Re: N'est-il pas mieux de séparer l'église et l'état ???
Publié : jeu. 03 mars 2011, 12:25
Contre exemple historique : la foi chrétienne n'a cessé de s'étendre dans l'empire romain alors que l'Église n'avait aucun pouvoir temporel et même que les chrétiens étaient violemment persécutés. Et son influence n'a alors cessé de gagner du terrain jusqu'à ce que l'empereur se convertisse et l'autorise dans l'empire.cracboum a écrit :Raistlin, pourriez-vous donner quelques arguments concernant la dernière remarque de Chercheur : « La situation de l’Eglise témoigne de cet état de fait : l’Eglise était respectée tant qu’elle était riche et puissante. A partir du moment ou elle a été contrainte de se séparer des Etats, son influence n’a cessé de se réduire, et elle diminue encore chaque jour au point d’être menacée de marginalisation, puis à terme risque la disparition ».
N’est-ce pas ce qui semble s'être produit historiquement ? (Je ne reprendrais pas la "disparition").
En fait, le lien de cause à effet établi par Chercheur est mauvais. Car quelle est est l'origine de la séparation de l'Église et de l'État ? Un rejet de l'Église (il suffit de voir comment les catholiques ont été persécutés - non le mot n'est pas trop fort - en France à la fin du XIXème siècle, pourtant fille aînée de l'Église). Ce n'est donc pas comme s'il y avait d'abord eu séparation et ensuite rejet de l'Église. Il y a d'abord eu rejet de l'Église qui s'est traduit par la séparation de l'Église et de l'État. Puis la situation s'est aggravée notamment par l'émergence des idéologies hédonistes et relativistes. Bien sûr, je ne parle ici que de la France.
En outre, c'est toute l'argumentation de Chercheur qui est mauvaise. En effet, il fait un parallèle entre la soi-disante faiblesse morale du Christianisme, et donc sa supposée inadaptabilité à la vie sociale, pour expliquer cette perte d’influence. Mais qu’ont fait les générations de mai 68 sinon rejeter une morale qu’ils jugeaient trop contraignantes ? L’argumentation est donc foncièrement incohérente.
Donc attention aux conclusions hâtives.
Par ailleurs, je prends le contrepied de la théorie de Chercheur pour dire que c’est justement la force de l’Évangile qui a permis de faire progresser les sociétés occidentales dans le sens de la liberté, du respect de la personne et du souci du prochain. Bien sûr, tout ne fut pas rose dans l’Histoire de l’Église mais je crois profondément que ce sont les racines chrétiennes des pays occidentaux qui leur ont donné une certaine supériorité dans le domaine du respect de la personne humaine. Et j’affirme que c’est parce que ces pays se sont coupés de leurs racines chrétiennes depuis maintenant quelques décennies qu’ils tombent de plus en plus dans la décadence morale. Ce qu’il faut aux pays occidentaux, ce n’est ni une philosophie athée, ni une autre religion (pour faire de l’Europe une autre Arabie Saoudite ? beau programme quand on connaît les conditions de vie là-bas, notamment l'absence de liberté), mais bien une réappropriation du ferment évangélique.
Ainsi donc, bien loin d’être impossible à être pratiqué en société, l’Évangile est LA solution pour amener les sociétés à être davantage à la ressemblance du Royaume de Dieu.