Liturgie du jour avec Etienne Lorant (2012-2013)

« Mon âme aspire vers toi pendant la nuit, mon esprit te cherche dès le matin. » (Is 26.9)
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etienne lorant
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Le Royaume n'est pas pour les violents

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Le jeudi de la 2e semaine de l'Avent

Livre d'Isaïe 41,13-20.
Je suis le Seigneur ton Dieu. Je te prends la main droite, et je te dis : « Ne crains pas, je viens à ton secours. » Ne crains pas, Jacob, faible vermisseau, Israël, misérable mortel. Je viens à ton secours, déclare le Seigneur ; ton rédempteur, c'est le Dieu Saint d'Israël. J'ai fait de toi une herse à broyer la paille, toute neuve, hérissée de pointes : tu vas briser les montagnes, les broyer, et réduire les collines en menue paille; tu les passeras au crible, le vent les emportera, un tourbillon les dispersera. Mais toi, tu mettras ta joie dans le Seigneur, ta fierté dans le Dieu Saint d'Israël. Les petits et les pauvres cherchent de l'eau, et il n'y en a pas; leur langue est desséchée par la soif. Moi, le Seigneur, je les exaucerai, moi, le Dieu d'Israël, je ne les abandonnerai pas. Sur les hauteurs dénudées je ferai jaillir des fleuves, et des sources dans les ravins. Je changerai le désert en lac, et la terre aride en fontaines. Je mettrai dans le désert le cèdre et l'acacia, le myrte et l'olivier ; je mettrai dans les terres incultes le cyprès, le pin et le mélèze, afin que tous regardent et reconnaissent, afin que tous considèrent et découvrent que la main du Seigneur a fait tout cela, que le Dieu Saint d'Israël en est le créateur.[/i]

Psaume 145(144),1.9.10-11.12-13ab.
Je t'exalterai, mon Dieu, mon Roi,
je bénirai ton nom toujours et à jamais !
la bonté du Seigneur est pour tous,
sa tendresse, pour toutes ses œuvres.


Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 11,11-15.
Jésus déclarait aux foules : " Amen, je vous le dis : Parmi les hommes, il n'en a pas existé de plus grand que Jean Baptiste; et cependant le plus petit dans le Royaume des cieux est plus grand que lui. Depuis le temps de Jean Baptiste jusqu'à présent, le Royaume des cieux subit la violence, et des violents cherchent à s'en emparer. Tous les Prophètes, ainsi que la Loi, ont parlé jusqu'à Jean. Et, si vous voulez bien comprendre, le prophète Élie qui doit venir, c'est lui. Celui qui a des oreilles, qu'il entende !


Dans sa prophétie, Isaïe ne parle pas du Dieu d'Israël comme les juifs ont pris l'habitude de le considérer. Depuis toujours, ces derniers prient en estimant que Dieu se doit d'agir comme étant la puissance ultime qui conduira Israël de victoires en conquêtes, puisqu'il est le peuple choisi parmi tous les peuples de la terre, le peuple élu. Certes, semble dire Isaïe, Dieu est la puissance parmi toutes, mais son dessein n'est pas la violence, la guerre, la domination d'un peuple sur tous les autres. Lorsqu'on lit attentivement les Juges et le livre des Rois, on se rend compte que Dieu ne se soumet pas aux projets guerriers de son peuple: Il leur a promis la terre sainte, mais Il n'approuve pas les massacres. C'est ainsi qu'Israël, en prétendant anéantir les Philistins au nom de Dieu, sont battus par deux fois et perdent des milliers de guerriers - et même leur trésor, l'Arche d'Alliance, tombe entre les mains de l'ennemi. Mais au moment choisi par Dieu, le petit roi roux, David, un simple berger, viendra à bout de Goliath le géant d'une seule pierre lancée par sa fronde. Toute la puissance que Dieu déploie effectivement n'est pas destinée à la violence, mais au salut "de Jacob, faible vermisseau, Israël, misérable mortel." En Isaïe paraît déjà le Dieu de miséricorde, que l'on aime, que l'on prie et qui exauce.

Et dans l’Évangile, Jésus reprend la même pédagogie. Le retour du prophète Elie avait été annoncé pour préparer la venue du Messie. Et survient donc Jean le Baptiste qui, tout en prêchant un baptême de conversion, annonce comme ses prédécesseurs la venue d'un nouveau Roi - qu'il se représente bien sûr comme un nouveau roi conquérant ! Mais il n'en sera pas ainsi, dit Jésus, et c'est pourquoi "le plus petit dans le Royaume des Cieux" - le Royaume de l'amour de Dieu, sera plus grand que Jean. C'est ainsi que la première Alliance arrive à sa fin, tandis que s'ouvre le temps de la nouvelle Alliance - qui dure encore aujourd'hui.

