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Re: L'intronisation à l'Académie Française de ce jour.

Publié : jeu. 18 mars 2010, 21:47
par papillon
Christophe a écrit :
papillon a écrit :Par ailleurs, je n'aimerais pas voir revenir l'époque cauchemardesque des avortements clandestins dans des sous-sols sombres, sans stérilité, et des broches à tricoter...
Ça c'est une image d'Épinal construite par les promoteurs de l'avortement…
Cher Christophe,
j'ai subi un avortement au milieu des années 70 (eh oui...), à l'époque ou la religion était bien le dernier de mes soucis...
"Heureusement", si on peut dire, un ami m'avait fourni le nom d'un médecin qui acceptait d'en pratiquer, clandestinement. Il va sans dire que c'était du bouche à oreille et qu'on ne trouvait pas son nom dans les p'tites annonces du journal. Il fallait payer "cash" et prendre aussi pour du "cash" la compétence du médecin, sans autre forme d'assurances. Impossible, à l'époque, de contacter le Collège des médecins pour vérifier ça!
Je me suis rendue un soir à l'adresse qu'on m'avait donnée, après rendez-vous pris par téléphone. Je suis entrée par une porte discrète et je suis effectivement descendue au sous-sol . Je n'arrive pas à me souvenir s'il s'agissait d'un bureau privé ou d'une résidence privée, je me sentais simplement très seule et aussi terrifiée, ne sachant pas trop ce qui m'attendait. Je me souviens cependant que la femme que j'ai vue là m'a semblé être l'épouse du médecin.
Je crois avoir été bien traitée, dans les circonstances, mais évidemment au départ ce fut "salut bonsoir et soyez discrète, n'en parlez pas". Aucune forme de suivi possible, en cas de problème, seulement l'espérance de la jeunesse que tout ira bien et que la douleur au ventre finira par disparaître, et le poids terribre d'avoir fait quelque chose d'illégal et de criminel dont je ne pouvais parler à personne.

Je ne suis pas la première femme à avoir avorté au Québec. Il y en a eu de tout temps, bien avant les années 70 et si plusieurs sont descendues comme moi dans un sous-sol, toutes n'ont pas eu affaire à un médecin, ni à des instruments chirurgicaux stérilisés.

Vous pouvez taper "complications des avortements clandestins" sur Google, si les images d'Epinal vous intéressent...

Re: L'intronisation à l'Académie Française de ce jour

Publié : jeu. 18 mars 2010, 22:05
par Laurent L.
Chrétiens demandons LA DISSOLUTION DE ACADÉMIE FRANÇAISE.
Et puis quoi, encore ? :/

Re: L'intronisation à l'Académie Française de ce jour

Publié : jeu. 18 mars 2010, 23:25
par Rakk
JACQUES-FRANCOIS a écrit : Chrétiens demandons LA DISSOLUTION DE ACADÉMIE FRANÇAISE.
pour ce qu'il en reste...

Re: L'intronisation à l'Académie Française de ce jour

Publié : jeu. 18 mars 2010, 23:27
par coeurderoy
Au moins les superbes bâtiments de ce qui fut "Collège des Quatre Nations"...

Re: L'intronisation à l'Académie Française de ce jour.

Publié : jeu. 18 mars 2010, 23:47
par Luciphoros
Christophe a écrit :
papillon a écrit :Par ailleurs, je n'aimerais pas voir revenir l'époque cauchemardesque des avortements clandestins dans des sous-sols sombres, sans stérilité, et des broches à tricoter...
Ça c'est une image d'Épinal construite par les promoteurs de l'avortement…

Faux mon ami. J'ai deux amies mortes sous la pression familiale à 20 et 25 ans des aiguilles d'une avorteuse dans une arrière cuisine (dans les années 55-60). Deux belles filles, d'excellentes familles, plantées là par leurs amants ne voulant pas s'encombrer de moutards.

Re: L'intronisation à l'Académie Française de ce jour.

