Chère Papillon,
Vous ne sauriez imaginer à quel point j'apprécie qu'une catholique fasse une critique sans complaisance de l'attitude de l'Eglise dans ces cas.
Je vous rappelle que n’étant qu’un être un peu blond et beaucoup creux, les arguments que je développe dans ce fil sont ceux que je me suis entendue dire, ils ne sont pas vraiment de moi, même si dans la révolte qu’ils véhiculent je m’y reconnais, parce que même si d’un coté je suis convaincue que pour un pervers il y a 1000 saints silencieux qui souffrent énormément du scandale, immergés dans un travail sacerdotal qui les use avant l’âge et qui auraient tant besoin d’un peu de reconnaissance au lieu de se prendre gratuitement des insultes (« curés tous pédés », « à mort tous les …. » et j’en passe des bien moins douces…), je trouve néanmoins les délits de pédophilie absolument indéfendables, condamnables, et devant de tels délits, il ne faut ni fuir ni se voiler la face, il faut lutter contre et nettoyer devant chez soi, humblement et avec ténacité.
l'italique étant inutilisable, je continue sans

beaucoup croient que cette nouvelle transparence ne lui vient pas de l'inspiration de l'Esprit Saint mais lui a été imposée par les fidèles qui en ont eu assez de respecter des gens qui n'étaient pas respectables,
Il se trouve aussi que Dieu agit tellement humblement qu’on ne remarque jamais Sa Main, pourtant si puissante, si efficace. L’Esprit Saint peut aussi se servir des petits pour ouvrir les yeux des plus grands, ou les pousser à agir. Qu’en surface le mécontentement aie fait son œuvre, tant mieux si c’est pour la bonne cause, mais rien ni personne ne sait si derrière, il n’y aurait pas eu œuvre d’ange… Regardez les multiples démarches pour l’avortement et pour la « libération » sexuelle ; ces actions, pourtant nombreuses et durables, n’ont jamais entamé d’un iota la détermination de l’Eglise de les rejeter…

Si l'Eglise avait été forte et honnête dans ces cas, primo il y en aurait eu beaucoup moins et 'deuzio', les gens auraient été beaucoup plus indulgents.
Moins de cas de personnes pédophiles, pas forcément, la maladie mentale n’étant jamais créée par l’Eglise ; la maladie ne se développe que sur un terrain perméable en présence de facteurs favorisants ; on sait bien que les pédophiles font tout pour se retrouver dans des métiers qui vont les mettre au contact d’enfants, et c’est pour cela qu’on les retrouve d’abord chez les profs et éducateurs, et aussi hélas chez les prêtres, les pasteurs ou les imams. En matière de statistique, on ne peut que se désoler que le rôle de filtre de détection qu’on attend de l’Eglise n’ait pas été efficace à 100%, mais c’est vrai aussi que ce taux place la barre tout en haut.
L’indulgence ne peut être liée au nombre de cas, alors que l’exaspération oui, mais elle peut par contre être liée à l’honnêteté de qui reconnait ses fautes.