Jésus a-t-il jamais prêché une religion des violents et des forts ? Non pas, mais au contraire, on se souvient des enfants présentés à bénédiction du Seigneur: "On présenta des enfants à Jésus pour qu’il leur impose les mains en priant. Mais les disciples les écartaient vivement. Jésus leur dit : « Laissez les enfants, ne les empêchez pas de venir à moi, car le royaume des cieux est à ceux qui leur ressemblent. »
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
etienne lorant
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Re: Le Royaume n'est pas pour les violents

Message non lu par etienne lorant »

etienne lorant a écrit : C'est ainsi qu'Israël, en prétendant anéantir les Philistins au nom de Dieu, sont battus par deux fois et perdent des milliers de guerriers - et même leur trésor, l'Arche d'Alliance, tombe entre les mains de l'ennemi.
Au chapitre 8 du Premier livre de Samuel, on trouve la demande faite par les juifs pour obtenir de Samuel un roi. Mais le Seigneur essaie, par la bouche de son prophète, de les dissuader d'un tel choix. Je trouve très touchante la manière paternelle qu'a Dieu de vouloir expliquer à son peuple les désavantages d'une royauté: tout ce qu'il leur en coûtera. En agissant ainsi, non seulement Il passe outre le fait que le peuple élu vient une nouvelle fois de l'offenser: "C'est moi qu'ils rejettent, dit Dieu, pour que je ne règne plus sur eux". Mais il est vraiment le Dieu qui prend soin du bonheur de ses enfants et il les prévient:

6 Ce langage déplut à Samuel parce qu'ils disaient: «Donne-nous un roi pour nous juger;» et Samuel pria Yahweh.
7 Yahweh dit à Samuel: «Ecoute la voix du peuple dans tout ce qu'il te dira; car ce n'est pas toi qu'ils rejettent, c'est moi qu'ils rejettent, pour que je ne règne plus sur eux.
8 Comme ils ont toujours agi à mon égard depuis le jour où je les ai fait monter d'Egypte jusqu'à présent, me délaissant pour servir d'autres dieux, ainsi ils agissent envers toi.

9 Et maintenant, écoute leur voix; mais dépose témoignage contre eux, et fais-leur connaître le droit du roi qui règnera sur eux.»
10 Samuel rapporta toutes les paroles de Yahweh au peuple qui lui demandait un roi.
11 Il dit: «Voici quel sera le droit du roi qui règnera sur vous: Il prendra vos fils, et il les mettra sur son char et parmi ses cavaliers, et ils courront devant son char.
12 Il s'en fera des chefs de mille et des chefs de cinquante; il leur fera labourer ses champs, récolter ses moissons, fabriquer ses armes de guerre et l'attirail de ses chars.
13 Il prendra vos filles pour parfumeuses, pour cuisinières et pour boulangères.
14 Vos champs, vos vignes et vos oliviers les meilleurs, il les prendra et les donnera à ses serviteurs.
15 Il prendra la dîme de vos moissons et de vos vignes, et la donnera à ses courtisans et à ses serviteurs.
16 Il prendra vos serviteurs et vos servantes, vos meilleurs boeufs et vos ânes, et les emploiera à ses ouvrages.
17 Il prendra la dîme de vos troupeaux, et vous-mêmes serez ses esclaves.
18 Vous crierez en ce jour-là à cause de votre roi que vous vous serez choisi, mais Yahweh ne vous exaucera pas.»

19 Le peuple refusa d'écouter la voix de Samuel; ils dirent: «Non, mais il y aura un roi sur nous,
20 et nous serons, nous aussi, comme toutes les nations; notre roi nous jugera, il marchera à notre tête et conduira nos guerres.»
21 Après avoir entendu toutes les paroles du peuple, Samuel les redit aux oreilles de Yahweh.
22 Et Yahweh dit à Samuel: «Ecoute leur voix et établis un roi sur eux.» Alors Samuel dit aux hommes d'Israël: «Que chacun de vous s'en aille à sa ville.»


C'est bien la lecture de l'Ancien Testament qui nous montre comment les juifs n'étaient pas disposés à reconnaître Jésus comme le "roi des rois" !
[+] Texte masqué
http://bible.catholique.org/premier-liv ... chapitre-8
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Dieu est tout proche et qui le reconnaît ?

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Le samedi de la 2e semaine de l'Avent

Livre de l'Ecclésiastique 48,1-4.9-11.
Le prophète Élie surgit comme un feu, sa parole brûlait comme une torche.
Il fit venir la famine sur les hommes d'Israël, et, dans son ardeur, en fit périr un grand nombre.
Par la parole du Seigneur, il ferma le ciel, et à trois reprises il en fit descendre le feu.
Comme tu étais redoutable, Élie, dans tes prodiges ! Qui pourrait se glorifier d'être ton égal ?
toi qui fus emporté dans un tourbillon de feu par un char aux coursiers de feu ;
toi qui fus préparé pour la fin des temps, ainsi qu'il est écrit, afin d'apaiser la colère avant qu'elle n'éclate, afin de ramener le cœur des pères vers les fils et de rétablir les tribus de Jacob,
heureux ceux qui te verront, heureux ceux qui se sont endormis dans l'amour du Seigneur, car nous aussi nous posséderons la vraie vie


Psaume 80(79),2ac.3bc.15-16a.18-19.
Berger d'Israël, écoute,
resplendis au-dessus des Kéroubim.
Réveille ta vaillance
et viens nous sauver.

Dieu de l'univers reviens !
Du haut des cieux, regarde et vois :
visite cette vigne, protège-la,
celle qu'a plantée ta main puissante.

Que ta main soutienne ton protégé,
le fils de l'homme qui te doit sa force.
Jamais plus nous n'irons loin de toi :
fais-nous vivre et invoquer ton nom !


Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 17,10-13.
Les disciples interrogèrent Jésus : « Pourquoi donc les scribes disent-ils que le prophète Élie doit venir d'abord ? » Jésus leur répondit : « Élie va venir pour remettre tout en place. Mais, je vous le déclare : Élie est déjà venu ; au lieu de le reconnaître, ils lui ont fait tout ce qu'ils ont voulu. Le Fils de l'homme, lui aussi, va souffrir par eux. » Alors les disciples comprirent qu'il leur parlait de Jean le Baptiste.


