Jean l'évangéliste: fils de Zébédée ou prêtre de Jérusalem ?
Tel est donc notre sujet.
Pour étudier l'identité de ce "disciple que Jésus aimait", il est bon d'être dans les codex, tout au moins dans le grec ancien d'origine pour voir les nuances que ne peuvent toujours rendre les traductions. Sans le grec, on perd beaucoup de l'analyse de ce problème.
1) Jean l'apôtre, son frère Jacques et Simon Pierre étaient les 3 seuls témoins de la Transfiguration, élément majeur! Il est absent dans le IV évangile. Comment est-ce possible, sinon parce que ce disciple n'y était pas?
2) A ce propos, que dit-il sur lui-même? Jean XIX-35: "Et qui vidit testimonium perhibuit et verum est eius testimonium et ille scit quia vera dicit ut et vos credatis." (la traduction de Saint Jérôme de Stribon est neutre). C'est un témoin oculaire qui rapporte seulement ce qu'il a vu. Son absence dans la Transfiguration s'explique.
3) Si on considère Jean l'apôtre, donc galiléen, comme "le disciple bien-aimé", c'est un des Douze. Il est donc cet unique personnage qui court au tombeau (Jean XX-4) plus vite que Pierre. Il est plus rapide parce qu'il est plus jeune. S'il est plus âgé que Pierre, il irait moins vite que lui. Comment ce jeune pécheur de Galilée pouvait-il disposer d'informations internes aux romains et au sanhédrin de Jérusalem? Loin encore d'en proposer la thèse comme étant un prêtre de Jérusalem (ce n'est pas évident), il sait ce qu'ignore les synoptiques. Il sait le nom du serviteur du grand prêtre auquel Pierre coupe l'oreille, Malchus (Jean XVIII-10). Il sait le nom de Hanne chez qui Jésus fut d'abord amené. Il sait son degré de parente avec le grand prêtre, il en est le beau-père (Jean XVIII-13).
4) Quand Pierre est soupçonné après l'arrestation de Jésus d'être de "la bande à Jésus", alors que tous les autres ont fui (Marc XIV-50), comment "le disciple que Jésus aimait", peut-il entrer et faire rentrer Pierre dans la cour pour suivre Jésus chez Pilate s'il n'a pas ses entrées personnelles, s'il est un pécheur de Galilée qui monte certainement pour la première fois dans la Ville Sainte avec Jésus?
5) Posons la question 4) autrement: au pied de la croix, tous ont fui (Marc XIV-50), mais "le disciple bien-aimé" y est, par quelle exceptionnelle tolérance? A-t-il fui et il n'y est pas, ou est-ce un autre? On aimerait comprendre.La question 5) apporte de nouvelles questions.
6) Devant la mère de Jean l'apôtre au pied de la croix, (Jean XIX-26) Jésus lui prend son fils pour le donner à Marie? D'une mère vivante à une autre? La mère de Jean perdrait donc aussi un de ses fils, comme Marie? Or la mère de Jean fils de Zébédée n'est pas préparée comme Marie pour supporter de telles douleurs.
7) Matthieu note la présence de cette mère des fils de Zébédée (Matthieu XXVII-56). Pourquoi n'ajoute-t-il pas alors qu'un de ses fils l'accompagnait? De ce regard des uns sur les autres, d'autres questions apparaissent. Par exemple:8) Dans Marc XVI-14, Jésus après sa résurrection se manifeste aux Onze à table (Judas s'est pendu, il manque) et leur reproche leur incrédulité parce qu'ils n'avaient pas cru ceux qui l'avaient vu ressuscité. Ou bien "le disciple bien-aimé" est fils de Zébédée, des Onze, et alors comment peut-il écrire dans son évangile (Jean XX-8) qu'au matin il a "vu et cru" puisque Jésus dit bien qu'il n'y était pas, lui, un des Onze? Ou bien "le disciple bien-aimé" n'est pas Apôtre...Jean, fils de Zébédée, n'est certainement pas "le disciple bien-aimé". Aller plus loin, pour identifier Jean, fils de Zébédée avec un prêtre de Jérusalem est encore plus compliqué et moins certain. L'identification entre l'apôtre des Douze et "le disciple bien-aimé" est simplement déjà très contradictoire souvent, et surtout que jamais un seul élément ne va en la faveur qu'ils soient une seule et même personne.
Le cardinal Ratzinger est un sommité en théologie dogmatique. Son livre préparé avant de devenir pape, était sa volonté marquante d'écrire à la retraite, ce qui lui refusa toujours Jean Paul II (de partir à la retraite). Il faut donc ne jamais oublier qu'il l'a pensé en tant que Préfet pour la Congrégation de la Doctrine de la Foi, pas en tant que souverain pontife. Pour avoir lu bon nombre de ses ouvrages, c'est, pardonnez mon expression, du Ratzinger. Brillant, irréfutable, admirablement lumineux, profond sans limite. Il n'avance donc pas d'argument, il n'en fait pas une thèse, c'est ainsi selon lui, et la valeur temporelle de dizaines de siècles prévaut naturellement sur nos questions modernes. Nous sommes en retour, ayant lu cet ouvrage, en défaut de prouver de manière irréfutable, que ces deux personnages sont bien distincts.
