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Re: Qu'est-ce que la pédophilie ?

Publié : dim. 07 sept. 2008, 11:07
par jeanbaptiste
Philon, vous soulevez des problèmes très intéressant !

Au sujet de la violence pensée comme une sorte d'exclusivité masculine, je suis d'accord avec vous. En matière de violence physique brutale, l'homme (le mâle) est clairement le grand "vainqueur". Mais nous savons tous qu'il y a toute sorte de violences : symboliques, psychologiques etc. Et je crois que ces domaine la femme n'a pas de leçons à recevoir des hommes. À mon avis, la mère d'un ami qui a passé son temps à faire du chantage psychologique contre ses enfants pour les pousser à mener leur vie comme elle le souhaitait a certainement causée des maux très grand.

Et en ce qui concerne le féminisme et ses conséquences. Si je suis parfaitement pour le fait que les femmes se soient battues contre ce qui était réellement des injustices sociales (toute proportion gardée, le féminisme en tant qu'idéologie me donne de l'urticaire !), je me demande si les hommes ne devraient pas faire de même afin de se réapproprier leur "virilité". Car le mal du féminisme est d'avoir dégradé la masculinité, et l'erreur des hommes est de ne pas avoir pensé leur "sexe" alors que cette "révolution" l'imposait.

Pensons tout simplement à l'image que nous nous faisons des rapports sexuels. La violence d'un homme lors d'un rapport sexuel ? Horreur (à raison) ! La puissance sexuelle de la femme sur le désir masculin, et le pouvoir qu'elle en tire et avec lequel elle joue ? Joie ("nous" sommes fortes !).

Quand comprendra-t-on que le désir masculin, bien plus impérieux (vis-à-vis de l'homme lui-même !) que celui de la femme, est une sorte de malheur pour l'homme ? Les femmes, par ignorance, tirent un certain plaisir à ce pouvoir dont elles disposent sur l'homme.

Je vais prendre un exemple beaucoup plus significatif : le désir d'enfant. Il y a un désir d'enfant chez les deux sexes, c'est une évidence. Mais il me semble qu'il arrive plus tôt chez la femme, et qu'il est bien plus impérieux. La ou le désir de reproduction (qui n'est pas strictement désir d'enfant !) est bien plus impérieux chez l'homme.
Je me souviens d'une émission à la télévision sur les mères enfants (15 ans, 18 ans etc.). Émission ridicule en soi, mais aux témoignages significatifs. Dans la plupart des cas les jeunes pères avaient acceptés l'enfant, et à chaque fois tout le monde trouvait cela formidable car il est bien connu que les hommes sont des gosses irresponsable, voire d'immondes salauds qui fond des enfants puis se tirent ensuite. Dans l'émission la mère était donc reine. Or, dans les faits nous pouvions constater que bien souvent la jeune mère avait eu seule le désir d'enfant, et avait donc ABUSÉE de son conjoint en lui faisant ni plus ni moins qu'un enfant dans le dos ! Qui est irresponsable ? On pourra me rétorquer que l'homme était d'accord pour "baiser", ce à quoi je répondrai qu'avec tous les moyens contraceptifs d'aujourd'hui il est facile de contrôler individuellement sa sexualité.

Tout le monde ayant un peu de vécu, regardé autour de soi, sait que lors de la naissance du premier enfant le mari est bien souvent laissé de côté par sa femme.

Car, pour résumer : le désir impérieux de l'homme de se reproduire le conduit bien souvent à voir dans sa conjointe un partenaire sexuel plutôt qu'une personne, et dans le même ordre d'idée le désir impérieux de la femme d'avoir un enfant la conduit bien souvent à voir dans son conjoint un futur père de ses enfants plutôt qu'une personne.

N'avez-vous jamais entendu de féministes prôner le droit à avoir des enfants "seules" ? Comme si finalement, au fond, l'homme n'était qu'un accessoire à la réception d'un enfant à cajoler ?