Les scribes disent que... Et ils parlent avec autorité et pleine assurance, ce qui impressionne les premiers disciples de Jésus. Et que disent les scribes ? Qu'un terrible prophète, qui a été emporté aux cieux par un char de feu, doit d'abord revenir. Mais par ces paroles, ils s'enferment eux-mêmes dans une représentation apocalyptique ... qui est complètement en dehors de la réalité de ce second Elie que Jean fut pourtant. Car Jean le Baptiste s'exprimait en certaines occasions de façon véhémente et avec la même force et la même fougue que le prophète Elie. Mais à cause de l'imagerie véhiculée par les scribes, Jean n'a pas été reconnu. Et après Jean, c'est Jésus lui-même, en dépit des miracles et des signes, qui ne sera pas reconnu.
Ah, évidemment, si Jésus était soudainement descendu du ciel pour se poser délicatement au centre du temple de Jérusalem, tous l'eurent reconnu !... C'est donc exactement ce que lui a proposé le diable.

Mais Dieu n'est pas ainsi, Dieu n'agit pas comme une divinité magique et furieuse. Car Dieu est amour. Dieu est proche de la veuve et de l'orphelin. De l'esprit abattu, de l'étranger que l'on chasse, de l'enfant que l'on a injustement puni, du condamné à mort, de la femme qui accouche, des pêcheurs sur un lac, des lépreux sur le chemin, etc. "Le Royaume ne vient pas de manière à frapper le regard... il est au milieu de vous".

Comme elles sont donc graves et nuisibles pour l'homme ces fausses représentations de Dieu qui détournent les croyants de la vraie foi ! Aujourd'hui, il nous est possible, à chacun, de rencontrer le Seigneur. Il suffit de quelques gestes de simple bienveillance, une salutation, un petit service rendu, une prière sincère, un renoncement qui passe inaperçu. Je crois bien qu'aujourd'hui, comme au temps où Jésus a adressé à ses disciples les paroles de cet Évangile, le Seigneur est tout proche et nous le rencontrerons, pour peu que nous soyons attentifs à notre prochain qui a froid... car l'hiver est là !


Dédié à Tcheslaw
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Le baptême dans l'eau et le baptême dans le feu

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Troisième Dimanche de l'Avent

Livre de Sophonie 3,14-18.
Pousse des cris de joie, fille de Sion ! éclate en ovations, Israël ! Réjouis-toi, tressaille d'allégresse, fille de Jérusalem ! [/i]

Livre d'Isaïe 12,2.4bcde.5-6.
Jouez pour le Seigneur !
car il a fait des prodiges que toute la terre connaît.
Jubilez, criez de joie, habitants de Sion,
car il est grand au milieu de toi, le Saint d'Israël !


Lettre de saint Paul Apôtre aux Philippiens 4,4-7.
Frères, soyez toujours dans la joie du Seigneur ; laissez-moi vous le redire ; soyez dans la joie.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 3,10-18.
Les foules qui venaient se faire baptiser par Jean lui demandaient : « Que devons-nous faire ? »
Jean leur répondait : « Celui qui a deux vêtements, qu'il partage avec celui qui n'en a pas ; et celui qui a de quoi manger, qu'il fasse de même ! »
Des publicains (collecteurs d'impôts) vinrent aussi se faire baptiser et lui dirent : « Maître, que devons-nous faire ? »
Il leur répondit : « N'exigez rien de plus que ce qui vous est fixé. »
A leur tour, des soldats lui demandaient : « Et nous, que devons-nous faire ? » Il leur répondit : « Ne faites ni violence ni tort à personne ; et contentez-vous de votre solde. »
Or, le peuple était en attente, et tous se demandaient en eux-mêmes si Jean n'était pas le Messie.
Jean s'adressa alors à tous : « Moi, je vous baptise avec de l'eau ; mais il vient, celui qui est plus puissant que moi. Je ne suis pas digne de défaire la courroie de ses sandales. Lui vous baptisera dans l'Esprit Saint et dans le feu.
Il tient à la main la pelle à vanner pour nettoyer son aire à battre le blé, et il amassera le grain dans son grenier ; quant à la paille, il la brûlera dans un feu qui ne s'éteint pas. »
Par ces exhortations et bien d'autres encore, il annonçait au peuple la Bonne Nouvelle
.


J'ai été frappé de réaliser que tous les textes des lectures comprennent le mot "Joie", accolé à l'allégresse par Sophonie, répété par saint Paul, tandis que le Psaume lui adjoint la jubilation. Tous les textes tournent autour de la joie... sauf l’Évangile dans lequel Jean établit une nette distinction entre son baptême - qui est de conversion, et destiné à laver le pécheur de ses souillures - et celui que donne le Messie - lequel baptise dans l'Esprit Saint et le feu.

Y aurait-il donc une différence importante entre l'incitation à la joie et le baptême dans l'Esprit Saint ?

Il m'est arrivé souvent, en pratiquant cet exercice de méditation, de citer la "joie" et "la force". Je dis souvent qu'à l'Eucharistie, je reçois "tantôt la joie, tantôt la force, parfois les deux". Mais en réalité, qu'il s'agisse de joie ou de force, ou d'autres grâces, tout vient de l'Esprit Saint. J'aime également l'image du baptême dans le feu, car il s'agit encore d'un même jaillissement. Le feu, lui, brûle dans la poitrine, puis devient une effervescence pour l'esprit.

