Le problème des jeux est qu'il nous montre une facette de notre personnalité "diabolique" et fait sortir des choses, des pensées immondes.
Les jeux en général, les jeux en eux-même ?
Non. Certains jeux, ou pratiqués d'une certaine manière, oui. Mais, en soi, non, "les jeux" ne nous montrent pas tous, systématiquement, du seul fait d'être un jeu ou un jeu vidéo, une part diabolique et immonde de notre personne.
(Certains jeux sont en eux-mêmes malsains, oui)
Quant à l'éloignement de Dieu :
Raistlin écrit :
je ne me leurre pas une seule seconde sur le fait que lorsque je m'adonne à ces passe-temps, je le fais sans Dieu.
Là encore, distinguons : ce n'est pas le jeu en soi, ni le jeu vidéo en soi, qui nous pousse à le pratiquer sans Dieu. La détente, le loisir, sont nécessaires à notre corps et à notre esprit - et ne constituent pas, en soi, un éloignement vis-à-vis de Dieu. On peut jouer à la balle au prisonnier sans s'éloigner de Dieu, de même qu'aux aventuriers du rail, aux colons de Catane, au nain jaune, aux jeux de rôle, à Age of Empire ou à Croisades.
On peut aussi, c'est vrai, et la tentation est forte, en faire un moment de notre vie sans Dieu (et, souvent, sans le prochain), pour nous seuls.
Mais cela est vrai de tout plaisir, de toute détente : jouer est bon, être addict au jeu est mauvais ; manger et cuisiner est bel et bon, la goinfrerie est un péché ; entretenir son corps est un devoir, la coquetterie un péché (qui peut mener en Enfer si on en croit Ste Brigitte de Suède, et on veut bien la croire).
Même fréquenter un forum catholique peut devenir une fuite du réel, une addiction, et un péché.
Comme à St Louis de Gonzague on demandait, au cours d'une partie de ballon prisonnier, ce qu'il ferait s'il apprenait que la fin des tempes était pour dans une heure, il aurait répondu qu'il continuerait à jouer au ballon prisonnier ; tout simplement parce que ce qu'il faisait, il le faisait saintement, en présence de Dieu y compris la détente (qui, redisons le, est nécessaire, et bonne).
Moi-même, tout comme Raistlin, aurait facilement la tentation de tomber dans ce genre d'addiction, pour exactement les mêmes raisons.
Mais, justement, les questions que je me pose sont alors les suivantes :
. avant de me mettre à jouer : qu'est-ce qui me pousse à jouer ? une envie irrésistible, un besoin, ou est-ce un réel moment de détente ?
(par exemple pour mettre de côté les soucis du travail et me retrouver plus disponible à mon épouse) (ce qui ne marche pas si je me laisse entraîner à m'enfermer dans le jeu)
. est-ce raisonnable de jouer là maintenant ? (si j'ai déjà joué une heure la veille sur la même partie, peut-être bien que non)
En fait, plus généralement :
. limiter le temps de jeu, pour que cela demeure une détente, raisonnable (quand on sent qu'on ne peut plus quitter le jeu, se forcer à quitter la partie) (se forcer à la quitter sans sauvegarder, héhéhé)
. limiter les temps de jeu, pour que cela demeure une détente, raisonnable - non, ce n'est pas la même chose : je veux parler là de la fréquence de jeu : si je ne peux pas m'empêcher de jouer tous les jours, alors que d'autres tâches n'avancent pas, alors je dois ne plus jouer au jeu incriminé pendant quelques semaines, pour me forcer à ne pas en faire une addiction.
. se limiter en nombre de jeux : on ne peut pas tester tous les jeux du monde. Si je suis attiré par un nouveau jeu (enfin, nouveau, en général je joue à des jeux 10 ans après leur sortie), me demande d'abord s'il ne s'agit pas là encore d'un achat compulsif, s'il ne peut être remis à plus tard, si je ne dois pas d'abord continuer et finir les jeux déjà en cours.
Je pense que tout cela est tout à fait applicable à tout ce qui, bon en soi, peut devenir un péché, prendre toute la place, nous couper de Dieu, de notre prochain et de notre devoir d'état : selon les uns et les autres, ce pourra être le jeu, le sport, la nourriture, la coquetterie, ...
(haha, je fais de jolis sermons qui me donnent un air sérieux et réservé, et hop, je vais aller tuer quelques méchants zombis qui menacent Harrogath
)