Ce qui est amusant, c'est que l'image d'un homme immature et irresponsable est typiquement une image maternisante. "Les hommes sont tous des bébés", soit : si tu ne m'avais pas je ne sais pas ce que tu ferais ! Acte égoïste.

Vous l'aurez compris, il ne s'agit pas pour moi de jeter le discrédit sur les femmes, mais de rétablir un certain équilibre et de montrer que l'homme n'a l'exclusivité de la saloperie.

Il y a toute sortes de violences non condamnée qui, à mon avis, ont des conséquences aussi grave que le viol (qui est largement causé par des hommes).
Trop de zèle thérapeutique d'un côté, ce qui est typique de nos sociétés où rien ne manque, où la souffrance est presque pénalisée, où chacun se voit chargé d'un hypothétique "devoir de bonheur", stigmatisation du masculin de l'autre, aveuglement quant à l'évolution générale de nos sociétés, ce sont à mon avis les écueils à éviter dans ce domaine.
Oui, il me semble que vous avez raison. Quelqu'un qui m'est proche, et dont je ne citerai pas le nom, a subit un viol étant jeune. Cette personne est très joyeuse, vit très bien sa vie, et n'a pas de gros soucis sexuels (sauf celui d'être extrêmement mal à l'aise lorsque des sujets comme la violence faite contre les enfants est soulevée etc.). Cette personne étant un peu âgée, elle n'a pas connue les cures, et n'a quasiment jamais parlé de ce traumatisme, qui en est un ! Mais cette personne est la preuve que l'on peut dépasser un traumatisme et vivre TRÈS BIEN malgré lui.

Le suivit psychologique est à mon avis une bonne chose, mais la dramatisation excessive des violences est à mon avis bien plus source de psychoses qu'autre chose. Le cas des envoies de personnes ayant subit des accidents en groupe, dans des cellules psychologique est catastrophique ! Cela dramatise une situation qui aurait pu passer sans trop de dommages.

Deux exemples : une personne m'a racontée avoir échappée de peu à une agression sexuelle étant jeune. Elle rentre chez elle essoufflée et choquée, elle en parle à son père (première personne croisée dans la maison) et il lui répond calmement que si elle n'a rien eut (physiquement j'entend) ça n'est pas grave. Cette personne m'a avouée avoir été extrêmement apaisée par cette parole. Que ce serait-il passé si le père s'était affolé, énervé, avait entouré son enfant pour la consoler ? Il aurait certainement augmenter le sentiment de peu et d'être victime chez son enfant etc.

L'autre est celui de ma femme qui fut renversée par une voiture à l'âge de 10 ans en ville. L'accident ne fut pas critique, elle s'est relevée immédiatement, et n'avait quasiment rien. Mais aussitôt tout le monde l'a entouré, tout le monde lui demandait terrifié si elle n'avait rien etc. Et c'est à ce moment là qu'elle a commencé à avoir peur. C'est un exemple anodin, mais qui montre bien certains fonctionnements de la psyché humaine.

Évitons donc autant que possible la dramatisation, même s'il faut reconnaître le drame que constitue un viol ! C'est pour cette raison que dans les affaires de viol et d'abus sexuels le rôle de la presse me semble extrêmement grave. Combien de personne inculpée à tort dont la vie fut fichue parce que l'affaire dévoilée par les médias ?

Dans un village à côté de celui de mes parents, un instituteur fut inculpé pour abus sexuel sur une petite fille. La raison ? Il avait carréssé, tapoté, son épaule en lui disant "c'est bien" pour un travail qu'elle avait bien réussie... La fille en avait certainement parlé à ses parents par fierté, et ces derniers ont déliré. Il me semble que l'instituteur fut disculpé, mais c'est quelque chose qu'il a extrêmement mal vécu.

Je suis donc d'accord également pour dire qu'il faut établir des degrés lorsque l'on parle "d'abus sexuels".

Re: Qu'est-ce que la pédophilie ?

