Re: Contraceptifs
Publié : mar. 14 juin 2011, 17:07
Car vous pensez que notre raisonnement est toujours juste?! 
Si je peux me permettre de répondre par rapport à ce que j'ai compris moi-même de la pensée de Salésienne, je dirai que vous allez un peu trop loin : la vision mystique de la sexualité n'est pas remise en cause en elle-même, mais c'est un modèle auquel il est impossible de se conformer systématiquement, pour une raison principale : nous sommes des êtres de chair, avec nos fragilités et souvent nous ne sommes simplement pas en état physique ni psychologique de vivre l'union sexuelle comme une union mystique. Chercher à l'atteindre systématiquement et n'y parvenir que très rarement peut être source de blessures intenses et d'incompréhension au sein d'un couple, voire de dégoût de soi et de l'autre.ti'hamo a écrit :@Salésienne
. Pour ajouter quelques précisions peut-être nécessaires à ce travail de réflexion :
. Vos propos nous font nous poser tout autant de question sur votre vision de la sexualité que vous vous en posez sur celle de l'église catholique ;
on est là à nouveau dans le domaine des impressions, je me garde donc d'affirmer et vous en fait simplement part, à vous de nous dire ce qu'il en est :
> reprocher à l'Église d'avoir une trop haute vision de la sexualité, de l'union de l'époux et de l'épouse, une vision trop mystique,
c'est donc affirmer qu'elle est en tort sur ce point, d'après vous,
et c'est donc affirmer que la sexualité n'a pas cette signification élevée, cette beauté mystique ; cela signifierait donc,
soit qu'il ne faut voir dans la sexualité que les seuls aspects biologiques et psychologiques,
soit qu'il ne faut voir dans l'amour des époux d'une manière générale aucun sens élevé ni mystique.
Est-ce bien votre opinion, ou est-ce de ma part une mauvaise compréhension ?
Je suis 100% d'accord avec cet exposé, qui utilise la pertinence de la théologie des vertus de Saint Thomas d'Aquin.ti'hamo a écrit :. Mais il y a là, je crois, une mauvaise compréhension de ce que dit l'Église, tant sur le plan de la charité que dans son application à la sexualité ; je reprendrais le parallèle avec la charité pour illustrer cela :
> Concernant la difficulté :
Étant pétris de défauts, de faiblesses, et limités, il nous semble de toute façon quasi impossible d'aimer notre prochain en tout temps et en tout lieu, en acte, en pensée et en paroles. Nous savons que cela nous sera difficile.
Doit-on pour autant se résigner à laisser tomber l'exigence de charité ? Doit-on pour autant réserver l'exercice de la charité aux quelques moments de la semaine où nous nous sentirions suffisamment reposés pour cela, et vivre le reste du temps en automates ?
Il me semble que non. J'espère que vous serez d'accord pour dire que l'exigence de charité, ce n'est pas du tout l'exigence d'être instantanément et perpétuellement parfaits en tous points,
mais l'exigence de faire à chaque instant de notre mieux dans le sens de la charité.
Si je ne me sens pas dans un état d'esprit favorable à la tenue de paroles charitables, que ferai-je alors ? Est-ce que je dois me dire "tant pis, je vais médire et être désagréable, je serais charitable une autre fois", ou bien est-ce que je dois me taire ? Il me semble qu'alors je peux me taire, éviter une parole blessante - je n'aurais alors pas sauté au cou de mon prochain ni fait montre d'un amour débordant à son égard, mais cela aura tout de même été un petit acte de charité bien réel.
Le fait que nous soyons faibles, que nous aurons du mal à vivre pleinement la charité, n'implique pas du tout que nous devions y renoncer la plupart du temps et n'y repenser que de temps à autre.
> Concernant la déception :
Je reprends l'exemple de la charité et de l'amour du prochain : que penser de celui qui refuserait de s'efforcer à pratiquer la charité sous prétexte que, se sachant faible, il prévoit qu'il n'y arrivera pas toujours, qu'il sera donc déçu dans certaines de ses tentatives, que cette déception risque de le blesser, et qu'il vaut mieux alors ne même pas essayer ?
Sinon qu'il fait preuve ici d'orgueil.
Et voui : ne pas essayer pour ne pas se retrouver face à ses propres limites, c'est de l'orgueil.
...Avec cependant une possible composante purement psychologique sans connotation morale : le perfectionnisme. Une personne peut effectivement éprouver des angoisses à la seule idée d'essayer tel ou tel projet ou acte ou défi, car la moindre légère imperfection par rapport au but visé la plonge dans une totale dépréciation d'elle-même ;
mais ça, c'est pathologique, et ça se soigne - ça n'a pas à être encouragé ! Sinon cela revient à enfermer la personne un peu plus dans son perfectionnisme handicapant, simplement parce qu'on a voulu lui éviter une expérience difficile ;
or, le traitement de telles angoisses... passe justement par une exposition (mesurée et progressive) à l'échec générateur des angoisses.
La déception n'est pas une raison pour ne pas essayer : sinon, là encore, on n'essayerait jamais d'aimer notre prochain, sachant très bien qu'il y aura plein de fois où nous échouerons à cause de tous nos petits défauts.
Mais c'est justement en faisant des efforts dans le sens de la charité, que nos défauts peuvent s'amenuiser peu à peu ; sinon, ils ne diminuent jamais, et c'est une situation sans issue :
je n'essaye pas parce que je vais rater, à cause de mes défauts... mais tant que je ne m'y efforce pas, mes défauts demeurent et s'aggravent.
C'est comme refuser de se jeter à l'eau au motif qu'on n'arrivera pas d'emblée et immédiatement à nager parfaitement.
Les malheurs de Sophie , si mes souvenirs sont bons ...Iulita a écrit :PS : quand j'étais petite, j'ai été nourrie à la comtesse de Ségur, et je me souviens d'une histoire qu'elle développait : deux chemins se présentent, l'un facile et paradisiaque, l'autre escarpé, tout cela à première vue. Le facile devient infernal au fur et à mesure qu'on s'y engage, tandis que l'escarpé s'aplanit et s'adoucit pour mener au paradis. Il y a des images qui restent et qui vous suivent, même si on ne s'y conforme pas toujours soi-même à tous les instants de notre vie !