Raistlin :
Pourquoi Dieu a-t-il voulu que cette image "s'imprime" ? Hé bien ça me semble évident : c'est pour que demeure un témoignage flagrant de la Résurrection, dans le but de fortifier la foi des fidèles et de confondre ceux qui refusent obstinément de croire.
C'est un peu délicat. Ici je veux dire : si c'est tel qu'à devoit prononcer soi-même ce que devrait être une intentionnalité particulière de Dieu et en rapport à cette pièce qu'est le linceul de Turin. C'est nonobstant ici la question même de son authenticité. Pourquoi ce ne peut pas être purement accidentel et même dans le cas où le linceul est bien ce qu'il semble être ?
En tout cas, une chose est certaine avec cette relique et puis il en reste qu'elle pose une véritable énigme. Personnellement, je n'ai jamais entendu parlé de ces fausses reliques du Moyen-Âge (ou d'époque moderne; peu importe) et qui auraient dû en même temps poser autant de difficultés à des technicens de science, une difficulté pour en expliquer de manière satisfaisante l'intrigue ou son moyen de production. L'étonnant reste qu'après cent ans de recherches aucun scientifique ni même l'un des véritables spécialistes dans le domaine des supercheries ( les faussaires en art, etc) n'en soit toujours pas capable de produire lui-même un linceul de Turin no 2, pour dire que l'un ou l,autre est incapable de produire un vrai ''faux'' et dans des conditions d'aujourd'hui avec toutes les connaissances disponnibles, oui pour produire alors comme un faux ayant bien les caractéristiques de l'original étudié. Juste ça reste une chose déjà assez extraordinnaire. Habituellement, avec les faux dans le domaine des arts ou bien avec les faux linges de Véronique de l'an 1300 mais c'est à peine s'il en prendrait une semaine pour résoudre l'affaire. Il n'en résulte jamais de controverses durables entre experts internationaux et comme dans le cas de cette pièce tissée et avec l'image qu'elle laisse voir.
Le détail de la pièce de monnaie posée par dessus les paupières ...
En tout cas, une pièce de monnaie, mais ça ressemble beaucoup au genre d'évidences qui seront déterminantes habituellement en histoire, en archéologie, etc. Le genre de petit détail accidentel qui ne s'explique vraiment pas bien dans le cadre d'une certaine avenue (celle du faussaire tardif) et sonne plus juste dans une autre ( il ne s'agit pas d'un faux, dira-t-on). Car c'est vraiment dur d'imaginer un faussaire médiéval trouvant le moyen d'insérer un détail de la sorte dans ce qui serait comme une scène de la Passion à figurer pour lui, et lorsque personne non plus à son époque (les gogos à tromper) n'aurait eu le moyen, par eux-mêmes, de le voir physiquement de leurs propres yeux, ce détail. Il se trouve naturellement que ce détail est inexistant dans les évangiles. Il est impossible de voir quel aurait bien pu être l'intérêt d'un faussaire à devoir s'embarrasser d'un indice de la sorte et comme à devoir le forger de toute pièce, à supposer même qu'il eût été un incroyable connaisseur de l'Antiquité. L'intérêt même du point de vue de l'arnaque et de l'incroyable connaisseur bien informé d'époque médiévale ? l'intérêt de vouloir rajouter pour un faussaire un luxe de détail non seulement comme proprement inconnu des dévots du temps mais encore qu'eux-mêmes n'auraient pas pu apercevoir, comme rien qu'à défiler à distance du drap suspendu devant eux ? Dur à comprendre. C'est tout ce qui fait le charme des études sur le linceul. On comprend fort mal pour la motivation originale à tant avoir voulu détailler les choses et que ce phénomène en soi est déjà totalement
atypique des faux du Moyen-Âge, qu'on ne sait même pas comment le faussaire aurait bien pu s'y prendre réellement pour former l'image.
Il y a le fait de l'historicité de la pièce, le fait qu'il soit possible de relier ce linceul très précisément, comme justement, à une trame de témoignages antique (image d'Édesse, etc) via Byzance. Il me semblerait qu'il se trouve là quelque chose d'assez particulier au linceul, ce qu'on ne rencontre pas très souvent avec des reliques et puis fausses reliques de l'occident chrétien. Qu'on pourrait rajouter encore la sorte de représentation d'une figure de Jésus (sa face) à Byzance, toujours est-il, la fixation d'un canon dans l'art et pour le représenter, Lui, et pouvant coïncider avec l'époque de diffusion ou de popularité de cette image ''non-fait de main d'homme''. Que le linceul de Turin aurait pu jouer un rôle dans la représentation classique de la figure de Jésus ? Ce ne serait pas banal. Mais ce ne serait rien d'extraordinnaire ou rien d'impossible dans le fond. Non, ce serait bien plutôt le contraire qui se concevrait facilement. Mieux ! ce serait normal mais à condition que ledit linceul aura effectivement déjà pu exister en l'an 400 ou 500. Il n'est même pas besoin d'être croyant pour le comprendre.
De toute façon, c'est quant à ceux qui inclinent à voir une oeuvre de faussaire dans le linceul : je me demande pourquoi ils tiennent tant à ce que la fraude ait eu lieu en l'an 1250. Pourquoi pas en l'an 450 ? Il n'est à peu près rien en terme de moyens techniques qu'un homme de l'an 1200 aura pu disposer pour lui
et dont un homme de l'an 400 aura pu lui aussi disposer à son tour. En reportant la fraude à une époque antique, les tenants du faux aurait là un moyen de concilier bien des choses avec leurs opposants chrétiens, compris jusqu'à la possibilité que cette histoire de C14 puisse être contestable comme Raistlin le dirait, avec la nuance et la précaution d'usage.