Publié : ven. 19 mars 2010, 6:20
par DavidB
jeanbaptiste a écrit :
je l'entends dire en ce moment que Simone V. est "du côté des plus faibles !!!" Les mots ont ils encore un SENS ???
Le jour de la journée de la femme, Eve Ruggieri a fait une apologie de Simone Veil sur Radio Classique. Elle l'a décrite comme un "être de lumière", qui réchauffe nos cœurs etc. et qui a tant fait "pour la naissance des petits enfants".

Oui, oui, vous avez bien lu.

Plus c'est gros, plus on y croit.

C'est la spécialité du monde moderne : l'inversion.

Pie XII, qui a sauvé des milliers de juifs, devient le "pape d'Hitler".

Benoit XVI, qui s'est fortement investi dans la lutte contre la pédophilie dans l'Église, devient ce pape "coupable pour son silence complice".

Et Simone Veil, qui a légalisé l'avortement devient "cet être de lumière qui a tant fait pour la naissance des petits enfants".

À dire vrai, tant de choses en si peu de temps son beaucoup trop pour mon faible esprit qui commence à croire qu'il vit dans un monde parallèle.
Bien, j'ai la même impression... Peut-être qu'en se concentrant très fort nous réussirons à nous réveiller... Mais ce que je trouve le plus pénible de constater combien la parole d'un homme ne vaut pas beaucoup plus que ce qui reste de son cerveau après la décomposition de ses cheveux... Ainsi combien de mots gaspiller, et surtout combien d'esprit violés par de tels mensonges, mais encore pire, combien d'esprits s'enivrent de ce même viol qu'on leur fait subir? Enfin, au moins je ne suis pas seul à me demander si je ne suis pas en pleine hallucination face à ce monde de plus en plus "étrange".

Mathilde, ce qui est parfois plus difficile, c'est qu'en constatant l'ampleur de la folie de monde et surtout la fracture entre ce qui nous habite et ce qui les anime, d'en arriver à se demander, si ce n'est pas soi qui est fou au final...

Re: L'intronisation à l'Académie Française de ce jour.

Publié : ven. 19 mars 2010, 10:26
par Cgs
papillon a écrit : Je ne me prononcerai pas sur ce qui se passe en France, je suis québécoise.
Cependant, au risque de m'attirer une pluie de tomates :tomates: , j'ai toujours crû et crois encore que la seule véritable façon de lutter contre l'avortement est de travailler, parler et agir pour la vie, avec amour, et en particulier en ce qui concerne les très jeunes femmes, de leur fournir un encadrement, un soutien, une aide bienveillante pour les aider à mener leur grossesse à terme sans se retrouver dans des difficultés insurmontables. Les convictions suivront sans doute d'elles-mêmes. Mais la montée aux barricades et les leçons de morale, les gens n'ont rien à en f.....
Bonjour,

Vous avez raison. En France, les associations pro-vie l'ont compris depuis longtemps, et défendent la vie au lieu de lutter contre l'avortement. Simple changement de façade ? Pas du tout. Le message passe différemment, car qui serait contre la défense de la vie ? Personne. Les pro-avortements ont du mal à répondre à cette défense de la vie, et s'enferment dans l'idéologie abortive au nom de la défense d'un droit, ligne argumentaire qui ne tient pas.

Sur les images d'Epinal de l'avortement illégal, je vais laisser répondre Christophe. Je souhaite néanmoins ajouter que certes, les avortements clandestins ont existé et existent toujours. Il faudrait d'ailleurs montrer en quoi la loi Veil a limité ces pratiques. Je ne suis pas sûr que légaliser l'avortement empêche ces dérives. En effet, quand une grossesse non désirée survient, si l'avortement est interdit, il n'est pas dit que la femme va aller à l'étranger pour avorter, ou bien pratiquer un avortement illégal dangereux pour sa santé. Elle peut tout simplement vouloir garder l'enfant. Rappelons-nous que l'avortement est une idée émanant plutôt des hommes, et non des femmes, qui gardent, quoi qu'on en dise, l'instinct maternel.