C'est pour cela que je disais dans mon message précédent qu'il faut avancer avec une grande prudence, non pas de suite proposer un autre personnage, mais commencer par constater de grandes incohérences effectives. J'avoue, en lisant son passage sur Jean dans ce livre de Benoit XVI (qui doit comporter en principes plusieurs volumes), être resté bien en gêne. C'est nous qui sommes dans la thèse, pas ce qu'il rappelle et atteste être ainsi depuis toujours. Si vous êtes solide en codex, en grec de la koinè, en araméen, je veux bien poursuivre, les messages seront difficiles et pour ne pas faire trop long, je dois considérer ces bases linguistiques acquises sans y revenir dessus. Dans ces conditions, oui, il y a doute, sans aucun problème. Du reste, Ratzinger le sait bien puisqu'il réaffirme qu'il n'y a qu'une seule personne. Il connait bien les argumentations.Mais je me répète, passer du fils de Zébédée à un prêtre de Jérusalem, est un saut trop grand, un grand écart qui n'aboutira pas. Commençons par constater les impossibilités une fois tous les arguments des siècles précédents réfutables, et poursuivons sur ce que ce IV évangile dit de son auteur, c'est plus compliqué que vous ne le penseriez peut-être. Rappelant que Jean fils Zébédée parlait l'araméen de Galilée, il faut aussi en passer par cette épreuve pour voir que la poétique du IV évangile ne s'harmonise pas du tout avec un galiléen. Mais dire que ce disciple bien aimé était un prêtre de Jérusalem, comment savoir? Par contre, cet auteur dit bien son nom, il dit beaucoup sur lui. Ah, quel sujet passionnant et si difficile.
Mous allions constater que le IV évangile est beaucoup plus complexe que les synoptiques, puis considérer les précisions de sa poétique, enfin conclure, dans la paix, et le sérieux d'un aussi magnifique sujet.
Ce Jean apôtre s'étonne de la construction aussi massive du Temple. Il faut lire son témoignage en araméen, sa langue naturelle. Si on vous interroge, et que vous ne parlez pas bien cette langue, on demande un traducteur. Ce travail a été fait aussi pour comprendre Jean, sa poétique qui n'est pas non plus celle d'un hellène. Il faut revenir sur les ouvrages considérables du cardinal Ratzinger pour voir qu'il pose lui aussi le problème qui est de grande importance. Dans son livre sur Jésus, il est plus subtil. Relisez bien, il laisse du champ libre. Quel Jean, chère Fée Violine? Jean le Baptiste? Jean l'apôtre fils de Zébédée, Jean l'Ancien dans les Épîtres de Saint Jean? Au chapitre XXI de cet évangile "kata", "selon", Jean, un autre auteur au style différent, annonce que ce disciple bien aimé est mort, qui donc écrit ce XXI ième chapitre, un autre assurément. Jean était un nom très employé, je vous rappelle qu'une femme sur 4, de Galilée à la Judée, s'appelait Marie. 25% des femmes... Jean est un nom qui revient également constamment, je me proposais de vous mettre un mp3 de Monseigneur di Falco qui parle sur ce sujet des divers noms identiques à ne pas confondre justement. N'identifiez pas un seul Jean, une seule Marie, je vous prie. Un évangile c'est beau, il faut nous laisser aimer pour aimer et si on nous jette la pierre pour qu'on se taise, laissons du silence et partons.
Si, il y a des précisions sur l'identité du "disciple que Jésus aimait" mais le ton très désagréable de votre message ne m'encourage pas à vous répondre. A l'époque d'Irénée, il ne possédait qu'un codex en onciales, le fameux Bezae. Il a fallu attendre la moitié du XX siècle pour faire d'extraordinaires découvertes, de Qumrân au codex Sinaiticus, pour voir ensuite pour la première fois au monde, comparer ces codex, ces papyri et comprendre. Nous n'en sommes que plus émus.
Un lot de propos méchants, gratuit, personnels contre le travail que j'allais proposer, et que vous ne me laissez pas développer dans la vindicte immédiate. Non, merci, je le prends tel que c'est, mal, et c'est normal, vous écrivez pour faire mal, avec des termes extrêmement méprisants: "procède par anathème", "délire pseudo-grammatical sur la langue de Pilate", "psychologie assez gratuite", "le vice fondamental", "par une sorte de magie", etc.
ΚΑΤΑΙΩΑΝΝΗΝ soit ΚΑΤΑ ΙΩΑΝΝΗΝ.En minuscules, kατα ιωαννηνC'est ainsi que commences les plus anciens codex en onciales, c'est à dire les premiers livres complets du Nouveau Testament. "Selon Jean". Il n'est rien dit de plus. Tout est donc à l'intérieur du texte, tel quel.Voici la première page de l'évangile "selon Jean" dans le codex Sinaiticus, je vous en fais un scan:
http://img543.imageshack.us/img543/9676 ... uejean.png
Transcription en grec avec minuscules:
εναρχηηνολογοϲκαιολογοϲηνπροϲτονθνκαιθϲηνολογοϲουτοϲηνεναρχηπροϲτονθνπαταδιαυτουεγενετοκαιχωριϲαυτουεγενετοουδεν
Je sépare les mots afin que vous puissiez les reconnaitre, je marque aussi les versets, puisqu'il n'y a d'origine aucune ponctuation.
1) εν αρχη ην ο λογοϲ και ο λογοϲ ην προϲ τον θν και θϲ ην ο λογοϲ 2) ουτοϲ ην εν αρχη προϲ τον θν 3) πα τα δι αυτου εγενε το και χωριϲ αυτου εγενετο ουδεν ˙
Je propose ma traduction:1) Au commencement était la parole et la parole était auprès de Dieu et Dieu était la parole. 2) Celle-ci était au commencement auprès de Dieu. 3) Tout par elle fut etc...
