Re: Les dégradations de la planète
Publié : mer. 26 déc. 2007, 18:25
Benoît XVI dénonce les conflits et l'exploitation de la planète
LE MONDE | 26.12.07
Des milliers de fidèles étaient réunis, mardi 25 décembre, place Saint-Pierre à Rome où le pape Benoît XVI est apparu pour prononcer, depuis la loggia centrale de la basilique, le traditionnel message de Noël "à la ville et au monde" (urbi et orbi). A son inquiétude devant la montée des conflits, le pape, qui semblait fatigué, a ajouté une dénonciation de l'exploitation des ressources de la planète. Un thème assez rare dans l'enseignement des papes, auquel Benoît XVI donne un éclat particulier.
Il a déploré, d'abord, l'accroissement des tensions ethniques, religieuses et politiques, "qui déchirent le tissu intérieur de nombreux pays et enveniment les relations internationales". Sans entrer dans le détail de chacune des crises mondiales, il a cité les conflits africains, celui des "terres déchirées" du Darfour, de la Somalie, de la République démocratique du Congo (RDC), et celui qui oppose l'Erythrée et l'Ethiopie. Puis, inlassablement, il a repris ses suppliques de paix au Proche-Orient, au Liban, en Irak et en Afghanistan.
Les victimes de ces conflits, comme du terrorisme et d'autres violences également évoquées, sont "les franges les plus vulnérables" de la société : enfants, femmes, vieillards.
Avec des accents pathétiques, le pape a dénoncé les souffrances inouïes "infligées à des populations entières". Et, une fois de plus, il a exhorté les dirigeants de la planète à la "sagesse et (au) courage pour trouver des solutions humaines, justes et durables".
Noël est donc la "consolation", résume le chef de l'Eglise catholique, de ceux qui se trouvent "dans les ténèbres de la guerre". Puis dans les ténèbres de la misère et de l'injustice : ceux à qui est refusée l'aspiration à "une existence plus sûre, à la santé, à l'éducation, à un emploi stable, à une participation plus pleine aux responsabilités civiles et politiques, hors de toute oppression et à l'abri de conditions qui offensent la dignité humaine". Benoît XVI s'est montré anxieux devant le nombre croissant des populations migrantes, réfugiées et déplacées.
CATASTROPHES NATURELLES
Enfin, le chapitre "environnemental". Le pape a évoqué les catastrophes naturelles et les "désastres écologiques". Avec retard par rapport aux Eglises protestantes et orthodoxes - plus précoces, dans leur théologie et leur action, sur le thème de la "sauvegarde de la Création" -, l'Eglise catholique intègre désormais le respect de l'environnement dans son magistère officiel. Benoît XVI est un pape "vert".
Dans son message, publié à la mi-décembre, en vue de la Journée de la paix 2008 (que l'Eglise célèbre chaque 1er janvier), il avait déjà fait sienne cette question de l'équilibre écologique de la planète, réclamant des expertises et des mesures " prudentes" et "sans précipitation idéologique". A la messe de minuit de Noël, lundi soir 24 décembre, il avait dénoncé avec vigueur "l'utilisation abusive des ressources de la planète et leur exploitation égoïste".
Plus familier de ce thème, Mgr Rowan Williams, archevêque de Canterbury et chef de l'Eglise anglicane, a lui aussi consacré son message de Noël à un plaidoyer en faveur de l'écologie et dénoncé "l'avidité des hommes" menaçant le fragile équilibre de la Terre.
Retransmis dans une soixantaine de pays, le message de Noël de Benoît XVI a été suivi de salutations en soixante-trois langues.
Henri Tincq

LE MONDE | 26.12.07
Des milliers de fidèles étaient réunis, mardi 25 décembre, place Saint-Pierre à Rome où le pape Benoît XVI est apparu pour prononcer, depuis la loggia centrale de la basilique, le traditionnel message de Noël "à la ville et au monde" (urbi et orbi). A son inquiétude devant la montée des conflits, le pape, qui semblait fatigué, a ajouté une dénonciation de l'exploitation des ressources de la planète. Un thème assez rare dans l'enseignement des papes, auquel Benoît XVI donne un éclat particulier.
Il a déploré, d'abord, l'accroissement des tensions ethniques, religieuses et politiques, "qui déchirent le tissu intérieur de nombreux pays et enveniment les relations internationales". Sans entrer dans le détail de chacune des crises mondiales, il a cité les conflits africains, celui des "terres déchirées" du Darfour, de la Somalie, de la République démocratique du Congo (RDC), et celui qui oppose l'Erythrée et l'Ethiopie. Puis, inlassablement, il a repris ses suppliques de paix au Proche-Orient, au Liban, en Irak et en Afghanistan.
Les victimes de ces conflits, comme du terrorisme et d'autres violences également évoquées, sont "les franges les plus vulnérables" de la société : enfants, femmes, vieillards.
Avec des accents pathétiques, le pape a dénoncé les souffrances inouïes "infligées à des populations entières". Et, une fois de plus, il a exhorté les dirigeants de la planète à la "sagesse et (au) courage pour trouver des solutions humaines, justes et durables".
Noël est donc la "consolation", résume le chef de l'Eglise catholique, de ceux qui se trouvent "dans les ténèbres de la guerre". Puis dans les ténèbres de la misère et de l'injustice : ceux à qui est refusée l'aspiration à "une existence plus sûre, à la santé, à l'éducation, à un emploi stable, à une participation plus pleine aux responsabilités civiles et politiques, hors de toute oppression et à l'abri de conditions qui offensent la dignité humaine". Benoît XVI s'est montré anxieux devant le nombre croissant des populations migrantes, réfugiées et déplacées.
CATASTROPHES NATURELLES
Enfin, le chapitre "environnemental". Le pape a évoqué les catastrophes naturelles et les "désastres écologiques". Avec retard par rapport aux Eglises protestantes et orthodoxes - plus précoces, dans leur théologie et leur action, sur le thème de la "sauvegarde de la Création" -, l'Eglise catholique intègre désormais le respect de l'environnement dans son magistère officiel. Benoît XVI est un pape "vert".
Dans son message, publié à la mi-décembre, en vue de la Journée de la paix 2008 (que l'Eglise célèbre chaque 1er janvier), il avait déjà fait sienne cette question de l'équilibre écologique de la planète, réclamant des expertises et des mesures " prudentes" et "sans précipitation idéologique". A la messe de minuit de Noël, lundi soir 24 décembre, il avait dénoncé avec vigueur "l'utilisation abusive des ressources de la planète et leur exploitation égoïste".
Plus familier de ce thème, Mgr Rowan Williams, archevêque de Canterbury et chef de l'Eglise anglicane, a lui aussi consacré son message de Noël à un plaidoyer en faveur de l'écologie et dénoncé "l'avidité des hommes" menaçant le fragile équilibre de la Terre.
Retransmis dans une soixantaine de pays, le message de Noël de Benoît XVI a été suivi de salutations en soixante-trois langues.
Henri Tincq