De la sorte, les personnes qui sont venus demander à Jean ce qu'ils devaient faire, reçoivent des instructions sur la manière, pour eux, selon leurs fonctions, de pratiquer la justice. Ils devront s'y appliquer. Mais lorsque Jésus vient, la pratique d'un commandement procède autrement que de la volonté - mais la justice jaillit du coeur, l'aumône tend à se dépasser, l'humilité devient un mouvement naturel, les sourires et les rires éclatent sans contrainte.

Ce matin, j'ai eu l'occasion de parler (une fois de plus) du jour où je fus délivré de ma tabagie. En cette occasion toute particulière, la souffrance au creux de la poitrine fut extraordinaire, mais la Joie qui est apparue au moment même... était de nature telle que j'aurais aimé le lendemain souffrir encore avant de retrouver la puissance de cette Joie. Et depuis, lorsque je pense au purgatoire, je suis rassuré de savoir que l'âme y sera purifié "comme à travers le feu - certes, mais elle VERRA l'éternité de Joie vers laquelle elle promise. Voici qui est très rassurant, je l'assure, mais je voudrais le dire mieux encore !
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Entrer dans le dessein de Dieu

Message non lu par etienne lorant »

Férie de l'Avent : semaine avant Noël (18 déc.)

Livre de Jérémie 23,5-8.
Voici venir des jours, déclare le Seigneur, où je donnerai à David un Germe juste : il régnera en vrai roi, il agira avec intelligence, il exercera dans le pays le droit et la justice. Sous son règne, le royaume de Juda sera sauvé, et Israël habitera sur sa terre en sécurité. Voici le nom qu'on lui donnera : « Le-Seigneur-est-notre-justice ». Oui, voici venir des jours - déclare le Seigneur - où, pour prêter serment, on ne dira plus : « Par le Seigneur vivant, qui a fait monter du pays d'Égypte les fils d'Israël ». Mais on dira : « Par le Seigneur vivant, qui a fait monter du pays du Nord les hommes de la maison d'Israël, qui les a ramenés de tous les pays où il les avait dispersés, et qui les fait demeurer sur leur propre sol ».


Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 1,18-24.
Voici quelle fut l'origine de Jésus Christ. Marie, la mère de Jésus, avait été accordée en mariage à Joseph ; or, avant qu'ils aient habité ensemble, elle fut enceinte par l'action de l'Esprit Saint.
Joseph, son époux, qui était un homme juste, ne voulait pas la dénoncer publiquement ; il décida de la répudier en secret. Il avait formé ce projet, lorsque l'ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit : « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse : l'enfant qui est engendré en elle vient de l'Esprit Saint ; elle mettra au monde un fils, auquel tu donneras le nom de Jésus (c'est-à-dire : Le-Seigneur-sauve), car c'est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. »
Tout cela arriva pour que s'accomplît la parole du Seigneur prononcée par le prophète :
Voici que la Vierge concevra et elle mettra au monde un fils, auquel on donnera le nom d'Emmanuel, qui se traduit : « Dieu-avec-nous ». Quand Joseph se réveilla, il fit ce que l'ange du Seigneur lui avait prescrit : il prit chez lui son épouse



Les textes proposés à la méditation aujourd'hui nous montrent les hommes s'efforçant d'interpréter les desseins de Dieu d'après ce qu'ils connaissent. Ainsi, Jérémie prophétise un "Germe juste" et interprète ce qu'il sera en fonction de l'histoire passée : de même que le peuple a été libéré des mains des égyptiens, de même le peuple en esclavage à Babylone vivra un jour en sécurité sur la terre donnée par Dieu.

Joseph est lui aussi un bon juif, qui désire la justice de Dieu comme tout bon juif. Mais dans le cas intime qui le touche, cette justice implique la répudiation de Marie de par la loi. Son état à ce moment vaut bien l'esclavage: le voici enchaîné à la loi à laquelle il a choisi d'appartenir - et écartelé par son amour pour Marie.

Je crois qu'une telle situation, nous l'avons tous et toutes connue à un moment donné de nos vies. Ce sont des impasses, des épreuves, des occasions que le Seigneur nous envoie pour mesurer la confiance que nous Lui accordons. La vie chrétienne est simple lorsque tout se met en place de la façon dont nous l'avions imaginé. Et puis, d'un seul coup surgit un gros problème, une impossibilité de poursuivre, un changement radical qui nous déroute complètement.

J'ai vécu cela en perdant mon travail durant une période d'un an et trois mois. Quelle panique ! J'ai fini par devoir revenir à la maison des parents - à 46 ans ! Catastrophe, ce n'était pas du tout ce que j'avais pensé ! Assez vite, cependant, la situation s'est améliorée. J'ai dû m'investir dans l'assistance à mon père âgé (dur, dur !) et cela jusqu'à sa fin. Mais, en contre-partie, il m'a mis au courant de ses comptes, m'a demandé de gérer de plus en plus le bon entretien de la maison, etc. Et c'est durant cette période "impossible", que j'ai commencé la lecture du Petit Journal de sainte Faustine, qui allait me conduire à la théologie de la Miséricorde divine, laquelle me pousserait à écrire sur le web, etc.