θν est l'abréviation du scribe de θεον. Nous constatons que c'est un poème, qui reprend la Genèse, mais est-ce la traduction de la Septante, ou bien est-ce une lecture de la Torah en hébreu biblique d'origine? Voici la transcription de ΓΕΝΕΣΙΣ, Genesis de la Septante. Je transcris en minuscules, puis je sépare les mots pour vous aider. Désormais je ferai ainsi pour ne pas alourdir, mais vous pouvez me demander les originaux que je fournirai, étant votre très humble serviteur.
1) Εν αρχη εποιησεν ο θεος τον ουρανον και την γην.
C'est intéressant, cela commence exactement pareil, mot à mot! "Εν αρχη". Alors, est-ce d'origine pris de la Torah en hébreu ou de la Septante en grec?
Voyons Genesis en hébreu (de droite à gauche):ץראה תאו םימשה תא םיהלא ארב תישארב
L'auteur, ΚΑΤΑ ΙΩΑΝΝΗΝ, selon Jean, prend dans les rouleaux liturgiques, pas dans la Septante. La forme en effet n'est pas du tout grecque, elle est sémitique. Les règles grammaticales en attestent, ainsi que la psalmodie. Nous ne sommes pas dans le grec de la koinè d'origine, mais notre évangile qui ne nous reste qu'en grec vulgaire de la koinè, avait un antécédent, ou araméen, ou hébraïque. Nous progressons! C'est encourageant.
Il est temps de faire un petite récapitulatif des 4 évangiles canoniques. Je vous en offrirai plus la prochaine fois, avec de bonnes surprise. Disons que Matthieu selon Papias, avait un antécédent araméen perdu, que Marc était la bonne nouvelle annoncée par Pierre en araméen, que Luc a écrit pour Théophile, en grec attique, le seul qui ecrit d'origine en grec, et en grec littéraire selon Aristote et ses règles strictes. Et enfin, notre Jean, qui s'appelle Jean, qui est le seul commençant par... un exorcisme. Tout exorciste commence en effet par lire le Prologue, et nous le disons en messe de toujours en latin en fin de messe. Pour les modernistes, cela n'existe plus de la même manière dans la nouvelle messe Paul VI. Tradition, du latin traditio, transmettre. La tradition est de ne rien toucher et de transmettre tel quel et donc tel quel depuis le début avec les apôtres.
Nous avons vu que le Prologue est une poésie qui suit des règles différentes des hellénistes. Jean, c'est bien son nom, connait la תישארב en hébreu.Maintenant, après le Prologue, il se présente, Jean I-19. Le Prologue met-il fin à sa poésie, ses références liturgiques du Temple, son savoir approfondi? Non, nous retrouvons partout ces règles sémitiques et la description de תישארב Genesis, dans Jean XVIII. Nous n'en sommes pas là! Nous retrouverons le bois de l'arbre de la Connaissance, le cours d'eau, la nudité et le péché originel. Patience.
Qu'écrit-il en Jean I-19?
Selon le Codex Vaticanus:
"καιαuτηεστινημαρτυριατοuιωαννουoτεαπεστειλανοιιουδαιοιεξiεροσολuμωνιερειςκαιλευιταςιναερωτησωσιναuτoνσuτιςει"
Mis en minuscules avec mots séparés pour vous aider:
"και αuτη εστιν η μαρτυρια τοu ιωαννου oτε απεστειλαν οι ιουδαιοι εξ iεροσολuμων ιερεις και λευιτας ινα ερωτησωσιν αuτoν σu τις ει"
Traduction que je vous propose, plus littérale:
Et ceci est le témoignage de Jean quand envoyèrent les juifs de Hierosoluma prêtres et lévites, pour qu'ils l'interrogent: toi qui est-tu?La venue de ce Jean est bien située avec le commencement de son témoignage, proche de Jérusalem. Nous ne sommes jamais en Galilée dans cet évangile qui se termine, pour le témoignage de ce Jean, au chapitre XX. Le XXI est un rajout après sa mort. Nous verrons cela. Mais attention, nous avons constaté que les règles rédactionnelles sont sémitiques, et hiératiques. Le temps que les hellènes conçoivent avec Chronos, n'a aucune notion chez Jean. Le temps n'y est pas linéaire. Ainsi, pour ses règles poétiques propres à l'araméen, car tous les noms propres sont donnés en araméen et non en hébreu, ce Jean fera monter Jésus trois fois à la ville Sainte, alors que Jésus n'y est monté qu'une seule fois, pour vivre Sa Passion. Les synoptiques en attestent. Mais chez Jean, il le précise aussi, il suffit simplement de connaitre son araméen qui est de Hierosoluma (Jérusalem), châtié, et nullement l'araméen paysan dirons-nous, de Galilée.
Nous avons donc une première présentation de ce Jean, in situs, et il reviendra se présenter comme si c'était une nouvelle première fois, puisque chez lui, le temps n'est pas chronologique, ce qui est au départ déroutant, mais rassurez-vous, je vous aiderai. Comme il présente 3 fois Jésus montant une première fois à Hierosoluma (Jérusalem), alors que nous, selon la chronologie, il nous est impératif de tous rassembler selon cette règle de temps.
