Franchement je ne vois vraiment pas où il veut en venir, mais du moment qu'on respect la christologie de l'Eglise ...
Si je lis ceci de St Irénée au 2nd siècle bien avant les Conciles dans son Traité contre les Hérésies , on voit que les théologiens ont toujours su que Jésus était le Verbe éternel, Dieu Fils de Dieu, 2e Personne de la Trinité, créateur de l'univers. Néanmoins il est possible que par Père, ils entendaient aussi le Dieu-Trinité, Un en Trois Personnes consubstantielles.
En fait, Jean proclame un seul Dieu tout-puissant et un seul Fils unique, le Christ Jésus, par l'entremise de qui tout a été fait ; c'est lui le Verbe de Dieu, lui le Fils unique, lui l'Auteur de toutes choses, lui la vraie Lumière éclairant tout homme, lui l'Auteur du cosmos ; c'est lui qui est venu dans son propre domaine, lui-même qui s'est fait chair et a habité parmi nous.
St Justin dans son Apologie également au 2nd siècle
23. Mais, remarquez-le bien, si nous avons employé ce genre de preuves et ces assimilations, c'est que nous voulions vous démontrer que la vérité se rencontre uniquement dans les leçons du Christ et des prophètes ses prédécesseurs, plus anciens que tous vos écrivains; et quand nous demandons d'être crus, ce n'est pas en raison de ces ressemblances, c'est en raison de la vérité que nous annonçons, c'est parce que nous vous disons que Jésus-Christ est le fils unique du Père, son premier-né, sa puissance, son Verbe; qu'il s'est fait homme par sa propre volonté, et qu'il est venu nous instruire pour le salut et la régénération du monde.
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La puissance souveraine avec le Père et le maître de l'univers, c'est son fils, c'est le Verbe. Il a pris chair, il s'est fait homme, nous le dirons ensuite.
Et Tertullien au 3è siècle dans son "Contre Praxéas, ou sur la Trinité" et qui n'était pas versé dans la philosophie néo platonicienne, je crois qu'il l'a méprisait.
Quant à nous, dans tous les temps, mais aujourd'hui surtout que nous sommes plus éclairés encore par le «Paraclet qui enseigne toute vérité,» nous croyons en un seul Dieu, mais avec la dispensation ou l'économie, comme nous l'appelons, que ce Dieu unique ait un Fils, son Verbe, procédant de lui-même, «par qui tout, a été fait et sans qui rien n'a été fait.» Nous croyons qu'il a été envoyé par le Père dans le sein d'une Vierge, qu'il naquit d'elle tout à la fois homme et Dieu, Fils de l'homme et Fils de Dieu, que son nom est Jésus-Christ, qu'il souffrit, qu'il mourut, et qu'il fut enseveli, selon les Ecritures, qu'il fut ressuscité par le Père, et que, remonté dans les cieux, il s'assied à sa droite, pour en redescendre un jour afin de juger les vivants et les morts. Nous croyons que de là il a envoyé ensuite, conformément à sa promesse, l'Esprit saint, le Paraclet du Père, pour sanctifier la foi de ceux qui croient au Père, au Fils et à l'Esprit saint. Que ce symbole nous ait été transmis dès le commencement de l'Evangile, même avant les premiers hérétiques, à plus forte raison avant Praxéas, qui est d'hier, la postériorité des hérétiques aussi bien que la nouveauté de Praxéas, qui est d'hier, va le prouver
De là donc il sortira contre toutes les hérésies la légitime présomption que ce qui est le premier est véritable; que ce qui est altéré, c'est le second. Mais indépendamment de cette prescription, pour instruire comme pour prémunir quelques-uns, il faut engager la discussion, ne fut-ce que pour empêcher de dire que toute doctrine erronée est condamnée sur une simple présomption, et non après avoir été examinée, surtout la doctrine qui se vante de posséder la vérité pure, en s'imaginant que la seule manière légitime de croire à l'unité de Dieu, c'est de confondre dans une seule et même personne et le Père et le Fils et l'Esprit saint; comme si un seul n'était pas tout, quand tout dérive d'un seul, en gardant néanmoins le sacrement de l'économie qui divise l'Unité en Trinité, où nous distinguons trois personnes, le Père, le Fils et l'Esprit saint. Ils sont trois, non pas en essence, mais en degré; non pas en substance, mais en forme; non pas en puissance, mais en espèce; tous trois ayant une seule et même substance, une seule et même nature, une seule et même puissance, parce qu'il n'y a qu'un seul Dieu duquel procèdent ces degrés, ces formes et ces espèces, sous le nom de Père, de Fils et de Saint-Esprit. Comment admettent-ils le nombre en rejetant le partage? La discussion va le prouver à mesure qu'elle avancera.
