Quelques remarques sur
ces articles, qui sont assez justes dans l'ensemble:
Une part importante de métalleux, et de gothics (de manière secondaire), mobilisent la figure de Satan.
Dans quelle proportion? Il est facile de mettre en avant le Black Metal pour occulter les autres genres, même s'il est razppelé plus loin:
Il faut préciser que les métalleux qui mobilisent un imaginaire satanique appartiennent en majorité au public metal extrême.
Behemoth (groupe polonais) est un monstre terrifiant de la mythologie hébraïque..
Pour être plus précis, il s'agit de l'hippopotame. De plus le groupe Christian Death, cité ici, n'a ja mais été sataniste mais s'oppose au pouvoir religieux. Dans ce sens:
Les métalleux et les gothics qui mobilisent un imaginaire satanique considèrent Satan comme le symbole du Non.
Cependant:
Il s'agit d'un signe de reconnaissance. Dans ce cas, afficher un symbole satanique n'augure aucunement de l'adhésion aux motivations précitées. Enfin, on constate qu'une part tout aussi significative de métalleux et de gothics n'affiche pas ces symboles.
En mobilisant une esthétique « sombre », les métalleux et les gothics tendent d'une manière qui peut apparaître paradoxale vers une pulsion de vie sous ses formes « dionysiaques ».
En termes plus simples: on aime faire la fête. :lol:
Il faut relever un paradoxe fondamental : beaucoup de satanistes construisent une pensée anti-religieuse alors même qu'ils sont religieux.
Le paradoxe n'est qu'apparent. Pour avoir discuter avec certains d'entre eux, ils ne sont pas tant opposés au concept de religion ni de pensée mystique qu'aux concepts traditionnels qui sont associés à l'Eglise.
Ces exactions, ces « dérives sataniques » sont le fait de trois types de population. Premièrement, elles sont perpétrées par des satanistes extrémistes, c'est-à-dire des personnes qui cultivent une haine quasi-pathologique envers le christianisme et qui développent une pensée fascisante et anti-égalitaire. Deuxièmement, elles sont perpétrées par des satanistes modérés qui présentent des facteurs de risque spécifiques (cf. infra). Troisièmement, elles peuvent être le fait de groupes de jeunes personnes (14-25 ans), parfois des métalleux (black métalleux), rarement des gothics, qui présentent également des facteurs de risque spécifiques et qui mobilisent un imaginaire satanique.
On oublie de préciser qu'il y a aussi des groupes extrêmistes rattachés à l'extrême-droite qui font de même. Généralement dans des cimetières juifs, et ils n'écoutent pas de métal. Au contraire! Ils se disent de bons chrétiens!
Concernant l'histoire du satanisme:
Dans les croyances chrétienne, islamique et hébraïque tardive, le diable est l'esprit suprême du mal qui règne depuis les temps immémoriaux sur un royaume d'esprits malins et qui s'oppose constamment à Dieu.
Dans le judaïsme, Satan fait partie du plan de Dieu, ainsi qu'il est montré dans le livre de Job. Il n'est pas opposé mais a une raison d'être: il est là pour donner le choix à l'homme. C'est l'homme, et l'homme seul qui s'oppose à Dieu par ses actions.
Sur ce point, le satanisme apparaît intrinsèquement comme un paradoxe. Louer une entité appelée Satan dans la Bible pour symboliser son antichristianisme revient à combattre des dogmes ennemis que l'on reconnaît et dont on se sert soi-même. Il n'est donc pas étonnant que les satanistes soient souvent des hérésiarques, des chrétiens inversés. Comme ils accusent et critiquent avec les armes du christianisme, ils ne peuvent s'en départir et proposer une véritable alternative autre que la négation et le refus. Précisément, Satan a toujours été identifié comme le symbole du Non. Les satanistes veulent incarner ce rôle d'adversaire et d'accusateur, cependant ils n'existeraient pas sans le christianisme. La croix de Saint Pierre ou croix chrétienne inversée est justement l'emblème de ce paradoxe. Figurant le déni de toute religion et en particulier du christianisme, elle n'est pourtant pas une création satanique mais belle et bien une création chrétienne. Elle fait référence à un passage de l'histoire de l'Eglise : le martyr de Saint Pierre. L'apôtre Pierre aurait demandé à être crucifié la tête en bas, s'estimant indigne du Christ
Il n'y a pas de paradoxe dans la mesure ou globalement il n'y a pas de satanisme. Il s'agit plutôt de singer les symboles du christianisme pour lui signifier un refus catégorique de "rentrer dans le rang". Pour donner un autre exemple, la coiffure des rastas éthiopiens vient de l'époque de l'esclavage: seuls les personnes en bonnesanté et propre étaient capturées pour être vendues. Ils portaient volontairement des cheveux hirsutes, sales pour rester libres. Cette coiffure est revenue à la mode lors de l'occupation italienne et de la résistance face à l'envahisseur blanc.
Cela dit, pourquoi appeler l'article: "Satanisme: état des lieux en France pous ensuite évoquer l'Eglise de Satan américaine?
Les commentaires des publications me semblent pertinents, même si je n'ai pas lu les textes originaux et l'article sur l'influence de la musique sur les comportements suicidaires rejoint les articles que j'avais édité sur le
sujet du Jeu de Rôle, qui a été verouillé, allez savoir pourquoi... A l'heure actuelle, il semble qu'il y ait une tendance médiatique à chercher de nouveaux boucs émissaires pour expliquer une crise dans la société. Il est en général plus facile de mettre en cause une musique ou un loisir que de remettre en question l'éducation parentale ou institutionelle.