De toutes façons, là n'est pas le problème. On masque le débat de l'avortement autour de cas particuliers que nombre d'associations pro-vie savent prendre en charge, sans passer par un avortement. C'est idiot, au non d'une idéologie pro-avortement, de ne pas généraliser cette aide aux femmes enceintes au niveau national par l'Etat.

Bien à vous,

Re: L'intronisation à l'Académie Française de ce jour

Publié : ven. 19 mars 2010, 11:31
par jeanbaptiste
Rappelons-nous que l'avortement est une idée émanant plutôt des hommes, et non des femmes, qui gardent, quoi qu'on en dise, l'instinct maternel.
N'exagérons rien, les choses ne sont pas si binaires. D'ailleurs, la représentation que l'on donne généralement du combat de Veil pour sa loi c'est celui de députés hommes rétrogrades contre la courageuse femme moderne qui défend ses droits...

Le problème de l'avortement est moins celui des "sexes" qu'un problème de société.

Re: L'intronisation à l'Académie Française de ce jour

Publié : ven. 19 mars 2010, 11:57
par Cgs
Bonjour Jean-Baptiste,

Ma phrase manquait de nuance, j'en conviens. Toutefois, quand on regarde ce qui se pratique, c'est le plus souvent l'homme qui demande l'avortement. Une femme qui porte un enfant et qui peut l'accueillir dignement n'aura pas pour premier réflexe d'avorter ; et pour cause, elle est naturellement faite pour accueillir la vie en elle. Les facteurs qui conduisent à l'avortement sont des événements qui contraignent cet accueil : être seule pour accueillir et ne pas s'en sentir capable, pression extérieure (le conjoint, la famille, le corps médical), détresse sociale ou économique, etc.

C'est en ce sens qu'il faut comprendre la phrase que j'ai écrite.

Bien à vous,

Re: L'intronisation à l'Académie Française de ce jour

Publié : ven. 19 mars 2010, 13:10
par jeanbaptiste
Une femme qui porte un enfant et qui peut l'accueillir dignement n'aura pas pour premier réflexe d'avorter
Vous savez, je connais une demoiselle qui avortée trois fois pour de pures raisons "contraceptives", sans à aucun moment le sentiment d'avoir accompli quoi que ce soit de "criminel" ou même d'éthiquement problématique. Idem pour une personne plus âgée, mais là une seule fois "seulement"...

L'instinct maternel est une chose a relativiser lorsqu'on parle d'un être minuscule, invisible. Pour les hommes ou pour les femmes, quand c'est infiniment petit c'est généralement pensé comme négligeable, car nos réflexes empathiques sont dans ces cas relativement faibles.

Penser, en comparaison, aux effets sur nos esprit de la tuerie d'un "joli lapin tout mignon" par un "méchant chasseur", et l'holocauste d'insectes que produit les insecticides et qui ne choque personne.

Je ne vous apprend rien, évidemment.

La vérité c'est que pour la plupart des femmes l'avortement n'est vécu comme une souffrance que dans deux cas :

1) Dans le cas ou une forte conscience morale fait voir la vie dans cet être minuscule.

2) Dans le cas ou la personne s'est imaginée son enfant à naître, le désirait intérieurement etc. Bref a pensé à ce que cet embryon allait devenir pour elle si elle l'avait gardé.

Lorsque l'avortement est perçu comme un acte de contraception, les "jolis" arguments des pro-vie selon lequel cet acte est psychologiquement violent pour la femme, les arguments psychologisants, ne tiennent plus. Car pour ces femmes il ne s'agit que d'expulser un amas de cellules qui ne représente rien.

La seule manière de mener une lutte efficace contre l'avortement n'est pas de parler du droit des femmes, de la violence de l'avortement sur les femmes, des problèmes sociétaux que cela engendre etc.

Ce ne sont que des arguments qui évitent le seul et unique problème : nous tuons des vies humaines.

Seules ces vies comptent dans ce débat. Là est l'essentiel.

Ceci posé, le problème des avortoirs clandestins, certes important et grave, devient fondamentalement "secondaire" : on ne justifie pas des meurtres d'innocent par un problème sociétal (sauf dans les dictatures/totalitarismes), point barre. Le problème des avortoirs clandestins doivent être travaillé selon un autre axe.

