.
Car le spectre de la «super manif» nationale se profile à Paris, le 13 janvier. Elle pourrait bien être la plus importante qu'ait connue la capitale depuis le mouvement pour l'école libre, en 1984!
Cette hypothèse, dont les policiers commencent à se faire l'écho, ne relève pas d'une vague intuition.
Elle s'appuie sur des éléments objectifs que les spécialistes à la préfecture de police de Paris tentent de croiser afin d'adapter au mieux le dispositif de service d'ordre le jour J.
La police collationne les informations auprès de la SNCF, des sociétés de cars, des organisateurs du mouvement, qui discutent avec elle de l'itinéraire du défilé. Elle scrute aussi blogs et réseaux sociaux.
Et tout laisse à penser que la capitale sera noire de monde. Mais les autorités ne semblent guère disposées à inclure, pour autant, les Champs-Élysées dans le parcours des «anti».
Les milliers d'anonymes qui s'activent en coulisses pour réussir cette mobilisation espèrent atteindre le million de personnes. Une prévision optimiste, sachant que les Français qui battaient le pavé pour défendre l'école privée sous Mitterrand étaient 850.000, selon le ministère de l'Intérieur.
Vingt-huit ans plus tard, combien seront-ils ?
«Au moins 200.000 à 300.000, peut-être davantage…», spécule un haut fonctionnaire de police issu de la Sécurité publique. Ils n'auront pas de mal, en tout cas, à dépasser les records de ces dernières années. D'après les chiffres officiels, le plus gros cortège pour la défense des retraites a rassemblé 80.000 manifestants le 7 septembre 2010, tandis qu'au plus fort de la fronde anti-CPE, en 2006, les lycéens en colère étaient 92.000 à Paris. Le mouvement contre le plan Juppé en 1995 avait concentré, pour sa part, 75 000 protestataires à son point culminant.
Le 17 novembre, comme l'avait révélé Le Figaro, le premier défilé des «anti-mariage gay» avait surpris la Direction du renseignement de la "Police Parisienne".
Ses analystes attendaient 20.000 à 25.000 personnes, tout au plus.
Or, ceux qui ont battu le pavé, ce jour-là, étaient quelque 70.000, d'après le seul décompte de la police. «70.000, c'est déjà beaucoup pour une manifestation régionale. Alors imaginez quand la province va se fondre aux Parisiens le 13 janvier !», déclare un fonctionnaire spécialisé.
Prévoir l'ampleur du rassemblement relève du casse-tête pour les ex-RG. Car le public concerné, principalement des familles bien tranquilles, venues parfois avec leurs enfants, n'est pas le vivier habituel où la police tend ses grandes oreilles. Elle n'y dispose pas vraiment de capteurs. D'où les erreurs dans les estimations du 17 novembre, même en province. À Nantes, par exemple, terre d'élection du premier ministre, les prévisions étaient en dessous de la réalité.
En 1984, la manifestation pour l'école libre était un modèle d'organisation. Six «cerveaux» (quatre hommes et deux femmes) ont tout encadré. À leur tête: un pilote militaire à la retraite, assisté d'un colonel de réserve travaillant à l'organisation des réseaux postaux, d'un polytechnicien pour veiller à la circulation des autocars et à la réservation des trains supplémentaires. Une femme médecin était en lien avec des centaines de collègues sur le terrain, sans parler du financier de l'équipe, qui veillait à la contribution de l'enseignement catholique dans les académies. Une mécanique incroyablement huilée.
La bande à Barjot est-elle aussi disciplinée? D'après un haut fonctionnaire de la Place Beauvau "en 1984, il n'y avait pas INTERNET et sa fantastique capacité à fédérer les individus".
RAPPEL Rappel de la manifestation géante du 24 juin 1984 à Paris, pour mettre en échec le projet de loi Savary visant à désintégrer en France les écoles privées.
Ce mouvement a contribué à la chute du gouvernement de Pierre Mauroy le 17 juillet 1984. Le projet faisait partie des 110 propositions pour la France de François Mitterrand, candidat à l'élection présidentielle française de 1981. Le mouvement de riposte a été essentiellement poussé par les parents d'élèves du privé, ainsi que par les responsables politiques d'opposition et la presse sympathisante, à engager une épreuve de force plus ouverte avec le gouvernement en 1984.
Manifestations en régions Au premier semestre 1984, alors que se poursuivaient des contacts entre les responsables de l'enseignement catholique et le gouvernement, les défenseurs de l'école privée organisèrent une série de manifestations en régions et à Versailles afin de prouver leur capacité de mobilisation. À Bordeaux, le 22 janvier 1984, environ 60 000 manifestants se sont rassemblés, alors que la décision de manifester n'avait été prise que deux semaines auparavant. À cette occasion, l'archevêque de Bordeaux, Pierre Daniel et le chanoine Guiberteau ont pris la parole. À Lyon, le 29 janvier, entre 100 à 150 000 manifestants se sont rassemblés; puis entre 200 et 250 000 à Rennes le 18 février et entre 250 000 et 300 000 à Lille le 24 février À Versailles, le 4 mars, plus de 500 000 personnes pour la police (800 000 pour les organisateurs, près de 600 000 pour le quotidien Le Monde) se sont rassemblés devant le château après avoir convergé en quatre cortèges partant de différents points de la ville. Pierre Bellemare assurait l'animation à partir d'un podium géant de couleur bleue frappé de l'inscription « Liberté ». Différents responsables politiques, d'Anne-Aymone Giscard d'Estaing à Jean-Marie Le Pen, étaient présents dans le cortège, mais maintenus à l'écart du podium par des organisateurs qui se voulaient apolitiques.
La manifestation du 24 juin à Paris
À la suite des amendements Laignel et de l'adoption du projet de loi Savary en première lecture par les députés, les défenseurs de l'école privée décidèrent d'organiser une grande manifestation nationale à Paris. La date choisie, le 24 juin 1984, était une semaine après les élections européennes. Les dirigeants de l'enseignement catholique étaient à l'origine réticents à l'idée d'organiser cette démonstration de force. L'UNAPEL a fait état le 28 avril de son désir de « ne pas entrer dans l'engrenage des manifestations de rue ». Le mouvement Enseignement et Liberté, créé en 1983 et plus militant que les structures officielles de l'enseignement privé, estimait que cette manifestation avait été imposée par la base à une direction craintive. Des mouvements tels que le Comité du 4 décembre et certaines APEL locales agissaient en effet comme des aiguillons sur les instances dirigeantes soucieuses de ne pas compromettre leur caractère apolitique. La manifestation géante a rassemblé deux millions de personnes selon les organisateurs, et 550 000 selon la police. Des évêques, dont Jean-Marie Lustiger, Jean Vilnet, président de la Conférence des évêques de France, et Jean Honoré ont ouvertement apporté leur soutien aux manifestants. De nombreuses personnalités politiques de l'opposition ont défilé.
Le retrait du projet de loi Savary Le 14 juillet 1984 sur TF1, le président de la République François Mitterrand, annonce le retrait du projet de loi Savary. Pierre Mauroy et Alain Savary démissionnent le 17 juillet, remplacés respectivement par Laurent Fabius et Jean-Pierre Chevènement.