Page 10 sur 20
Re: Le célibat ecclésiastique
Publié : dim. 07 mai 2017, 7:23
par francismichel
Bonjour,
comme le rappelle l'intervenant précédent, des Apôtres ont été mariés. Et dans l'Eglise de l'Empire chrétien d'Orient, de manière légitime et conformément à l'Evangile, depuis l'origine de l'Eglise une bonne partie du clergé était marié. Pourquoi ?
Parce que tous les hommes n'ont pas la même force d'âme face au démon et aux tentations. Une simple digression pour approcher cette question là. Dans le monde angélique, il y a différentes choeurs d'Anges, les Séraphins, plus prêts de Dieu, plus luminieux, et les plus proches de nous, plus loin de Dieu, d'une certaine façon, que sont les Anges, mais tous n'en restent pas moins animés par la puissance de l'Esprit Saint et sont donc en Christ, unis en un seul Corps du Christ.
Nombreux sont les hommes animés d'une foi chrétienne sincères devant Dieu mais qui n'auront pas la force nécessaire devant les tentations. L'Ecriture Sainte d'ailleurs nous invite à nous marier plutôt que de "brûler".
Nos évêques et prêtres sont aussi des êtres humains soumis aux tentations. C'est pourquoi dans l'Eglise orthodoxe, au stade du diaconat, les séminaristes font le choix libre de se marier ou non. Actuellement, les évêques sont choisis par les moines, et ceux qui se marient feront d'excellents saints prêtres.....Saint Jean de Cronstadt en est chez nous un exemple lumineux !
Je vous invite donc à voir dans cette suggestion une bonne chose, selon mon point de vue de chrétien orthodoxe. Il n'y a aucune hérésie en vue dans cette suggestion du pape François. Ensuite il ne faut pas oublier d'armer ces prêtres mariés ou non d'une théologie et expérience spirituelle ascétique qui probablement manque au clergé en Occident ?
Bien à vous
Francis
Re: Le célibat ecclésiastique
Publié : dim. 07 mai 2017, 15:54
par Voyageur
Cher Toto,
Toto a écrit : ↑sam. 11 mars 2017, 12:42L'argument du manque de prêtres ne tient pas la route du tout ; cette crise de vocations, en France, est récente (années 60), alors que l'abstinence sexuelle a été proclamée dès le début du IVè siècle (concile d'Elvire), et même bien plus tôt si l'on se réfère à certains passages du Nouveau Testament.
Sauf qu'entre-temps, la société a changé, ainsi que les mentalités.
La diminution des vocations est véritablement au cœur de cette initiative.
Re: Le célibat ecclésiastique
Publié : dim. 07 mai 2017, 19:07
par Toto
Voyageur a écrit : ↑dim. 07 mai 2017, 15:54
Sauf qu'entre-temps, la société a changé, ainsi que les mentalités.
La diminution des vocations est véritablement au cœur de cette initiative.
La diminution des vocations est récente et ne peut donc être liée à l'exigence du célibat qui est plus que millénaire.
Les vocations ont diminué à coups d' "aggiornamiento", d' "ouverture au monde", d' "oecuménisme", de "dialogue" et autres thématiques traitées de la manière la plus dévastatrice qui soit. Et on remet une couche de progressisme alors que justement c'est le progressisme qui a sérieusement affaibli l'Eglise au cours du XXè siècle.
Oui, la société a changé, les mentalités ont changé. Et? L'Eglise doit-elle être à la remorque de toutes les innovations? Ou existe-t-il une Vérité intemporelle, immuable, supérieure aux agitations des peuples? "Quare fremuerunt gentes, et populi meditati sunt inania?" (Ps 2,1). Au contraire, l'Eglise doit propager la Bonne nouvelle, son enseignement, sa foi. Si vous considérez que, parce que la société a changé et les mentalités aussi, mais alors qu'allez-vous brader la prochaine fois? La théorie de la transsubstantiation?
Re: Le célibat ecclésiastique
Publié : dim. 07 mai 2017, 19:23
par Voyageur
Bonsoir Toto,
Toto a écrit : ↑dim. 07 mai 2017, 19:07L'Eglise doit-elle être à la remorque de toutes les innovations?
Les prêtres juifs, les imams, les prêtres orthodoxes, les apôtres, les premiers diacres,...
On dirait plutôt que c'est le célibat qui est une innovation catholique, comme
nous le rappelle Francis Michel.
Toto a écrit :La diminution des vocations est récente et ne peut donc être liée à l'exigence du célibat qui est plus que millénaire.
Bien sûr que si. La diminution des vocations est récente parce que les mentalités et la vie sociétale ont changées récemment. C'est ce que je disais tout à l'heure.
Re: Le célibat ecclésiastique
Publié : dim. 07 mai 2017, 23:59
par Suliko
On dirait plutôt que c'est le célibat qui est une innovation catholique
Si vous aviez lu plus attentivement ce fil, et notamment les interventions de Toto, vous n'écririez pas une telle erreur. Le célibat ecclésiastique est attesté depuis les premiers siècles du christianisme et a une solide tradition derrière lui.