Nous sommes toujours dans la présentation de "selon Jean". Nous avons vu que la forme rédactionnelle d'origine est araméenne de Jérusalem, que ce Jean se présente et comme les langues sémitiques de son époque, environ fin du I siècle, est hiératique dans sa composition. Les personnages sont fixes, ils n'évoluent pas dans le temps selon la chronologie, et le récit revient souvent en arrière, trois fois chaque fois. Pour avancer dans ce problème de l'identité de ce Jean, auteur du IV évangile, je vous propose une série de documentaires que vous connaissez peut-être déjà.
Corpus Christi, numéro 12, "selon Jean". Je ne m'appuie pas sur ces travaux, ces documentaires vous sont proposés pour vous mettre en situation, en dehors de préjugés formatés, de jugements hâtifs. Non, ce n'est pas si simple...
http://www.youtube.com/watch?v=vXSOUL3D3vU
Bon visionnage, et la suite arrive, avec de belles surprises puisque, peu à peu, nous commençons l'étude de ce Jean dans son texte. Il est bien à l'intérieur.
Quelques lectures pour aborder le sujet principal: ce Jean, auteur du IV évangile, est-il un des Douze, ou bien est-ce un autre Jean (certes pas Jean le Baptiste!) ?
Cet auteur est bien étrange:
http://cercleernestrenan.org/cahiers/ca ... ONJEAN.pdf
(cercle Ernest Renan, Centre d'histoire des religions, de critique biblique et de recherche des origines du christianisme. Fondé en 1949)
Un terme nouveau apparait: le johannisme.
Cela veut dire que depuis des siècles, depuis même la création du futur Novum Testamentum, de nombreux théologiens au cours des siècles, faisant les mêmes constats que nous allons refaire, doutent fondamentalement qu'il n'y ait qu'un seul auteur derrière les écrits johanniques, soit le IV évangile, les Épîtres de Jean, et l'Apocalypse.
http://www.scribd.com/doc/29330494/Comm ... Saint-Jean
Si officiellement le Vatican affirme un seul auteur pour le peuple, Jean l'apôtre, officieusement, le dogme échappe au peuple parce que ces subtilités ne changent rien à la compréhension. Pourtant, nous le constaterons, il est impossible de parler d'un seul auteur, tout simplement parce qu'une communauté autour de Jean l'apôtre, participe depuis le départ autour de cette unité, le groupe johannique.
http://epelorient.free.fr/godet/godet_j ... ean_1.html
et
http://ba.21.free.fr/a4_pdf/godet_jean.pdf
Quand on lit un passage de Jean, de suite on reconnait le style, on dit "c'est du Jean" comme on dirait c'est du Bach, c'est du Mozart. Le style y est si particulier, le groupe si fermé... Il y a un autre problème qui depuis les premiers siècles, n'a jamais vraiment plus à Rome, le johannisme baigne naturellement dans la Gnose. Il ne faut surtout pas que ce groupe combattant toujours les gnostiques, tombent dans cette hérésie. Il n'y peut rien, le mouvement autour de Jean est né dedans, dans cette structure culturelle et spirituelle. Et tout au long, ses héritiers du johannisme, vont se battre contre la Gnose. Ils savent particulièrement de quoi ils parlent!Un autre problème encore, est que la future Fille Aînée de l'Église, la France, fut à l'origine évangélisée par cette communauté de chrétiens.
Dans l'Apocalypse, dernier livre de la Bible, l'auteur Jean, félicite l'évêque de Smyrne, saint Polycarpe. On a ainsi une filiation somptueuse. Jean, disciple préféré de Jésus, a pour disciple préféré saint Polycarpe, qui aime saint Irénée, venu en Gaule par le couloir rhodanien, jusqu'à Lyon, ou le codex Bezae y est attesté avec sa venue. Ce n'est qu'avec les guerres de religions contre les huguenots, que Théodore de Bèze, ayant mis le feu aux bibliothèques catholiques de la France, va sauver ce codex inestimable du monastère Saint-Irénée de Lyon et l'envoyer en sécurité en Angleterre, à Cambridge. Incroyable, notre plus cher original est aux mains des anglais, mais surtout de protestants.
Pour sa filiation, le plus simple est avec Wikipedia, pour une vue générale sans prétention:
http://fr.wikipedia.org/wiki/Codex_Bezae
La lumière joue un rôle fondamental dans cet évangile.
Selon B. Martin "Les actes et les paroles de Jésus le font apparaître lui-même comme lumière du monde. Les récits de guérison d’aveugles jouent un rôle particulier à cet égard ; en particulier, dans l’évangile de Saint Jean, le récit de la guérison de l’aveugle né (Jn 9 1-40), déjà précédé, quelques lignes plus haut, par la déclaration de Jésus : "Je suis la lumière du monde ; celui qui marche à ma suite aura la lumière de la vie" (Jn 8, 12). Déjà dès le prologue de son Evangile Jean présente le Verbe de Dieu comme la lumière véritable, celle qui "illumine tout homme venant en ce monde", non sans laisser entrevoir l’affrontement de cette lumière avec les "ténèbres" du péché et de mal (Jn 1, 4-9). On ne peut pas ne pas noter enfin les récits de la transfiguration, dans lesquels les synoptiques reprennent en partie les images des théophanies de l’ancien testament ; les vêtements de Jésus "éblouissants comme la lumière" (Mt. 17, 2) annoncent déjà la gloire du ressuscité."
Seulement, la plus belle manifestation de Christ en Lumière, la Transfiguration, est inconnue des écrits johanniques.
