ti'hamo a écrit :(...)
. d'autre part, me semble-t-il, un homme marié ordonné prêtre dans les premiers siècles, vivat ensuite dans la continence (comme, plus tard, on voit des couples se retirer chacun dans un couvent une fois leurs enfants adultes) ;
par exemple, le chauds partisans de la fin du célibat des prêtres actuels ont souvent plaisir à citer un épisode des évangiles faisant mention de la belle-mère de Pierre ; s'il avait une belle-mère, disent-ils, alors c'est qu'il était marié.
Soit. Est-il fait mention de son épouse dans les évangiles ? Les actes des apôtres ? Au moment des prédications et évangélisation ?
Ces personnes "oublient" donc un point essentiel : "ordonner un homme marié", à l'époque, ça signifie qu'il passe d'un état de vie à un autre - donc, qu'une fois ordonné il est bien tout à Dieu et tout à ses enfants spirituels, sans vie de famille propre à lui.
Cette idée de continence voire de séparation des clercs mariés s'est beaucoup répandue à partir du IVe Siècle, se traduisant dans les conciles locaux des églises occidentales. Mais il est frappant quand on examine cette liste (exemple: ici
http://compilhistoire.pagesperso-orange ... tique.html) de constater que ce n'est QUE dans les Eglises d'Occident que le célibat ou la continence des clercs ont été rendus obligatoires, Carthage pour l'endroit le plus exotique. Au contraire, l'Orient a régulièrement défendu les clercs mariés, comme à Ancyre pour la liste précédente, ou au Concile In Trullo, finalement accepté par la Papauté et qui a fixé les règles en vigueur actuellement en Orient.
Ajoutons que St Paul, qui a désigné le célibat comme le meilleur état de vie, quand il parle de ce qu'on doit attendre des clercs, ne leur demande que d'être l"homme d'une seule femme".
On ne peut donc parler de règle absolue, mais plutôt d'une idée qui s'est imposée à une époque ancienne. De quelle façon?
C'est là que le bât blesse à mes yeux: jusqu'à une époque très récente, les partisans du célibat des prêtres se sont toujours fait remarquer par une vision très dépréciée du mariage, cf les St Jérôme, St Augustin... je cherche toujours une exception. La réforme grégorienne, qui a finalement permis au célibat de s'imposer définitivement en Occident, n'a pas été la dernière à user de discours extrêmement violent envers le "nicolaïsme", et ne s'est pas gênée pour obliger des femmes de clercs à mendier et, d'après certains textes d'historiens que j'ai lus, à se prostituer, ce qui n'est vraiment pas à l'honneur de cette réforme soit dit en passant.
3) En tant qu'homme marié, et à la réflexion, je vois une autre objection encore :
le célibat des prêtres, justement, est aussi une reconnaissance de toute la valeur et la signification propre du mariage.
Justement,l'histoire montre le contraire.
Il y a une chose qui est certaine, c'est que le clerc, de par sa fonction et à fortiori son ordination, devrait vivre selon un idéal chrétien élevé. Voilà entre autres pourquoi St Paul ne voulait le voir marié qu'une fois, sans tolérance par rapport à la règle de l'indissolubilité.
Alors, soit l'on considère que le mariage n'est qu'un pis-aller pour les faibles incapables de continence - et cette pensée est très manifeste chez certains Pères de l'Eglise latine - et que la sexualité est toujours un péché, et il va de soit qu'on ne saurait admettre cela au sein du clergé.
Soit l'on considère que le mariage est un état de vie non seulement légitime, mais beau et digne, et qu'une sexualité légitime en fait partie, même si le célibat consacré "pour le Royaume" est encore meilleur. Dans cette optique-là, on ne voit pas ce qu'on pourrait reprocher à un clerc marié.
Les motivations explicites ou implicites des partisans de l'abandon du célibat des prêtres ne sont pas vraiment à l'honneur du mariage : augmenter le nombre de prêtres, attirer plus de monde, faire comme tout le monde,... ce sont souvent des motivations purement matérialistes ;
au contraire, avoir d'un côté la vie consacrée, le mariage, et encore plus à part, l'ordination, fait bien du mariage une vocation en soi ; la vocation au mariage, ou la vocation à la vie consacrée. Ceux qui réclament la mariage des prêtres font à du mariage une sorte de nécessité sociale ou physiologique, et du ministère propre du prêtre une simple profession. On perd alors complètement la notion plus profonde de vocation, aussi bien pour le mariage que pour le sacerdoce.
D'une part, les partisans du clergé marié ne se limitent pas aux modernistes de service comme Frédéric Lenoir, même si ces derniers sont ceux qui ont pignon sur média. Il y a plein d'orientaux qui ne voudraient pas d'un prêtre séculier célibataire dans leur paroisse, ne serait-ce que pour la question du ministère auprès des familles.
D'autre part, les motivations des partisans du célibat sont aussi, bien souvent, empreintes d'un fort aspect utilitariste: un prêtre célibataire est plus "rentable" parce que moins coûteux et qu'il peut consacrer tout son temps à son ministère (ce qui ne veut pas dire qu'il le fait, à une certaine époque, le curé moyen consacrait beaucoup de temps à plein d'activités passionnantes: littérature, science, politique, occultisme...)
Bref, attention avec ce genre d'arguments.
Dit autrement : suivre deux sacerdoces à la fois et y dévouer totalement sa vie : comment voulez-vous que ça soit possible ?
Ils répondront qu'ils ne comprennent pas la question - ce qui montre, là encore, qu'il semble peu avisé de suivre les avis et revendications de personnes manifestant un esprit aussi restreint, matérialiste, et qui ne se sont semble-t-il même pas posé la question du sens, de la signification, de ce dont ils parlent.
Les orientaux y parviennent!
A ce propos, il faut noter que pendant la Révolution Russe, dont on arrive maintenant à faire le bilan, les prêtres mariés ont finalement mieux suivi, sans reculer, le chemin du martyre qui se présentait à eux, que les célibataires. Certains prélats russes, favorables au célibat des prêtres "à la romaine", ont changé d'avis suite à cette constatation.
In Xto,
archi.