La parole de l'ange, je ne l'ai pas entendue, ce "Ne crains pas !", mais j'ai tout de même repris confiance et j'ai prié cette année-là plus que jamais. Je partais des heures entières, à pieds, le chapelet en poche. Et j'ai vécu un bonheur intérieur au milieu d'un malheur extérieur: combien de connaissances, me croisant dans la rue, m'ont plaint pour mon échec ! Mais j'ai repris mon travail, j'y suis toujours, j'ai beaucoup appris, j'ai découvert que je savais écrire et le "feu intérieur" qu'apporte l'Eucharistie, j'en vis plus que jamais.

Désormais, je fais une distinction entre "foi" et "foi de confiance". Pour moi (je ne dis pas que cela vaut pour tous), la foi procédait de mon mental : il était raisonnable et bon et juste de croire en Dieu, tandis que la confiance, c'est la foi qui ensemence le coeur et y fait lever le bon grain.

Et l'impasse dans laquelle s'est retrouvé Joseph fut le commencement d'une vie toute nouvelle !
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Le cas de la prière incrédule

Message non lu par etienne lorant »

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 1,5-25.
Il y avait, au temps d'Hérode le Grand, roi de Judée, un prêtre nommé Zacharie, du groupe d'Abia. Sa femme aussi était descendante d'Aaron ; elle s'appelait Élisabeth.
Tous les deux vivaient comme des justes devant Dieu : ils suivaient tous les commandements et les préceptes du Seigneur d'une manière irréprochable.
Ils n'avaient pas d'enfant, car Élisabeth était stérile, et tous deux étaient âgés.
Or, tandis que Zacharie, au jour fixé pour les prêtres de son groupe, assurait le service du culte devant Dieu,
il fut désigné par le sort, suivant l'usage liturgique, pour aller offrir l'encens dans le sanctuaire du Seigneur.
Toute l'assemblée du peuple se tenait dehors en prière à l'heure de l'offrande de l'encens.
L'ange du Seigneur lui apparut debout à droite de l'autel de l'encens.
En le voyant, Zacharie fut bouleversé et saisi de crainte.
L'ange lui dit : « Sois sans crainte, Zacharie, car ta supplication a été entendue : ta femme Élisabeth te donnera un fils, et tu le nommeras Jean.
Tu seras dans la joie et l'allégresse, beaucoup d'hommes se réjouiront de sa naissance,
car il sera grand devant le Seigneur. Il ne boira pas de vin ni de boissons fermentées, et il sera rempli de l'Esprit Saint dès avant sa naissance ;
il fera revenir de nombreux fils d'Israël au Seigneur leur Dieu,
il marchera devant le Seigneur, avec l'esprit et la puissance du prophète Élie, pour faire revenir le cœur des pères vers leurs enfants, convertir les rebelles à la sagesse des hommes droits, et préparer au Seigneur un peuple capable de l'accueillir. »
Mais Zacharie dit à l'ange : « Comment vais-je savoir que cela arrivera ? Moi, je suis un vieil homme, et ma femme aussi est âgée. »
L'ange lui répondit : « Je suis Gabriel ; je me tiens en présence de Dieu, et j'ai été envoyé pour te parler et pour t'annoncer cette bonne nouvelle.
Mais voici que tu devras garder le silence, et tu ne pourras plus parler jusqu'au jour où cela se réalisera, parce que tu n'as pas cru à mes paroles : elles s'accompliront lorsque leur temps viendra. »
Le peuple attendait Zacharie et s'étonnait de voir qu'il restait si longtemps dans le sanctuaire.
Quand il sortit, il ne pouvait pas leur parler, et ils comprirent qu'il avait eu une vision dans le sanctuaire. Il leur faisait des signes, car il demeurait muet.
Lorsqu'il eut achevé son temps de service au Temple, il repartit chez lui.
Quelque temps plus tard, sa femme Élisabeth devint enceinte. Pendant cinq mois, elle garda le secret. Elle se disait :
« Voilà ce que le Seigneur a fait pour moi, lorsqu'il a daigné mettre fin à ce qui faisait ma honte aux yeux des hommes. »


Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

D'où vient que le prêtre Zacharie, alors même qu'il prie pour avoir une descendance, qu'il se trouve dans "le saint des saints" du temple... où l'archange Gabriel, messager préféré par Dieu, lui apparaît et lui annonce que sa prière est exaucée... ne parvient tout de même pas à y croire ?

C'est cette incrédulité qui a retenu mon attention ce matin. Non pas que je la trouve inadmissible, mais parce qu'elle dévoile une attitude à l'égard de Dieu qui est bien ancrée dans la nature humaine. Son épouse Elizabeth et lui-même priaient depuis longtemps tout en ne s'attendant plus vraiment à être exaucés.

Et pour vous, qu'en est-il ? Ne vous arrive-t-il pas de dire: "J'ai dû me tromper dans ma demande", ou encore: c'est déjà trop tard à présent et je ne sais plus si j'ai bien fait de Lui faire telle demande". C'est tellement humain ! Nous sommes chargés d'une telle incrédulité. Notre âme et notre coeur son tellement ancrés dans notre chair !

Je dirai ce que j'ai appris. Pour certaines demandes, j'ai été exaucé très rapidement. Pour une demande particulière, j'ai obtenu ce que je demandais - mais au bout de trois années de prière quotidienne. Cela m'avait été étonné, mais je savais que Dieu me répondrait et j'ai continué de prier. Et finalement, cette demande fut exaucée, mais elle s'est avérée désastreuse pour moi: ce que j'ai demandé, je l'ai obtenu, mais ce fut pour moi une occasion de chute - et une chute douloureuse, avec une révélation sur le fait que le Seigneur lui-même ne peut contraindre quiconque à aimer.