Un petit récapitulatif s'impose. Nous venons de voir que ce IV évangile d'origine araméenne, a des accents châtié de Jérusalem, qu'il est construit selon une poétique avec ses règles propres sémitiques très bien construites, cycliques et non chronologiques, qu'il forme un tout jusqu'au chapitre XX. Jésus monte trois fois à Jérusalem, alors que les synoptiques attestent bien d'une seule montée, ce qui est un fait historique désormais acquis. Jésus montant trois fois, on doit s'attendre que Jean se présente trois fois, trois fois la première fois...
Première présentation, nous l'avons vu, Jean I-19. "Hiérosoluma" et non ce qu'on vous traduit: Jérusalem. Terme non pas grec ni hébreu, mais araméen. Mais qu'en sait le traducteur en grec, grec vulgaire puisque Saint Jérôme de Stribon s'indignera que les évangiles canoniques, à part Luc, aient été si mal écrits en grec vulgaire, dit de la koinè, un grec parlé dans tout le bassin méditerranéen, pauvre, le charabia de la rue...Nous avons donc trois travaux qui se suivront en même temps.
1) Les trois présentations de ce Jean. Peut-on en savoir plus sur lui? Pourquoi resterait-il si discret sur sa personne?
2) La collecte des termes araméens conservés, non traduits. Pour cela, les codex et les papyri sont indispensables. Je vous ferai des scans.
3) Pourquoi y a-t-il un chapitre XXI alors que ce Jean arrête son évangile au chapitre XX? Autrement dit, nous allons suivre chaque fois cette communauté johannique.Je considère acquis vos connaissances élémentaires en hébreu, araméen, grec de la koinè, écriture en onciales, latin. Je cite les codex, je ne transcrits plus étape par étape comme avant, je passe de suite au grec en minuscules, sans les signes diacritiques, puisqu'ils n'existaient pas. Aidez-vous les uns les autres aussi, si besoin. Sinon mon travail sera de plus en plus lourd.Selon le codex Vaticanus. Pourquoi lui?
Le Vaticanus est le modèle sur lequel s'est faite la Septante et le Nouveau Testament. Le Bezae n'a plus qu'un seul évangile intact, celui de Luc, qu'il n'en reste quasiment rien sur l'évangile selon Jean. Et le Sinaiticus nous sera utile, mais il est mal écrit. Rien ne change entre eux, rassurez-vous, sauf la rythmique. J'utilise également principalement le papyrus Bodmer pour Jean:
http://fr.wikipedia.org/wiki/Papyrus_Bodmer
Voici enfin la liste des papyri sur lesquels je vais citer:
http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_de_p ... _Testament
1). Première présentation après son merveilleux Prologue: Jean I-19.
"καιαuτηεστινημαρτυριατοuιωαννουoτεαπεστειλανοιιουδαιοιεξiεροσολuμωνιερειςκαιλευιταςιναερωτησωσιναuτoνσuτιςει".
Traduction personnelle:
Et ceci est le témoignage de Jean quand envoyèrent les juifs de Hierosoluma prêtres et lévites, pour qu'ils l'interrogent: toi qui est-tu?-->
2). Deuxième présentation de ce Jean, auteur du IV évangile. Jean I-35: "τηεπαυριονπαλινειστηκειoιωαννηςκαιεκτωνμαθητωναυτουδυο".
Traduction proposée personnelle:
Le lendemain de nouveau s'était tenu Jean [le Baptiste, NDT] et deux de ses disciples".
Vous comprenez la règle sémitique. Il reprend au départ comme en Jean I-19, car il a terminé sa première présentation personnelle de Jean I-19 à Jean I-34 qui se termine ainsi:
"καγωεωρακακαιμεμαρτυρηκαοτιουτοςεστινουιοςτουθεου"
(tout est en onciales, majuscules, je mets tout en minuscules pour vous aider).
Traduction proposée personnelle:
Et moi [l'auteur du IV évangile] j'ai vu et j'ai témoigné que celui-ci est le Fils de Dieu.
En Jean I-35, nouveau cycle qui reprend au départ, pas de chronologie, vous allez vite vous y faire. "Le lendemain de nouveau". Cet auteur recommence avec un autre aspect de lui-même.
Ici, je vous donne une règle de poétique d'araméen.
C'est d'origine non pas un écrit, mais une psalmodie, mieux donc qu'une récitation. Il y a comme un parfum et ses effluves, un petit chant intérieur.
Prenons un exemple, vous voulez apprendre le Credo de Nicée en latin. C'est long. Ecoutez des moines le chanter. Gardez en tête cette rythmique, et ensuite, apprenez la première phrase par cœur (eh oui, il faut travailler). Le petit chant va vous aider considérablement, et vous serez surpris de la vitesse naturelle avec laquelle votre Credo est acquis, sans rien connaitre du latin! Ce Credo est long, on s'essouffle, donc il y a pause quasiment à la moitié, en ralentissant "et homo factus est". On reprend sa respiration de l'âme, de son corps, et on est prêt pour la seconde partie.Chez Jean l'évangéliste, c'est la même chose. On fait une petite partie, puis on ralentit. Et on est prêt pour la seconde partie, et ainsi de suite.
Mais comment faire, avec tant de parties, 20 chapitres, sans s'y perdre?
On utilise les mots crochets. On reprend le mot principal dernier, et il devient celui sur lequel on va se raccrocher pour poursuivre. Un petit train qu'il est facile de compiler en mémoire. C'est quoi la suite? Ah oui, c'est ce mot. Poursuivons avec.