Toute cette problématique a quelque chose à voir avec la désaffection des Québecois pour la religion. Je ne nie pas qu'il y ait profusion de prêtres sincères et dévoués dans cette Eglise, mais le climat général est malsain.
Oui, c’est indubitablement lié. Tout scandale a sa part de naufrage, ce n’est pas pour rien que Mat 18.7 en parle. Je ne sais pas si dans votre pays le climat général est tellement noué qu’il en est malsain, que les gens sont horrifiés par le catholicisme… en France ce n’est pas le cas, mais il faut aussi reconnaître que nous vivons dans une société en pleine déchristianisation, en pleine mutation recherchée et entretenue par les médias, la mode, le fric tout-puissant pour lesquels la pensée religieuse est un frein de consommation, et donc un ennemi à combattre. Aussi, les médias jouent de leur effet loupe à fond ; pour un cas, on le monte en épingle, on le multiplie par dix ou cent tellement on nous en rebat les oreilles pendant des mois, jouant à fond de tous les effets rebonds, on interviewe comme par hasard le seul passant qui déclare vouloir quitter l’Eglise, et par un phénomène d’imitation largement connu de tous les psys et les coachs, on se retrouve avec plusieurs personnes qui déclarent vouloir quitter l’Eglise, car devant l’émotionnel, on préfère imiter que penser par soi-même, par crainte de ne pas suivre le groupe, comme un hareng angoisserait de ne pas suivre le sien ! Cette constatation ne doit rien enlever à l’exigence d’honnêteté que l’on requiert de l’Eglise, mais doit aussi nous inciter à réfléchir à qui profite la médiatisation ; dans toute situation, on doit d’abord faire ce qui « profite » à Dieu, puis ensuite ce qui profite à l’humanité toute entière, puis ensuite ce qui profite à nous-mêmes et à nos proches… mais jamais ce qui profite au grand capital. S’exonérer de la fidélité à l’Eglise devant un cas de dérive d’un de ses membres - en rupture avec le message de l’Eglise- ne doit jamais nous refroidir au point de la quitter, mais doit nous soulever pour la soutenir et prier pour elle, même si cela commence par clairement reconnaitre qu’elle a des torts.

Moi-même j'essaie de me motiver depuis quelques semaines à aller voir un prêtre.
Ah oui, oui, oui, trois fois oui, allez-y et sachez reconnaitre dans cet appel le souffle de l’aile de l’Esprit-Saint qui passe et vous invite. Répondez en toute confiance à un tel appel, parce que ce qui passe, des fois, ne s’arrête pas…

Mais je ne sais pas si, en regardant cet homme dans les yeux, je n'aurai pas envie de faire demi-tour et de rentrer chez moi.
Ce n’est pas un homme, c’est un prêtre, un représentant de Jésus que vous allez rencontrer, une âme qui possède en elle assez de sainteté pour avoir renoncé au monde par amour du Christ ; renoncé à avoir une vie de famille et des enfants, pour l’éternité, renoncé à avoir une belle carrière avec une belle maison, pour se donner au monde comme un filet par amour spirituel de votre âme chère Papillon, une âme qui a compris infiniment mieux que vous et moi la valeur d’une seule âme et qui a sacrifié le don précieux de son passage sur terre pour amener des âmes à Jésus…
Pour commencer, si pour vous c’est dur de rencontrer un inconnu, au lieu de lui demander une confession, demandez-lui un simple entretien, pour vous présenter, présenter votre chemin et vos attentes, et vous verrez bien ce qu’il en sort. Si vraiment le prêtre qui vous reçoit vous semble avoir oublié la dignité forte dont Dieu lui a fait cadeau en l’appelant, allez en voir un autre, et même encore un autre s’il le faut. Soyez patiente, endurante, déterminée, faites votre démarche dans la paix spirituelle, la tempérance et l’assurance que Dieu finira par vous amener jusqu’à la bonne personne, même si c’est par des lignes courbes qui vous semblent un peu pénibles. Priez pour que Dieu vous guide jusqu’à un prêtre bon et charitable, qui vous accueille et vous rassure. Dans ce genre de cas, personnellement, avant d’agir, je fais une neuvaine, à l’instar des apôtres durant la pentecôte, pour que l’Esprit m’éclaire et me guide dans les difficultés dont la résolution m’échappe ou m’impressionne ; cela permet de décanter sa démarche et ensuite de l’entreprendre bien plus clairement, parce qu’on y aura réfléchit pendant 9 jours, au cours desquels on sent une montée en puissance de la prière et un élargissement du regard que l’on pose sur sa situation personnelle.
Je vous souhaite beaucoup de courage, et je suis sûre que déjà des personnes du fil prient pour vous,
Que Dieu vous attire sur Son Cœur Aimant,
Zélie