Publié : jeu. 11 sept. 2008, 21:12
par Philon
Bonsoir Jeanbaptiste,

au sujet de l'indifférenciation des sexes et de ses liens avec l'affaiblissement de la fonction paternelle, il existe un très bon ouvrage de Thierry Vincent, "L'indifférence sexuelle"( Erès) qui critique les positions de Bourdieu sur "La domination masculine".

Bourdieu envisage la loi comme "loi du plus fort" et les différences sociales entre les sexes comme des arbitraires que l'on pourrait jeter aux orties. Pour lui la loi du père n'est pas en rapport avec la nécessité de contenir la force, elle ne peut être que la force elle-même, la violence.
C'est cette absence de tiercité qui triomphe actuellement dans les discours sur l'égalité des sexes et sur leur interchangeabilité : le rapport de force peut s'inverser, etc.
Dans ce contexte la décision de grossesse jadis à l'initiative des pères devient signe d' une oppression dont les femmes ne veulent plus parce qu'elles confondent violence symbolique et violence tout court.
Mais en évacuant la fonction paternelle, la transcendance, le tiers médiateur, et en réduisant les dyssimétries sociales à de purs rapports de force, on se donne une interprétation de l'humain tributaire de la science, réduite à l'existence physique et on pose l'utopie d'un monde d'"egos" indifférenciés.
C'est cette interprétation qui triomphe aussi dans le type d'économie que nous avons ( lutte de tous contre tous) mais aussi dans le domaine de l'éducation où l'on veut démocratiser les familles et traiter avec les enfants par "contrats" ou en les séduisants et en les surprotégeant faute de vouloir interdire. Les parents ne veulent plus occuper des places de parents, pas plus que les femmes ne veulent occuper leur place de femmes.

La trop grande permissivité des années 70 suivie de la crispation juridique des années 90 sont le signe que cette fonction paternelle ne fonctionne plus.
On a vu à tort dans la pédophilie un résidu de "violence patriarcale contre les plus faibles" mais on oublie que notre rapport à l'enfant et à l'autorité a changé depuis les années 70 et que c'est précisément cette fonction paternelle qui empéchaient une intimité trop forte entre les générations. Les conséquence sde son renvoi ont été un désir de distance trop fort de la part des victimes par souci de se protéger, des mesures de répression peu prudentes et irrationnelles, etc.

Ce que vous dites de la séduction féminine et du désir masculin est fort juste. Le marché sait utiliser ces données,par exemple en montrant des images de femmes provocantes dans les pubs, en créant des marchés de la beauté, des salles de gym, de la chirurgie esthétique, etc.
Longtemps les sociétés traditionnelles ont enjoint aux femmes de "savoir se tenir", d'être discrètes, modestes, habillée en jupes longues, les cheveux attachés, etc. La beauté inspirait des sentiments ambivalents : le désir mais aussi la crainte d'être séduit. La femme était considérée comme "dangereuse", ptentiellement "fatale".
Aujourd'hui, c'est de ne pas séduire (les hommes mais aussi au travail, les clients de l'entreprise, etc) assez qui devient une faute. La beauté est considérée comme le résultat du "mérite "personnel, comme une vertu, comme le signe que l'on maitrise la nature et ses imperfections ; Les femmes deviennent des stakkhanovistes de la séduction, elles croient toujours ne jamais en faire assez (de sport, de soins, de régimes...) avec les conséquences que cela entraine pour elles et pour les hommes. Dans un monde désymbolisé où les places ne sont plus marquées mais où chacun doit conquérir la sienne, les sexes deviennent rivaux l'un pour l'autre à mesure qu'ils se ressemblent et se battent pour obtenir les mêmes places, toute notion de différence étant confondue avec l'injustice.

Re: Qu'est-ce que la pédophilie ?

Publié : jeu. 11 sept. 2008, 21:59
par jeanbaptiste
Belle intervention ! Il va me falloir digérer lentement ce billet très riche !