Publié : lun. 06 févr. 2006, 16:53
Chère Hélène,
- celui de créature, c'est-à-dire d'être créé, (un sens métaphysique)
- celui de volonté mondaine, quand la chair conspire contre l'esprit, c'est une division à l'intérieur même de l'âme déchirée entre le monde et Dieu (un sens spirituel)
- celui de corps, de chair au sens corporel (un sens physique).
"Par ailleurs, il n'est mentionné aucune ressemblance de l'homme avec les autres créatures (animalia) mais seulement avec Dieu et la différence sexuelle n'est indiquée que pour l'homme et la femme. Si l'homme et la femme sont donc image de Dieu, c'est avec leur sexualité qui fait partie intégrante de la ressemblance de l'homme avec Dieu et qui est bénie de Dieu.
(...) Le texte de la Genèse nous invite à chercher le sens de notre sexualité dans le fait que par elle, nous sommes — en tant qu'homme et femme — image de Dieu. C'est à une sorte de retournement radical de perspective que nous invite ainsi Jean-Paul II dans l'approche qu'il fait de la réalité sexuelle à partir de la Genèse."
"c'est par son corps que l'homme, dans l'expérience de la solitude originelle, se découvre capable d'actes personnels qu'il est le seul à pouvoir poser dans le monde visible. Jean-Paul II dit à ce propos: “Le corps, grâce auquel l'homme prend part au monde créé visible, le rend en même temps conscient d'être [`seul’. En effet, il n'aurait pas été capable d'arriver à cette conviction qu'en fait il a acquise (...) si son corps ne l'avait aidé à le comprendre, rendant la chose évidente. La conscience de la solitude aurait pu se rompre précisément à cause du corps lui-même. L'homme, Adam, aurait pu, se basant sur l'expérience se son propre corps, arriver à la conclusion qu'il était substantiellement semblable aux autres être vivants (animalia). Et, comme nous le lisons, il n'arriva pas à cette conclusion: au contraire, il se persuada qu'il était [`seul’ (...) L'analyse du texte yahviste nous permet en outre de rattacher la solitude originelle de l'homme à la conscience du corps par lequel l'homme se distingue de tous les animalia et se sépare de ceux-ci, et par lequel il est une personne.” (Audience du 24/10/79)
C'est par son corps qu'il découvre que l'aspiration profonde de son être en tant que personne est de se donner à une autre personne semblable à lui. Sans cela il ne peut s'accomplir dans sa vocation spécifique de personne."
"“Et ils deviennent une seule chair”: c'est au moment de cette découverte de la communion dans les corps que l'homme et la femme deviennent pleinement image de Dieu. L'acte de chair, le don des corps, qui exprime la totalité de la donation des personnes l'une à l'autre, est ce par quoi l'homme et la femme sont, dans la chair, image de la Trinité divine:
“L'homme est devenu image et ressemblance de Dieu non seulement par sa propre humanité mais aussi par la communion des personnes que l'homme et la femme forment dès le début. (...) L'homme devient image de Dieu moins au moment de la solitude qu'au moment de la communion. En effet “dès l'origine” il est non seulement une image qui reflète la solitude d'une Personne qui régit le monde, mais aussi et essentiellement image d'une insondable communion divine de Personnes.” (Audience du 14/11/79). Et il ajoute, ce qui est d'une portée théologique dont nous n'avons pas fini de prendre la mesure: “Ceci va même peut-être jusqu'à constituer l'aspect théologique le plus profond de tout ce qui peut être dit sur l'homme.” (Ibid.)
(...) l'homme est image de la communion des personnes divines plus par la communion dont il est capable en tant que personne que par le fait qu'il est une créature douée de spiritualité. Et cette communion inclut et culmine dans la communion des corps. La sexualité est une chose foncièrement bonne: elle est ce par quoi l'homme est icône dans la chair de la communion des personnes divines"
"(...) la différence sexuelle et ses signes sont à prendre du côté de la ressemblance avec Dieu et non avec l'animal. C'est un point capital: du point de vue de son “sens théologique” nous ne devons pas chercher à comprendre notre sexualité à partir de ce que nous constatons dans le règne animal dans lequel la sexualité est entièrement subordonnée à la reproduction et dont la sexualité humaine serait une sorte de “sublimation culturelle”."
Il y a plusieurs sens au mot "chair" :Hélène Bourgeois a écrit :La chair dans la Bible n'est pas que la dimension sexuelle. C'est tout ce qui est de l'ordre de "l'Épiphanie" de la personne.
- celui de créature, c'est-à-dire d'être créé, (un sens métaphysique)
- celui de volonté mondaine, quand la chair conspire contre l'esprit, c'est une division à l'intérieur même de l'âme déchirée entre le monde et Dieu (un sens spirituel)
- celui de corps, de chair au sens corporel (un sens physique).
Sauf que le sacrement du mariage ne concerne pas n'importe quelle union, il concerne celle entre des êtres sexués, l'homme et la femme, et cette union ne peut donc être autre que sexuelle.Hélène Bourgeois a écrit :Faire "un" n'est pas seulement une question d'union charnelle au niveau génital. Il l'implique mais n'en est pas la fin. La chair, comme je le dis, pour saint Paul, c'est tout ce qui implique la personne "terrestre", humaine, le corps, oui, mais aussi, les pensées, les valeurs, les goûts, les sens. Je peux très bien recevoir mon époux, j'épouse son humanité...pas que son corps sexué.
Dans le cas du mariage, il l'englobe comme son propre centre.Hélène Bourgeois a écrit :Le spirituel englobe le sexuel.
Hélène Bourgeois a écrit :L'humain n'est pas que être sexué...s'il est à l'image de Dieu, c'est dans sa dimension spirituelle.
(...) Le texte de la Genèse nous invite à chercher le sens de notre sexualité dans le fait que par elle, nous sommes — en tant qu'homme et femme — image de Dieu. C'est à une sorte de retournement radical de perspective que nous invite ainsi Jean-Paul II dans l'approche qu'il fait de la réalité sexuelle à partir de la Genèse."
C'est par son corps qu'il découvre que l'aspiration profonde de son être en tant que personne est de se donner à une autre personne semblable à lui. Sans cela il ne peut s'accomplir dans sa vocation spécifique de personne."
“L'homme est devenu image et ressemblance de Dieu non seulement par sa propre humanité mais aussi par la communion des personnes que l'homme et la femme forment dès le début. (...) L'homme devient image de Dieu moins au moment de la solitude qu'au moment de la communion. En effet “dès l'origine” il est non seulement une image qui reflète la solitude d'une Personne qui régit le monde, mais aussi et essentiellement image d'une insondable communion divine de Personnes.” (Audience du 14/11/79). Et il ajoute, ce qui est d'une portée théologique dont nous n'avons pas fini de prendre la mesure: “Ceci va même peut-être jusqu'à constituer l'aspect théologique le plus profond de tout ce qui peut être dit sur l'homme.” (Ibid.)
(...) l'homme est image de la communion des personnes divines plus par la communion dont il est capable en tant que personne que par le fait qu'il est une créature douée de spiritualité. Et cette communion inclut et culmine dans la communion des corps. La sexualité est une chose foncièrement bonne: elle est ce par quoi l'homme est icône dans la chair de la communion des personnes divines"
Hélène Bourgeois a écrit :C'est bien sûr la première vocation des époux mais ce n'est pas la seule. La première vocation des époux est de mettre au monde des êtres vivants...par ailleurs, il n'est pas exclu qu'il le fassent autrement : par exemple, engendrer la vie spirituellement ou adopter des enfants sans consommer la relation charnelle.