Donc en Jean I-34, l'auteur dit "j'ai vu". Qui? Jésus. Donc en mot crochet, on reprend à zéro en I-35 avec Jésus, celui qui se voit. On n'a pas besoin de chronologie, c'est un autre système, hiératique, plus facile pour la mémoire. Donc seconde présentation de l'auteur du IV évangile en Jean I-35.
Je pose la scène. Jean le Baptiste (aucun rapport avec Jean l'évangéliste), est avec deux disciples uniquement. Soudain il voit Jésus passer et dit "voici l'agneau de Dieu" et ses deux disciples le quittent (à Jean le Baptiste), pour suivre un nouveau maitre, Jésus. Jésus, celui qui a été vu par Jean l'auteur du IV évangile.
Rappelez-vous la fin de Jean I-34: "Et moi [Jean l'évangéliste], j'ai vu et j'ai témoignée".
Donc, ce Jean évangéliste, est un des deux disciples du Baptiste. Ah, c'est précis!
En effet, il n'y a que trois témoins oculaires de cette scène, inconnue de tous les évangiles, apocryphes compris!
Il y a Jean le Baptiste qui fait cette incroyable remarque, et deux disciples qui délaissent aussitôt leur maitre pour suivre Jésus. Mais Jésus, lui, n'a pas entendu leurs commentaires sur lui.
Jean I-38, traduction personnelle:
"S'étant retourné, et Jésus les regardant [les deux disciples du Baptiste], il leur dit: que cherchez-vous?".
La fin de cette seconde partie va de Jean I-35 à Jean I-40".
Ce Jean évangéliste donne au final un élément précis dont il se souvient:
Jean I-39: "l'heure était environ la dixième." C'est un témoin oculaire. Il y était! Il se rappelle.
On récapitule. Jean l'évangéliste, était un disciple du Baptiste! Lequel voit "l'agneau de Dieu", le Messie, et ils n'étaient que trois à ce moment: le Baptiste, deux disciples. Ces deux quittent leur Maitre Baptiste et suivent Jésus qui s'en étonne. Il les accepte comme disciples et les amène chez lui.Au fait, le Baptiste prêche-t-il en Galilée, baptise-t-il en Galilée à ce moment?
Nous venons de constater que Jean le disciple que Jésus aimait - c'est ainsi que la communauté johannique a retenu son nom - était un disciple de Jean le Baptiste, et qu'il le laisse pour suivre Jésus. Il ne serait donc pas ce pécheur de Galilée que Jésus appelle car le disciple du Baptiste, au contraire, suit Jésus qui lui demande ce qu'il cherche. A quoi les deux anciens disciples qui viennent de quitter le Baptiste lui réponde en Jean I-38: "Rabbi, ce qui se dit étant traduit, maitre, où demeures-tu?"
A moins que le IV évangile ne soit plus précis sur l'appel des Douze?
Nous avons la preuve en même temps qu'un traducteur en grec est passé, car il a pris soin de noter:
"ce qui se dit étant traduit, maitre".
Rabbi, le terme est hébreu et araméen. Mais nous apprenons au verset suivant 39 que l'un des 2 disciples du Baptiste qui l'a quitté pour suivre Jésus s'appelle André.
Je traduis Jean I-40:
"Était André le frère de Simon Pierre, un des deux ayant ayant écouté auprès de Jean [le Baptiste] et l'ayant suivi [Jésus]". De nouveau, il semble que Jean le disciple du Baptiste, devenu celui de Jésus, n'est pas ce pécheur de Galilée... Que se passe-t-il ensuite?
Jean I-41: "[André] trouve d'abord le frère, Simon en personne, et il lui dit: "nous avons trouvé le Messie", ce qui est traduit par Christ." Une fois encore, le traducteur commente pour une communauté qui ignore les rudiments araméens et hébreux. C'est donc une traduction tardive, car au départ, autour de Jésus, ils sont tous juifs!
Au verset suivant 42, nous apprenons d'où vient de Simon le surnom de Céphas, Pierre. Et ce nouvel épisode est terminé. Jésus selon Jean l'évangéliste, voit de suite que ce Simon est, dirions-nous aujourd'hui, un caillou dans la tête, un obstiné au grand cœur, qui fonce, fera les pires bêtises avant de les regretter ensuite amèrement. C'est le sens de Céphas. Quel caractère ce Simon.On se souviendra plus tard qu'il était le premier en tout, le premier à sortir un glaive et frapper pour protéger Jésus arrêté. Le premier affirmant sa fidélité, et qui le renie trois fois, le premier à conduire la communauté de Jésus après sa résurrection.
Au verset suivant 43, "ils voulurent partir vers la Galilée". On commence à mieux comprendre.
Ces hommes sont en recherche spirituelle, ils cherchent le bon maitre, leur rabbi, et c'est en ayant suivi le Baptiste, qu'ils rencontrent Jésus, réalisent que c'est le Messie annoncé, et viennent le dire aux autres. Ce sont des galiléens, sauf Judas l'Iscariot, l'homme de Cariot (certainement une ville et donc un homme important), mais lors de la première rencontre, ils étaient loin pour au moins trois, Simon, André et ce Jean, de la Galilée. Ils y reviennent avec Jésus et c'est ainsi que les autres disciples sont appelés.Ce qui nous intéresse ici, est d'identifier ce Jean évangéliste.