Désormais, la plupart de mes prières de demande, parce que mes erreurs m'ont été profitables, sont des demandes qui disent : qu'il m'en soit fait en tout selon la volonté du Père. Il n'est rien de meilleur, par sa prière, de s'ajuster à la volonté de Dieu, laquelle est toujours bonne pour nous.

Le père Jean Lafrance, déjà cité, avait eu ce mot heureux : nos prières sont tout à la fois exaucées et "ex-haussées"...

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Re: Le cas de la prière incrédule

Message non lu par etienne lorant »

A propos de ces prières incrédules - de notre penchant incrédule, tandis même que nous disons notre Credo, tout d'un coup cela m'a rappelé quelque chose... Eh oui ! L'appel de l'apôtre Nathanaël - qui semble avoir fait sourire Jésus !

Jean 1, 43-51

Philippe rencontre Nathanaël et lui dit : « Celui dont parlent la loi de Moïse et les Prophètes, nous l’avons trouvé : c’est Jésus fils de Joseph, de Nazareth. » Nathanaël répliqua : « De Nazareth ! Peut-il sortir de là quelque chose de bon ? » Philippe répond : « Viens, et tu verras. » Lorsque Jésus voit Nathanaël venir à lui, il déclare : « Voici un véritable fils d’Israël, un homme qui ne sait pas mentir. » Nathanaël lui demande : « Comment me connais-tu ? » Jésus lui répond : « Avant que Philippe te parle, quand tu étais sous le figuier, je t’ai vu. » Nathanaël lui dit : « Rabbi, c’est toi le Fils de Dieu ! C’est toi le roi d’Israël ! » Jésus reprend : « Je te dis que je t’ai vu sous le figuier, et c’est pour cela que tu crois ! Tu verras des choses plus grandes encore. »



Donc, Nathanaël s'était retire sous un figuier, probablement pour méditer et prier, et il s'est certainement adressé à Dieu tout en se disant que peut-être, au plus haut des Cieux, Dieu l'entendrait ?
J'imagine sa tête quand Jésus lui a révélé qu'il était bien là, avec lui, sous le figuier ! :wow:
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
etienne lorant
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Marie et l'Esprit-Saint

Message non lu par etienne lorant »

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 1,26-38.
L'ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, appelée Nazareth,
à une jeune fille, une vierge, accordée en mariage à un homme de la maison de David, appelé Joseph ; et le nom de la jeune fille était Marie.
L'ange entra chez elle et dit : « Je te salue, Comblée-de-grâce, le Seigneur est avec toi. »
À cette parole, elle fut toute bouleversée, et elle se demandait ce que pouvait signifier cette salutation.
L'ange lui dit alors : « Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu.
Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils ; tu lui donneras le nom de Jésus.
Il sera grand, il sera appelé Fils du Très-Haut ; le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ;
il régnera pour toujours sur la maison de Jacob, et son règne n'aura pas de fin. »
Marie dit à l'ange : « Comment cela va-t-il se faire, puisque je suis vierge ? »
L'ange lui répondit : « L'Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ; c'est pourquoi celui qui va naître sera saint, et il sera appelé Fils de Dieu.
Et voici qu'Élisabeth, ta cousine, a conçu, elle aussi, un fils dans sa vieillesse et elle en est à son sixième mois, alors qu'on l'appelait : 'la femme stérile'. Car rien n'est impossible à Dieu. »
Marie dit alors : « Voici la servante du Seigneur ; que tout se passe pour moi selon ta parole. » Alors l'ange la quitta.


Notre prêtre nous a dit que saint Luc avait dû recomposer cette annonce à Marie en fonction de ce que l'Esprit Saint l'a inspiré d'écrire... mais pour ma part, je crois aussi que Marie, qui était au cénacle avec les onze apôtre, dans l'attente de l'effusion de l'Esprit Saint, leur aura rapporté des évènements de sa vie et de celle de Jésus qu'ils ne connaissaient pas (dont les noces de Cana, par exemple). Après la crucifixion et la mise au tombeau, en dépit même des apparitions de Jésus ressuscité, c'est forcément la foi de Marie qui a achevé de relever les disciples de leur stupeur et de leur crainte.

Comme j'y songe, la fête de la Pentecôte pourrait tout aussi bien célébrer en même temps l'Esprit qui donne la vie là où elle semble impossible, l'Esprit qui ouvre les coeurs , dénoue les langues, suscite la Joie en lumière de compréhension ainsi qu'en feu de témoignage.

Nous ne sommes plus qu'à quelques jours de Noël. Je n'ai pas vu de crèche en ville. Je n'ai pas reçu de cartes. Mais il y une crèche dans la maison de repos (en même temps qu'un Père Noël à l'étage). J'ai songé que c'est bien la force de l'Esprit-Saint d'être présent partout mais pas de la manière humaine. Je songe à assister à la petite messe très intime que célébrera dans une autre maison de repos le prêtre réfugié du Pakistan qui est, lui aussi, logé en maison de repos en ville. J'arrive donc à Noël non par une large route en chantant à tue-tête, mais par un sentier que mon coeur connaît bien et qui va de la nuit au jour, des ténèbres à la lumière, de tout ce qui était mort vers une vie renouvelée...
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Re: Marie et l'Esprit-Saint

Message non lu par etienne lorant »

La lecture du message du Pape en cette occasion a gonflé ma joie, car il manifeste que la puissance de Dieu est à l'oeuvre en des moyens si simples en apparence et de si pauvre "efficacité" : c'est ainsi que le géant Goliath a été abattu par la petite pierre du berger David... Gardons la foi !