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Enfin, examinons quel est celui qu'on, vu les Apôtres? «Ce que nous avons vu de nos yeux, dit Jean, ce que nous avons considéré, ce que nos mains ont touché, la parole de vie.» La parole ou le Verbe de vie, en effet, s'étant incarné, a été vu, a été entendu, a été touché, parce que celui-là s'est incarné qui, avant sa chair, «était Verbe au commencement dans Dieu le Père,» et non le Père dans le Verbe. Car, quoique «le Verbe soit Dieu, il ne laisse pas d'être en Dieu,» parce qu'il est Dieu de Dieu, avec le Père dans le Père. «Et nous avons vu sa gloire, comme la gloire que reçoit de son Père le Fils unique;» tu l'entends! la gloire du Fils unique, c'est-à-dire de celui qui est visible et qui a été glorifié par le Père invisible. Voilà pourquoi, ayant appelé tout à l'heure Dieu le Verbe de Dieu, pour ne pas venir en aide à la présomption de nos adversaires, comme s'il avait vu le Père en personne, l'Apôtre, afin de distinguer d'avec le Père qui est invisible, le Fils qui est visible, ajoute comme par surcroît: «Nul ne vit jamais Dieu.» Quel Dieu? Le Verbe? Non sans doute. Il vient de dire: «Ce que nous avons vu, ce que nous avons entendu, ce que nous avons touché.» Mais quel Dieu, donc? Le Père, «en qui était le Verbe, c'est-à-dire le Fils unique de Dieu qui résidait dans le sein du Père, comme il nous l'a manifesté lui-même.» Voilà celui qui a été vu, celui qui a été entendu, celui qui même a été touché, de peur qu'on ne le crût un fantôme. Voilà celui qu'a vu Paul, qui cependant n'a pas vu le Père. «N'ai-je pas vu Jésus?» dit-il. Mais Paul lui-même proclame la divinité de Jésus-Christ: «Qui ont pour pères les patriarches, dit-il, et de qui est sorti, selon la chair, Jésus-Christ même, le Dieu au-dessus de toutes choses et béni dans tous les siècles.» Il nous montre également que le Fils de Dieu, c'est-à-dire le Verbe, est visible parce que celui qui s'est incarné a été appelé le Christ. Il parle ainsi à Timothée du Père: «Qu'aucun homme n'a vu ni ne peut voir:» puis, pour donner encore une plus haute idée de sa grandeur: «Qui seul possède l'immortalité, qui habile une lumière inaccessible. «Il avait dit plus haut: Au roi des siècles, au Dieu qui est l'immortel, l'invisible, l'unique,» afin que nous attribuassions au Fils les qualités opposées, la mortalité, la visibilité. Ailleurs Paul déclare «qu'il est mort selon les Ecritures,» et enfin «qu'il s'est fait voir à lui,» dans sa lumière accessible par conséquent, quoique cependant il ne l'eût pas contemplée sans courir le risque de perdre la vue; ni Pierre, Jean et Jacques, sans péril pour leur raison et une démence passagère. Si c'était le Père qu'ils eussent vu dans sa splendeur, et non la gloire du Fils qui allait souffrir, ils seraient morts sans aucun doute. «Nul, en effet, ne verra Dieu sans» mourir.»
Pas besoin de parler des St Augustin et autres St Grégoire de Nysse, et Basile de Césarée dont les doctrines sont encore plus précises.