Bien sûr que si. La diminution des vocations est récente parce que les mentalités et la vie sociétale ont changées récemment. C'est ce que je disais tout à l'heure.
Sauf que les mentalités ont changé - et la vision du prêtre en même temps - parce que le catholicisme s'est auto-démoli depuis le dernier concile. C'est parce que les gens ne sont plus correctement catéchisés, voire à présent plus catéchisés ni baptisés du tout, qu'ils s'éloignent de plus en plus de la morale chrétienne. Il semblerait que plutôt que de reconnaître qu'ils se sont fourvoyés, nombre de clercs préfèrent foncer droit dans le mur... Pour qu'il y ait des vocations, il faut qu'il y ait des familles catholiques, et notamment des familles nombreuses, et que dans ces familles, la catéchèse et la vie chrétienne soient assez solides pour que les enfants n'envoient pas balader toute pratique religieuse dès l'adolescence, comme c'est trop souvent le cas. Il ne faut pas s'étonner que dans des diocèses où les jeunes gens ne vont plus à l'église, il n'y ait pas de vocations, et ce m'est pas en ordonnant quelques hommes mariés que la tendance va s'inverser !
Re: Le célibat ecclésiastique
Publié : lun. 08 mai 2017, 6:55
par Altior
Suliko a écrit : ↑dim. 07 mai 2017, 23:59
Pour qu'il y ait des vocations, il faut qu'il y ait des familles catholiques, et notamment des familles nombreuses, et que dans ces familles, la catéchèse et la vie chrétienne soient assez solides pour que les enfants n'envoient pas balader toute pratique religieuse dès l'adolescence, comme c'est trop souvent le cas.
C'est pourquoi, à mon avis, il n'y a nulle crise de vocation dans l'Église Conciliaire. À tel nombre de fidèles correspond tel nombre de prêtres. Preuve est que le peu de prêtres est loin de faire la foule de fidèles à leurs Messes paroissiales. Ce n'est pas le petit nombre de prêtres la cause de la petite foi, mais la petite foi c'est la cause du petit nombre de prêtres.
Ordonner des prêtres mariés serait, je pense, une fausse solution à un faux problème. Le problème, le vrai, est que les prêtres existants, non-mariés mais qui vivent souvent comme s'il l'était, n'enseignent pas la parole de Dieu. Ils s'habillent comme le monde, ils pensent comme le monde et ils enseignent démocratie, ouverture, bon voisinage et réchauffement climatique comme le monde et se n'est pas en se mariant comme le monde que les choses vont changer.
Re: Le célibat ecclésiastique
Publié : lun. 08 mai 2017, 13:03
par Alizee
Bien d'accord avec Suliko. Le problème est que le cercle de pratiquants réguliers qui vivent de leur foi tout au long de la semaine est désormais assez petit.
On n'est probablement pas d'accord sur l'origine ni sur la solution par contre.
C'est vrai que le peu d'instruction est surprenant parfois. Un exemple tiré d'une récollection de confirmands adultes :
1/ une néophyte : est-ce que les péchés ont été pardonnés le jour de mon baptême ?
2/ c'est quoi la signification des différentes couleurs de vos habits lors des cérémonies ?
Il y a peut-être quelque chose à penser en termes de catéchèse pour adultes -sinon comment ils instruiront leurs enfants ?
Re: Le célibat ecclésiastique
Publié : lun. 08 mai 2017, 20:00
par Voyageur
Bonsoir Suliko,
Je vous l'accorde, je n'ai pas pris le temps de lire le fil convenablement. Cependant, il reste le fait que ni les juifs, ni les musulmans, ni les protestants, ni les orthodoxes n'exigent le célibat de leurs prêtres. Il me semble bien que nous faisons figure d'exception.
Suliko a écrit : ↑dim. 07 mai 2017, 23:59ce n'est pas en ordonnant quelques hommes mariés que la tendance va s'inverser !
Je ne suis pas aussi sûr que vous. Même si le nombre d'ordination n'explose pas, l'idée pourrait à elle seule faire revenir les familles dans l'Église. Je suis d'accord avec vous pour affirmer que cela ne sera pas suffisant pour rattraper l'état de délabrement de la catéchèse et les méfaits de l'
esprit du concile. Mais je reste convaincu que c'est un débat qu'il ne faut pas plier à la légère.
Je vous souhaite une belle soirée.
Re: Le célibat ecclésiastique
Publié : mar. 09 mai 2017, 9:25
par Voyageur
Bonjour Prodigal,
prodigal a écrit : ↑mar. 21 mars 2017, 18:50 J'ai peur qu'une telle mesure manque de pragmatisme justement, qu'elle provoque des troubles et des modifications incontrôlables pour quelques vocations de plus, et encore celles-ci ne sont pas acquises.