Catéchèse sur la foi et la joie de Marie

ROME, mercredi 19 décembre 2012 – Benoît XVI annonce « la fin de la tristesse causée par les ténèbres du mal ».
Il souligne aussi que « la gloire de Dieu » se manifeste « dans la pauvreté d’un Enfant sans défense » vainqueur « des puissances du monde ».

Le pape a en effet centré sa catéchèse du mercredi sur la foi et la joie de la Vierge Marie « Fille de Sion », fille d’Abraham, lors de l’audience du mercredi, en la salle Paul VI du Vatican. Le pape a spécialement commenté la péricope évangélique de l’Annonciation. C’étai la dernière audience générale de l’année civile.

« Le mystère de l’Annonciation montre la foi de Marie. L’ange Gabriel lui adresse ces paroles : « Je te salue, comblée-de-grâce ! Le Seigneur est avec toi !». Cette salutation invite à une joie profonde ; elle annonce la fin de la tristesse causée par les ténèbres du mal, et marque le début de la Bonne Nouvelle », affirme Benoît XVI. Pour le pape, « en Marie s’accomplit l’attente de la venue définitive de Dieu. Demeure de l’Esprit Saint, Marie est la créature qui a ouvert de manière unique les portes au Créateur ».
Le pape évoque la foi du patriarche Abraham : « Comme Abraham, elle se soumet à la volonté divine dans l’obéissance de la foi. De même qu’Abraham est le père des croyants, de même Marie devient le modèle et la mère des croyants ».
Et il souligne l’alternance de joie et de « nuit » spirituelle : « Le cheminement de foi d’Abraham et de Marie est fait de moments de joie et d’obscurité. Marie vit dans la foi la joie de l’Annonciation ; elle passe par l’obscurité de la crucifixion de son Fils, pour arriver à la lumière de la Résurrection ».

Le pape a actualisé cette lecture biblique pour les baptisés aujourd’hui : « Il en est de même pour nous dans notre cheminement de foi. Durant sa vie, Marie renouvelle constamment son oui à la volonté de Dieu. Elle laisse Sa Parole pénétrer son esprit et son cœur ». Benoît XVI a conclu sur cette invitation à l’humilité : « Chers amis, Noël nous invite à suivre l’humilité et l’obéissance de Marie. Cette fête nous dit que la gloire de Dieu ne se manifeste pas dans le triomphe, mais dans la pauvreté d’un Enfant sans défense dont la puissance vainc en définitive le bruit des puissances du monde ».
[+] Texte masqué
http://www.zenit.org/article-32906?l=french
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Magnificat anima mea dominum

Message non lu par etienne lorant »

Férie de l'Avent : semaine avant Noël (22 déc.)


Premier livre de Samuel 2,1.4-5.6-7.8abcd.
Mon cœur exulte à cause du Seigneur ;
mon front s'est relevé grâce à mon Dieu !
Face à mes ennemis, s'ouvre ma bouche :
oui, je me réjouis de ta victoire !

L'arc des forts sera brisé,
mais le faible se revêt de vigueur.
Les plus comblés s'embauchent pour du pain,
et les affamés se reposent.

Le Seigneur fait mourir et vivre ;
il fait descendre à l'abîme et en ramène.
Le Seigneur rend pauvre et riche ;
il abaisse et il élève.

De la poussière, il relève le faible,
il retire le malheureux de la cendre
pour qu'il siège parmi les princes,
et reçoive un trône de gloire.


Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 1,46-56.
Marie rendit grâce au Seigneur en disant : « Mon âme exalte le Seigneur,
mon esprit exulte en Dieu mon Sauveur.
Il s'est penché sur son humble servante ;
désormais tous les âges me diront bienheureuse.
Le Puissant fit pour moi des merveilles ;
Saint est son nom !
Son amour s'étend d'âge en âge
sur ceux qui le craignent.
Déployant la force de son bras, il disperse les superbes.
Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles.
Il comble de biens les affamés,
renvoie les riches les mains vides.
Il relève Israël son serviteur,
il se souvient de son amour,
de la promesse faite à nos pères,
en faveur d'Abraham et de sa race à jamais. »
Marie demeura avec Élisabeth environ trois mois, puis elle s'en retourna chez elle.

Le Magnificat est le plus long "discours" qu'ont retenu les Évangiles de toute la vie terrestre de Marie. Cela ne signifie certes pas qu'elle soit demeurée complètement silencieuse, quasi muette, mais qu'elle s'est volontairement effacée devant son Fils. Par sa force et sa pureté, par son jaillissement aussi, ce texte révèle combien Marie, dans son extrême humilité, est demeurée constamment sous la guidance de l'Esprit Saint. Par son effacement même, elle témoigne que la vie la mieux réussie - et la mieux remplie aussi, est celle qui procède d'un abandon complet, une confiance absolue, totale, quels que soient les évènements extérieurs, en la miséricorde divine.

N'est-ce pas ce que nous devrions tous rechercher ? N'est-ce pas aujourd'hui le moment et l'occasion de nous engager dans cette voie ?