Tout le reste n'est qu'argumentation naïve et/ou moyen de justifier un combat par des arguments qui essayent de sortir du problème fondamental, grave, dont nous savons qu'il ne veut pas être posé par nos contemporains (tout simplement parce que personne n'aime entendre dire qu'il promeut le meurtre de masse).

Re: L'intronisation à l'Académie Française de ce jour

Publié : ven. 19 mars 2010, 20:56
par Rakk
Les propos de certaines personnalités connues sont tellement en opposition avec ce que l'on peut ressentir qu'elle vrillent le cerveau . Cela s'explique par la grille de lecture parisienne. Ces gens sont en interaction permanente, elles se côtoient, s'invitent mutuellement. Je suis certain que peu d'entre-elles pensent vraiment tout ce qu'elles disent.
Leur comportement est entièrement calé sur celui du groupe dominant, celui la même qui vous ouvre ou ferme les portes de votre carrière médiatique ou politique, penser différemment, dire ce qu'on pense et c'est l'exclusion immédiate.

C'est important d'y penser en regardant la "Capitale" ,son buisness et ses lobby.

Re: L'intronisation à l'Académie Française de ce jour

Publié : ven. 19 mars 2010, 21:21
par Héloïse
Ça c'est une image d'Épinal construite par les promoteurs de l'avortement…
Ce n'est pas ce que disait ma grand-mère qui, après avoir mis au monde neuf enfants a soigné et consolé des malheureuses qui en étaient arrivé à cette sinistre extrémité. Elle allait à la messe tous les jours, ne jugeait pas comme nombre d'entre vous le faites si aisément, elle leur donnait de l'amour et toute sa compassion.

Elle était mille fois plus catholique que nombre de ceux qui ici, s'érigent en juges chaque jour que Dieu fait...

Mais c'est tellement facile pour un homme...

Re: L'intronisation à l'Académie Française de ce jour

Publié : ven. 19 mars 2010, 22:24
par jeanbaptiste
Elle était mille fois plus catholique que nombre de ceux qui ici, s'érigent en juges chaque jour que Dieu fait...

Mais c'est tellement facile pour un homme...
Je vous en prie Héloïse, ne vous érigez pas en ce que vous dénoncez !

Re: L'intronisation à l'Académie Française de ce jour

Publié : ven. 19 mars 2010, 23:36
par coeurderoy
Je pense personnellement qu'Héloïse, Papillon ou Luciphoros n'ont pas tort concernant les conditions sordides et abominables des avortements opérés par les "faiseuses d'anges" : j'ai eu les mêmes échos venant de ma grand-mère (1898-1979) concernant des connaissances, il ne s'agit pas là de folklore mais de la réelle inconscience et hypocrisie de toute une société qui tolérait facilement les écarts masculins mais stigmatisait les "enfants du péché" (sic).

Re: L'intronisation à l'Académie Française de ce jour

Publié : ven. 19 mars 2010, 23:46
par Héloïse
Coeurderoy, oui, vous avez parlé juste en parlant de cette société qui tolérait les écarts masculins et qui aussi, laissait de pauvres femmes prendre et assumer dans leur chair les conséquences non désirées, voir parfois subies de ces actes souvent furtifs ou coupables.

Par ailleurs, je me sens découragée et c'est un faible mot, de voir si peu pratiqués l'amour et la compassion que le Christ nous a recommandé d'avoir les uns pour les autres, de lire ces phrases définitives écrites par des hommes qui n'ont visiblement jamais été confrontés à la détresse de telles femmes, qui jettent des mots et des jugements, comme autrefois on jetait la pierre.

Je ne juge pas, je constate et je regrette tellement, infiniment, ce genre de discours froid et sans nuance qui fait fuir tant de personnes loin de notre Eglise.

Heureusement, Dieu regarde les coeurs et j'ai confiance dans son jugement. Je suis persuadée que certaines de ces "avortées" trouveront plus sûrement le pardon que bien des donneurs de leçons.