La tradition est basée principalement sur les propos de Saint Irénée, évêque de Lyon.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Ir%C3%A9n%C3%A9e_de_Lyon
Dans son enfance, saint Irénée avait entendu saint Polycarpe parler de Jean. Dans son ouvrage fondamental, "Contre les hérésies. Dénonciation et réfutation de la gnose au nom menteur", il commet des erreurs assez surprenantes.
En III, 12, verset 15, Irénée se trompe complétement. Il confond Jacques, fils aîné de Zébédée avec le "frère" du Seigneur. C'est gênant.
En II, 22, versets 5 et 6, il s'embrouille dans une explication fumeuse pour prouver que Jésus fut crucifié à l'age d'environ... 50 ans! Il fait mieux en se moquant des fidèles qui disent que selon la tradition, Jésus serait mort dans ses 30 ans environ.
Autre détail important, dans le IV évangile, le mot apôtre n'existe pas. On est disciple, on suit le maitre, le rabbi. Croire en lui, c'est marcher derrière lui, c'est le suivre, le disciple par étymologie. Par ailleurs, Jean un des Douze, existe bien dans les trois synoptiques, et les contradictions entre ces 4 évangiles sont la marque de vrais témoins. Un accident survient, des témoins spontanément se présentent. Aucun ne dit exactement pareil, ils sont parfois en contradiction. S'ils étaient unanimes, c'est qu'il y aurait anguille sous roche, ils se seraient concertés avant pour produire un effet impeccable. La preuve de l'authenticité est dans ces confusions, et nous verrons qu'elles sont nombreuses entre eux. Pourquoi? Parce que jamais personne n'avait vu un ressuscité, et que lorsque cela se produit, ils n'ont aucune grille pour comprendre, c'est totalement nouveau. Ce n'est que plus tard qu'ils commencent par comprendre, et depuis 2000 ans, nous tentons de comprendre.
Une autre fois, nous ferons la collecte des lieux qui furent détruits en 70. Cela va nous démontrer que ce Jean les a connu bien avant, et l'archéologie lui a donné raison, plus qu'aux synoptiques. Enfin, nous essayerons de comprendre pourquoi Benoit XVI est si certain que ce Jean est un des Douze.
Gardons en mémoire que la rencontre de ce Jean ne s'est pas faite à l'approche de Jérusalem, c'est très important, car cela démoli complétement la thèse d'un grand prêtre du Temple de Jérusalem. Mais pour autant, les contradictions restent, et nous essayerons d'y voir plus clair. C'est plus fin qu'on ne pense.
Il est bien que vous preniez conscience que le type de rédaction selon Jean, est hiératique, alors que dans les synoptiques, il est linéaire. Et encore, chez Luc qui d'origine écrit en grec attique, la forme du grec prévaut sur les thèmes, il doit obéir d'abord aux règles grammaticales.
Par exemple, la thématique des sabbats commence chez Luc au chapitre IV de son évangile, alors que chez Jean, cela n'a aucun effet sur la rédaction, il respecte d'autres règles, sémitiques et non helléniques. Les "synoptiques" est un terme qui ne doit pas nous permettre d'associer ou de séparer les trois premiers évangiles du IV évangile.
Le plus ancien des "synoptiques" est Marc, peu avant 70 puisqu'il ignore la destruction du Temple par Titus en 70. La rédaction est spontanée, verbale, précipitée, symbolique, hâtive. Le livre n'est-il pas chez Marc, un support de sauvegarde en cas de grand malheur? Selon le codex Sinaiticus.
Marc I-17 et 19: "Et [Jésus] dit à eux [Simon et André]: venez derrière moi et je vous ferai devenir pêcheurs d'hommes. Et aussitôt, laissant les filets, ils le suivirent."
C'est au mot prés exactement ce qu'écrit selon Jean I-39: "Il [Jésus] dit à eux [André et Jean]: venez et vous verrez. Ils allèrent donc."
Disciple, du latin discipulus, i, masculin : celui qui suit, qui s'attache (à un maitre, une doctrine).
Marc (Pierre pour le fond de l'évangile) et Jean sont les deux sources principales, Marc rapporte la prédication de Simon Pierre, et Jean est également antérieur par bien des endroits qui seront détruits après 70. Sa transmission orale première est autour des années 50, 60 maximum dans ce qui nous en reste du texte le plus primitif. Oh combien Marc et Jean sont proches! Mais ne l'étaient-ils dans la vie de Jésus? Ne sont-ils pas souvent ensemble... Et quand ils courent ensemble au tombeau... Vous avez vos réponses dans les textes.
Il n'est pas spécifié chez Jean l'endroit, j'ai posé la question du reste. Le Baptiste dans ce moment, voyant marcher Jésus, est-il en Galilée? Le texte ne nous dit rien.
Encore une fois, la rédaction est poétique et orale d'origine chez Jean, parfaitement construite, sans notion de temps ni de lieu. Les personnages sont fixes, ce sont des scènes peintes, fixées. Elles se suivent en "mots crochets". Marc recopie rapidement des prédications de Pierre, son évangile s'arrête sans résurrection puisque Pierre posait le problème ainsi. Il accouchait un peu les âmes, façon Socrate, amorceur de révolution religieuse. Et pourtant, comme ils se ressemblent! C'est extraordinaire.