A présent, j'ai passé la cinquantaine et j'avance pas à pas vers ces âges où, même lorsqu'on est accompagné, on vit la solitude. C'est ainsi. (Passage auto-censuré pour complaire à "Aldous") Je dis ces choses parce que le Magnificat et la confiance absolue de Marie me rappelle en fait les mots que Bernanos a employé pour placer sur un même pied d'égalité la petite enfance et l'extrême vieillesse:

« D'où vient que le temps de notre petite enfance nous apparaît si doux, si rayonnant ? Un gosse a des peines comme tout le monde, et il est, en somme, si désarmé contre la douleur, la maladie ! L'enfance et l'extrême vieillesse devraient être les deux grandes épreuves de l'homme. Mais c'est du sentiment de sa propre impuissance que l'enfant tire humblement le principe même de sa joie. Il s'en rapporte à sa mère, comprends-tu ? Présent, passé, avenir, toute sa vie, la vie entière tient dans un regard, et ce regard est un sourire. Eh bien, mon garçon, si l'on nous avait laissé faire, nous autres, l'Eglise eut donné aux hommes cette espèce de sécurité souveraine. "

Je ne m'éloigne pas trop du thème puisqu'en rendant grâce, Marie, de même qu'Anne, la mère de Samuel, mais aussi Jésus parleront d'abaissement et de relèvement.

[/color]Anne dit :
Le Seigneur fait mourir et vivre ;
il fait descendre à l'abîme et en ramène.
Le Seigneur rend pauvre et riche ;
il abaisse et il élève.


Marie dit :

Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles.

Jésus dit :

Qui s'élève sera abaissé, qui s'abaisse sera élevé.

Aujourd'hui, je dis :

Gloire à Dieu au plus haut des Cieux, et paix sur la terre aux hommes qu'Il aime !


Et Exultavit !
http://www.youtube.com/v/YKPY38W_qnI
Dernière modification par etienne lorant le sam. 22 déc. 2012, 12:32, modifié 1 fois.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Re: Magnificat anima mea dominum

Message non lu par Aldous »

etienne lorant a écrit :A présent, j'ai passé la cinquantaine et j'avance pas à pas vers ces âges où, même lorsqu'on est accompagné, on vit la solitude. C'est ainsi. Hier, ma mère, âgée 88 ans, s'est lourdement effondrée sur le sol en essayant de quitter son fauteuil et de faire quelques pas. Or, cela n'indique pas qu'elle est privée d'autonomie, mais simplement que ses genoux ne la suivent plus.
D'une façon très prosaïque, c'est l'illustration de "L'esprit est prompt, mais la chair est faible", ce mot que Jésus adresse aux disciples au Jardin des Oliviers en les pressant de veiller.
Bonjour,

à mon sens "l'esprit est prompt mais la chair est faible" ne signifie pas que l'esprit garderait sa vivacité (comme la promptitude du désir de se lever) tandis que la chair ne le permettrait plus (du fait par exemple que les genoux seraient trop faibles)... cela signifie que l'esprit qui vient de l'Esprit est toujours prompt à ce qui est spirituel mais que la chair (qui sont nos faiblesses, nos passions humaines et non la faiblesse des genoux) nous éloigne du spirituel.

La chair dans les évangiles ne désigne pas les muscles ou autres articulations, mais nos passions de tout ordre.

cordialement,
Dernière modification par Aldous le sam. 22 déc. 2012, 12:06, modifié 1 fois.
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Re: Magnificat anima mea dominum

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Aldous a écrit :
etienne lorant a écrit :A présent, j'ai passé la cinquantaine et j'avance pas à pas vers ces âges où, même lorsqu'on est accompagné, on vit la solitude. C'est ainsi. Hier, ma mère, âgée 88 ans, s'est lourdement effondrée sur le sol en essayant de quitter son fauteuil et de faire quelques pas. Or, cela n'indique pas qu'elle est privée d'autonomie, mais simplement que ses genoux ne la suivent plus.
D'une façon très prosaïque, c'est l'illustration de "L'esprit est prompt, mais la chair est faible", ce mot que Jésus adresse aux disciples au Jardin des Oliviers en les pressant de veiller.
Bonjour,

à mon sens "l'esprit est prompt mais la chair est faible" ne signifie pas que l'esprit garderait sa vivacité (comme la promptitude du désir de se lever) tandis que la chair ne le permettrait plus (comme par exemple les genoux étant trop faibles)... cela signifie que l'esprit qui vient de l'Esprit est toujours prompt à ce qui est spirituel mais que la chair (qui sont nos faiblesses, nos passions humaines et non la faiblesse des genoux) nous éloigne du spirituel.

La chair dans les évangiles ne désigne pas les muscles ou autres articulations, mais nos passions de tout ordre.

cordialement,
J'avais bien écrit : "D'une façon très prosaïque...", etc.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Re: Magnificat anima mea dominum

Message non lu par Aldous »

Oui j'avais bien vu, mais même "trés prosaïque", c'est trop prosaïque à mon sens...

(déjà que le mot "chair" des évangiles est trop souvent mal interprété, ça me parait mal à propos de le réduire même prosaïquement aux faiblesses corporelles dont on ne peut rien)
etienne lorant
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Re: Magnificat anima mea dominum

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Satisfait ?
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Re: Magnificat anima mea dominum

Message non lu par Aldous »

Il ne faut pas vous censurer pour me plaire mais parce que (j'espère) vous vous rendez compte qu'on ne peut comparer les faiblesses de la chair (les muscles et autres articulations) dont on ne peut rien (même à coup de veilles) aux faiblesses de la chair dont parlent les évangiles et qui sont nos passions dont on peut quelque chose en veillant.

Si des faiblesses de la chair telles les muscles et autres articulations on y pouvait quelque chose grâce aux veilles, votre comparaison aurait été juste. Mais ce n'est pas le cas.

cordialement,
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