Chère Sofia,
Sofia a écrit :Bonjour Théophane,
et merci pour votre réponse. Pour répondre d'abord à la remarque sur la forme, je dis "elle" parce qu'Opus Dei se traduit par Oeuvre de Dieu. J'ignorais qu'il fallait employer le masculin. ;-)
C'est exact. En fait, on dira "elle" quand on parle de l'Œuvre, qui est le nom familier donné à l'Opus Dei. Lorsqu'on utilise le nom latin, on choisira plutôt "il" parce que
Opus est un nom neutre en latin.
Pour ce qui est de ceci : "Il s'agit avant tout d'une vocation à laquelle on choisit de répondre librement, et qui ne saurait être conditionnée par le niveau social ou culturel. Certaines personnes de l'Œuvre exercent une activité professionnelle qui n'est pas prestigieuse. Par exemple, l'un de mes amis qui est numéraire agrégé travaille dans une entreprise d'entretien des jardins.", je trouve ça très bien, mais j'ai envie de vous demander si c'est ce qui se passe en théorie, en pratique ou en théorie et en pratique. Votre ami est une exception ou le cas est très courant ? C'est bête, mais je serais curieuse de voir à quelles PCS appartiennent en majorité les membres de l'Opus Dei (d'ailleurs si ça peut se trouver... ne vous gênez pas pour m'en faire part !).
Je ne dispose pas d'informations précises sur les professions exercées par les membres de l'Opus Dei, et je doute fort que la Prélature elle-même tienne ce genre de statistiques. L'Opus Dei, comme le disait saint Josémaría, est une "organisation désorganisée : on y accorde la primauté à l'esprit sur l'organisation" (
Entretiens, n° 63).
Néanmoins, je puis vous assurer qu'il en est ainsi en théorie comme en pratique. D'ordinaire, les membres de l'Opus Dei appartiennent plutôt à la classe moyenne. Mais, je me répète, la vocation est une histoire entre Dieu et la personne concernée, et aux yeux de Dieu, notre classe sociale n'a que peu d'importance. Je pourrais d'ailleurs encore citer notre cher fondateur : "L'Apôtre l'a indiqué, quand il nous écrivait que pour le Seigneur il n'y a pas d'acception de personnes ; et je n'ai pas hésité à traduire cela ainsi : il n'y a qu'une race, la race des enfants de Dieu !" (
Sillon, n° 303).
J'aimerais aussi avoir des précisions sur le principe de "sanctification par le travail". Naïvement, je pensais que le but était d'appliquer des "valeurs chrétiennes" dans le monde du travail (exemples candides : être un modèle de courtoisie et de respect pour ses collèges, ses clients, ses supérieurs ; ne pas écraser ses collègues ; sacrifier parfois ses intérêts etc.). Hors, au vu de ce que vous écrivez, il semble que l'un des objectifs est également d'être 'un crack' dans son boulot ?
Sans doute je me suis mal exprimé. Dans l'esprit de l'Opus Dei, le travail professionnel et la vie ordinaire sont le lieu de notre rencontre avec le Seigneur.
Pour parler de la sanctification du travail, il faudrait écrire un livre, tellement c'est un thème passionnant.
Ce que l'Opus Dei enseigne est assez simple. Il dit que nous sommes tous appelés à la sainteté. L'Evangile déclare en effet : "soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait" (saint Mathieu 5, 48). Le Concile Vatican II a rappelé également que "si donc, dans l’Église, tous ne marchent pas par le même chemin, tous, cependant, sont appelés à la sainteté" (Constitution dogmatique
Lumen gentium, § 32).
La spiritualité de l'Opus Dei concerne surtout la vie de tous les jours. Nous sommes appelés à la sainteté, mais comment devenir saints ? Nous n'aurons sans doute jamais l'occasion d'accomplir de grandes choses ! Alors, pour être saints, faisons tout avec amour, en soignant jusqu'au plus petit détail.
Dès les premières pages de la Bible, nous lisons que Dieu place l'homme dans le jardin "pour qu'il le travaille et qu'il le garde" (Genèse 2, 15), et le livre de Job ajoute que "l'homme est né pour travailler" (Job 5, 7).
Vous serez sans doute d'accord avec moi si je vous dis que le travaille occupe la plus grande partie de la vie de l'homme. Or le travail n'est pas seulement le travail professionnel au sens étroit du terme, mais tout acte que nous accomplissons. Par exemple le travail d'une mère de famille.
Le fondateur de l'Opus Dei employait souvent cette phrase : "Sanctifier le travail, se sanctifier dans le travail, sanctifier par le travail". Cela signifie que le travail bien fait, accompli avec la plus grande perfection humaine, réalisé sous le regard de Dieu avec amour et offert à Dieu, contribue à sanctifier le monde. En effet, par le travail nous pouvons participer à l'amélioration du monde, et le rendre meilleur.
Dans l'Opus Dei, l'exemple à suivre est le Christ qui a passé la plus grande partie de Sa vie à accomplir un travail modeste dans la petite ville de Nazareth. De même, la Sainte Vierge faisait le même travail que toutes les mères de famille d'Israël. Saint Joseph aussi a mené une vie très parfaite !
Il y aurait encore beaucoup à dire tellement cet enseignement est riche. Pour résumer, on peut dire que tout travail humain bien fait, en union avec Dieu, est un moyen d'atteindre la sainteté. Ce qui compte ce n'est pas le prestige du travail que l'on fait, mais l'amour avec lequel on le réalise. Que l'on soit ministre ou balayeur, avocat ou femme au foyer, chirurgien ou boulanger, ce qui donne de la valeur au travail, c'est la volonté de le faire pour servir Dieu et son prochain.
L'Opus Dei conseille aux étudiants d'étudier beaucoup, et je ne vois pas trop en quoi cela pourrait être discutable.
Heu, qui a dit que ça l'était ?
Finalement, je trouve rigolo de me dire que quelqu'un comme le curé d'Ars n'aurait pas été accepté comme prêtre dans l'Opus Dei, vu son amour immodéré de l'étude.
Cordialement,
Saint Jean-Marie Vianney fait partie des cinq saints intercesseurs de l'Opus Dei, aux côtés de saint Nicolas de Bari, saint Pie X, saint Thomas More et sainte Catherine de Sienne.
Seuls les laïcs peuvent demander l'admission dans l'Œuvre. Parmi les numéraires, il est proposé à certains de devenir prêtres de la Prélature. Ils sont libres d'accepter ou de refuser.
Les laïcs peuvent s'occuper de la formation et de la direction spirituelle, mais nous avons besoin des prêtres pour les sacrements. Il y a dans l'Opus Dei le nombre de prêtres nécessaire, ni plus ni moins. Dès le début, le fondateur souhaitait pour plusieurs raisons qu'ils aient un excellent niveau de formation.
Bien à vous,
Théophane