Fée Violine a écrit :Laurent L. a écrit :j'ai beaucoup de sympathie pour Louis XVI, et fort peu pour Robespierre. Et une messe de requiem pour le repos de l'âme d'un catholique n'est jamais de trop.
Pour le repos de l'âme d'un non catholique, elle est sans doute encore plus nécessaire... Y a-t-il beaucoup de gens qui prient pour Robespierre ?
Sa fin a été terrible. Robespierre, accusé et arrêté, est tout de même libéré, à la faveur d'un mouvement populaire, par la Commune. Il a la force publique avec lui, et peut décider de marcher sur la Convention. Mais il s'y refuse. Il ne veut pas agir dans l'illégalité. Pendant ce temps, devant cette indécision, les sectionnaires deviennent hésitants, et commencent à se disperser. Alors que les dernières troupes désertent la place de l'Hôtel de ville, Lebas se suicide d'un coup de pistolet. Robespierre tente de faire de même, mais se rate et se brise la mâchoire. Ses collègues l'étendent sur une table. Coffinhal, furieux, jette le général Hanriot par une fenêtre. Voyant la place déserte, les troupes de la Convention prennent d'assaut l'Hôtel de ville. Augustin Robespierre, frère de Maximilien, se défenestre. A l'arrivée de la garde nationale, Couthon dévale un escalier sur son fauteuil roulant. On le fait transporter à l'Hôtel-Dieu. Dulac avec ses gardes nationaux pénètre dans la salle du Conseil où il fait arrêter les trente conseillers municipaux qui délibéraient, puis entre dans le Salon de l'Égalité. Dumas se cache sous une table. Debout St-Just et quelques collègues attendent dignement d'être arrêtés. Fleuriot-Lescot tente de s'échapper, mais on le rattrape. Tous sont emmenés au Comité de Sûreté générale, sauf Robespierre que l'on transporte au Comité de Salut Public, dans un ancien salon de la Reine. On l'étend sur un bureau d'Acajou, ancien bureau de Louis XVI, que l'on peut encore visiter aujourd'hui, et où le sang de Robespierre reste visible. Sa mâchoire pend misérablement. Ses habits, qui ont servi à la célébration de l'Être Suprême sont en loques. On laisse venir une foule curieuse qui défile une partie de la nuit devant le corps agonisant du tribun. Un employé lui donne du papier pour qu'il puisse essuyer son sang qui coule. Certains se moquent de lui, en lui donnant du "Sa Majesté". On lui crache au visage. Bientôt, les gendarmes font entrer St-Just, Dumas et Payan, et écartent les badauds pour qu'ils puissent voir "leur roi". Au petit matin, un chirurgien vient panser la bouche de Robespierre, retire quelques dents et des débris d'os. Robespierre se laisse faire sans rien dire. Pendant ce temps, on l'insulte. Un peu plus tard, ne parvenant pas à se pencher suffisamment pour desserrer la boucle de ses genoux, un assistant du Comité vient le dispenser de cette peine. Robespierre le remercie d'une voix douce et faible. Dans la journée qui suit, les vingt-deux accusés sont transférés à la Conciergerie, puis jugés sur ordre de la Convention. Le soir, on les amène sur deux charrettes vers la place de la Révolution. Mais le cortège s'arrête devant la Maison du menuisier Duplay, où loge Robespierre. On barbouille les volets fermés avec du sang de bœuf, pendant que les "aboyeuses de la guillotine" exécutent une ronde de liesse. Quand vient son tour, Robespierre monte tout seul à l'échafaud. Le bourreau lui retire brusquement son bandage qui lui retenait la mâchoire, lui arrachant un cri de douleur. La mâchoire pendante, il est jeté sur la planche, et exécuté.
Apprenant la nouvelle, Tallien décrète un jour de fête pour célébrer la mort du tyran. Dans les jours qui suivent, on procède à une purge des robespierristes, qui se termine par la dissolution du tribunal révolutionnaire et l'arrestation de Fouquier-Thinville dont on n'a plus besoin.
Au lendemain du 9 Thermidor, commence l'ère du libéralisme financier dont nous percevons aujourd'hui les excès. Le tyran était surtout un empêcheur de profiter en rond. Après sa mort, les persécutions contre l'Eglise (persécutions auxquelles Robespierre était opposé) n'ont pas cessé, loin de là.
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