L'obligation du célibat, elle aussi, a porté sa part d'ombre. Nous ne devrions pas oublier cela.
prodigal a écrit :Et puis à la réflexion autant je comprends qu'un veuf puisse se tourner vers le sacrement de l'ordre autant j'ai du mal à le comprendre de la part d'un homme marié.
Je ne comprends pas ce qui vous conduit à disposer l'un plus favorablement que l'autre.
Re: Le célibat ecclésiastique
Publié : mar. 09 mai 2017, 10:59
par prodigal
Cher Voyageur,
merci de votre réponse.
Je suis d'accord avec vous en ce qui concerne la part d'ombre du célibat, comme vous l'appelez. Mais je n'en conclurai pas, et peut-être que vous non plus, à la supériorité du mariage. Sur le plan du bonheur individuel, ou celui de la santé psychique, je crois que tous les cas de figure sont possibles.
Mais mon argument vaut collectivement. Une modification de cette importance me paraît risquée, trop risquée si le but est simplement d'augmenter le nombre des vocations, car je ne pense pas que cela l'augmentera considérablement. C'est en effet toute la vision du sacerdoce qui serait affectée.
Quant à mon second argument, il tient à ce qu'une personne veuve est seule, tout simplement, sans attaches. Un homme marié a déjà sa vocation : s'occuper des siens, ce qui me paraît difficile à concilier avec la disponibilité totale qui est celle du prêtre.
Re: Le célibat ecclésiastique
Publié : mar. 09 mai 2017, 13:44
par Voyageur
Merci pour ces précisions.
Re: Le célibat ecclésiastique
Publié : mar. 09 mai 2017, 14:33
par Alizee
J'ai d'avance une pensée pour tous ceux qui vivent actuellement le célibat et pour qui cette question était difficile à discerner. Comment pourraient-ils ne pas se sentir trahis ? Pour d'autres ce sera peut-être la délivrance, la fin d'une double vie douloureuse, ou la voie ouverte à un changement de vie. Je ne sais pas. Mais pour ceux qui s'efforcent de vivre le célibat, ce sera catastrophiques.
Personnellement, j'ai connu les trois situations :
- pasteur protestant, marié puis veuf avec enfants (mon oncle, dont j'ai partagé une tranche de vie.... il était dévoué, mais ce sont les enfants qui ont dû faire avec une nounou à temps plein)
- curé, avec une bonne qui n'était pas que la bonne (il ne s'en cachait pas vraiment) : un peu plan plan, peu dynamique mais cela tenait plus à sa personnalité qu'à sa situation de vie
- prêtre, célibataire, dynamique, un excellent pasteur qui sait faire rencontrer le Christ
Il n'y a pas à hésiter : quand quelqu'un me parle de donner sa vie au Christ, et du bonheur et de l'importance de toujours renouveler ce choix, ça a basiquement plus d'impact si c'est un prêtre célibataire qui me le dit, je n'y peux rien ! Parce qu'il le vit, suite à un choix radical.
Re: Le célibat ecclésiastique
Publié : mar. 09 mai 2017, 18:34
par Altior
Alizee a écrit : ↑mar. 09 mai 2017, 14:33
Pour d'autres ce sera peut-être la délivrance, la fin d'une double vie douloureuse, ou la voie ouverte à un changement de vie.
Je ne le pense pas, car les prêtres ne peuvent pas se marier, ni même dans les églises catholiques orientales. Toute la question est si on peut ou pas recevoir dans la prêtrise des gens mariés, non pas si on peut recevoir dans le mariage des gens ordonnés...Bien sûr, un prêtre qui pratique la fornication pourra, après avoir renoncé à l'exercice de son sacerdoce, épouser la femme. Mais déjà il peut faire ça dans l'état actuel des choses, pas besoin de changement.
Re: Le célibat ecclésiastique
Publié : mer. 10 mai 2017, 10:35
par Alizee
Altior,
je suis allée un peu vite en besogne... mais je ne fais qu'anticiper je pense. Une fois qu'on ordonnera prêtre des hommes mariés, le pas d'après c'est marier des prêtres sans qu'ils doivent quitter pour cela le sacerdoce.
Je ne pense pas par ailleurs que l'une ou l'autre mesure aboutisse à une hausse de vocations - comment expliquer sinon que les protestants ont le même souci ?
Re: Le célibat ecclésiastique
Publié : mer. 10 mai 2017, 21:59
par Belin
@ prodigal
prodigal a écrit : ↑mar. 09 mai 2017, 10:59
Quant à mon second argument, il tient à ce qu'une personne veuve est seule, tout simplement, sans attaches. Un homme marié a déjà sa vocation : s'occuper des siens, ce qui me paraît difficile à concilier avec la disponibilité totale qui est celle du prêtre.
Et en quoi ce serait incompatible avec la disponibilité d'un prêtre? les prêtres ont des heures de services et des heures de "repos" comme tout travailleur, il ne fait pas un "bouleau" qui nécessite des "urgences" comme chez les médecins ou les pompiers.
Donc comme tout le monde le fait, pendant les heures où il n'est pas de service il s'occupe de sa famille.