André était de la famille de Pierre, toujours ensemble, et après l'appel de Jésus, Jean et Pierre seront toujours ensemble quasiment. Alors, vous pouvez considérer avant ou après, soit associer Jean et André comme le fait Jean, soit associer Pierre et Jean, comme le fait Marc, disciple de Pierre. Il est naturel que Marc mette en valeur son maitre Pierre, de même qu'au chapitre XXI de Jean, Jean soit mis en valeur par rapport à Pierre qui a renoncé trois fois avant le chant du coq (Jean, XXI, versets 15 et suivants)
Le personnage principal, la raison du IV évangile, c'est le Christ. C'est le type de rédaction araméenne sans notion de temps, avec des répétitions de trois venues de Jésus dans la ville sainte, alors qu'il n'y est monté qu'une seule fois, qui vous trompe un peu.
Voici la véritable raison, le seul propos de Jean: l'évangile selon Jean dans le Sinaiticus se termine au chapitre XX, verset 31: "ταυταδεγεγραπταιιναπιϲτευητεοτιιϲεϲτινοχϲουϲτουθυιναπιϲτευοντεϲζωηναιωνιονεχητεεντωονοματιαυτου"
Voici ce que je vous ai retranscrits des onciales de l'original en facsimilé:
http://imageshack.us/photo/my-images/403/jeanxx31.gif/
Traduction personnelle proposée: ceux-ci [les signes faits par Jésus] ont été écrits pour que vous croyez que Jésus est le Christ le Fils de Dieu et pour qu'en croyant vous ayez la vie au nom de lui.
Je ne sais plus qui m'a demandé, pardon, d'où viendraient les textes en araméens. Eh bien, ils existent aujourd'hui, l'araméen syriaque que je calligraphie est toujours une langue vivante. Et en ayant de bons livres anciens en araméen, on sent bien mieux la pensée antique, d'autant plus que les ouvrages sont très anciens, n'est-ce pas... Vous savez, quand vous êtes un "étranger" et que vous ne comprenez pas le français, les Institutions doivent vous garantir un interprète. Eh bien ici, nous avons des témoins, au moins quatre, nos évangélistes, nos bons amis, nos frères de cœur, et c'est nous qui sommes les "étrangers" pour eux, avec notre langue française qui n'existait pas de leur vivant.
Et voici, nous venons vers eux, 2000 ans après, humblement, au plus proche de leur culture sémitique, en paix. Une prochaine fois, d'accord, je vous donnerai un extrait en araméen et vous verrez combien cela change.
Tenez, par exemple, puisque nous nous posons la question de l'identité du disciple que Jésus aimait, et que nous avons vu sa situation au tombeau, courant avec Pierre, nous reprendrons avec le IV évangile en araméen.Araméen ou hébreu? Tous les noms propres sont en araméens, et le traducteur croit que c'est de l'hébreu!
Par exemple, Jean XIX-13:
"oουνπιλατοςακουσαςτουτοντoνλoγονηγαγενεξωτoνιησουνκαιεκαθισενεπιτουβηματοςειςτoπονλεγoμενονλιθoστρωτονεβραιστιδεγαββαθα"
Traduction personnelle proposée: "Alors Pilate ayant entendu ces paroles, amena dehors Jésus et le fit asseoir sur l'estrade au lieu appelé Pavé de pierre, en hébreu Gabbatha."
Ce n'est pas de l'hébreu, c'est de l'araméen!
Voici Gabbatha aujourd'hui:
http://imageshack.us/photo/my-images/20/gabbatha.gif/
Nous avons donc pour la recherche le Papyrus Bodmer XIV-XV qui contient le plus ancien fragment de l'évangile selon Jean.
http://legacy.earlham.edu/~seidti/iam/papyrus_75a.gif
Toujours de l'onciale, sans numérotation des pages, sans ponctuation ni signe diacritique.
Mais au fait, ce n'est que dans l'évangile selon Jean que nous avons la preuve qu'on écrivait sur Jésus déjà, et même Jésus lui-même!
*) Jean, chapitre VIII, la femme surprise en adultère. Versets 6 et 8, Jésus écrit par terre avec le doigt. Quoi? Personne ne le sait. Mais il écrit, c'est un fait, c'est gênant, déroutant, tout ce que vous voulez, mais c'est un fait.On a même mieux, puisque cet écrit de Jésus sur le sol a été effacé. Tout n'est pas perdu!
*) Jean XIX, versets 19 et 20: Pilate écrivit sur un titulum, un écriteau de bois, le motif de la condamnation du Christ, en trois langues. C'est le premier écrit historique sur Jésus, et du vivant de Jésus. Celui-ci n'était pas perdu.
Quand la mère de l'empereur Constantin, âgée de 80 ans environ, fait un pèlerinage en Palestine, elle s'informe auprès des anciennes familles de Jérusalem, le souvenir de chrétiens est conservé, on lui montre l'endroit d'origine du Golgotha, le rocher fendu par le tremblement de terre (qu'on peut toujours constater de visu!).
http://fr.wikipedia.org/wiki/Golgotha_%28Calvaire%29
Et elle fait faire des fouilles qui permettent de découvrir proche d'une citerne (je cite de mémoire), trois croix avec un titulus. C'est bien cela! Et il nous en reste des petits bouts, notamment en France.Cette fois-ci, nous avons eu historiquement le premier ecrit sur Jésus de son vivant, retrouvé.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Titulus_Crucis
Visitez la chapelle Sainte Hélène, mère de Constantin:
http://fr.wikipedia.org/wiki/Basilique_ ... 9l.C3.A8ne
Voici des reproductions du Titulus Crucis:
http://xoomer.virgilio.it/zuzzi/IHS_fil ... 486685.jpg
Jean avec Marie poursuivent l'œuvre du Christ. Face à Pierre et Jacques. Que deviennent-ils? Prochainement...